<body>

Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

mercredi 30 août 2006

318. il n'y a pas de question idiote

Vous connaissez certainement cette expression "il n'y a pas de question idiote". Elle est bien exacte, mais elle passe parfois sous silence que certaines questions montrent l'ignorance de celui qui les pose, voire parfois (et je parle d'expérience) sa stupidité. Attention: stupide ne veut pas dire méchant. C'est juste un état d'ignorance qui frise l'absurde. Le genre de question qui fait se demander en retour "mais comment peut-on encore poser des questions pareilles?".

Le hasard (mon oeil!) fait que j'ai reçu la semaine dernière une série de messages truffés de questions idiotes. Ou, pour être exact, d'affirmations parfaitement idiotes à des questions qu'on ne devrait plus se poser. Je vous laisse juge. Ce sont des questions qui m'étaient adressées mais prenez ça comme un petit test...

- Peut-on être homo alors qu'on n'a jamais eu de relation sexuelle avec quelqu'un de son propre sexe ou qu'on vit dans la continence?

- Peut-on avoir une attirance sexuelle pour quelqu'un de son propre sexe et pourtant ne pas être homo? Peut-on avoir une attirance sexuelle pour quelqu'un de l'autre sexe et pourtant ne pas être hétéro?

- Si l'on a eu une relation sexuelle avec quelqu'un de son sexe, est-ce qu'on est devenu homo? Un homo qui a eu une relation sexuelle avec quelqu'un de l'autre sexe est-il devenu hétéro?

- Les homo sont-ils des gens qui ont eu de mauvaises expériences hétérosexuelles? N'ont-ils pas renoncé trop vite à vivre une expérience hétéro satisfaisante?

- Est-ce que la sympathie pour les homo et leur fréquentation n'entraîne pas un jour à s'engager dans des relations sexuelles avec quelqu'un de son sexe? Et donc à rendre un peu homo?

- Comment expliquez-vous qu'il y ait de plus en plus d'homo aujourd'hui?

- Pourquoi les homo refusent-ils de se faire soigner alors qu'ils sont si malheureux de l'être?

- Pourquoi les homo veulent-ils toujours recruter pour qu'on devienne comme eux alors que c'est eux qui sont anormaux?

- Pourquoi les homo veulent-ils toujours singer ce que font les hétéro, comme le fait d'être marié ou d'être parent?

- Pourquoi les homo détestent-ils tellement les hétéro et les agressent-ils sans cesse par leur comportement?

D'accord, ces questions ne sont pas nouvelles. Mais qu'il y ait encore des gens pour les poser (et notamment dans le monde catholique ou chez les jeunes) est absolument désolant. Est-ce qu'on ne pourrait pas trouver un mécène pour lancer une campagne d'affichage sur les autoroutes et dans les villes?

Pour le seul domaine "religion" (et je vous fais grâce des questions liées à d'autres domaines, comme la santé ou la culture), il y encore un petit bouquet pour vous:

- Comment pouvez-vous dire que ce n'est pas un péché d'être homo ou que ce n'est pas immoral?

- Que dit la Bible de l'homosexualité? Que pense Jésus de l'homosexualité? [Là, c'est une question facile, en fait.]

- Pourquoi l'Eglise Catholique est-elle si hostile aux homo et à l'homosexualité?

- Les homosexuels prient-ils? Peuvent-ils devenir hétéro grâce à la prière?

- Comment des homo peuvent-ils encore aller communier?

- Comment peut-on être Catholique et avoir des relations sexuelles homo?

- Comment peut-on être Catholique et ne pas être d'accord avec ce que dit le Magistère, notamment sur la question de l'homosexualité?

Souvent, j'ai presqu'envie de répondre qu'il faudrait relire toutes les entrées de ce blogue pour répondre à ces questions, tant j'ai l'impression de les avoir abordées un jour ou l'autre.

Mais surtout, je suis persuadé que vous avez rencontré ces questions un jour ou l'autre. Une suggestion? Que les écrivains parmi vous organisent un séminaire intitulé "Il n'y a pas de question idiote" et qu'ils passent quelques jours à écrire les réponses. Ne fut-ce que pour que votre humble serviteur puisse suggérer la lecture de ce livre... Et je suis sûr qu'un éditeur (le papa de Bambi?) pourrait même le publier...

Posté par cathogay à 21:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


mardi 29 août 2006

317. la chance qu'elles ont

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, ma pensée part très souvent de l'anecdote. Parfois même d'un détail d'une insignifiance telle que ça donne une idée de l'infini. Et je ne dis pas que mes réflexions décollent beaucoup par rapport à ce niveau, d'ailleurs. Mais je trouve que, si tout le monde est attiré par la même vue générale, chacun possède une manière propre de se relier à tel ou tel détail, une manière toute personnelle. C'est vrai d'un tableau, c'est vrai d'un film, c'est vrai de l'Évangile, et c'est encore plus vrai de la vie courante.

Je passe sur les ennuis que cette tournure d'esprit m'a valu durant mes études. Le nombre de fois où j'ai mieux retenu le détail que la théorie générale... et que je ratais l'examen. Sans parler du nombre de gens qui me reprochent de ne pas voir tout le tableau mais de m'attacher à certains détails pour en oublier d'autres et d'être partial dans les anectodes que je choisis et de juger l'ensemble sur un point noir et blah blah blah le schtroumph à lunettes (ou le grincheux comme dirait Ben).

Non pas que les détails soient toujours remarquables en soi, ou que les exceptions soient toujours "exceptionnelles". C'est juste une tournure d'esprit.

Je ne me considère pas en cela meilleur que les autres. Par contre, je me sens justifié par le fait que Jésus lui-même avait cette tournure de pensée, comme on peut le voir dans son usage abondant des images tirées de la vie quotidienne ou dans la composition de ses paraboles.

Cette semaine, par exemple, j'aurais voulu parler samedi 26 de l'élection de Jean-Paul 1er (le Bref) en 1978. Je continue à penser que cet homme a fait quelque chose de grand, et pas simplement comme tremplin pour son successeur. J'aurais aussi voulu rappeler hier l'importance du discours prononcé un 28 août par le Révérend Martin Luther King, Jr. en 1963 et intitulé I've A Dream. Je n'ai pas eu le temps et le moment est passé.

Par contre, je reçois dans ma boîte de courriel la feuille mensuelle de l'association Fortunate Families et là je me dis qu'il faut que j'en parle. J'ai déjà rédigé une note à leur sujet et sur le parcours assez magnifique des fondateurs, le couple de Casey et Mary Ellen Lopata (sur la photo ci-dessous, avec les autres membres actuels du bureau de l'association). Et dans le genre détail insignifiant, il est clair que cette association est minuscule de chez Tout Petit & Cie.

 

 

 

En fait, à ma connaissance, il s'agit de la seule association de parents catholiques d'homosexuels au monde. Il y a bien sûr des associations de parents de gay et lesbiennes, mais je ne connais pas d'association spécifiquement tournée vers les parents catholiques. De même, vous allez trouver pléthore d'associations de parents catholiques soi-disant pour la famille qui vont lutter becs et ongles (littéralement) contre l'homosexualité et contre toute forme d'union gay ou d'homoparentalité au nom de l'Évangile (avec des ressources financières et médiatiques étonnantes). Mais je n'ai pas trouvé une autre trace d'association catholique comme Fortunate Families.

Littéralement, le terme se traduit par les familles chanceuses (le mot "fortuné" n'ayant pas le même sens en anglais, encore un de ces faux-amis comme disent en anglais les anglophones). Et en quoi consiste la chance de ces familles? Selon ses membres: c'est une bénédiction divine d'avoir accueilli un enfant homo ou membre d'une minorité sexuelle. Bien sûr, dans le parcours de beaucoup de ces parents, l'annonce de la différence de leur petit garçon ou de leur petite fille a d'abord été plutôt reçue comme la tuile du millénaire. Mais ce qui les différencie, c'est qu'elles ont évolué vers l'action de grâces. Merci, Seigneur, disent ces familles, de ce don que tu nous as fait des nos enfants homosexuels.

C'est fort. C'est prophétique. C'est sublime. Je trouve qu'un tel chemin spirituel de la part de ces gens est asolument grandiose.

Plus fort encore le fait de s'unir en association. Sans généraliser, il est probable que les sexagénaires catholiques ont plus de mal que les plus jeunes à se mettre en avant pour contester les vues homophobes de leurs évêques et du Vatican. Leur courage n'en est que plus admirable.

Voilà pourquoi je leur fait une ou deux fois par an un petit don financier via leur bouton PayPal. Voilà pourquoi je me suis dit que je vous parlerais plus régulièrement de leur petit bulletin de liaison.

Dans le numéro d'août 2006 (disponible en format PDF), on trouve par exemple:

Les premiers résultats d'une étude sur les parents catholiques d'homosexuels aux Etats-Unis. Ils ont déjà reçu plus de 200 réponses de couples ou de parents isolés et je pense que cette étude sera importante pour donner plus de visibilité à ces Catholiques qui ont un enfant appartenant à une minorité sexuelle. J'encourage toujours ceux qui ont une expérience à parler, tant je suis persuadé que l'homophobie actuelle dans l'Église tient plus de l'ignorance (et de la bonne intention qui pave l'enfer) que de la méchanceté.

On peut aussi lire un bref article sur la prochaine réunion annuelle de la NACDLGM, c'est à dire la conférence nationale (américaine) de la pastorale catholique des minorités sexuelles. Elle aura lieu du 21 au 24 septembre à Brooklyn et je suis sûr qu'il s'agira d'un moment fort. Tous les évêques américains n'ont pas mis en place une pastorale des minorités sexuelles (loin s'en faut). Mais c'est déjà un grand sujet d'action de grâces qu'elle existe dans beaucoup d'endroits et qu'elle arrive à tisser des liens, comme cette conférence nationale annuelle.

Le jour où mon évêque mettra en place une pastorale des minorités sexuelles, je me dirai peut-être qu'il est temps de se convertir parce que la Fin du Mond approche... Bon, d'accord, c'est pour rire. Je sais qu'il y a plein d'évêques homophiles, mais on ne peut pas dire qu'ils aient été des phares dans la tempête ces derniers temps.

Autre annonce, celle d'une retraite en octobre. Je veux souligner ça parce qu'on a parfois passé sous silence que les homosexuels, leurs parents ou leurs enfants ne sont pas des Catholiques différents des autres. Ils prient, ils fréquentent les églises, ils ont des besoins spirituels. La différence, c'est qu'il arrive trop souvent que ces besoins ne soient absolument pas rencontrés, tant il semble plus urgent de leur dire qu'ils ont tort et que les homosexuels ne devraient pas exister.

Un bel article aussi sur un groupe de soutien pour parents créé à Seattle (dans l'état de Washington) et qui a fièrement marché lors de la Gay Pride locale avec des panneaux "mères catholiques de fils gay". Un tout petit groupe, à l'évidence, mais d'autant plus admirable.

 

 

 

 

Toujours dans cette édition de leur magazine, le témoignage de Steve Balog, papa d'une lesbienne vivant en couple et qui sont venus l'aider à déménager. Ces parents ont été très émus des paroles d'un voisin de leur fille qui a expliqué à quel point lui et sa femme, et tout le quartier d'ailleurs, vont regretter le déménagement du couple lesbien. Et le témoignage du papa se termine par cette excellente question: est-ce que les gens qui, au Vatican, disent que le couple homo est intrinsèquement mauvais ont comparé leurs discours à la réalité? Il se demande si tout ne changerait pas si les responsables de l'Eglise voyaient concrètement ce que les couples homo font pour améliorer le monde qui les entoure. Un beau petit témoignage.

Autre lecture: James Lopata (de la famille des fondateurs de l'association?), s'interroge sur le fait que, de plus en plus, la presse présente les Chrétiens et les Homophiles comme deux camps opposés. D'un côté, dit-il, on place ceux qui défendent leur foi chrétienne, et de l'autre ceux qui se battent pour promouvoir les droits des minorités sexuelles. Comme s'il était évident que les homophobes sont chrétiens et que les homophiles sont anti-chrétiens. Et James Lopata de regretter qu'on ne fasse pas assez de place à ceux qui défendent les minorités sexuelles parce que ils sont chrétiens.

Dans un autre article, il invite à ne pas avoir de rancune vis-à-vis des Chrétiens homophobes, mais plutôt de la pitié. C'est vrai qu'il y a beaucoup d'ignorance chez ces gens, même s'il s'agit clairement (en finale) de méchanceté gratuite.

Imaginez un jeune homo chrétien vivant dans une ville où il voit des panneaux comme celui-ci sur la photo. Je traduis l'annonce: Ce dimanche, sermon sur le thème "Aime Ton Prochain" suivi d'une marche contre les homosexuels."

 

 

 

 

Plus loin, comme en réponse à ma note népalaise, la réponse du Dalaï Lama à une lettre de 23ème conférence international de l'ILGA (une association d'associations LGBTI très active de par le monde) et dont le siège est à... Bruxelles (rue de la Charité, ça ne s'invente pas).

Enfin, une petite réflexion intéressante, tirée d'une comparaison avec la dé-ségrégation des écoles américaines dans les années '50. L'auteur de l'article cité rappelle l'énorme montée de racisme (parfois très violent) qui a eu lieu après que la Cour Suprême ait jugé que la séparation dans les écoles entre étudiants noirs et blancs était illégale (en 1954). Et de faire la comparaison avec l'époque actuelle: il n'y a rien d'étonnant, selon lui, à ce qu'une avancée dans le combat des droits pour les minorités sexuelles (surtout dans la société civile) ne soit suivie d'une forte poussée d'hystérie homophobe (Au secours, le lobby gay attaque l'Eglise Catholique de partout!). Mais l'homme sage devrait lire cette réaction non pas comme le signe que le combat est perdu (ou que la cause a reculé) mais au contraire que les homophobes brûlent leurs dernières cartouches avec l'énergie du désespoir. C'est une thèse à sérieusement envisager dans les associations cathogay, je trouve.

Enfin, un petit sondage qui montre qu'aux Etats-Unis, parmi les homosexuels adultes, 50% des femmes et 42% des hommes vivent dans un partenariat de couple. Je lis ce chiffre comme un encouragement car, malgré les difficultés, les homo trouvent le chemin de l'amour dans le couple et la famille.

Voilà pour mon petit survol de la petite page mensuelle de Fortunate Families. Si vous avez le temps, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil aux éditions des mois précédents. J'invite d'ailleurs les cathogay qui lisent l'anglais (même seulement de manière basique) à s'abonner à leur liste de diffusion par internet et, pourquoi pas, à verser un ou deux euro via PayPal.

Quant à moi, je remercie le Seigneur que de tels parents existent et je les bénis des deux mains.

Posté par cathogay à 20:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 25 août 2006

316. l'intention dans le sperme

Si, comme moi, vous jetez un coup d'oeil fréquent au blogue d'Exposant H, vous savez que son bloguemestre, François Yserentant, adopte généralement une ligne politique que l'on pourrait qualifier de "social-chrétienne" ou "démo-chrétienne" (histoire d'avoir une référence compréhensible partout). Un choix politique pour lequel il est fréquemment critiqué (et dont il s'explique d'ailleurs), notamment par les gay qui militent dans des partis plus homophiles, comme les socialistes ou les écologistes. C'est vrai que, ces dernières années, le parti "humaniste" (successeur du parti social-chrétien) a été plutôt un phare d'homophobie cathobourgeoise, au moins dans le chef de sa présidente.

C'est une question que je me pose récemment: en tant qu'homme, en tant que gay, en tant que Catholique, comment exprimer le mieux mon vote et ma participation aux choix électoraux. Un débat difficile, qu'on soit Belge, Français, Américain, etc. Il n'y a bien sûr pas de réponse simple à cette question. Et je sais par expérience qu'il y des homo dans pratiquement tous les partis existants de l'éventail démocratique.

En fait, y a-t-il un vote gay? François Yserentant relaie un article suisse du site helvétique 360° et qui conclut (je m'en doutais un peu) que les homo ne votent probablement pas autrement que les hétéro... Je ne suis pas sûr de partager complètement cette opinion, surtout dans les dix ou quinze dernières années (avec notamment le débat sur le mariage ou l'adoption). Mais je suis d'accord avec l'auteur de l'article que la légende du lobby gay et celle du pédé forcément de gauche et libertaire ne résistent pas à l'analyse.

Et dans l'Eglise Catholique? C'est aussi probablement la même chose: il y a des cathogay de gauche, des super tradi, des charismatiques, des membres de l'Opus, des religieux de toutes les couleurs d'habits et sans habits, des super dévots et des quasi athées, des papolâtres et des papophobes, des catholibans et des gens très ouverts, des généreux et des radins, des sincères et des hypocrites. Ni meilleurs ni pires que les autres catho, je suppose.

Tant que j'étais sur le site de 360°, j'en ai profité pour faire un tour de l'actu et j'ai trouvé quelques sujets qui font réfléchir.

D'abord que la Norvège s'interroge sur l'interdiction de la plus importante banque de sperme d'Oslo d'accepter le sperme des homosexuels pour sa réserve de donneurs. En fait, depuis que le don n'est plus anonyme, une question est ajoutée au formulaire d'inscription pour préciser l'orientation sexuelle. Sur cette base, la direction refuse le don provenant des homo.

Raison invoquée? C'est là que je me dis: "où l'homophobie va encore se nicher?" Selon les explications du directeur, il est impossible qu'un homo donne son sperme dans un but généreux et désinteressé (pour aider l'humanité, une attitude philanthrope). Evidemment, dit le directeur, un homo ne le fait que dans le but égoïste et narcissique de perpétuer ses gènes.

Bien sûr, c'est de l'homophobie. Un préjugé qui ne repose sur rien. Pour une fois que les homo font un geste pour aider à la procréation... Et ne parlons pas des pays où l'on refuse leur don de sang (sans parler du don de leur vie quand il s'agit de soldats).

Autre page qui a attiré mon attention, celle qui porte justement sur la générosité des homo libanais pour venir en aide aux victimes de la guerre. Déjà, en lisant l'article, je suis assez fier d'eux parce qu'ils ont constitué le seul groupe ouvertement homo du monde arabe. Mais en plus, je trouve que leurs actions humanitaires sont plus qu'admirables.

Coup de chapeau, donc, pour l'association Helem et je vous invite à leur laisser quelques euro via leur bouton PayPal. Je vous signale que l'association a une antenne à Paris, à Lyon et une autre à Montréal (pour ne parler que des sections francophones), si vous désirez les aider de façon plus personnelle.

Dans le même article, on apprend que, de l'autre côté de la frontière, la World Pride de Jérusalem a été considérablement réduite. Les gay israéliens ont eu beaucoup de courage pour maintenir la tenue de cette grande manifestion. Mais on comprend qu'ils aient annulé la marche et la parade. Néanmoins, je suis heureux de voir qu'ils ont conservés certaines acitivités très symboliques, comme la rencontre oecuménique et inter-religieuse des clergés LGBT. Ainsi, on sait que les représentants majeurs des religions représentées dans la ville ont parfois été très virulents dans leur opposition à la Pride.

Je ne suis pas arrivé à retrouver un calendrier de cette rencontre. Si vous le trouvez, ce serait de le communiquer, pour être en union de prière.

Posté par cathogay à 20:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 24 août 2006

315. s'aimer sur le toit du monde

Deux jeunes gay Népalais veulent se marier samedi, même s'ils n'ont pas trouvé de prêtre pour lire les mantra de mariage. Je les admire, ces jeunes pédé, parce que je ne suis pas sûr que le Bouddhisme soit plus tolérant vis-à-vis de l'homosexualité que les religions monothéistes en général et la religion catholique en particulier. L'ostracisme qu'ils risquent n'est pas moins grand que celui des homo catholiques dans leur Eglise.

Mais je serais intéressé de savoir sur quoi se basent les gay bouddhistes qui désirent unifier leur foi religieuse et leur orientation sexuelle.

Bien sûr, les mauvaises langues vont certainement dire encore (et m'écrire) que voilà bien un exemple qui prouve que les religions sont la source de tout les maux et de toutes les méchancetés. Comme si l'athéïsme était plus tolérant et plus humain... Le jour où la profession d'athéïsme rendra plus vertueux que la foi religieuse, je veux bien commencer à en faire la promotion. D'ailleurs, dans le domaine particulier de l'homosexualité, je n'ai jamais entendu dire qu'une seule catégorie humaine soit exempte d'homophobie...

Autre petit potin: vous connaissez la chanteuse américaine Christina Aguilera? Moi j'aime beaucoup, surtout depuis sa superbe version de "Lady Marmelade" pour Moulin Rouge, ou encore sa très jolie reprise de "Car Wash" avec Missy Elliott.

 

 

Il faut savoir que la méga-star et chanteuse à la voix brise-cristal est très active contre l'homophobie, et pas seulement dans ses clips vidéo diffusés sur MTV. La liste de ses copains gay est impressionnante, même dans un monde aussi "truffé" que celui de Hollywood (et je sais ce que je dis). Récemment, elle est montée aux barricades pour défendre son pote Lance Bass, un ancien chanteur minet du boys band N*Sync (oui, celui du beau Justin Timberlake) et qui vient de sortir du placard pour clamer son amour pour une autre star télé, Reichen Lehmkuhl. Leur photo est ci-dessous.

 

 

 

Dans toute la presse pipole, Christina s'insurge contre les homophobes qui ont fait des commentaires dégueu sur son copain. Elle dit clairement: I'm shocked that people are shocked! Et en particulier s'insurge (I'm outraged! J'enrage!) que ses chéris ne soient pas autorisés à s'unir légalement. Comme elle vient juste de se marier (très catholiquement, d'ailleurs), elle ne comprend pas que tous n'aient pas la chance de vivre le même bonheur.

You go, girl!

Dans un autre genre (quoique): la super star américaine du porno gay Michael Lucas (sur la photo, avec sa moue à la Zoolander) est, on l'ignore, un Juif convaincu (et fier de l'être). C'est la raison pour laquelle il vient de faire un don financier plus que généreux pour différentes victimes du terrorisme en Israël. Il va aussi se produire pour égayer les soirées des militaires israéliens. Je n'ose lâcher la bride de mon imagination...

Il s'insurge d'ailleurs contre les Juifs qui seraient homophobes et explique tous les points qui rapprochent la cause juive et la cause homo.

Ceci dit, même si on n'apprécie pas son style de vie (et vous n'êtes pas obligés de faire tout le tour de son blogue, bande de voyeurs), il faut reconnaître à Michael Lucas un fameux courage, notamment dans ses prises de position en faveur des droits des minorités sexuelles et de la lutte contre le sida. Probablement ce qui explique aussi les propos relativement sympathiques dans sa notice wikipédienne.

Une madeleine des temps modernes, en quelque sorte... Bon, d'accord, c'est pour rire.

 

Enfin, je suis très heureux d'apprendre que le gouvernement sud-africain vient de donner son feu vert à la loi sur le mariage homo, faisant de ce grand et beau pays le premier d'Afrique à donner des droits aux couples homo identiques aux couples hétéro.

Alors que l'hystérie homophobe se déchaîne en Afrique de l'Ouest francophone et anglophone (et qu'elle est plus que latente dans le reste du continent), la lumière vient d'un pays qui a pourtant été longtemps dans l'obscurité. La pierre rejetée des bâtisseurs est devenue la pierre d'angle. Un proverbe évangélique qui pourrait bien se réaliser à propos de l'Afrique du Sud. Si ce n'était si loin, j'y partirais en vacances, rien que pour les remercier... Bonne idée ça, tient, que les homo n'aillent en vacances que dans les pays qui ne les persécutent pas...

Posté par cathogay à 20:39 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 23 août 2006

314. il fallait bien qu'ils tombent amoureux

Le signe qu'il ne se passe pas grand chose dans l'actualité catholique ou gay (ou les deux), c'est quand je reçois moins de 30 articles à lire en une semaine. Celle qui vient de s'écouler est de ce type-là: pas grand-chose à se mettre sous la dent. Rien de vraiment sérieux qui excite ma réflexion et mes commentaires. Du côté du courriel également, à part le vomi de quelques anti-chrétiens ou homophobes (ou les deux) et quelques sermons pénibles de schtroumphs à lunettes (donneurs de leçon souvent simplistes et faciles), rien de particulier.

Mais, parce que pratiquer c'est s'approcher de la perfection, voici quelques miettes à grignoter.

Tout d'abord, direction le Mexique, où les manuels de science à l'école primaire publique viennent d'inclure un chapitre sur la sexualité (et non pas seulement la biologie de la reproduction sexuée, comme souvent). La nouveauté réside dans le fait d'enseigner aux bambins qu'il n'y a rien de mal dans la masturbation ou l'homosexualité. Il n'est jamais trop tôt, pense le ministre mexicain de la santé, pour expliquer aux enfants que ce sont des pratiques non seulement fréquentes mais inoffensives en soi.

Imaginez le bruit que cela fait dans l'épiscopat mexicain (et chez certains gouverneurs du parti de l'opposition). C'est vrai que si la culpabilité envers la masturbation diminue, c'est au moins la moitié des confessions qui vont disparaître!! Un processus que je tiens (sans rire) d'un spécialiste du sacrement de la pénitence.

Mais le plus important, c'est le statut de l'information: est-ce que le fait d'être informé va entraîner une augmentation des péchés? C'est l'avis des évêques mexicains, et je crois qu'ils ne sont pas les seuls. J'ai déjà entendu l'argument: en gros, pour éviter que des homosexuels pratiquent une vie de débaûche et de désordre, rien de positif ne doit jamais jamais jamais être dit sur l'homosexualité. Tout autre discours qu'une condamnation sans exception de l'homosexualité est une attaque contre la religion catholique. C'est de l'anti-catholicisme. Conséquence: l'Eglise ne fait pas de l'homophobie, elle ne fait que se défendre contre les attaques du lobby gay.

Il semble heureusement que la population mexicaine, même largement et historiquement catholique (et en même temps anti-cléricale, surprise, surprise), ne soit pas toujours aussi intransigeante. Ainsi, dit l'article que je vous cite, une étude a montré que 60% des habitants de Mexico City sont favorables au mariage gay, contre 26% qui s'y opposent. Des chiffres qui, bien sûr, ne reflètent pas la position de l'ensemble du pays, mais qui sont tout de même encourageants.

D'où ma deuxième nouvelle, qui vient cette fois de l'Université de Californie, campus de Los Angeles (la célèbre UCLA): une étude publie par le Wall Street Journal montre que les étudiants issus de l'enseignement catholique de la ville finissent (quand ils sont adultes) par être plus tolérants que les autres sur les questions de divorce, d'avortement, de mariage gay, ou d'autres sujets sur lesquels l'Eglise Catholique Romaine est pourtant on ne peut plus claire.

Et le débat est ancien: la rigidité du discours éthique catholique n'est-elle pas complètement contre-productive? Un cardinal clairvoyant (mais discret) affirmait récemment que, sur les questions éthiques, les évêques et le Vatican ferait mieux de la fermer complètement parce que chaque fois qu'ils l'ouvraient, les sondages montraient peu après que leur cause perdait du terrain. Comme disait ce cher Daniélou: "avec des amis comme ça, l'Eglise n'a plus besoin d'ennemis".

Je me souviens d'avoir lu il y a quelques années un article soutenant que plus la hiérarchie catholique s'exprimait pour dire "non" dans le domaine éthique et familial, et plus elle ajoutait de l'eau au moulin de l'autre camp.

Et voilà justement ma question et ma réflexion du moment: l'homophobie catholique officielle est-elle bonne ou mauvaise pour la cause cathogay? faudrait-il au contraire se réjouir chaque fois que l'Eglise officielle tient un discours homophobe? Au lieu de se lamenter... Avouez que c'est une bonne question.

Un exemple: de plus en plus, dans le grand public, les gens confondent la position catholique avec celle de l'administration Bush. On l'a vu notamment lors de la conférence de Toronto sur le sida et le préservatif, ou encore sur différentes questions éthiques brûlantes où les évêques catholiques sont engagés dans le même camp que l'administration Bush. Imaginez le malaise: si de plus en plus de gens disent qu'ils n'y a pas de différence entre le Vatican et le Bushistan, est-ce bon pour l'Eglise Catholique? Or, franchement, quant on passe à d'autres questions vitales, dans le discours social (et notamment les questions sur la guerre, par exemple en Iraq), le discours vatican et le discours de Bush diffèrent totalement.

Autre exemple: pour gagner une élection de novembre (qui semble perdue d'avance ou au moins gravement compromise), les Républicains américains vont souffler sur les braises de l'homophobie et faire du mariage homo un thème majeur de campagne. "Oubliez toutes les autres questions (et donc tous nos ratés énormes), l'important c'est de s'opposer à la domination du lobby gay (encore lui)."

Est-ce que les évêques américains vont faire la même chose? Et les évêques français quand il sera question de la présidentielle? On l'a déjà vu en Espagne, au Canada, en Italie... Ce positionnement (dans la tête du public) de l'Eglise Catholique avec les thèses conservatrices (notamment homophobes) n'est pas, à mon sens, une bonne chose pour l'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Passons à autre chose, pour ceux qui en douteraient encore, l'homosexualité ne se soigne pas. Après l'Association Américaine de Psychiatrie, celle de Psychologie estime qu'il est urgent de répéter une affirmation qui date pourtant des années 70. Dire autre chose, c'est du charlatanisme, rappellent les deux prestigieuses associations (qui dominent également à l'échelle mondiale). Vouloir soigner des homosexuels correspond à de la violence (c'est donc illégal) et ne peut conduire qu'à de graves traumatismes.

Oui mais, qu'en est-il du pouvoir de la prière et de l'intercession? Une série de groupes chrétiens (parfois de groupes catholiques), invoquent leur foi en la force de la prière pour changer l'impossible et réaliser des miracles. On sait le mal qu'ils ont fait, y compris à des familles n'acceptant pas leurs jeunes homosexuels. Néanmoins, je me pose une question: le cardinal Ratzinger écrivait en 1998 qu'on ne pouvait laisser dire que l'orientation homosexuelle était fixée car c'était alors nier la puissance de la prière et de la conversion. Dire que les choses sont fixées à la naissance, c'est (dans ce domaine comme dans d'autres) perdre l'espérance et la foi dans la puissance de Dieu.

Comme si le fait de s'aligner sur les découvertes de la médecine, c'était empêcher Dieu de réaliser des miracles... Le moins qu'on puisse dire, c'est que, dans son esprit, les découvertes de la psychiatrie et de la psychologie n'ont pas encore mérité le même statut que celles des autres sciences. Peut-être un reste du préjugé franco-allemand du début du 20ème siècle selon lequel la psychologie n'est qu'une branche de la philosophie, une question d'opinion voire de mode...

N'est-il pas plutôt temps de prendre en compte ces découvertes de la psychiatrie et de la psychologie, notamment dans le domaine de l'homosexualité et plus largement des minorités sexuelles? Des découvertes qui nous sont arrivées principalement dans la deuxième moitié du 20ème siècle. C'est mon plus grand reproche au discours catholique officiel sur les questions de sexualité: il date. Rien de vraiment neuf depuis La Personne Humaine de Paul VI au début des années 60. Pas vraiment d'intégration de la recherche scientifique depuis, disons, 50 ans... De plus en plus, la morale catholique apparaît comme dépassée, archaïque, anachronique (sinon arbitraire et nuisible) quand on touche aux questions de la psychiatrie et de la psychologie. Un autre cardinal (ou est-ce le même) suggérait qu'il était temps que l'Eglise se réconcilie avec la modernité. Pas vraiment le discours dominant actuellement...

Enfin, pour terminer, une nouvelle à la fois attendrissante et amusante: deux prêtres modèles veulent se marier. Comprenez: se marier ensemble et il s'agit de deux hommes, de deux prêtres épiscopaliens, du New Jersey. Leur amour a été depuis 10 ans un soutien majeur de leur ministère sacerdotal, et donc, tout naturellement, ils en rendent grâce à Dieu. D'où leur désir de se marier et que leur union soit bénie par leur Eglise. N'ont-ils d'ailleurs pas béni des dizaines d'autres couples qui s'aiment et qui en remercient le Seigneur?

Ils en font d'ailleurs une affaire de principe dans une région où nombre de partenaires homo d'une victime des attentats du 11 septembre à New-York se sont retrouvés privés de droits parce qu'ils étaient homo (contrairement aux partenaires ou conjoints hétéro).

Quelque part, je ne suis pas vraiment étonné: que deux prêtres homo collaborent pendant des années dans leur ministère sacerdotal et puis tombent amoureux l'un de l'autre, quoi de plus logique? D'ailleurs, c'est arrivé des dizaines de fois entre hétéro, quand un prêtre et une femme sont tombés amoureux sur le lieu de leur ministère social ou pastoral (y compris dans le monde catholique). C'est hélas souvent un drame dont leurs paroisses ne se sont pas encore remises, quand leur prêtre modèle ou très engagé quitte le sacerdoce pour se marier avec une des femmes qui ont été à ses côtés dans tous ses combats pour la foi et la justice. Je trouve ça tragique quand ces gens doivent choisir entre leur amour et leur service pastoral. Et que penser d'une Eglise qui les oblige à choisir?

Outre la question du mariage des prêtres, je trouve que cette petite romance locale entre deux prêtres est attendrissante. Car où serait le mal à dire tout haut que c'est le Seigneur qui les a conduits vers le sacerdoce d'abord, l'un vers l'autre ensuite, et que c'est le devoir de l'Eglise de bénir cette union et d'y reconnaître l'action de Dieu?

Moi, en tous cas, je les bénis des deux mains et je leur souhaite "bon vent".

Posté par cathogay à 20:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 18 août 2006

313. on n'est pas sorti du débat

Quand des évêques prennent publiquement position contre l'homoparentalité (en disant, en 2003, que l'adoption par des parents homosexuels est une violence faite à l'enfant adopté) et qu'ils interviennent dans le débat public, leur qualité d'évêques les protège-t-elle de la critique?

C'est l'avis d'un groupe de Catholiques de San Francisco qui ont entamé en mai dernier un procès contre le conseil municipal de la ville pour "sauver" la liberté d'expression de leurs évêques.

Je vous rappelle des épisodes précédents: le cardinal Levada (successeur du cardinal Ratzinger au "ministère" vatican de la doctrine de la foi et ancien évêque de San Francisco et, auparavant, de Portland) écrit aux évêques, surtout américains, pour leur rappeler que depuis une annonce officielle en 2003, l'Église Catholique s'oppose totalement à l'adoption d'enfants par des homosexuels, célibataires ou en couple.

Cette lettre de Levada n'est qu'un rappel de la "doctrine". Rien de vraiment neuf: les homosexuels qui sont parents font violence à leurs enfants par le simple fait qu'ils sont homosexuels. La doctrine catholique n'a aucune preuve de cela (et refuse celles du contraire, notamment les faits) mais c'est la conviction profonde (sincère?) des moralistes vaticans encore aujourd'hui.

Par contre, sur le terrain, une série d'experts dans les agences catholiques d'adoption (surtout à Boston, Chicago et San Francisco) ont été ravies de confier pendant des années leurs enfants à adopter à des couples homosexuels, d'autant plus que ces derniers ont accepté bien souvent des enfants-poubelles (litt. trash-kids) dont les autres ne voulaient pas.

Mais ce que l'archevêque Levada avait permis (du bout des lèvres) à San Francisco, il ne peut plus le tolérer quand il devient le cardinal Levada au Vatican. Logique.

La réaction à San Francisco ne s'est pas fait attendre, et notamment du conseil municipal de la ville (largement composé de Catholiques) qui entend défendre une partie des citoyens dont il a la charge. Le conseil a publié un texte qui trouve cette lettre cardinalice insultante (diffamatoire et haineuse, dit le texte) pour certains citoyens respectables de la la ville (en l'occurence les homo) et particulièrement dommageable pour les familles homoparentales et leurs enfants. La ville s'oppose à ce que l'épiscopat catholique prive les enfants adoptables de toutes les chances auxquelles ils ont droit. Le conseil municipal demande donc, en vertu de ce double préjudice, que ses propos soient retirés par le cardinal Levada et que sa politique soit revue.

Je vous avais déjà raconté l'histoire.

Ce qui est nouveau, c'est qu'un groupe de Catholiques a introduit en mai dernier une action légale pour obtenir que la ville soit condamnée pour discrimination anti-religieuse. En d'autres termes, le fait de critiquer la position des évêques est une atteinte à la liberté religieuse. Celle-ci étant reconnue dans la Constitution américaine, ces Catholiques demandent donc réparation devant les tribunaux.

Ils parlent d'une agression contre la foi catholique et contre les Catholiques en général. Le texte de la ville est une pression, et donc empêche la liberté d'expression et d'action. La rhétorique a été utilisée en Belgique, en France, en Espagne, au Canada et dans d'autres pays où la position de l'Église Catholique a été critiquée par les autorités politiques (parfois nationales).

Ce n'est pas une mince affaire, je trouve. Même en dehors de la sphère religieuse.

Que ce soit pour des chrétiens, des juifs, des musulmans ou même des athées, est-ce que la défense de la liberté religieuse implique qu'ils sont protégés dans tout ce qu'ils disent et décident dans leurs églises, mosquées ou synagogues? Un responsable religieux (notamment catholique) est-il au-dessus des lois quand il s'exprime, et notamment dans le débat sur les minorités sexuelles?

En l'occurence, le procureur de San Francisco vient de s'exprimer pour dire qu'il estime l'action intentée par ce groupe de Catholiques californiens non fondée. Son argument est le suivant: Il n'est pas raisonnable, dit-il, de dire que la position du conseil municipal est de s'opposer à la foi catholique puisque le texte vise au contraire à défendre la discrimination exercée par les responsables catholiques contre une partie des citoyens dont ils ont la charge et à conserver aux enfants la possibilité la plus large possible de trouver une famille qui les accueille. C'est au contraire la position des évêques de porter atteinte à l'honneur d'une partie des citoyens et à diminuer les possibilités offertes aux enfants adoptables.

Et il ajoute: Dans la mesure où le cardinal Levada s'est exprimé publiquement (ce qui est bien sûr son droit), il donne aussi le droit aux autres de le critiquer publiquement. Leur qualité d'autorité religieuse ne les protège pas constitutionnellement de la critique.

Je pense d'ailleurs, à titre personnel, que le cardinal Levada ou le Vatican n'ont jamais contesté le droit des autres à les critiquer. Mais je remarque que ce n'est pas ainsi que beaucoup de Catholiques comprennent la question. D'ailleurs, je ne serais pas étonné si des actions judiciaires du même genre sont lancées dans d'autres villes ou d'autres pays.

Ainsi par exemple, même dans les associations homo et catholiques, le simple fait de critiquer la position du pape (ou du magistère) sur les minorités sexuelles est considéré comme une agression contre la foi catholique. Comme si les homo n'étaient pas les victimes de discrimination mais au contraire qu'ils étaient les agresseurs de la majorité par le simple fait qu'ils se posent en minorité. Ils devraient, dit-on, accepter au contraire leur statut de pécheur ou d'handicapé.

Je suis curieux de voir comment ce débat juridique va évoluer, particulièrement aux États-Unis et au Canada. Et mon regard va aussi se pointer vers l'Italie, où ces questions vont se poser bientôt.

Posté par cathogay à 20:10 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 15 août 2006

312. tout un renversement

Bonne fête de l'Assomption de Marie.

J'espère que vous avez eu une bonne célébration ce matin. Pour ma part, je suis un peu déçu. J'ai vécu une messe très gna gna gna. Vous voyez ce que je veux dire? Des paroles sublimes, mais un ton tellement ennuyeux que j'ai souvent failli bailler. Hélas, le célébrant avait un ton de curé, triste, triste, triste. Comme me disait un de mes amis: pourquoi des gens qui croient à la résurrection doivent-ils adopter une tête de déterré?

Hélas aussi, j'étais l'un des plus jeunes de l'assemblée, à plus de 45 ans. Une chorale très méritante et composée de gens sublimes, mais souvent pénible.

Néanmoins, comme je le disais, je vais retenir quelques belles choses dites (qui auraient mieux fait de rester écrites, sans doute). Et notamment comment Marie est la prophète des renversements, comment elle voit que Dieu va élever les humbles et combler de biens les affamés, alors que ceux qui étaient les superbes et les comblés seront démunis de tout.

Et bien sûr je pensais aux cathogay, à tous ces homosexuels catholiques qui, partout dans le monde, ont entendu ces paroles avec espérance. Dans l'attente de ce jour, que Marie a vu, où ils pourront paraître sans honte dans les assemblées chrétiennes et où ce qu'ils ont apporté à l'Église sera reconnu comme une richesse.

En attendant, je me réjouis déjà de ce jour. Je l'imagine. Je m'y prépare. Car entrevoir ce que l'on espère, c'est déjà en vivre.

De nouveau, bonne fête à tous.

Posté par cathogay à 16:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 14 août 2006

310. retour à la maison

C'est une sorte de tradition en Belgique: tout est au ralenti entre la Fête Nationale (le 21 juillet) et le 15 août. Que ce soit dans le domaine politique ou commercial. Et puis, dès qu'arrive l'Assomption, on sent que les gens reviennent chez eux et que la plupart ont repris le travail. Ainsi par exemple, je peux maintenant refaire mes courses habituelles, puisque les commerçants du quartier ont fini leurs vacances annuelles. Un signe qui ne trompe pas: on commence à revoir les enseignants du primaire et du secondaire dans les écoles pour commencer à préparer la rentrée. Pareil pour ce blogue: finies les absences de l'été. Plus de voyage prévu, retour au boulot et à la maison.

Et avant toute chose, un fameux nettoyage du courrier, manuel ou virtuel. Plein de gentils messages, notamment pour ma fête (j'espère que vous avez vu plein d'étoiles filantes et que tous vos voeux se réalisent). Quelques schtroumphs à lunettes, coupeurs de cheveux en trente deux et trolls en tous genres (pas de quoi s'énerver). Une série de liens vers des articles ou des interviews interessantes. J'y ai jeté un coup d'oeil rapide (j'avoue) et voici mon petit bouquet du jour.

À tout seigneur tout honneur, le pape montre bien son style personnel quand il dit à la fois que la doctrine de l'Église ne se limite pas à une liste de "non" mais qu'en même temps il faut qu'elle s'oppose aux unions homosexuelles (car où est le "oui", on se le demande...). Il s'agit d'une interview à la Deutsche Welle (la radio internationale publique allemande) dont voici un résumé ici.

J'y retrouve l'attitude habituelle que je résume comme ça: 'nous sommes d'abord des annonceurs de la Bonne Nouvelle mais nous n'avons que des mauvaises nouvelles pour les homo'. Aucune inventivité, on en reste à affirmer la situation majoritaire, pas vraiment de souci pastoral pour les minoritaires et a fortiori pour les marginaux. Clairement exprimé, un blocage de la pensée: 'ce n'est pas l'Église Catholique qui a établi que le centre de la société, c'est la famille composée d'un homme et d'une femme et ouverte à l'accueil d'enfant'. Soit.

Et bien sûr, tout ce qui n'est pas au centre n'a pas le droit d'exister? Ou bien ce qui ne se situe pas au centre est un danger pour le centre? Je n'ai jamais compris la position intellectuelle selon laquelle une chose n'est vraie que quand elle est absolument vraie, sans exceptions (comme si l'existence des exceptions, de la marge, était une atteinte à la vérité d'une chose). Et j'ai l'impression que c'est la position doctrinale du moment: toute marginalité est un danger pour la majorité ou pour le centre. En gros: l'existence de l'amour homo et des couples homo qui veulent se construire dans la durée (une toute petite minorité de la société) est un grave danger pour la vaste majorité des couples hétéro. Je trouve que c'est une pensée étriquée et mesquine. Elle manque du souffle que l'on pourrait attendre des annonceurs de la Bonne Nouvelle. Au contraire, le signe que la Nouvelle est vraiment Bonne, c'est qu'elle s'adresse à tous, non seulement aux Juifs mais aussi aux autres, comme le disait saint Paul. Je voudrais un peu moins de "Pierre" chez le pape actuel et un peu plus de "Paul". Dois-je rejoindre le camp de ceux qui croient qu'il faut encore attendre le pape suivant?

Le petit texte d'un Jésuite sur le site Croire.Com. C'est vrai que c'est dans un tout petit coin et qu'il ne fait qu'effleurer le sujet, mais c'est avec délicatesse et humanité. Il s'agit d'un début de réponse aux parents catholiques troublés par l'homosexualité de leur enfant. C'est très court et c'est ici.

En fait, un texte plein de sous-entendus positifs: ne condamnez-pas, n'excluez-pas, essayez de comprendre, posez des questions et écoutez les réponses, etc. On voudrait que la hiérarchie catholique en prenne aussi de la graine...

Une petite question qui vient du site 360°: Les seuls "bons" homo sont-ils ceux qui ont le "look hétéro"? Voici un lien vers l'article.

Il faut le croire, dit le texte, au vu du fait que de plus en plus d'homo (de jeunes homo) insistent pour dire qu'ils sont "hors milieu" et qu'il n'ont rien de commun avec les "facheunes victimes", forcément efféminées et qui donnent une mauvaise image de l'homosexualité. En gros: la question du sexisme chez les homo. Ou encore le fait que, pour s'intégrer chez les hétéro, on se déclare hostile à toutes ces tapioles caricaturales. Une bonne question, je trouve, y compris quand on lit la doctrine catholique officielle sur l'homosexualité où il est clairement reproché aux homo de nier la distinction des genres.

Enfin, le cas d'un rabbin américain qui avait commencé par avoir un corps de femme avant de se faire opérer pour devenir un homme. Vieille question: a-t-il changé de sexe lors de son opération ou bien a-t-il enfin reçu son véritable sexe grâce à cette opération? Le lien est ici.

Dans l'article, un rappel de la position catholique officielle (notamment définie dans un document de 2003): c'est le physique qui détermine le sexe (ou le genre), pas le mental. Et donc, quelqu'un qui se sent homme dans un corps de femme se trompe et on ne peut le laisser croire le contraire (bien qu'on doive le traiter avec compassion et charité). D'où, rappelle l'article, l'interdiction stricte d'accepter des transexuels (opérés) dans les congrégations religieuses et a fortiori dans les séminaires (comme candidats au sacerdoce).

Sur ce sujet, je trouve aussi qu'il y a un grave manque d'écoute de la réalité de ces hommes et ces femmes. Quand quelqu'un me dit 'je sais que je suis un homme mais je vis l'enfer d'être enfermé dans un corps de femme' (ou le contraire), il me semble que le signe d'un plus haut degré de civilisation, c'est de mettre le mental en premier par rapport au physique (sans dire, bien sûr, que le physique n'a aucune importance). Je pense aussi au prolongement que ce débat pourrait avoir pour d'autres minorités sexuelles, notamment les homo.

Là dessus, bonne fête de l'Assomption.

Posté par cathogay à 16:45 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1