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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

jeudi 30 juin 2005

76. deux militaires gay se marient au Canada

Dieu et tous les saints savent que je n'ai pas UN gramme de militarisme en moi. Et même la passion désordonnée de certains gay pour les uniformes ne m'a atteint que modérément...

Néanmoins, je salue comme une excellente nouvelle le mariage de deux militaires canadiens. Deux hommes, s'entend, qui se sont mariés à Greenwood.

Il s'agit d'un sergent et d'un adjudant qui se sont donc unis dans cette base tout à fait ignorée de Nouvelle-Ecosse. Plus encore, et c'est là la nouvelle qui me plaît, ils n'ont pas eu à attendre la décision du parlement canadien puisque les forces armées avaient déjà autorisé le mariage gay. Ce qui fait de l'armée canadienne la plus super sympa du mooooonde. Déjà que j'avais une préférence pour les tuniques rouges de la police montée (mes favoris avec les gardes suisses du Vatican).

Quand je pense qu'aux Etats-Unis voisins, de véritable héros de guerre ont été éjectés de l'armée avec tous les déshonneurs pour "conduite inappropriée", et cela dès que les autorités militaires ont appris qu'ils étaient gay. Bien sûr, je n'ai rien contre le fait que les hétéro soient tués à ma place quand il s'agira de me défendre contre les armées de l'ennemi. Et du fond du coeur, ils ont toute mon admiration et ma gratitude pour toutes les missions dangereuses qu'ils accomplissent dans le monde. Mais je trouve tout de même indécent que le sang versé par un gay soit considéré comme impropre à cause du fait qu'il tombe amoureux d'un autre mec. Déjà que les victimes gay de la barbarie nazie ont mis près de 60 ans à recevoir l'hommage qu'elles méritent...

Et particulièrement ce soir, je voudrais rendre hommage à ces soldats de l'armée israélienne qui ont défilé lors de la dernière Gay Pride de Jérusalem. Il faut quand même être fameusement couillu pour se déclarer gay et pour défiler (comme le fait le jeune conscrit sur l'image ci-dessous) et cela dans un pays en guerre comme Israel. Je voudrais demander aux Français qui me lisent s'ils ont vu des militaires en uniforme dans les différentes Marches des Fiertés auxquelles ils ont participé... Parce que, je ne sais pas si vous savez, mais les armées n'ont plus été des lieux très favorables aux gay depuis l'Antiquité grecque, et encore.

 

 

Et puisqu'on parle d'eux, je voudrais vous suggérer de voir un film israélien, dont le titre correspond aux deux personnages principaux: Yossi & Jagger. Leurs jeux très militaires et très masculins dans la neige sont un délice de romantisme. Et deux soldats qui sont romantiques, ce n'est pas rien, je vous assure... L'un des deux acteurs (et je n'arrive jamais à savoir si c'est Yossi ou Jagger) a les plus beaux yeux du monde. Un beau film, un peu inhabituel, pas du tout une comédie mais c'est tout de même très bon pour le coeur. À voir avec une grande tasse de chocolat chaud parce que l'action se passe en hiver dans le Golan.

 

 

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mercredi 29 juin 2005

75. comment dépasser l'agression

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Je pense beaucoup de bien du blogue "Culture et Débats". D'une part parce que le bloguemestre lit énormément et a le don de faire partager ses lectures, notamment les livres autour d'un thème gay.

 

Mais aussi par ses réflexions personnelles que je trouve souvent pertinentes. Et notamment sur le thème du pardon, pour lequel il semble avoir une véritable passion.

 

Voici notamment ce qu'il écrit après une agression homophobe dont il a été la victime:

 

"Face à des agressions homophobes, comment faire entendre raison à un être qui n’est pas dans la raison ? Comment entrer dans une discussion raisonnable avec quelqu’un qui s’inscrit, d’emblée, dans le registre de la violence ? Vieille question : "on ne peut pas convaincre un fou furieux, on ne peut que le contraindre." Mais on prend alors le risque d’utiliser ses propres armes et d’apparaître soi-même, à ses yeux, comme un autre fou furieux ? Cercle vicieux de la violence ; on s’oppose à la violence de l’autre en utilisant soi-même la violence et l’on perd tout espoir de restaurer une relation pacifiée. Et, pourtant, qui peut subir une agression sans réagir ?
Ne pas laisser libre cours à la violence de l’autre... sans, pour autant, répondre à l’agression par l’agression. S’opposer à la violence par autre chose que la violence. Sacré pari !
La justice est là, me dit-on, justement pour faire réussir ce pari en refusant de débattre à chaud, en rappelant la loi, en s’en remettant à un tiers indépendant (le gendarme, l’avocat, le juge…), en passant par l’écrit (institutionnel ou personnel)… Tous ces moyens que la justice utilise devraient éviter aux hommes de se précipiter les uns sur les autres...
Pourtant, même avec ces moyens, en sortant de la gendarmerie après une confrontation avec mon agresseur, je me suis dit qu’il y avait un mort au tapis. La mort symbolique de mon agresseur humilié. Je suis reparti avec le goût amer d’une victoire obtenue à l’arraché, sans la moindre gloire. Comment puis-je me réjouir d’avoir "abattu" un homme ? Et ce n’est pas fini puisqu’il faudra reprendre cette partie de bras de fer épuisante en septembre au tribunal correctionnel. Ces confrontations sont aussi "difficiles" à vivre que l’agression en elle-même, surtout quand on a comme éthique qu’il ne faut jamais désespérer de la raison. Comment croire encore en cette dernière dans de tel moment ?"

 

Je ne vais pas lui faire des leçons de morale, évidemment. Trop facile de donner des leçons "à la schtroumph à lunettes" dans ce domaine-là. Car le débat (même théorique) n'est pas simple, d'autant plus que, dans le domaine chrétien, se mêlent aussi les questions de la justice, du pardon, de la réconciliation et de la paix: quatre notions que l'on mélange souvent et que l'on balance à tort et à travers, à mon avis.

Tel que j'ai compris les choses, le pardon est une nécessité personnelle pour survivre au mal. La réconciliation n'est pas toujours liée au pardon car elle n'est possible que si une relation peut s'instaurer. La justice est toujours due, en tant que réparation du mal, d'une manière ou d'une autre (même symbolique). La paix ne vient que quand le conflit est terminé et que la sécurité est revenue.
Une lecture rapide et superficielle du message chrétien fait qu'on mélange allègrement pardon, paix, réconciliation et justice. Je l'ai découvert notamment en lisant Tim Guénard, Plus Fort Que La Haine.

 

Et il arrive même qu'on impose à une victime une attitude de pardon ou de réconciliation sous prétexte que c'est une vertu chrétienne, avant même de lui avoir donné une chance de guérir de sa souffrance. Et il n'y a rien de pire que ces cul-bénis qui voudraient qu'on soit "gentil" et qu'on "pardonne". Le détournement du message du Christ fait qu'on se retrouve avec une spiritualité de village de Schtroumphs.

Une des choses qui m'attriste le plus, c'est la façon dont certains donneurs de leçon voudraient qu'on laisse tomber la justice parce que, soi disant, le pardon est une vertu plus chrétienne que la justice.

 


Pour vous faire réfléchir, et notamment si vous avez été victimes de violences homophobes, voici un DVD que j'aime beaucoup mais qu'honnêtement je n'oserais par revoir avant un moment. Il s'agit de Urbania. Attention, l'histoire est circonvolutoire à souhait et on ne comprend vraiment que dans les trois dernières minutes (il est d'ailleurs possible que vous n'aimiez le film que dans les 3 dernières minutes). Il y a aussi quelques scènes de tension et de violence homophobe assez difficiles à soutenir.

 

Mais pour moi, c'est une des meilleures choses que j'ai vue sur le thème du souvenir, de la colère, du règlement de compte... Je ne cacherai pas que je suis très partial en ce qui concerne l'acteur principal Dan Futterman (le fils dans Birdcage, quelques très beaux épisodes dans Will & Grace) que je considère comme un des  jeunes acteurs les plus sexy du cinéma américain. Comme vous dirait Will qui a un superbe dos même si tout brûlé, Dan Futterman est "totally delish". Je vous recommande une scène dans son lit, en début de film, je ne vous dit que ça. Un film à voir avec une boîte de nounours en gomme et sucre acidulé, avec du Coca Light Lemon sur plein de glaçons (parce que vous aurez besoin d'un peu de douceur après certaines scènes).

 

 

 

 

 

 

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mardi 28 juin 2005

74. le mariage gay nuit-il au mariage hétéro?

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On entend souvent dire, pour l'attaquer, que le mariage gay est un danger pour le mariage hétéro. Et donc qu’il a une influence négative. C'est une position classique de la hiérachie catholique, comme récemment en Espagne. Par contre, on entend aussi dire, pour le défendre, que le mariage gay n’a AUCUNE influence sur le mariage hétéro. En fait, plusieurs publications vont nous permettre de voir plus clair!

 


Ainsi récemment, un économiste de l’Université du Massachussets, Lee Badgett, a démontré dans son étude que l’adoption du mariage gay et des partenariats gay en Scandinavie et aux Pays-Bas n’a pas changé les données statistiques courantes sur le mariage, le divorce, la cohabitation ou la naissance d’enfants hors mariage.

 

Dès lors, à tout le moins, il peut affirmer que le mariage (ou le partenariat) gay n’a pas miné le mariage homosexuel dans les pays où il a été adopté et ne risque pas de le faire dans les pays qui pourraient instituer un mariage gay.

 

De manière étonnante, on voit aussi dans cette étude que, dans les pays où il y a une plus grande tolérance pour le mariage gay ou pour les parents non mariés, il semble que les enfants passent en général plus de temps avec les deux parents biologiques qu’aux Etats-Unis.

 

Dans un résumé préparé pour The Council on Contemporary Families (le CCF) et The Institute for Gay and Lesbian Strategic Studies, le professeur Badgett présente des éléments de preuve provenant de ses études en Scandinavie. Il en arrive à dégonfler une série d’affirmations que l’on entend pourtant souvent.

 

Au Danemark, le mariage hétéro a en fait significativement augmenté après l’adoption de la loi sur le mariage gay. Dans ce pays, il s’agit en fait du taux de mariage le plus élevé depuis les années ’70. Dans les autres pays étudiés, le taux de mariage a été stable ou légèrement en hausse après l’adoption du mariage ou du partenariat homosexuel.

 

Dans tous les pays, le taux de divorce est resté le même.

 

En Scandinavie et aux Pays-Bas, la majorité des familles avec enfants sont composées de parents mariés. En fait, en Norvège, 77% des couples avec enfants sont mariés. Et 75% des familles néerlandaises avec enfants vivent dans le mariage. Par comparaison, ce taux n’est que de 72% aux Etats-Unis, pourtant réputé le « paradis de la famille chrétienne ».

 

Il y a une nette différence dans les chiffres en ce qui concerne les naissances d’enfants hors du lien du mariage. Mais la différence entre la Scandinavie et les Pays-Bas d’une part et les Etats-Unis d’autre part, s'explique par le fait que dans les premiers pays, il semble qu’on fasse les enfants d’abord et qu’on se marie ensuite…

 

L’acceptation du mariage gay n’a pas entraîné un affaiblissement du soin apporté aux enfants. En fait, en moyenne, l’enfant scandinave passe 80% de son temps avec ses parents, plus du double de temps que l’enfant américain moyen.

 

Le professeur Badgett n’a pas trouvé de preuve que le mariage gay soit responsable de la hausse des mariages hétéro dans les pays étudiés. Mais il est formel sur le fait que l’influence n’a pas été négative.

 

Si vous voulez des détails : Le fait de se marier et d’avoir des enfants sont devenus de moins en moins liés au cours des deux derniers siècles, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Au Danemark, le nombre de couples non-mariés (cohabitant) avec enfant a augmenté de 25% dans les années 90. Environ la moitié des naissance en Norvège, Suède et Danemark, et environ deux tiers des naissances en Islande, ont eu lieu à l’intérieur de couples mariés. Des tendances qui étaient bien marquées avant l’adoption du mariage gay et qui n’ont pas augmenté depuis. En fait, explique le professeur Badgett, les données montrent que des changements similaires dans la forme des familles sont arrivés (et dans des proportions comparables) dans des pays qui n’ont pas adopté le mariage gay.

 

Dès lors, ajoute Lee Badgett, l’expérience scandinave et néerlandaise suggère qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter que les hétéro fuient l’institution du mariage si les couples gay et lesbiens obtiennent les mêmes droits.

 

Pour sa part, Stephanie Coontz, directrice du département « recherche et information publique » du CCF mais aussi historienne du mariage, affirme que ses propres recherches ont mené à des conclusions similaires. « Beaucoup de changements que l’on peut observer aujourd’hui dans l’institution du mariage ont commencé pour les hétéro dans les années 50. Demander la reconnaissance du mariage gay est plutôt un résultat qu’une cause de l'importance du mariage dans une société. » En d'autres termes, plus les gay demandent le mariage, plus il faut y voir un signe que la valeur du mariage est bien présente dans cette société.

 

 

On peut joindre le professeur Lee Badgett à l’adresse lbadgett@econs.umass.edu et Stephanie Coontz à l’adresse coontzs@msn.com 

 

 

Et puisqu'on parle mariage gay ET hétéro, je vous invite à regarder une délicieuse comédie que j'adore: Un soupçon de rose (A Touch Of Pink). Non seulement les deux acteurs principaux (Jimi Mistry et Kristen Holden-Ried dans le rôle de Alim et Gilles) sont absolument de "vrais bonbons pour les yeux", mais le personnage de la mère d'Alim (Suleka Mathew) est superbe d'humanité. L'action se passe dans le milieu ismaélite (les gens de l'Aga Khan), entre Londres et le Canada, avec une furieuse envie de la mère de marier son fils à une vraie jeune fille, selon les grandes traditions de sa famille. Un vrai moment de détente et de romantisme, conseillé avec une bonne glace de chez vous savez qui, et un verre de Chartreuse glacée.

 

 

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lundi 27 juin 2005

73. marre de l'enculé

Excusez moi d'être un peu plat, mais j'en ai marre que chaque fois qu'on discute de l'homosexualité, on revienne à cette question "est-ce naturel ou pas?" qui sous-entend TOUJOURS la question de la pénétration anale.

Soyons honnêtes, le problème que la plupart des hétéro ont avec l'homosexualité, c'est la pénétration anale. Ils tournent autour du pot quand ils en parlent, avec notamment ce foutu argument de la "nature" et de la "contre-nature". Et quand je dis autour du pot, disons-le platement: ils tournent autour du trou du cul.

Encore dans sa réponse à ma note précédente, quelqu'un n'a pas pu s'empêcher de faire remarquer que le trou du cul servait à faire caca et donc que c'est tout de même vachement impropre au sexe.

Je déteste être entraîné dans ce genre de discussions, mais je me dis qu'un jour où l'autre, il faut aborder la question de front. Une grande part des réticences des hétéro vis à vis de l'homosexualité vient de ce qu'ils imaginent ce que les pédé font dans leurs lits. Et ce qu'ils imaginent les dégoûtent ou ils trouvent ça humiliant pour la masculinité.

Alors, je vais encore être long, désolé, mais on va prendre ce taureau... par les couilles, et régler la question une bonne fois pour toutes.

1. Un tas d'hétéro aiment pratiquer la pénétration anale. Je dirais même qu'il y a beaucoup plus d'hétéro que d'homo qui pratiquent la "sodomie" (mais ce terme est inadéquat comme tous les biblistes le savent). Evidemment, parfois il y a juste de la vantardises chez les hommes, mais il y a tout de même comme un préjugé qui dit que "le vrai mec" est celui qui sodomise.

Honnêtement, j'ai interrogé des centaines de femmes sur le sujet, surtout aux États-Unis où on peut parler de tout à de parfait(e)s inconnu(e)s. Pour la pénétration anale, certaines femmes adorent ça et d'autres détestent ça. Mais elles sont toutes d'accord sur un point: certains hommes le font très bien et d'autres sont calamiteux en matière sexuelle en général et de sodomie en particulier. Et je ne vous parle pas ici de ce qu'elles ont à dire sur la fellation, un autre tout grand sujet (le suceur de bite arrivant juste derrière l'enculé dans les fantasmes sur les gay).

Dès lors, si le cul des femmes peut jouir de cette pénétration anale (quand elle est bien faite), il n'y a pas de raison technique pour que celui des hommes ne le puisse pas. Quand à dire que ça "féminise" l'homme, là c'est du sexisme: un homme qui aurait des attitudes plus féminines serait moins un homme? Le machisme, à ce que je sache, n'est pas vraiment une masculine attitude à encourager (un vrai homme n'a pas besoin d'être sexiste). Et dire de certains pédé "qu'ils deviennent des femmes", c'est insulter leur masculinité et surtout montrer son mépris pour les femmes. Certaines femmes m'ont d'ailleurs soutenu que les hommes gagneraient à se féminiser sur bien des points, y compris en matière de sexualité.

2. Si la raison qui permet de condamner l'homosexualité, c'est la sodomie, alors les lesbiennes n'ont rien à craindre. D'ailleurs, il n'y a pas une ligne dans la Bible qu'on pourrait invoquer contre elles. Dans sa désapprobation de l'homosexualité, l'Eglise devraient se limiter aux seuls mâles. Le fait que les homosexuels hommes et femmes soient associés dans la réprobation de ces actes "contre-nature" est donc une injustice faite aux lesbiennes. Et je les remercie ici publiquement de rester de notre côté, nous les hommes, pour défendre avec nous la cause des homosexuels.

3. On n'est pas là pour se vanter et donc soyons honnêtes: tous les pédé savent après quelques années d'expérience que pour trouver à se faire enculer, il faut parfois se lever de bonne heure. Aux États-Unis, les gay sont clairement affichés "top" ou "bottom" en référence à la pénétration anale. Et croyez-moi si je vous dis qu'il y a au moins quatre "bottom" pour un "top". Ce n'est pas qu'une rumeur. Et certains affirment même que le "versatile" (qui fait les deux) est tellement rare qu'il s'apparente au merle blanc. Si vous en trouvez un, ne le lâchez plus!!!

Et donc, la plupart des relations sexuelles entre gay n'aboutissent pas à la pénétration anale, et elle n'est d'ailleurs pas désirée par un bon nombre d'entre eux. Oui, il y a des vierges du cul chez les pédé, et arrêtez d'insinuer que tous les pédé sont des enculés et ne pensent qu'à ça. Une relation sexuelle aboutie n'est pas nécessairement celle qui se termine par une pénétration. Ou alors, pour les hétéro, faudrait-il aussi dire qu'il n'y a pas eu vraiment de sexe tant qu'il n'y a pas eu pénétration vaginale? Soyons sérieux!

Dès lors, on pourrait au moins éviter de condamner l'ensemble des homosexuels pour ce que font une partie seulement d'entre eux. C'est comme le racisme contre les étrangers ou le sexisme: si on a des reproches à faire à certains étrangers et à certaines femmes, on n'est pas obligé de les condamner tous et toutes. Discriminer un groupe pour les actions d'une partie d'entre eux, et même une minorité d'entre eux, c'est de la diabolisation et c'est inacceptable au plan moral.

4. La pénétration anale demande un pénis "équipé". Et j'ai le regret d'annoncer à la planète que tous les hommes (et donc tous les pédé) ne sont pas équipés en termes de pression sanguine ou de rigidité du pénis (sans parler de la longueur ou de l'épaisseur). De même, tous les anus ne sont pas adéquats pour la chose. Et désolé de faire exploser un mythe, non ce n'est pas vrai que les gay sont tout le temps en train de se sauter comme des singes bonobos.

Là encore, c'est injuste de condamner les homosexuels pour des actes sexuels qu'ils ne commettent pas ou ne commettront jamais.

5. Maintenant, la question de fond, me semble-t-il: quand un couple s'aime et a des relations sexuelles, est-ce que ce n'est pas un peu pervers de les imaginer au lit et de juger leur intimité? Comment réagiriez-vous si je vous révélais les habitudes sexuelles de vos parents, ou de vos frères et soeurs ou de vos enfants? En ce qui me concerne, je détesterais que quelqu'un vienne exposer devant moi les goûts sexuels de ceux que j'aime, en particulier mes parents. Je trouverais que c'est un viol inadmissible de leur intimité (sans parler du traumatisme qu'on pourrait infliger à la mienne).

Dès lors, quand on se déclare hostile aux gay à cause de leur pratiques sexuelles, est-ce que ce n'est pas précisément parce qu'à la base on manque de respect pour leur intimité? Honnêtement, il y a des choses que les hétéro font au lit et que je trouve répugnantes, mais est-ce que je vais commencer à le clamer sur les toits et à trouver l'hétérosexualité répugnante?

L'amour dans un couple est une chose magnifique et traîner dans la boue leurs baisers et leurs caresses, c'est une attitude de pornographe et de voyeur. Déclarer que les homosexuels sont à condamner à cause de ce qu'ils se font dans l'intimité quand ils s'aiment, c'est justement réduire le sexe à une simple animalité. Est-ce qu'on juge l'hétérosexualité sur tout ce que les hommes font à leurs femmes?

En conclusion, et encore une fois excusez-moi d'être long, mais qu'on situe l'homosexualité sur le plan où elle est vraiment: répétons que c'est une question d'amour, c'est une question de couple, c'est une question de don total de soi (corps et âme) à la personne qu'on aime. La réduire à une question de sexe (en l'occurence, à une question de trou du cul), c'est inacceptable au plan éthique, et a fortiori religieux.

Et si les homophobes n'arrivent pas à respecter cet amour, le moins qu'on puisse leur dire c'est qu'ils arrêtent de se prétendre chrétien et de parler au nom du Christ.

Bon, allez, finis les propos sérieux: pour vous détendre, regardez ce DVD Leather Jacket Love Story. C'est l'histoire d'un jeune apprenti poète de 18 ans qui rencontre un charpentier de 30 ans, très "cuir" et peu littéraire. Les deux ont du chemin à faire l'un vers l'autre: différence d'âge, de milieu, de conception du couple et de l'engagement. Et il y a quelques scènes où justement il est question de pénétration anale et où l'on voit clairement celles où l'on parle juste de sexe dans toute sa banalité et celles où l'on parle d'amour. La différence entre les deux est évidente! C'est un tout petit film qui n'est pratiquement jamais sorti sur les écrans (il est d'ailleurs en noir et blanc) mais il grandit doucement dans l'estime des amateurs du genre.

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samedi 25 juin 2005

72. sexiste et homophobe

Il y a une discussion que j'ai régulièrement avec certains d'entre vous, chers visiteurs: pourquoi les gens sont-ils homophobes?

 

Beaucoup de choses sont devenues claires pour moi récemment sur le sujet. Et d'autant plus à partir du moment où quelqu'un (je ne sais plus qui), dans une discussion, a lié sexisme et homophobie.

 

Tout d'abord, j'ai trouvé des explications transitoires: le sexisme et l'homophobie sont des phases de l'adolescence mentale. Quand quelqu'un est à la recherche de sa propre identité sexuelle, il arrive qu'il se démarque clairement de l'autre genre (d'où le sexisme) ou d'une orientation suspecte (d'où l'homophobie). J'avais entrevu une émission suisse qui disait qu'entre 13 et 16 ans, le niveau de sexisme et d'homophobie était le plus élevé (presque le double) par rapport au reste de la vie humaine. J'ajouterais à cette excellente interprétation que certains restent des adolescents dans leur tête à un âge bien avancé !

 

La deuxième très bonne interprétation m'a été fournie par ceux qui étudient les métiers à risque (pompiers, soldats, etc). Il arrive souvent paraît-il que dans les métiers où l'accident est fréquent et parfois mortel, il y ait comme une attitude de bravade ou de défi devant le danger. "Nous, on fait un métier qui n'est pas pour les femmelettes ou les tapioles". Ce sont des professions où, très souvent aussi, les femmes ont eu beaucoup de mal à se faire accepter. Dès lors, les attitudes sexistes et homophobes sont en fait des manières de conjurer la peur, ou de se donner du courage devant le danger.

 

Enfin, troisième très bonne interprétation, et elle m'a souvent été donnée par des cathogay, l'homophobie et le sexisme sont des signes que la personne a des problèmes personnels à régler avec sa propre sexualité. Ainsi par exemple, j'ai lu que les femmes sont trois fois moins homophobes (vis à vis des lesbiennes) que les hommes (vis à vis des gay). Pourquoi? peut-être parce que l'identité sexuelle masculine est plus difficile à construire? Mais clairement, et je vous l'écris en anglais parce que c'est comme ça que je l'ai lu: "when a man goes out of his way to bash gays, psychiatrists have a simple explanation: latent homosexual". Plus l'homophobie est virulente, plus la personne règle en fait ses combats intérieurs avec ses propres orientation, préférence et identité sexuelles.

 

Cela m'amène à quelques réflexions sur l'attitude à adopter vis à vis des homophobes: tout d'abord, peut-être qu'il est illusoire d'essayer de discuter avec eux. Tant qu'ils n'ont pas réglé leurs propres problèmes (et parfois qu'ils auront admis leur propre homosexualité), ils seront sourds à toute tentative d'approche de la part des gay. Je dirais donc: ne jamais jamais jamais entrer dans une discussion avec un homophobe. N'essayons même pas d'être gentils avec eux, ça ne sert à rien. Il n'y a rien que les gay puissent leur dire qui va les faire changer d'avis sur l'homosexualité.

 

Deuxièmement, peut-être que les homosexuels et bisexuels refoulés sont les principaux homophobes et notre danger le plus grand. Comment les aider? En clamant haut et fort que l'homosexualité n'est pas une tare et qu'on peut être heureux et épanoui en acceptant son orientation sexuelle. Il est probable, me semble-t-il, que le bonheur affiché des gay et des bi dans la société soit une façon indirecte mais efficace pour aider les homosexuels refoulés et homophobes à arrêter l'enchaînement culpabilité + dégoût de soi + homophobie.

 

Troisième remarque: qui, de nous jours, peut encore être surpris que les grandes religions (largement dominées par des hommes) soient aussi des repères de sexistes et d'homophobes? Dans l'Eglise Catholique en particulier, certains ecclésiastiques ont tellement de mal à se faire respecter comme "de vrais hommes" dans une société qui parfois met en cause leur masculinité, qu'ils en rajoutent une couche dans le sexisme et l'homophobie. Tout comme les dérives de la pédophilie chez certains prêtres (mais ici on est dans la pathologie de quelques exceptions), le niveau général de sexisme et d'homophobie dans la hiérarchie de l'Eglise me fait penser qu'il est vraiment temps que la question de la sexualité humaine soit revue de façon fondamentale.

 

En fait, il n'y a rien eu de vraiment de neuf publié sur la sexualité depuis l'encyclique "La Personne Humaine" de Paul VI en 1972 (à ne pas confondre avec l'autre encyclique, "La Vie Humaine"). Tous les développements ultérieurs par Jean-Paul II partent de la même idée de Paul VI: hors du mariage sacramentel, le chrétien est complètement chaste. Ni masturbation, ni sexe entre jeunes. Pas de sexe entre célibataires, quel que soit leur âge. Et qu'on soit homo ou hétéro ne vient d'ailleurs rien changer à cet édit absolu. En gros, si l'on prend la population adulte en Europe occidentale, une minorité devraient avoir une vie sexuelle, selon la doctrine catholique.

 

Or depuis 1972, il me semble tout de même que les sciences ont beaucoup apporté à la compréhension de la sexualité...

 

Pour vous détendre, je vous suggère de voir une fable sortie en DVD: Les Loups de Kromer. Kromer est un petit village anglais où les garçons qui sont nés loups (avec fourrure, queue, griffes et tout) se retrouvent quand ils ont été chassés par leur famille. Bien sûr, c'est assez esthétique de les voir "s'amuser" ensemble. Mais le fond de l'histoire, c'est la réaction des villageois et surtout celle du curé, un homme particulièrement virulent dans la chasse aux loups (pour des raisons que le film révèle). Soyons clair: ce n'est pas un monument du cinéma, c'est un conte moral, une sorte de fable moderne sur l'homophobie. Et ça se voit sans absolument aucun danger, avec une bonne glace et un verre de Bénédictine.

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jeudi 23 juin 2005

71. le procès de Galilée

J'ai toujours été fasciné par tout le débat dans l'Eglise Catholique au moment de la 'révolution copernicienne' et notamment le procès Galilée. Les ecclésiastiques, s'opposant aux faits (au nom de la religion) ont causé un tort immense à ces génies de l'humanité. Et cela simplement parce qu'il leur était impossible, à ces hommes d'Eglise tous-puissants, d'admettre que les récits bibliques de la création du monde ne soient en fait pas la description de l'origine de notre univers. Il était impossible pour eux d'admettre qu'il devait apprendre ou que leurs discours se basaient sur des faits erronés. La foi est l'enseignante de la science, ou la science suprême, n'est-ce pas.

 

Encore aujourd'hui, vous savez que certains "créationnistes" américains, parmi les chrétiens soi-disant fondamentalistes les plus ignorants, exigent de leur gouvernement que les cours de science sur l'origine de l'univers ainsi que les théories de l'évolution des espèces (selon Darwin) soit une "option" dans les écoles et que les élèves aient le droit de choisir entre les sciences telles que nous les connaissons et de soi-disant théories scientifiques en accord avec la Bible au sens littéral.

 

Dans certains milieux, on conteste évidemment que l'homme soit jamais allé sur la lune (tout ça ne serait qu'une fabrication de la Nasa aidée par Hollywood). Ni même que les dinosaures aient existé (pure mise en scène anti-religieuse à l'échelle mondiale).

 

C'est lamentable et désastreux. Et que des chrétiens utilisent la Bible pour répandre l'ignorance est un scandale pur et simple. Le fameux "péché contre l'Esprit", dont parlait Jésus.

 

L'Eglise Catholique est arrivée (après le sacrifice de quelques martyrs) à se réconcilier avec les sciences, du moins pour les questions de Galilée et de Darwin. Le pape Jean-Paul II a d'ailleurs parlé de ce fossé séculaire entre science et religion lors de sa grande cérémonie de "demande de pardon pour les fautes de l'Eglise" (12 mars 2000, à l'occasion de l'Année Sainte).

 

Peut-être qu'il est temps que l'Eglise fasse aussi une révolution copernicienne en matière de sexualité, et en particulier pour la question des femmes et la question homosexuelle. Quand on entend sur quelles idées se basent notamment les évêques qui sont très bruyants contre l'homosexualité, il y a vraiment de quoi les trouver "pré-coperniciens". Et ne parlons pas de ce cher Anatrella, qui soutient encore que l'homosexualité est un traumatisme de l'enfance et que donc qu'il est impossible qu'elle ne produise autre chose que des handicapés à vie (notamment inaptes au sacerdoce ou au mariage).

 

Je prie tous les jours pour que Dieu nous donne un Galilée ou un Darwin. Ou mieux encore, dans le domaine religieux, qu'il suscite un David: celui qui, d'un seul coup de fronde, va terrasser le géant Goliath. Car c'est le sentiment que j'ai quand je vois la hiérarchie catholique, homophobe et sexiste. Ou la droite américaine, tellement bien ancrée à la Maison Blanche avec Georges Bush. Voilà les Goliath d'aujourd'hui, ceux qui sont les Philistins lancés à l'assaut d'Israël. Et toute notre force réunie, gay et gay-friendly, n'arrive pas à les repousser. Ils triomphent chaque jour davantage. Nous sommes là, comme l'armée de Saül, affaiblis et démoralisés, déshonorés et honteux.

 

Il faut que Dieu nous donne notre propre David, le petit pasteur qui vivait loin de la maison familiale pour garder les troupeaux, une tâche insignifiante bien à la portée du plus jeune. Un rejeté de son époque, qui n'était pas avec les siens lorsque que le prophète Samuel est venu chercher le futur roi dans la maison de son père Jessé. Celui qui était tellement petit et faible qu'il a été refusé à l'armée quand il fallait aller combattre les Philistins, alors que tous ses frères y sont allés. Le jeune homme inattendu, qui avait un talent artistique magnifique pour composer des psaumes et qui arrivait à calmer les douleurs insupportables du roi Saül. Ce jeune homme tellement beau que Dieu lui même l'a chéri.

 

Plus que jamais, je pense que le saint patron des gay est le roi David. Mais non pas à cause de son amour emblématique pour Jonathan, comme certains pourraient le penser. Mais à cause de sa victoire sur Goliath.

 

Ceci dit, aujourd'hui je sais pourquoi j'ai toujours été fasciné par l'affaire Galilée. Il a été condamné le 22 juin 1633... et le 22 juin est une date importante pour moi... et mon deuxième prénom est Davide... Mais rassurez-vous, ce n'est pas moi que Dieu a choisi pour abattre Goliath. Ou alors, il faudrait qu'il crie plus fort parce que je n'ai encore rien entendu...

Pour votre satisfaction esthétique, voici une version du Caravage:

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lundi 20 juin 2005

70. l'évêque qu'il nous faut d'urgence

lire l'article  l'évêque qu'il nous faut d'urgence


J'ai des amis 'cathogay' à Memphis, dans le Tennesse. Et ils sont ravis de leur évêque, Mgr Terry Steib. Et, à lire ce qui leur arrive, je les envie totalement. Mgr Steib est exactement le genre d'évêque qu'il nous faut !


L'évêque de Memphis racontait récemment qu'il a ressenti très fort le besoin de retrouver le sens de l'Eglise comme maison, foyer ou demeure (home, en anglais), et cela à partir de ses nombreuses rencontres avec des catholiques qui ne se sentent pas ou plus "à la maison" ou chez eux dans l'Eglise. C'est la raison pour laquelle Mgr Steib vient d'annoncer, le 2 juin dernier, le lancement d'un apostolat diocésain (ministry, en anglais) auprès des Catholiques gay et lesbiennes.

L'évêque explique dans l'article qu'il publie dans le magazine diocésain, un article intitulé “This Far by Faith,” qu'il faut voir l'Eglise comme la maison "où la famille de Dieu se rassemble pour célébrer l'amour inconditionnel de Dieu". Et il ajoute encore :

"Mais tout en réfléchissant à l'idée de l'Eglise comme Maison de Dieu, je suis devenu de plus en plus conscient qu'un certain nombre de gens - et en particulier des catholiques - ne se trouvent plus à l'aise (comfortable) dans leur maison. En fait, ils ne sont même plus certains que l'Eglise EST leur foyer, leur maison. Parfois, ce sont les alea de la vie qui font que certains se sentent étrangers ou exilés. Et il arrive qu'à certaines occasions, tout part d'un malentendu sur les enseignements de l'Eglise. Souvent aussi, les gens cachent une souffrance profonde enracinée dans le fait que, pour une raison quelconque, ils pensent que leur vie ne ressemble en rien à la vie des autres ou, pire, que leur vie et leur existence est inacceptable pour les autres.

Récemment, poursuit Mgr Steib, j'ai rencontré des gens comme ça. Beaucoup d'entre eux sont nés dans des familles catholiques, baptisés depuis la petite enfance et scolarisés dans des écoles catholiques. Et ils avaient embrassés la foi qui leur était offerte. D'autres, attirés par l'exemple de leurs amis, se sont sentis attirés par Dieu à devenir catholiques et même parfois à recevoir les rites de l'Initiation des Adultes (ndt: baptême, confirmation et eucharistie). Pour eux tous, être catholique est au coeur de leur être même. Et pourtant, en même temps, ils ne sont plus sûrs que l'Eglise leur garde une place. Ceux dont je parle, ce sont ces gens - ces Catholiques bons et formidables - qui sont gay ou lesbiennes."

L'évêque raconte alors comment il a rencontré un groupe de gay et lesbiennes puis un groupe de parents d'homosexuels. Des parents qui voient la bonté profonde de leurs enfants mais aussi les talents qui sont en eux. Tout comme ils déplorent la solitude de leurs enfants gay et lesbiennes, car ils la voient comme personne d'autre n'est capable de la voir.

Et le bon évêque de poser des questions à son coeur de père et de pasteur. "Comment pourrions-nous dire que la rivière de notre foi est profonde si nous ne travaillons pas activement à ce que tous soient les bienvenus dans leur propre maison - une demeure qui a été donnée à chacun d'entre nous quand nous sommes devenus des membres de la famille de Dieu par le baptême? Allons-nous laisser nos coeurs grandir en laissant de côté nos préjugés sur ceux qui appartiennent à la maison de Dieu et ceux qui n'y appartiennent pas?"

"Notre tâche, explique-t-il, c'est de construire sur terre une image de la demeure qui est la nôtre dans le Royaume: celle où il n'y a plus de murs, celle où nous nous nourrissons de la présence de Dieu et des uns et des autres."

Jésus, fait remarquer l'évêque, "nous aime tous, est venu pour tous et est mort pour tous". Il annonce donc le lancement d'un apostolat diocésain auprès des gay et lesbiennes catholiques "afin de s'assurer que nous ne laissons personne derrière nous, pour nous assurer que tous sont les bienvenus dans leur propre maison, et pour s'assurer que nous exprimons la gratitude et le respect appropriés pour le don que chacun d'entre nous représente pour l'Eglise".

Le père Pauliste, John Geaney, qui est porte-parole du diocèse, a par ailleurs expliqué que ce nouveau département diocésain est animé par un comité au sein du bureau diocésain pour le culte. Un comité qui organise des 'Auberges Espagnoles' (potluck, en anglais) et des discussions à la paroisse cathédrale de Memphis.

En ce qui me concerne, je n'ai pas de mots de gratitude assez forts pour remercier Mgr Steib. Il a réalisé dans son diocèse exactement ce que je voudrais voir dans l'Eglise universelle: dans son texte, je ne trouve aucun mot de condamnation, aucun appel à changer ceci ou cela pour devenir ou re-devenir "l'un des nôtres", même pas une allusion au fait que les hétéro sont ou ne sont pas en danger par la présence d'homosexuels au mileu d'eux. Aucun besoin non plus de faire des théories fumeuses sur l'homosexualité et sur les multiples 'bonnes' raisons qu'il y a de trouver les gay infréquentables.

Une attitude de père, de pasteur. Voilà vraiment l'évêque inspiré par Dieu.

Seigneur, merci pour cette belle figure d'évêque que tu nous donnes aujourd'hui en Mgr Steib. Bénis son ministère et tout son diocèse. Que ce qu'ils réalisent à Memphis soit un modèle et un exemple pour tous les diocèses américains et pour l'Eglise toute entière. Amen.

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vendredi 17 juin 2005

69. torturé parce qu'aimé, l'histoire de Zach

lire l'article torturé parce qu'aimé, l'histoire de Zach

À la fin du mois de mai, le jeune Zach (du Tennessee) a placé une note dans son blogue. Il racontait à ses copains son aventure. Depuis lors, l'affaire fait le tour des teenblogs, les blogues d'adolescents, qui font tout pour le sortir du cauchemar dans lequel il se trouve actuellement. Les manifestations sont quotidiennes.

 

Voici l'histoire de Zach, en gros: en voyant qu'il était "bizarre" (queer en anglais), ses parents l'ont inscrit dans un camp de soi-disant thérapie pour soi-disant réparer son orientation sexuelle. Le pauvre Zach est enfermé dans ce camp jusqu'au 20 juin au moins.

 

Et tout ça parce que la famille de Zach l'aime et veut son bien, évidemment.

 

C'est ça l'aspect tragique de l'affaire, à mon avis. Voilà un jeune qui en ce moment même est en train d'être torturé parce qu'il est pédé.

 

Voici un résumé d'un article (en anglais) qui raconte son histoire. La traduction est de votre serviteur, bien qu'indigne. Et j'ai gardé la dureté et la cruauté de certaines expressions. Attention: je devrais mettre le mot "ex-gay" entre guillements tout le temps, pour être honnête. Mais c'est presque devenu un terme technique, aux Etats-Unis, pour désigner non pas des gay qui ont cessé de l'être mais ceux qui sont passés par de soi-disant "thérapies réparatives" avant de "guérir" leur orientation sexuelle et de militer dans des associations. Je vous rappelle que l'association américaine des psychothérapeutes a affirmé il y a 10 ans que ces thérapies sont de véritables tortures mentales sans aucun fondement scientifique et que ces soi disant thérapeutes sont des charlatans dangereux.

 

(traduction, texte original du New York Blade Online, Dyana Bagby, 15 juin 2005)

 

Un adolescent du Tennessee a semble-t-il été inscrit par ses parents dans un camp pour devenir ex-gay. Et cela après qu'il ait leur ait fait son coming out en tant que gay. Depuis lors, il rédige au travers d'un blogue la chronique de ses angoisses après avoir été pris en charge par cet "apostolat" pour ex-gay [ex-gay ministry, en anglais]. Ce blogue personnel a attiré l'attention de media importants ainsi que des associations gay.

 

Zach, un garçon de 16 ans habite Bartlett, dans le Tennessee. Il a été envoyé dans un camp pour ex-gay baptisé le Refuge, lié à une association intitulée Love In Action (LIA, traduisez l'Amour En Acte), dans un site situé près de Memphis. Zach doit rester dans ce camp jusqu'au 20 juin au moins, d'après ce qu'on peut lire dans la note du 3 juin de son blogue personnel.

Love In Action, un "apostolat auprès des ex-gay", est encouragé par un groupe d'ex-gay baptisé Exodus International et reçoit le financement et le soutien de nombreuses églises locales de la région de Memphis. Les responsables de cet apostolat ont été contactés mercredi [avant-hier] et se refusent à confirmer que l'adolescent se trouve inscrit chez eux. Un ami contacté par notre journal n'a pas voulu confirmer le nom de famille de Zach. Il ne nous a pas été possible d'identifier qui sont ses parents.

 

Les associations gay ont remonté la piste des appels au secours de Zach [ndt, qui n'avait pas été capable de dire exactement où il se trouvait] et ont organisé des protestations quotidiennes depuis le 6 juin à l'extérieur des locaux de Love In Action à Memphis. Mercredi, l'organisation a annoncé qu'elle allait tenir une conférence de presse jeudi [hier] en réponse à ces manifestations.

Dans un communiqué de presse “LIA en appelle au grand public pour garder un esprit ouvert, respectueux et tolérant vis-à-vis de ces jeunes qui éprouvent une attirance pour d'autres du même sexe et qui sont en ce moment en train de suivre un programme au Refuge”.

Wayne Besen, un écrivain gay qui suit à la trace le mouvement ex-gay, a déclaré que ce teenblog est la “version moderne du message lancé à la mer dans une bouteille.”

“Il s'agit d'une forme grave de maltraitance juvénile,” déclare Wayne Besen, auteur du livre "Anything But Straight: Unmasking the Scandals and Lies Behind the Ex-Gay Myth" (traduisez: 100% Hétéro, mise en lumière des scandales et des mensonges derrière le mythe ex-gay).”

Ce blogue “est très innovateur, et il montre le pouvoir le l'Internet dans notre notre communauté,” ajoute Wayne Besen.

Le 29 May, Zach a commencé à bloguer pour raconter que ses parents l'ont fait asseoir pour lui dire qu'il allait suivre un programme de chrétiens fondamentalistes destiné aux gay.

“Ils m'ont dit, explique Zach, qu'il y avait quelque chose de psychologiquement mauvais en moi, et qu'ils constatent qu'ils m'ont ‘mal élevé.’ Je suis un grave échec pour eux parce que je ne suis pas le chemin que Dieu me demande de suivre. Et me voilà ici [en train d'écrire] en larmes, avec le reste de ces pauvres mômes qui se plaignent de leurs parents dans un blogue - mais je n'y peux rien”, écrit Zach.

“Et ça a été un vrai enfer pour moi. J'ai été émotionnellement déchiré dans tous les sens pendant trois jours... Je ne me souviens pas combien de temps en fait … j'ai perdu un peu la notion du temps,” écrit l'adolescent dans une note bloguée le 3 juin.

Il décrit les règles écrites du Refuge, des règles qui avaient été envoyées par email à ses parents: “Pas de hug (se prendre dans les bras, à l'américaine) ni de contacts physique entre clients. Brièvement serrer la main ou une main brièvement posée sur l'épaule seront autorisés."

"L'association LIA désire encourager chaque client, masculin ou féminin, à affirmer son identité sexuelle" expliqent les règles. "Le LIA désire aussi que chaque client recherche une totale intégrité dans ses actions et ses attitudes. Dès lors, toutes les possessions, apparences, vêtements, actions et même l'humour qui pourraient relier un client à un passé inapproprié doivent être exclus du programme. Tous ces boulets (litt. hindrances) sont appelés justement False Images (litt. Fausses Images, ou FI). Un comportement FI peut comporter chez les femmes une hyper-masculinité et des comportements masculins , chez les hommes l'usage de bijoux ou d'accessoires , ou d'autres formes typiques de vocabulaire ou d'attitude gay ou lesbiens.”

Le Refuge prévoit un programme de deux semaines qui coûte $1,500 mais aussi un programme de six semaines pour $4,000, comme on peut le lire sur leur site web.

 

(fin de la traduction)

 

Bien sûr, il faut attendre que les journalistes vérifient cette histoire. En effet, ne soyons pas naïfs: ce ne serait pas la première fois qu'un adolescent nous monte en bateau pour attirer l'attention du monde. On est peut-être en face du bobard total. Néanmoins, je connais trop ces malades déguisés en thérapeutes au nom de la religion pour ne pas être personnellement ému par l'histoire de Zach.

 

L'idée que des jeunes de 16 ans sont torturés parce que pédé ou gouines est un hurlement à la face du Ciel. Il n'y a pas assez de mots sur terre pour les condamner dans toutes les langues. Et qu'ils le fassent au nom de l'affection qu'ils ont pour ces jeunes est peut-être la seule et unique raison pour laquelle je ne réclame pas qu'ils soient punis et enfermés, mais juste empêchés de nuire... Et encore: que ce soient eux qui doivent suivre une thérapie pour qu'ils s'interrogent sur leurs comportements homophobes!

 

Pour avoir une idée de ce dont on parle, je vous rappelle le film Latter Days (La Tentation d'Aaron) qui décrit un peu le même genre d'histoire. Et je laisse à GayAnglican le soin d'avouer lui-même pourquoi il aime beaucoup l'acteur qui joue le rôle d'Aaron, l'irrésistible Steve Sandvoss, <soupir>, bien que je penche plutôt pour son vis-à-vis l'acteur Wesley A. Ramsey... Bon d'accord, j'avoue, on reste dans le style "Pretty Woman" dont j'ai déjà parlé il y a quelques jours...

 

 


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jeudi 16 juin 2005

68. les pédé au bûcher de fenouil

lire l'article les pédé au bûcher de fenouil

En tant que rital, sans parler du fait que je suis catho, j'observe particulièrement ce qui se passe en Italie. Et il y a eu récemment l'intervention de ce ministre du gouvernement national, choqué de voir des enfants accompagner leur parents homosexuels à la Gay Pride de Milan.

 

On peut lire notamment dans l'article que, non seulement le ministre a eu des propos homophobes, mais il a même utilisé l'équivalent de "tapette" en italien: finocchio. Un terme clairement insultant, aussi utilisé que le terme pédé en français.

 

Littéralement, le mot signifie tout simplement fenouil, une plante ma foi fort sympathique et très agréable à consommer à la fin d'un repas particulièrement riche en ail ou en sauces. Et j'avoue que je ne m'étais jamais demandé quelle était l'origine de l'expression. Il y a d'autres expressions "alimentaires" en italien pour désigner les homo, comme par exemole l'équivalent de "omelette", froscia. Jusque là, je n'étais pas inquiet.

 

 

 

 

Mais en lisant l'article, j'ai appris que l'expression venait du fait que les pédé étaient brûlés au bûcher à une certaine époque (au Moyen-Âge paraît-il), et qu'on utilisait du fenouil pour parfumer le bois du bûcher, ou en tout cas pour atténuer la puanteur des corps carbonisés. Une odeur qui dure pendant des jours, paraît-il, bien après que la malheureuse victime ait été exécutée.

 

Dès lors, en appelant les pédé "finocchi", on leur rappelle le sort qu'ils méritaient à une certaine époque: le bûcher. Une époque que, clairement, certains regrettent (dans le sens que ça leur manque, et non dans le sens qu'ils la déplorent).

 

On est au début du 21ème siècle et un ministre en est encore à utiliser en public des termes qui impliquent que la meilleure place pour les pédé est le bûcher !!! J'ai déjà eu l'occasion de vous dire mon opinion sur le sujet: tout responsable politique ou religieux qui tient des propos homophobes est personnellement responsable des morts et des suicides que cela provoque chez les gay. Et cela parce qu'ils alimentent et donnent du crédit au climat homophobe dans une société ou une culture.

 

PS - Est-ce quelqu'un sait pourquoi les anglophones utilisent le mot "faggot" (litt. un fagot) pour les homosexuels? Est-ce pour les même raisons, en référence aux bûchers sur lesquels ont les suppliciaient? Ce serait une bien étrange convergence...

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mardi 14 juin 2005

67. qu'est ce qu'un homosexuel?

Il y a des livres écrits en anglais qui ont changé ma vie. Par exemple ceux de John Boswell ou de Bruce Bawer, ou encore d'Eric Marcus. Hélas peu d'entre eux ont été traduits en français.

 

Je le regrette amèrement parce qu'il y a un monde de préjugés qui ne tiendraient pas la route si ces publications étaient traduites. De plus, les jeunes gay francophones sont privés d'un trésor extraordinaire qui pourrait faire énormément pour leur découverte de soi, et surtout pour se rattacher à leurs origines... et en être fier.

 

Alors, je vais faire un truc que je vais regretter parce que ça va m'esclaver: je vais me mettre à traduire. J'ai choisi pour commencer un bouquin d'Eric Marcus: Is It a Choice?: Answers to 300 of the Most Frequently Asked Questions About Gay and Lesbian People
Et justement, ce que j'aime à propos de ce livre, c'est qu'il répond aux 300 questions qu'Eric Marcus a le plus entendues à la fin de ses conférences sur l'homosexualité. Certaines sont tellement "bateau" que ça m'étonne qu'on les pose encore. Et pourtant, à écouter mes amis hétéro, c'est étonnant l'ignorance dans lesquelles on les laissent sur l'homosexualité, nous les pédé. Et qui d'autre que nous pour expliquer aux hétéro ce que c'est que d'être homo? Si nous ne le faisons pas, qui le fera?

 

Alors, au bénéfice de tous mes copains et copines hétéro, je vais me mettre aussi à répondre à ces questions, en commençant par une des questions du livre d'Eric Marcus. Et c'est promis, je ferai toujours clairement la distinction entre la traduction de son texte et mes propres commentaires.

 

 

Alors, je commence ci-dessous avec la première des "Questions Fréquemment Posées" : Qu'est-ce qu'un homosexuel?

 

 

 

 


Qu'est-ce qu'un homosexuel? (le texte est d'Eric Marcus, sauf les passages entre [...])

 

Une personne homosexuelle est un homme ou une femme dont les sentiments d'attirance sexuelle se portent sur quelqu'un de son propre sexe. Le mot homosexuel a été utilisé pour la première fois par Karl Maria Kertbeny dans un pamphlet politique paru en 1869 dans lequel il exigeait l'abolition des lois anti-homosexuels édictées par la Prusse. Le mot homosexuel combine le mot grec pour "le même" avec le mot latin pour "sexuel". Par opposition, le mot hétérosexuel [qui est donc né plus tard] s'applique à un homme ou à une femme dont les sentiments d'attirance sexuelle portent sur des personnes de l'autre sexe.

 

Les homosexuels existent dans toutes les formes, toutes les couleurs et les toutes les tailles possibles. Ils existent dans tous les états de vie, tout comme les hétérosexuels d'ailleurs. Certains sont célibataires, d'autres sont engagés pour la vie avec des partenaires du même sexe, dans des relations basées sur l'amour. Certains ont des enfants et des petits-enfants, et d'autres pas. Les homosexuels sont des éléments de toutes les familles et de toutes les communautés humaines, ce qui signifie qu'absolument tout le monde connaît quelqu'un qui est homosexuel. Beaucoup ne réalisent pas qu'ils en connaissent, et même qu'ils ont de l'affection pour certains homosexuels, tout simplement parce que, parmi les homosexuels, beaucoup sinon la plupart, gardent le secret sur leur orientation sexuelle.

 

Je regrette [écrit Eric Marcus] d'avoir ignoré le sens du mot homosexuel durant mon enfance et mon adolescence. Au début, je ne savais pas exactement ce qu'était un homosexuel, sauf qu'il s'agissait de quelqu'un de très méchant, de messieurs dégoûtants qui faisaient des choses affreuses aux enfants. Le genre de personnes dont mes parents parlaient pour rappeler sans cesse qu'il ne fallait jamais accepter les sucreries qu'ils présentaient.

 

En évoluant dans l'adolescence, je n'étais toujours pas au clair avec la notion d'homosexualité, surtout parce que je n'avais jamais rencontré d'homosexuel. Mais je savais pourtant que l'insulte la plus mortelle qu'on puisse lancer à un garçon c'était de lui dire "pédé" [faggot, en anglais]. Au camp d'été, il y avait toujours au moins un garçon qui était affublé de cette appellation, un souffre-douleur total et permanent, méprisé par les autres garçons et ridiculisé par les filles.

 

Il se fait qu'un été, c'était moi ce garçon, et alors que je ne m'appliquais pas vraiment ce terme de pédé comme étant le signe que j'avais une attirance sexuelle vis-à-vis d'autres garçons, je savais confusément que, dans mon cas, ils avaient quelque part raison de m'appeler pédé. C'est ce que j'étais. Et je me demandais: est-ce que je vais grandir en devenant l'un de ces hommes dégoûtants dont on m'avait parlé durant mon enfance?

 

Le jour où j'ai enfin rencontré un homme dont je savais qu'il était homosexuel, j'ai été totalement soulagé sur mon avenir. Bob était intelligent, beau, un magnifique étudiant universitaire plein de confiance en soi... et il habitait le même bâtiment que moi. Il ne rôdait pas derrière les toilettes publiques,... et il ne m'a jamais offert de sucreries. Par contre, il a dissipé tous les clichés dans lesquels j'avais grandi à propos des homosexuels et de l'homosexualité. Il a été la première personne qui m'a expliqué qu'un homosexuel est tout simplement un homme ou une femme dont les sentiments d'attirance sexuelle se portent sur quelqu'un de son sexe. C'est un homme qui tombe amoureux d'autres hommes ou une femme qui tombe amoureuse d'autres femmes. C'est tellement simple, mais pour moi c'était une idée révolutionnaire et ça a changé ma vie.

 

[ Quelques questions subsidiaires qui viennent de moi :

 

1a. L'homosexualité commence-t-elle quand on a des relations sexuelles avec quelqu'un de son sexe? Non, on l'est dès la naissance et beaucoup d'enfants ou d'adolescents homosexuels savent qu'ils sont attirés par d'autres garçons, alors qu'ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'est le sexe. Par contre, beaucoup d'homophobes dans le camp des chrétiens fondamentalistes répondent au contraire que "oui". Ce qui explique leur message fréquent: "ne devenez jamais homosexuel", ou leur dogme selon lequel on choisit d'être homosexuel. L'homosexualité est un penchant mauvais de l'homme, selon eux, au même plan que la violence, la tricherie, etc.

 

1b. Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes sont-ils des homosexuels? Non, il pourrait s'agir de bisexuels, ou tout simplement d'hétéro mis dans des circonstances particulières. Par exemple des adolescents hétéro qui s'aident mutuellement à se masturber. Ce genre d'expérimentation cessera lorsque les filles entreront dans leur univers. Ou il pourrait s'agir d'hommes hétéro qui se rendent des services sexuels dans des lieux d'enfermement, comme les prisons, les casernes, les internats, les couvents, les navires, etc. Quand ces hommes retrouvent les femmes, ils abandonnent le "commerce" avec d'autres hommes.

 

Il peut s'agir aussi d'hommes qui trouvent qu'il est plus agréable de recevoir une fellation d'un autre homme ou qui aiment pénétrer d'autres hommes. Ils mènent une vie parfaitement hétéro, avec leur épouse, mais de temps en temps ils s'offrent un petit extra parce que leur épouse n'aime ni la fellation ni la pénétration anale (ou ne le fait pas à leur satisfaction).

 

Enfin, il pourrait s'agir d'un moyen d'imposer sa volonté sur d'autres hommes, particulièrement quand il s'agit de les humilier ou de les abaisser, par exemple pendant les guerres, dans des camps de prisonniers ou dans des bandes de jeunes violents. Violer un autre homme hétéro, surtout en groupe, c'est le détruire et le traumatiser à jamais.

 

Dans tous ces cas, il n'y a pas de sentiment d'attirance (ni d'amour), c'est au mieux juste un défoulement sexuel et un service rendu entre potes, ou au pire du viol et de la torture qui servent un autre but, celui de dominer. Rien à voir, donc, avec l'homosexualité: c'est toute la différence entre l'amour et le sexe.]

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