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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

vendredi 15 décembre 2006

370. charité bien ordonnée

Me voici à cette période de l'année où ma boîte aux lettres est remplie de courrier qui en appellent à ma générosité. Au moins huit rien que cette semaine, et c'est comme ça depuis début novembre. Souvent, je l'admets, ce sont des oeuvres charitables tout ce qu'il y a de respectable. Mais je suis parfois surpris par quelques appels de fonds qui sentent un rien l'arnaque.

Ma question est en ce moment la suivante: à qui donner des étrennes? Bien sûr, il y a de grands "méritants", dans le domaine de la santé, des droits de l'homme, de l'aide humaitaire, ...

Mais je m'interroge: et si je cherchais à "donner" dans le monde cathogay? Est-ce que ce serait une bonne idée de distribuer des étrennes plutôt dans le monde homo catholique?

Attention, je ne roule pas sur l'or... Loin de là... Mais Noël, c'est aussi le partage, selon notre bonne vieille tradition de l'Avent...

Alors, si vous avez des suggestions à me faire pour donner ici ou là, c'est le moment. En particulier s'il y a le moyen de donner en ligne: je ne sais pas pourquoi, je suis plus généreux par internet qu'avec de vraies thunes.

Et pour vous montrer que j'ai tout de même fait une petite recherche, voici déjà quelques suggestions:

HandiGay

Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens

Journée Internationale contre l'Homophobie

SOS Homophobie

et ce n'est qu'un début... N'hésitez pas à m'envoyer d'autres suggestions.

Je termine en vous signalant une gentille petite comédie que j'ai vu hier soir. Le titre est "Chicken Tikka Massala" et voici comment résumer les trois premières minutes:

La famille Chopra est en effervescence. Non seulement leur fils unique, Jimi, va devenir docteur mais il va bientôt se fiancer à une jeune femme de bonne famille, très appréciée par les Chopra, Simran, qui vient d'Inde. Les deux familles se connaissent et s'apprécient depuis longtemps. Simran est donc parfaite en tout point, excepté un seul. Elle n'est pas Jack, le seul grand amour de Jimi.

Les deux acteurs principaux sont particulièrement décoratifs, bien sûr. Il s'agit de Peter Ash et surtout de Chris Bisson (qui est aussi le réalisateur). Une petite comédie absolument inconséquente et romantique à souhait.

 

 

 

 

 

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mardi 12 décembre 2006

368. services secrets et résistance

Il y a quelques jours, mon Normand favori rapportait ce qu'il avait entendu dans un sermon à Notre-Dame de Paris à l'occasion de la fête du Christ-Roi. Et j'imagine sans peine comment le prédicateur a mis "dans le même panier" avortement, euthanasie, recherche sur les embryons,... et homosexualité, qualifiant l'ensemble de "signes d'une culture de mort". Bien sûr, ce prédicateur ne fait que citer le pape (qui a repris l'expression à Jean-Paul 2), il n'y a rien de nouveau dans ce discours.

Mais je suis d'avis qu'il y a des pertes de mémoire significatives (pour faire de la psychanalyse sauvage): parce que, si l'on veut être complet, il faudrait ajouter quelques autres "contributeurs" à cette culture de mort (toujours selon la version officielle). Il y a les divorcés remariés et, en général, tous les adultérins, les masturbateurs, les pornographes (et leurs client), ceux (surtout celles) qui prennent la pilule contraceptive et le préservatif. Et j'en oublie.

En quoi est-ce un oubli "sélectif"? Parce que je vous garantis que si un prêtre se mettait aujourd'hui à parler de "culture de mort" à propos des divorcés remariés, des masturbateurs ou de celles qui prennent la pilule, il y aurait (à tout le moins) un grand éclat de rire et que sa réputation en prendrait un coup. Les gens diraient: qu'est-ce qu'il connait à la vie pour tenir des propos pareils?

Je crois donc que, pour les prédicateurs comme pour les autres, il est facile de taper sur ceux qui ne se défendent pas. Par exemple, il est facile de taper sur les femmes qui se font avorter et de les traiter de meurtrières d'enfant si personne ne se lève dans l'assemblée dominicale pour demander au minimum un peu de respect pour le drame qu'ont vécu beaucoup d'entre elles.

De même, comme il est commode et facile de vitupérer contre le mariage homo, quand on sait que les cathobourgeois qui forment l'assemblée vont apprécier. Imaginez que, comme on le faisait il y a quelques siècles, les gens se lèvent pendant les sermons pour interpeller l'orateur et lui dire de se tailler...

J'apprécie d'autant plus tous ces prêtres qui n'entrent pas dans ce type de discours, et ces très rares prêtres qui (au risque de se faire taper sur les doigts) affirment au contraire que leur ministère n'est pas homophobe par nature.

Mais ce n'est pas ce qui me choque dans l'expérience de mon pote à Notre-Dame, c'est bien sûr l'assimilation de l'homosexualité à toutes ces autres situations éthiques.

Car, par exemple, pour mettre dans le même sac "avortement" et "mariage homo", il faut vraiment être totalement ignorant (ou idiot).

Qu'est-ce qu'ils connaissent aux homosexuels pour dire une chose pareille? En termes de croissance dans l'amour et dans la vie, il suffit de regarder les couples homo qui s'aiment pour voir qu'il y a un fameux progrès par rapport à leur situation précédente de célibataire. Il suffit de lire le blogue de Jean-Marc GayAnglican, ou de Ben de Bruxelles, ou encore de lire le livre d'Eric Louis (faites-le si ce n'est déjà fait, ou alors offrez-le), pour s'en rendre compte.

Oui, ces prédicateurs parlent de ce qu'ils ignorent totalement, enfermés dans leur pseudo logiques et leurs petites catégories mentales simplistes. Ils ne sont jamais allés passer une soirée chez un couple homo de leurs amis. Ils n'ont jamais rencontré que des malades compulsifs qui viennent pleurer dans le confessionnal. Ils sont comme le Docteur Knock pour qui un homme en bonne santé ne peut être qu'un malade qui s'ignore. Le Docteur Knock qui, sans même connaître son visiteur, sait déjà qu'il est un "patient".

Au contraire, ceux qui connaissent le Dieu d'Amour reconnaissent l'amour partout où il se trouvre parce qu'ils le cherchent. Proposer de protéger le couple homo, c'est donc bien promouvoir la culture de la Vie, une vie tellement forte, tellement tenace, qu'elle est née et qu'elle a grandi là où les autres ne l'attendaient pas.

Je vais encore ajouter la chose qui me choque le plus dans ce sermon à la Notre-Dame de Paris : c'est que ce type de discours facile et homophobe expulse les homo de leurs propres combats militants. Par exemple, qui a dit que ceux qui défendent les droits des homosexuels sont forcémment en faveur de l'avortement? Qui a dit que les homo ne font rien pour promouvoir la famille et la protection des enfants? Aux États-Unis, il est fréquent de séparer les gens en "pro-life & pro-family" d'un côté et "pro-choice & pro-gay" de l'autre. Comme s'il n'y avait pas d'homo qui soit pro-life!

D'ailleurs, je ne serais pas étonné que cette confustion existe dans le "camp" homo également, par exemple ceux qui disent qu'on ne peut pas être homo et de droite, ou bien que les gens de droite ne peuvent être qu'homophobes et ceux de gauche qu'homophiles. Comme si tous les militants en faveur des droits de l'homme étaient à gauche et tous les complices de tortionnaires étaient à droite.

Voici l'exemple de Steve Cook qui, à sa manière, manifeste contre l'avortement aux États-Unis. Dans son témoignage, on peut lire qu'il s'est fait rabrouer par les autres manifestants pro-life (parce qu'il est homo) et par les contre-manifestants pro-choice (parce qu'il serait un traître à la cause gay).

 

Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas la vocation fondamentale des cathogay: annoncer une culture de la vie en vivant entre le marteau et l'enclume. Du côté de la communauté gay, annoncer le Dieu d'Amour qui donne sens et vie là où il y a souvent de la superficialité, du consumérisme, de la solitude, de la haine de soi,... Du côté de la communauté catholique, annoncer que le Dieu d'Amour est plus grand qu'on ne le pense souvent et qu'il est présent là où les bien-pensants ne veulent pas mettre les pieds (comme saint Pierre qui n'avait pas envie d'aller chez le centurion Corneille)...

Si un homo catholique se demande ce qu'il a à faire dans la grande oeuvre de Dieu, en quoi il correspond au projet créateur de Dieu, je peux lui répondre: il y a beaucoup de postes et de grades dans "l'Armée" de ceux qui font connaître le Dieu d'Amour. Il y a des généraux et des maréchaux. Toi, l'homo chrétien, tu es à la fois dans les Services Secrets et la Résistance.

Services Secrets, par rapport à la communauté homo, et Résistance, par rapport à la communauté catholique. Vachement inconfortable, mais une belle vocation. Un peu (très?) casse-gueule, comme toutes celles qui sont entre marteau et enclume. Merci, Seigneur, comme c'est sympa. Mais une belle vocation.

Allez, pour les coeurs sensibles et les grands romantiques, voici un petit montages d'images de Brokeback Mountain sur fond d'une magnifique chanson de madame Christina Aguilera (fameuse homophile s'il en est) intitulée "Hurt".

 


Brokeback Mountain + Hurt
envoyé par GayClic

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lundi 11 décembre 2006

367. labélisation de masse

On se souvient qu'en juin 2005, le parlement fédéral canadien votait le mariage homo par 158 voix contre 133. Une majorité relativement étroite qui faisait dire aux opposants (épiscopat catholique en tête) qu'elle était forcée et imposée contre la réelle volonté de la nation. Une élection générale plus tard et malgré un gouvernement conservateur minoritaire au pouvoir, le nouveau parlement fédéral a voté par 175 voix contre 123 de ne pas ré-ouvrir le débat sur le mariage homo, ce qui fait que l'affaire est donc maintenant coulée dans le bronze. Et bravo pour les députés canadiens!

Pendant ce temps, le sénat italien ouvre la porte à une sorte de PACS à l'italienne. Il y a une forme de déception du côté de la gauche, qui espérait que l'Italie suive les traces de Zapatero. Un PACS, ça fait un peu ringard quand la très catholique Espagne a un mariage gay. Par contre, les conservateurs (et le Vatican) se sont jetés corps et âmes dans la bataille, preuve s'il en est que ceux qui distinguent mariage et union civile pour les homo sont maintenant dépassés: dans la tête du pape, en tous cas, les deux mots sont des synonymes et pas question d'accepter une quelconque forme de famille homo protégée par la loi civile.

L'humour n'a pas de prix. Comme cet article qui affirme que si les homophobes sont tellement concernés par la sexualité des autres, c'est parce qu'ils ont une vie sexuelle si pauvre qu'elle leur laisse beaucoup de temps libre... Selon ce journaliste d'Irlande du Nord, quelqu'un qui est occupé dans son propre lit n'a pas le temps de se poser des questions sur ce que les autres font dans le leur. En gros, un homophobe est forcément un mal-baisé... Pas très subtil mais amusant.

Justement, ça me rappelle cette réflexion de mon copain Irlando-SriLankais Kieran, qui déclarait que les homophobes sont en fait envieux et jaloux du fait que les homo baisent dix fois plus qu'eux. Du coup, ils se mettent à dénigrer les homo. Comme les vieilles filles acariâtres qui dénigrent la vie sexuelle qu'elles n'ont jamais eue. L'homophobie vue comme envie et jalousie? Il faudrait y réfléchir...

N'empêche, un stéréotype reste une caricature, même si elle est à l'avantage d'une catégorie de personnes. C'est comme dire que les homo ont naturellement meilleur goût que les hétéro. Ou cette tendance spontanée à suspecter qu'un garçon aimable, sensible et respectueux des femmes ne peut être, au fond, qu'un homo. Je connais des homo qui ont des goûts de chiotte, et d'autres qui sont des salauds et des crétins.

Voilà pour la revue de presse de ce lundi...

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dimanche 10 décembre 2006

366. jeunes, bourrés de talent et gay

Il y a des communautés catholiques magnifiques de par le monde. Comme celle de l'excellent Brian (qui allie l'intelligence au charme), le blogmestre de BaptizedPagan. Il vient de m'envoyer la vidéo de présentation de sa paroisse à Boston, The Paulist Center. C'est magnifique. Quelle splendide témoignage chrétien ils donnent dans leur diversité. Et quand ils disent que la table est prête pour tout le monde, ce n'est pas du blabla.

Un détail, le cher Brian apparaît lui-même vers la 13ème minute...

Pour être franc, j'aurais du mal à trouver la paroisse de Bruxelles où envoyer un jeune cathogay en lui disant qu'il y sera accueilli en tant que tel. Bien sûr, il y a des prêtres et des paroisses très tolérantes, surtout tant qu'on reste discret ou simplement allusif, mais je n'ai pas connaissance de communautés inclusives, où les homo sont aimés tels qu'ils sont.

Je rêve aussi de quelqu'un comme Nina Simone qui, en plus d'être une splendide interprète, avait au coeur le combat pour les droits des siens. Une femme que j'admire pour bien des choses. En 1969, elle composait (avec Weldon Irvine, Jr.) le magnifique To Be Young, Gifted And Black, un grand et fort appel pour les jeunes Afro-Américains à espérer. La chanson devint très vite une sorte d'hymne à la fierté et à la responsabilité. Ce n'est pas étonnant qu'elle ait été reprise par d'autres personnalités immenses, notamment Aretha Franklin (qui en fit le titre d'un de ses albums).

Les paroles de cette chanson en anglais se trouvent par exemple ici. Mais j'ai pris la liberté de les traduire en français et surtout de remplacer black par gay, pour vous donner une idée de l'effet que cela produirait si quelqu'un écrivait une chanson de ce type pour les jeunes homo.

 

Être jeune, bourré de talent et gay,
Oh quel rêve précieux et beau
Être jeune, bourré de talent et gay,
Ouvre ton coeur à ce que je veux dire

Dans le monde entier, tu sais,
Il y a des millions de garçons et de filles,
Qui sont jeunes, bourrés de talent et gay,
C'est la réalité !

Jeunes, bourrés de talent et gay,
Il est temps de dire à nos jeunes
"Il y a tout un monde qui vous attend,
Votre aventure ne fait que commencer.

Quand vous vous sentez déprimés,
Oui, il y a une grande vérité que vous devriez connaître
Que vous êtes jeunes, bourrés de talent et gay,
Et que votre âme est un joyau."

Jeune, bourré de talent et gay,
Comme j'avais soif de l'apprendre.
Il y a des jours où je regarde en arrière,
Et je suis hanté par ma jeunesse.

Mais quelle joie aujourd'hui,
Quand nous pouvons dire avec fierté
À tous nos jeunes qu'il n'y a pas à douter
Qu'ils sont jeunes, bourrés de talent et gay,

 

Chaque fois qu'il m'arrive d'entendre cette chanson, j'en suis ému jusqu'au plus profond de moi-même. Comme je rêve du jour où un homme ou une femme de coeur et de talent nous composera la chanson qui mettra dans les coeurs des jeunes gay de croire en eux-mêmes.

Et pour rendre hommage à Nina Simone, je vous invite à voir avec quelle intensité elle interprétait cette chanson...

 

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vendredi 8 décembre 2006

365. papy fait de la résistance

Le cas de Daniel Poirier et de Jack Murphy est-il un cas isolé ou bien va-t-il devenir le comportement habituel des hiérarques catholiques dans le traitement des couples homo? Bien sûr, ce n'est qu'un cas particulier. Mais nous sommes d'une religion qui a fait de la parabole et des symboles un mode de pensée...

Vous trouvez l'histoire de ces deux jeunes mariés septuagénaires notamment sur le site de Radio Canada et sur le site 247Gay.com... Je vous la raconte.

Daniel et Jack (sur la photo), tous les deux âgés de 69 ans, sont ravis que le Canada accorde aux homo le droit de se marier. Ils organisent une belle cérémonie pour le leur et publient un élégant faire-part dans le journal local. Après la cérémonie, une très sympathique photo d'eux paraît également.

 

 

Et là, la hiérarchie catholique ne peut supporter le scandale.

Comme ils sont paroissiens de Stella Maris, dans l'archidiocèse de Halifax (en Nouvelle-Écosse), leur curé leur fait dire qu'il n'est plus possible qu'ils reçoivent la communion et qu'ils assurent un quelconque service dans la paroisse. Ordre direct de l'archevêque.

Voilà le couple, qui s'est toujours dit heureux dans la paroisse et profondément catholique, obligé de subir l'humiliation publique de rester assis quand tous les autres membres de l'assemblée vont communier. Car tous les paroissiens savent bien pourquoi ils ne vont pas communier: parce qu'ils se sont engagés l'un envers l'autre dans le mariage et par amour. Tant qu'il n'était pas officiel qu'ils étaient un couple homo, on pouvait fermer les yeux. Mais maintenant, c'est insupportable, dit le curé.

De surcroît, pour Daniel Poirier, cela signifiait abandonner son service comme chef de chorale, quelque chose qu'il faisait avec bonheur depuis des années. C'est sa vie: il avait d'ailleurs préparé avec soin le programme musical de leur mariage et tout le monde l'en avait félicité. En cette période de Noël, tellement intense pour les chorales (avec l'excitation des répétitions et des préparations de célébrations liturgiques), la blessure est encore plus vive pour lui.

Il y a des années, quand Jack Murphy vivait aux États-Unis avec son précédent fiancé (décédé plus tard d'un cancer), il s'abstenait d'aller communier pour être "en règle" avec les normes. Mais, avec Daniel, ils avaient redécouvert le bonheur de la communion eucharistique et c'était devenu une part importante de leur vie.

Les deux jeunes mariés vont donc trouver leur archevêque, pour s'entendre dire que, comme Jésus l'a dit à la prostituée, "allez et ne péchez plus"... Pour le coup, les deux hommes se sentent profondément insultés: comme peut-il nous assimiler à des prostituées alors que, ce que nous faisons, c'est nous engager l'un envers l'autre et par amour???

Enfin, quand ils ont entendu un sermon où leur curé parlait d'amour, de partage et de charité (des sujets typiques de l'Avent), leur peine a été trop lourde à porter: ils ont décidé de quitter leur paroisse pour participer aux offices d'une communauté prostestante proche de là.

Mais les deux séniors font de la résistance: ils ont décidé que, une fois par mois au moins, ils iront à la messe dans leur paroisse catholique, afin d'être un rappel continuel du mal qui leur est fait et du manque de charité des autorités catholiques.

Et je leur dis: Bravo! Tenez bon! Le Seigneur les aime, il a béni leur amour et leur union. Qu'ils retrouvent la paix qui vient de cette certitude. Et pour ce que ça vaut, je leur présente des excuses pour la manière dont ils ont été traités.

Je dois aussi néanmoins ajouter: Ce serait peut-être aussi une bonne idée de trouver une autre paroisse catholique où le prêtre a un peu plus de bon sens et moins d'hystérie homophobe. Quoique je suppose que dans des endroits aussi "retirés" que la Nouvelle-Écosse, ils ne puissent pas passer inaperçus, où qu'ils aillent.

Quant à ces prêtres et ces évêques, je leur demande vraiment: Est-ce que Jésus ferait une chose pareille? Certainement pas le Jésus que je connais, en tous cas, et je crois que ce genre d'attitude n'est pas ce qui va attirer la bénédiction du Seigneur sur leurs vies. Je vois plutôt Jésus leur dire "malheur à vous", comme il l'a dit aux Pharisiens (ceux du parti des Purs, des Impeccables, des Irréprochables).

Ne jouons pas sur les mots: ce que ce prêtre et cet évêque ont fait, ce n'est pas simplement priver ces deux hommes de la communion eucharistique. C'est une humiliation publique et une invitation à prendre la porte et à aller voir ailleurs. Sauf dans les termes, c'est bien une excommunication. Et qu'on cesse d'amortir les choses: ce qu'ils ont fait, c'est de l'homophobie, purement et simplement.

Pourvu que ce ne soit qu'un cas isolé...

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mercredi 6 décembre 2006

364. rien de sérieux

La Belgique et d'autres nations civilisées fêtent aujourd'hui Le Grand Saint, patron des enfants, des écoliers... et des marins, à savoir Nicolas, évêque de Myre, en Lycie. Sa tombe est actuellement à Bari (dans le sud de l'Italie), bien que Jean-Paul 2 ait eu la malencontreuse idée de rendre la moitié du saint aux Grecs, oecuménisme oblige.

Et si vous n'avez pas trouvé du charbon dans vos chaussures ce matin, c'est probablement que le Grand Saint n'est pas trop mécontent de vous. Pour ma part, j'ai reçu tout ce qu'il faut, merci. Le signe que je suis sage comme une image, bien entendu.

Ceci dit, j'ai aussi vu ce matin une petite vidéo qui m'est envoyée par mon copain Kevin. Il faut savoir que ce cher Kevin a une théorie, ou plutôt une philosophie. Il suppose que tous les hommes sont homo, sauf preuve du contraire... Et encore! Régulièrement, il m'envoie des images ou des vidéo qui accréditent sa théorie, comme cette pub de Volkswagen, reçue donc aujourd'hui. Je vous laisse juge...

 

Et que dire de celle-ci, reçue la semaine dernière et qui est la bande annonce d'un film intitulé: Les Vrais Hommes Tricotent.

Et enfin, pour les coeurs sensibles (préparez vos mouchoirs), une délicieuse chanson d'un groupe nommé Bright Eyes et qui dit simplement This Is The First Day Of My Life, sous-entendu: "le premier jour de ma vie, c'est celui où je t'ai rencontré... et il n'y en a pas eu d'autre depuis".

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mardi 5 décembre 2006

363. pressés de se marier

Pratiquement un an après l'introduction de l'union civile en Grande-Bretagne, qui est quasiment l'équivalent d'un mariage, les premiers chiffres montrent un très grand succès de la formule, au point que le gouvernement a vu en un an autant de couples qui se sont unis qu'il n'en anticipait d'ici 2030. C'est vous dire comme les études minimisent le goût des homo à faire enregistrer leurs unions et surtout à les célébrer.

D'autres éléments m'ont un peu surpris dans l'étude, quoique... Ainsi par exemple, ce sont les gay (dans le sens d'homosexuel masculin) qui veulent le mariage plus que les lesbiennes, dans une proportion pratiquement de deux sur trois. Mais c'est vrai que, chez les lesbiennes en général, le mariage est souvent perçu comme une institution machiste inventée par les mâles pour soumettre les femmes. J'ai vu parfois moins d'enthousiasme à défendre l'idée du mariage homo chez les lesbiennes que chez les gay...

Par contre, je suis heureux de voir que ce ne sont pas de "jeunes" couples qui se marient mais plutôt des couples de longue durée qui attendaient parfois la possibilité de célébrer leur union (au moins civilement) depuis des années. Seulement 12% de ces nouveaux mariés ont moins de 35 ans. En un sens, ce sont des acharnés de la vie de couple qui se marient. Et les homophobes qui prétendent que les couples homo ne veulent le mariage que pour la pompe et les paillettes feraient bien de regarder d'abord toutes ces années de vie de couple, avec ses difficultés et ses joies, avec souvent d'ailleurs plus de difficultés que n'en auraient les couples hétéro.

Car alors qu'on peut supposer une part d'inconscience à voir de jeunes couples (homo ou hétéro) se marier, je trouve que c'est un très beau témoignage de foi en l'amour quand on voit des couples de quadra ou de quinqua franchir le pas du mariage. En ce sens, pour ceux qui en doutaient encore, les homo rendent ici un grand hommage à l'institution du mariage.

Par contre, l'article suggère à la fin qu'il y a un revers de la médaille: les couples homo qui n'entrent pas dans le mariage risquent de perdre une série de bénéfices sociaux ou fiscaux. Car auparavant (du moins tant que l'union civile n'existait pas pour les homo), il suffisait d'être concubins pour bénéficier de ces avantages. Mais aujourd'hui, les homo sont alignés sur les hétéro: les couples mariés sont supposés mieux protégés par la loi (socialement, fiscalement, pour les questions d'héritage, etc.) que les couples non-mariés. Voilà pourquoi ceux parmi les homo qui n'ont pas l'intention de se marier pourraient perdre certains avantages... J'avais entendu le même argument en Belgique également.

Globalement, donc, ceux qui ont prétendu que l'ouverture du mariage aux homo allait saper l'institution du mariage en sont pour leurs frais. Au contraire, le mariage homo se révèle être une affirmation de la beauté du mariage. Il y a bien des choses que nos pays pourraient faire pour encourager le mariage, aider à diminuer les divorces, permettre aux enfants de vivre le plus possible avec leurs deux parents et à faire en sorte d'aider les familles. Pour moi, il est clair qu'empêcher le mariage homo ne va pas du tout dans ce sens là. Au contraire, les chiffres le montrent de plus en plus: dans les pays qui ont adopté des formes diverses d'union homosexuelle, la famille en est sortie renforcée.

Quant à la hiérarchie catholique, je suis maintenant certain qu'elle se prive d'alliés pour la défense de ses valeurs familiales et humaines en s'opposant à la reconnaissance de couples homo durables et fidèles. En quelque sorte, elle joue contre son propre camp. Et curieusement, ce sont les défenseurs des unions civiles homo (dont un paquet de non-chrétiens) qu'il faudrait remercier pour leur contribution à la promotion des valeurs chrétiennes de la famille.

On n'a pas fini de reparler de ce paradoxe...

 

 

 

 

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lundi 4 décembre 2006

362. tout et son contraire

Quelques statistiques utiles sur les adogay qui nous viennent de Grande-Bretagne: 58% des jeunes gay ont eu leur première relation sexuelle à moins de 16 ans, et 23% à moins de 13 ans. C'est fameusement précoce, je trouve, notamment en comparaison des hétéro. Mais mon inquiétude est dans le fait que ce n'est que beaucoup plus tard, après 18 ans, que ces adogay se protègent efficacement contre le sida ou les autres MST. Quoi qu'il en soit, si ces chiffres sont bien exacts, il faut revoir complètement l'éducation sur l'homosexualité dans les écoles.

L'Afrique du Sud est bien le premier pays du continent à promulguer un mariage gay, avec la loi signée par la Présidence. L'opposition de certains religieux a été très forte (à l'exception notable des Anglicans sud-africains) ainsi que celle des conservateurs qui trouvent que l'homosexualité est une attitude anti-africaine et largement tabou. Bien sûr, il est probable que l'attitude générale vis-à-vis de l'homosexualité soit largement hostile dans la société sud-africaine. Mais je trouve très courageux de la part des députés et de la Cour Suprême d'avoir choisi la justice avant la popularité.

Autre chose: c'est Dublin qui va accueillir la Coupe Bingham en 2008. Il s'agit d'une compétition internationale de rugby largement ouverte aux gay (mais pas exclusive). Bien qu'on l'appelle souvent le championnat mondial du rugby gay. On attend plusieurs milliers de joueurs et de spectateurs à Dublin pour l'occasion. Les veinards...

Un étude américaine très intéressante montre que les situations d'abus sexuels par des membres du clergé ne sont pas une affaire strictement catholique, comme certains le croient. Néanmoins, il y a une forme de sexisme dans ces préjugés, comme si le fait qu'un pasteur ou un prêtre abuse d'une jeune fille soit plus acceptable que l'abus d'un jeune garçon. Une étude qui a attiré mon attention parce qu'elle montre que l'abus de jeunes enfants ou d'adolescents n'est pas une affaire de sexualité (ni même une affaire d'orientation) mais d'abord une affaire de pouvoir sur des personnes fragiles et manipulables. Ainsi, il est dit que 9% des prêtres américains ont abusé d'enfants ou d'adolescents. C'est un chiffre qui fait peur... Un prêtre sur dix ou onze...

Vers le fin de l'article, il y a une ambigüité qui m'étonne: il est écrit que 64% des abuseurs sont homo, 27% hétéro et 9% bisexuels. Je m'étonne: est-ce que ces chiffres sont basés sur le sexe des victimes? Car même si quelqu'un n'a abusé que de jeunes garçons, cela ne suffit pas pour dire qu'il est homo. Beaucoup de psychiatres pensent même plutôt le contraire.

Le Mouvement Juif Conservateur (qui maintient un cap assez fragile entre Orthodoxes et Réformés) devrait statuer cette semaine sur la possibilité de bénir des unions homosexuelles et d'ordonner des rabbins gay. Bien sûr, le vote risque d'être serré. Mais le plus extraordinaire, c'est que le vote pourrait accepter les deux positions comme valides. C'est-à-dire qu'à la fois, la position disant que l'homosexualité n'est pas acceptable par le judaïsme conservateur pourrait être tout autant acceptée que celle disant le contraire.

Je trouve ça génial, cette capacité de reconnaître la vérité de deux positions diamétralement opposées. En tous cas, ça laisse rêveur: le monde chrétien (surtout dans la tradition latine) n'imagine absolument pas d'affirmer deux positions contradictoires. "Si j'ai raison, tu as tort" est l'attitude habituelle dans le domaine de la morale catholique, ou même chrétienne en général. Accusant même du grave crime de relativisme toute attitude disant "j'ai raison et toi aussi".

Le "oui" et le "non" sont deux options acceptables dans le débat et donc pourraient co-exister dans le monde juif conservateur parce que ce sont deux réalités vivantes. Les rabbins, à l'échelon local, seront alors laissés libres de traduire la Torah pour les hommes et les femmes qui se confient à leur jugement.

Car il y a plus d'une manière d'être Juif... Oui, une manière de raisonner qui laisser rêveur...

Enfin, pour rester dans un sujet proche, j'ai trouvé un joli petit article sur des gay bouddhistes de l'école Nichiren, et plus particulièrement du Mouvement Soka Gakkai. Contrairement au bouddhisme tibétain, dont le chef religieux est le Dalaï Lama, l'école Nichiren (qui remonte au 13ème) a largement ouvert ses portes aux homo.

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