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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

samedi 31 mars 2007

404. elle est morte, Soeur Sourire

Tous les 29 mars, je fais mémoire de Soeur Sourire, et notamment de son suicide en 1985, il y a plus de 20 ans. Et donc, un peu comme c'est le cas dans tous les anniversaires, je vais reprendre l'essentiel du texte de ma note de mars 2006. En fait, il y avait aussi eu une autre note en février 2005, alors que j'avais à peine commencé à bloguer.

C'est curieux comme le destin tragique de cette femme m'atteint...

Pour être honnête, je n'ai découvert Soeur Sourire que récemment, quand je suis allé voir la pièce de Marie Destrait, une pièce plusieurs fois reprise et que je vous conseille absolument d'aller voir si elle passe par chez vous. Jusqu'à ce que je remarque des affiches de la pièce, j'avais complètement oublié Soeur Sourire et son histoire. Juste quelques vagues allusions dans les milieux catho: un vieux truc remisé au grenier.

J'allais voir cette pièce avec des pieds de plombs, un peu par devoir. Et je me souviens que j'ai eu du mal à trouver quelqu'un pour m'accompagner. Mais j'ai encore le souvenir d'une très belle soirée! Excellent texte, excellents acteurs (tous les quatre), très belles scénographies (notamment les jeux de lumière). Beaucoup d'émotion et, en fin de compte, une très grande sympathie pour cette femme, une grande proximité aussi. Pas du tout le style lacrymogène ou revenchard que je craignais confusément. Pas non plus de glorification facile et factice. Juste une belle et grande figure tragique.

au théâtre du Méridien, à Bruxelles

Aujourd'hui, sa chanson phare (Dominique, nique, nique, en 1963) fait forcément rire, rien qu'à dire le titre. Mais il y a 40 ans, le mot niquer n'était pas encore entré dans le vocabulaire courant (avec le sens de baiser). On oublie aussi que cette chanson est connue dans le monde entier et qu'elle a été en tête des hit-parades américains pendant des semaines (devant Elvis). C'est le seul titre "belge" à avoir jamais atteint le sommet américain (pas même Technotronic en 1985, qui n'est arrivé que 2ème). D'ailleurs, pour la jeune génération, elle fait partie des sonneries de gsm les plus vendues dans le monde.

l'affiche de la pièce

Quelques rappels biographiques: Jeanine Deckers (née en 1933, une vraie Bruxelloise, pratiquement de la place de Brouckère, puis du parvis St-Henri) rejoint en 1959 les "grandes" Dominicaines installées près de Waterloo (à Fichermont). Chez les Guides, on l'avait totémisée "Ourson Concentré", c'est-dire comme elle devait sembler discrète et réservée. Au monastère, ses petites chansons simplettes (et surtout le Dominique) amusent sa communauté, jusqu'à ce qu'elles attirent l'attention d'éditeurs musicaux, de Philips pour ne pas les nommer. Elles deviennent un formidable succès (même en comparaison avec notre époque de starification expresse). Sous un nouveau nom (qu'elle trouve un peu ridicule et qu'elle n'aimera jamais vraiment), mais dans l'ignorance totale de la jeune novice, sont également vendus des centaines de milliers de disques (vinyl), d'abord en Belgique puis dans le monde entier.

soeur Luc-Gabrielle en novice

Hollywood crée une comédie musicale (The Singing Nun), avec Debbie Reynolds dans le rôle titre (un film qui devait lancer la jeune actrice, juste avant le célèbrissime Singing In The Rain). La religieuse ne sait toujours rien et ignore tout des transformations que le réalisateur et sa Prieure ont introduites dans l'histoire de sa vocation.

Plusieurs très grands chanteurs, dont Georges Brassens, admirent publiquement son talent, sa simplicité, sa lumière. L'auteur du "gorille" lui offre même une guitare, la traitant pratiquement d'égal à égal, alors qu'il était connu pour son anti-cléricalisme.

Lorqu'une grande librairie religieuse bruxelloise (qui existe encore aujourd'hui à la chaussée de Wavre) organise une signature du petit livre où la religieuse raconte sa vie (une rareté, si vous le trouvez, ne le lâchez pas), elle doit organiser deux jours de séance supplémentaire et la file s'allonge sur le trottoir sur plus de 100 mètres, presque jusqu'à la place Jourdan.

Ignorante totalement de ce succès planétaire, ignorant même l'existence du film, des nombreux articles sur elle, n'ayant aucune idée de la vente de son livre, la Soeur Luc-Gabriel rêve simplement de servir le Christ. Elle ressent l'appel à vivre religieusement mais sous une autre forme que la vie monastique assez cloîtrée des "grandes Dominicaines". Elle décide d'entrer dans la profession "sociale" qu'elle avait étudié à Louvain et quitte le couvent pour vivre à l'extérieur en tertiaire dominicaine.

Et c'est là que la tragédie commence : le fisc belge lui réclame pratiquement 200 mille euros, pour des arriérés impayés sur des disques, des livres, des films et des spectacles. La pauvre tombe totalement des nues. Imaginez la somme que cela représente dans les années soixante... Aujourd'hui, on estime que l'ensemble de sa carrière aurait pu lui rapporter entre 2 et 3 millions d'euros.

Son ancien monastère, qui a perçu tous les revenus, refuse d'essuyer l'ardoise du fisc. Légalement, le fait que la religieuse ait quitté l'habit fait qu'elle perd tous ses droits sur ces revenus. La Mère Supérieure aurait pu faire un geste mais refuse, en partie parce qu'elle n'avait pas l'argent (tout donné? tout dépensé?) et en partie parce que c'est contraire à la tradition monastique, paraît-il, de rendre à ceux qui sortent ce qu'ils ont apporté à l'entrée. Mais je n'ai pas eu confirmation complète de cette hypothèse: certains m'ont affirmés que la tradition du "viatique" pour ceux qui quittent un monastère est plus exacte. D'où ma sévérité pour la prieure de Fichermont...

Ceci dit, plus globalement, le rôle de la Prieure est plus que trouble et, s'il était typique de la manière habituelle d'exercer le supériorat à l'époque, je suis bien content que cela ait disparu. L'arbre se juge à ses fruits, et dans ce cas-ci c'est assez pourri...

De plus, l'avocat du monastère (qui s'est littéralement construit des châteaux en Espagne avec l'argent de ses honoraires) s'évapore lui aussi dans la nature : pas de preuves, pas de comptabilité, pas de traces de la destination de ses revenus. Il est d'ailleurs probable qu'il se soit aussi enrichi au détriment du monastèe lui-même. Pas moyen de mettre la main dessus dans ce paradis qu'était l'Espagne franquiste pour certains criminels enrichis. Pour le fisc, Jeanine Deckers pourrait très bien avoir planqué tout cet argent là où se cache son ancien avocat, et donc pas de pitié.

Alors, vers le milieu des années 70, Jeanine Deckers décide de monter sur scène pour gagner de quoi payer la note fiscale. Hélas, les Dominicaines lui interdisent d'utiliser le nom Soeur Sourire dont elles veulent garder les droits (et donc les revenus). Je trouve ça un peu mesquin...

Dès lors, son retour sur scène est un flop total: elle qui est une vedette mondialement connue doit se contenter de salles minables. Elle y perd même de l'argent. Même désastre avec la version disco de son titre phare (je vous l'offre en fin de note, écoutez-là: c'est quelque chose). Même sa brève apparition à un grand rassemblement eucharistique aux États-Unis ne réveille pas le public.

Pire encore, le fisc revient à la charge, en soupçonnant que ces apparitions sur scène à l'étranger ont généré des revenus qui lui sont cachés. D'où encore moins de pitié.

ses tentatives de retour sur scène

Entre-temps, Jeanine s'était installée avec une autre ancienne dominicaine de Fichermont, Annie Pecher, sa meilleure amie depuis l'époque lointaine des études universitaires. Elles se lancent ensemble dans un projet de maison pour une quinzaine d'enfants orphelins ou caractériels. C'est la profession d'Annie et toutes les deux investissent leurs maigres revenus dans le projet. Elles espèrent qu'un jour l'argent de Soeur Sourire va leur revenir et donc, généreuses et religieuses, elles se lancent dans l'apostolat de l'enfance malheureuse.

Pour Jeanine, hélas, arrivent assez vite la dépression, l'alcool, les médicaments (avec l'aide un peu complice de son pharmacien). Le monde entier connaît son nom et sa chanson; pourtant elle vit dans la menace constante de la misère. Aucune de ses démarches n'aboutissent, ni dans le monde religieux, ni auprès des maisons de disques qui disposent des sommes versées au titre de droits d'auteur et qui continuent à envoyer l'argent à son ancien monastère. On la trouve même de plus en plus pitoyable, le prototype même de la "pauvre vieille fille ratée".

Jeanine Deckers et Annie Pêcher

Autre déchéance: Le monde catholique la rejette complètement et la condamne parce que Jeanine, en apprenant l'invention de la pillule, créé une chanson de bonheur pour acclamer cette avancée pour la vie de toutes les femmes (le titre dit tout: "Pilule d'Or", en 1967). Quelques semaines plus tard, la condamnation vaticane tombe contre la pilule et, du coup, fait de la chanson de Jeanine un geste qualifié de rebelle par les autorités catholiques. L'ancienne religieuse devient une sorte de pestiférée. Et je n'ai pas à vous raconter la place des femmes dans l'Église à cette époque... Elle écrit alors quelques titres "musclés" et amers où elle s'en prend aux femmes faibles et soumises, aux hommes machistes et sexistes, aux autorités de l'Église (des hommes, encore). À un moment, elle écrit une chanson pour dire "Je ne suis pas une vedette" et que Soeur Sourire est vraiment morte. Une chanson que vous pouvez écouter en fin de note.

« Je réclame de mes frères
Le droit d'évoluer.
De vivre solidaire,
Parmi eux, consacrée.
En short ou en tunique,
Blue jeans ou pyjama,
Je n'ajoute en critique,
Le Seigneur est mon choix.
[…]
Il est certain sourire
Qu'il faut démystifier,
Portrait un peu rapide,
Portrait inachevé.
Si cet autre visage
Étonne certaines gens,
Qu'ils vénèrent l'image
Du sourire d'enfant.
Elle est morte, Sœur sourire,
Elle est morte, il était temps !
J'ai vu voler son âme, À travers les nuages,
Dans le soleil couchant. »

Début 1985, le fisc se fait pressant: il va saisir l'orphelinat, il faut donc replacer d'urgence tous les enfants et se résoudre à tout perdre.

Les deux femmes quittent alors l'état religieux de tertiaires. Elles reconnaissent leur amour l'une pour l'autre (on voit dans le journal de Jeanine qu'elle ne s'est "assumée" que vers la fin). Et elles décident de mettre fin à leurs jours un 29 mars. On les retrouve mortes, l'une à côté de l'autre. Il y avait bien assez de médicaments près d'elles pour se suicider plusieurs fois.

Comme il s'agit d'un suicide et qui plus est d'une affaire qui sent le fagot, de nombreuses églises paroissiales refusent de célébrer les funérailles. Dans la plus grande discrétion, les Bénédictins de Clerlande accueillent la cérémonie, très simple.

Quelques jours plus tard arrivent plusieurs lettres dans le courrier: le fisc prononce une amnistie pour les sommes dues et la maison de disques verse finalement les sommes qu'elle doit... Mais c'est trop tard...

J'ai beaucoup d'affection pour cette femme complètement oubliée. D'abord parce que c'est une grande tragédie: comme quelqu'un qui a passé sa vie à chanter l'amour, et notamment l'amour de Dieu, peut-elle finir aussi tristement?

Et puis j'ai l'impression d'un véritable martyre et d'un terrible gachis : même pour l'époque, l'attitude d'une série de vampires est proprement scandaleuse. La pièce de théâtre n'épargne pas la dureté de sa mère, de son ancienne supérieure, de ses anciens avocats et hommes d'affaires, du fisc ensuite.

Quelqu'un m'a dit un jour qu'on ne peut pas affirmer qu'on aime l'Église tant qu'on n'a pas souffert de sa part. Je sais que c'est vrai de beaucoup de chrétiens (saint François d'Assise par exemple). Mais dans le cas de Jeanine Deckers, je trouve que la dose était franchement exagérée, impossible à porter. Il me semble que, dans les demandes de pardon que l'Église pourrait exprimer, il y a le fait d'avoir conduit certains au désespoir. J'espère juste que, au moment de la mort, ces deux femmes ne se sont pas aussi senties abandonnées de Dieu lui-même...

Oui, quel gachis. Mais aujourd'hui, que leur lumière brille dans le Coeur de Dieu et que leurs vies soit bénies éternellement, là où il n'y a plus ni pleurs, ni larmes.

S'il vous arrive de passer par Wavre, en Belgique, prenez le temps d'une petite visite au cimetière (la pierre tombale est un cadeau récent de la ville, sinon elles seraient encore dans du "provisoire"). Et s'il vous arrive d'entendre cette mélodie un peu idiote (Dominique, nique, nique), notamment en sonnerie de gsm, ayez une petite pensée pour cette femme de rien du tout qui l'avait composée.

 


Discographie récente:

La Nonne Chantante en 2003

Soeur Sourire "Dominique" en 2005

plus généralement, je vous conseille ce sympathique site de Ghislain Debailleul.

 

Soeur Sourire "Dominique" (version disco)
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Posté par cathogay à 13:06 - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


vendredi 30 mars 2007

403. le super héroïsme au quotidien

Hier soir, je me suis vu le DVD de "Superman Returns" avec le très décoratif Brandon Routh. Et je dois dire que, à mon humble avis, il fera très bien dans les prochains épisodes de l'enfant de Krypton, en particulier dans le rôle de Clark Kent, qui reste mon personnage favori.

 

Mais, pendant tout le film, je me suis demandé où j'avais vu cet acteur auparavant. Et l'internet étant le miracle qu'il est, j'ai retrouvé sa filmographie. Je me suis souvenu de l'avoir vu dans un petit rôle de la série "Cold Case" (qui me plaît à plus d'un titre, notamment son côté un peu rédempteur, et pas seulement pour le tout aussi décoratif Danny Pino).

 

 

Vous connaissez le principe de la série? C'est une autre version du type des "affaires classées" où une fine équipe de limiers arrive à résoudre une ancienne histoire (souvent des homicides) et à rendre justice aux victimes et à leur famille.

L'épisode dont je me souvenais s'intitule "Un Temps Pour Haïr" (d'après une citation du début du Livre de l'Ecclésiaste).

Voici l'histoire: une maman, âgée et proche de la fin, vient voir les policiers de l'équipe "Cold Case" pour résoudre l'affaire de la mort de son fils, battu à mort en 1964 dans le fond d'une allée obscure. Au fur et à mesure de l'enquête, on se rend compte que le fils, jeune étudiant universitaire brillant, était homo, qu'il fréquentait un très gentil jeune juriste (le rôle joué par Brandon Routh). La mère se souvenait vaguement de ce jeune homme, et elle sentait qu'il y avait quelque chose entre eux. Et au moment de sa mort, elle demande à rencontrer (40 ans plus tard), celui dont son fils était amoureux.

Je vous passe les détails de l'enquête qui a conduit à l'arrestation des meurtriers, et comment il se révèle qu'il s'agissait d'un de ces (hélas) milliers de cas de pédé battus à mort à la sortie d'un bar gay. Je vous passe aussi le formidable personnage d'une drag queen vieillissante et absolument admirable. Ainsi que le personnage d'un policier pris de remords pour s'être tu à l'époque, mais qui décide finalement de témoigner, estimant qu'il le doit à son propre fils homo et à son fiancé.

Ce qui m'a frappé, c'est d'abord le chemin de la mère, qui se rend compte à quel point elle ignorait son fils... ou voulait l'ignorer. Et puis le chemin du jeune homme, devenu entretemps un juge respecté et qui n'ose pas se déplacarder pour les besoins de l'enquête. Il finit tout de même par aller rencontrer la mère sur son lit d'hôpital, dans une très belle scène où, 40 ans après, il trouve les mots pour dire à quel point il aimait le défunt et comment celui-ci reste toujours le seul homme dans sa vie.

Je me souviens que ça m'avait incroyablement ému, cette scène.

Et hier soir, je me suis dit: les super-héros ne sont pas toujours ceux pour lesquels on fait des films à grand budget. Dieu sait si, dans le quotidien de leur vie, les homo ont eu à faire des choix difficiles. Certains de ces choix, je le sais, sont des actes héroïques d'amour. Dans leurs couples, dans leurs familles, dans leurs quartiers, au travail, dans leurs communauté paroissiales...

Nous devrions être fiers de "nos" héros du quotidien...

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mardi 27 mars 2007

402. Retour à la conscience

Plusieurs d'entre vous m'ont montré l'attachement qu'ils ont à une obéissance (aveugle?) aux principes du Magistère catholique en matière de sexualité, et en particulier pour ce qui est des minorités sexuelles. Je suis déjà plusieurs fois entré dans le débat pour rappeler le principe de la Primauté de la Conscience, un principe très ancien et qu'il convient (je trouve) de ré-affirmer à certains catholibans qui se posent comme plus "catholiques que le pape". L'expérience me montre que cette notion est libérante et qu'elle a permis à plus d'un chrétien de faire la paix entre ses convictions religieuses et sa pratique sexuelle.

Un soutien inattendu à cette position est venue d'un article paru dans le quotidien de Bruxelles, La Libre Belgique, une parution globalement cathobourgeoise avec des accents démo-chrétiens (pour faire simple). C'est un de ces journaux où les "penseurs catho" envoient parfois des textes qui commentent l'actualité.

Et justement, sortait aujourd'hui une "carte blanche" offerte à l'abbé Henri Weber qui, depuis des années, anime un groupe qui accueille et entoure les divorcés remariés, dans le Brabant Wallon (la large périphérie sud de Bruxelles).

On s'en doute, sa prise de position était justifiée par les quelques lignes de l'Exhortation Apostolique de Benoît 16 sur l'Eucharistie. Je vous ai déjà dit ce que j'en pensais: cette Exhortation fait dans le sublime (et c'est souvent d'une haute élévation de pensée) mais dommage qu'elle dérape à certains moments (rares) quand elle parle aussi d'exclusion de la communion.

Le titre du texte d'Henri Weber dit beaucoup: Transgresser une loi, est-ce pécher? Il me semble que beaucoup de cathogay, quand il s'agit de leur sexualité, ont choisi de dire que oui, croyant qu'il fallait sacrifier leur sexualité à leur attachement à la foi catholique. Je me souviens de façon de s'exprimer où le chemin de sainteté de tout chrétien était présenté, pour les homo catholiques, comme un martyr permanent (et triste?). Je me souviens de réunions où le simple fait d'affirmer qu'on ne respectait pas certaines lois de l'Église était déjà un péché...

Or, c'est justement l'argument d'Henri Weber de revenir sur la place centrale de la conscience: en fin de compte, c'est elle qui dit si (devant Dieu) j'ai choisi le péché ou non.

Pour reprendre ses mots de conclusion: agir en se moquant de toute loi (civile ou d'Église), ce n'est pas agir moralement. Agir de telle manière pour la seule raison qu'une loi le prescrit, ce n'est pas non plus agir moralement. Agir moralement c'est essayer de connaître la loi concernée, avec ses raisons d'être, et juger ensuite s'il convient de la suivre dans la situation qui est la mienne pour le moment.

Alors, pour les cathogay qui pensent que, en conscience, ils ne font rien de mal quand ils aiment et fondent un couple centré sur le partage de vie et le respect, quand ils vont communier pour s'unir au Christ, je dis: avancez. Pour vous, "agir moralement", c'est suivre votre conscience.

Quant à ceux qui sont malheureux parce qu'ils s'acharnent à suivre des lois contraires à leur sentiment profond dans la prière et devant Dieu, peut-être qu'une bonne libération et une dose de joie pascale ne leur ferait pas de tort...

Par contre, à ceux qui disent à des cathogay qu'ils devraient obéir aveuglément aux lois simplement parce que ce sont celles de l'Église et qu'ils ne doivent pas écouter leur conscient,... je ne vais pas dire ce que je leur souhaite pour ne pas gâcher les mérites chèrement acquis durant ce Carême... mais au moins qu'ils sachent qu'ils n'ont pas une position morale et pastorale très catholique.

Je termine sur autre chose, en vous signalant que, ce mercredi, l'Organisation Mondiale de la Santé (l'OMS) et l'Agence ONUsida (de très sérieuses institutions) ont publié un rapport qui semble démontrer que la circoncision est une barrière effective (mais non complète, loin de là) contre le virus du sida. Sans atténuer les conseils de prévention et de protection, ces deux organisations invitent les pays frappés par cette saloperie de maladie à promouvoir la circoncision...

Ceci dit, il paraît que se faire circoncire adulte, ça fait un mal de gueux et qu'on met des semaines à s'en remettre... Alors, un conseil: ne vous précipitez pas... Et à l'inverse, messieurs les circoncis: n'allez pas croire que ces découvertes vous donnent le droit d'enfin abandonner tout comportement responsable. Je parle aussi bien aux hétéro qu'aux autres, d'ailleurs.

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vendredi 23 mars 2007

401. Huile sur le feu

Le père Federico Lombardi, Jésuite, n'est pas seulement directeur de Radio Vatican, il est depuis peu directeur de la salle de presse du Vatican, ce qui fait de lui le porte-parole officiel du pape vis-à-vis des media. Bien sûr, son rôle est limité pour ce qui est de la doctrine ou de son interprétation (il ne fait qu'expliquer et vulgariser). Par contre, ses interventions dans les média dénotent un ton nouveau qui mérite un commentaire.

Ainsi, rapporte La Croix, le père Lombardi a accusé les média de jeter de l'huile sur le feu dans de nombreux débats, et en particulier celui sur les "unions civiles" qui a atteint des niveaux quasiment hystériques en Italie.

Comme on pouvait s'y attendre, il déplore que la position du Vatican ne soit pas présentée avec nuance et qu'elle soit amplifiée voire caricaturée. Le père Lombardi invite à éviter de hausser le ton et à un effort d'éthique professionnel hors du commun, vu le caractère exceptionnel du débat actuel.

En cela, je m'attend à ce qu'un certain nombre de gens de presse se demandent de quel droit le porte-parole d'une autorité impériale et de droit divin viendrait leur donner des leçons de déontologie journalistique...

Mais le plus subtil dans la dépêche rapportée par La Croix, c'est que certains observateurs croient savoir que le père Lombardi ne s'adresse pas d'abord et certainement pas uniquement aux média hostiles aux positions officielles de l'Église.

Il se dirait, autour de la place Saint-Pierre, que des média très "catholiques" (ou "plus catholiques que le pape"?), comme le très fidèle (trop?) Osservatore Romano, ne soient allés trop loin dans le procès d'intention contre les "adversaires". Le ton de croisade adopté par des journalistes qui se disent pro-catholique ne sert probablement pas le dialogue. Manifestement, on est sorti du dialogue pour entrer dans la bataille rangée.

Rigidifier les propos, rendre les positions tellement conflictuelles qu'on se soit retrouvés dans un dialogue de sourds médiatiques... Je suis heureux de voir que, le père Lombardi et d'autres s'inquiètent du fait que, depuis quelques temps (depuis Ratisbonne?), l'Église ne puisse plus compter que sur ses propres média pour faire comprendre ces idées... Serait-elle en train de perdre l'espèce de sympathie générale dont Jean-Paul II a bénéficié dans la presse pendant 25 ans?

Clairement, la sortie de la dernière exhortation apostolique a été un désastre médiatique...

Ce qui est, de fait, un grave danger pour l'annonce du message du pape, que ce soit pour sa position sur l'Islam, sur les minorités sexuelles, sur la paix dans le monde ou tout autre sujet...

Non pas que je sois d'accord avec toutes ces positions du pape, mais il y un danger de voir les média catholiques le présenter finalement comme un croisé obtus en ne reprenant que ses propos les plus fermes et les plus insupportables.

Et si on disait que le signe qu'on est vraiment un média chrétien, c'est le respect avec lequel on présente la position de l'autre? en la comprenant et en l'expliquant encore mieux que l'autre?

Dans le cas des minorités sexuelles, j'attend encore de voir qui, dans les média "fidèles" de l'Église, fait autre chose que diaboliser les homo, leurs couples, leurs familles... Si déjà on arrête de dire que nous sommes un danger pour le monde, pour l'Église, pour la famille, pour la jeunesse, et un hurlement à la face du Ciel, ce sera un immense progrès...

Tout autre chose, merci à ceux qui m'ont renseigné un lien vers un film documentaire qui est sorti depuis le 14 mars. Je crois qu'il est passé sur Arte, mais je n'en suis pas sûr.

Il s'intitule Au-delà de la haine et rapporte le chemin de la famille d'un jeune homo de 30 ans battu à mort en 2002, François Chenu, pour sortir de l'esprit de vengeance et amener les agresseurs vers plus d'humanité. Le documentaire suit leur parcours pendant le procès. On m'a dit le plus grand bien de ce documentaire. Et, sans que ce soit dit clairement qu'ils s'agit de parents chrétiens, je ne peux qu'y reconnaître tout ce que je partage comme valeurs en tant qu'homo catholique.

J'admire ce parcours qui a permis à des parents foudroyés par la tragédie avancer en se demandant comment est-il possible que trois jeunes détestent tellement les pédé qu'ils en sont arrivés à massacrer leur fils... Et à lancer un appel à l'humanité de ces jeunes...

Là, pour le coup, "chapeau" messieurs des média...

 

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lundi 19 mars 2007

400. Interdits de célébration

Que des conférenciers participants à une conférence sur la pastorale destinée aux minorités sexuelles soient interdits de célébration eucharistique? C'est possible et c'est même arrivé à Minneapolis, aux États-Unis, sur ordre de l'archevêque local. Pourtant, cette conférence est organisée depuis 1977 et les célébrations eucharistiques étaient des moments forts de la rencontre. Des évêques participants et des prêtres ont été également priés de ne pas être présents, pour ne pas encourager la conférence par leur présence. Pitoyable.

La traduction de l'article du Star Tribune est de votre indigne serviteur... J'y ai ajouté l'un ou l'autre éléments pris d'un autre article publié par le Twin Cities.

 

La Conférence de Catholiques Gay
décide d'obéir
à l'interdit prononcé par l'archevêque

Le 14 mars 2007.

Le responsable principal d'un symposium qui devait se dérouler à Minneapolis ce week-end a expliqué mardi dernier que les participants du congrès avaient décidé de se soumettre à la demande de l'archevêque de la ville, Mgr Harry Flynn, demandant que l'on ne distribue pas la communion durant l'événement.

Néanmoins, Mr Francis DeBernardo, directeur exécutif de l'association "New Ways Ministries", qui organisait la conférence, a expliqué que les participants ont été "très déçus" par la directive de Mgr Flynn. Voir la notice Wikipedia...

Plus de 500 personnes étaient inscrits pour ce sixième symposium, placé sous le thème "Signes d'ouverture: des Catholiques Gay et Lesbiennes dans une Église sacramentelle". Pour la plupart, ces participants sont engagés dans des pastorales à destination des minorités sexuelles (des évêques, des prêtres, des religieux, des laïcs).

Selon les mots de Francis DeBernardo, Mgr Flynn a écrit: "Je suis inquiet à propos de certains des sujets repris dans le programme, et aussi à propos de certains des principaux conférenciers qui sont connus pour avoir publiquement contesté l'enseignement de l'Église. En conséquence de quoi, je suis aussi inquiet que ce symposium ne cause une confusion importante parmi les fidèles de cet archidiocèse, ainsi que parmi d'autres qui pourraient avoir connaissance de ces choses."

Pourtant, souligne Francis DeBernardo, Mgr Flynn n'est pas connu pour être un homophobe primaire. C'est d'ailleurs à cause de son attitude passée d'ouverture et de dialogue que Minneapolis avait été choisi comme ville hôte de la conférence. Sa prise de position est surprenante, explique Francis DeBernardo.

Néanmoins, l'an dernier, Mgr Flynn avait demandé que l'on refuse publiquement la communion aux fidèles participants à l'eucharistie portant une écharpe aux couleurs de l'arc-en-ciel et qui entendaient, par cette protestation muette, mettre en cause l'enseignement de l'Église sur les minorités sexuelles.

Des copies de la lettre de Mgr Flynn ont également été envoyées à trois évêques émérites qui avaient accepté de célébrer l'eucharistie et de distribuer la communion durant la conférence: Mgr Leroy Matthiessen, évêque émérite d'Amarillo au Texas, Mgr Francis Hurley d'Anchorage en Alaska et Mgr Joseph Sullivan, évêque émérite de Brooklyn à New York.

Le porte-parole de l'archidiocèse, Mgr Dennis McGrath a répété mardi dernier que l'archidiocèse n'encourageait pas la participation à cette conférence et rappelle que l'Église (et la conférence épiscopale américaine) a publié ses propres directives pour la pastorale vis-à-vis des gay. Il a déclaré également que la lettre de Mgr Flynn à Mr DeBernardo était normalement confidentielle et n'aurait pas dû être divulguée.

Pour le porte-parole, l'Eucharistie est au coeur même de la vie chrétienne et donc il est inconcevable que des directives inviolables de l'Église soient discutées à une conférence durant laquelle l'Eucharistie est célébrée. Cet interdit de l'archevêque n'est pas négociable.

Entretemps, Mgr Matthiessen a déclaré qu'il avait à regret décidé d'honorer la demande des autorités ecclésiastiques locales de se tenir éloigné de la conférence. "Pourtant, je tenais beaucoup à être présent pour encourager ceux qui servent dans cette pastorale destinée à des fidèles d'une différente orientation", a déclaré Mgr Matthiessen, sans préciser qui lui avait transmis cette requête. Les deux autres évêques retraités ont maintenu leur présence à la conférence.

Pour Francis DeBernardo, on ne peut pas exclure qu'il y ait eu dans cette affaire une intervention directe du Vatican. Il a rappelé que, l'an dernier à Louisville au Kentucky, l'évêque, Mgr Kelly, avait formulé une "réticence" semblable. Mais qu'il avait trouvé une "astuce" pour contourner cette interdiction d'eucharistie: l'évêque avait lui-même célébré pour les conférenciers dans sa propre cathédrale. Une attitude courageuse.

Mr Michael Bayly, directeur exécutif du comité pastoral de Minneapolis pour les minorités sexuelles, a déclaré que les participants a la conférence vont probablement conclure de cette affaire que les "gay sont toujours susceptibles d'être sacrifiés aux efforts de l'institution ecclésiale d'imposer une idée rigide et étroite sur ce que c'est qu'être vraiment catholique. Tout cela est une trahison de l'esprit de générosité et de compassion au coeur de la vie et du message de Jésus", dit-il. "C'est décourageant. On peut, hélas, y voir une tendance croissante dans la vie actuelle de l'Église", explique-t-il.

Les participants à la conférence ont donc été invités à participer à titre personnel aux eucharisties dominicales dans les églises proches du lieu de réunion, a expliqué Francis DeBernardo. "Nous n'avons pas organisé une conférence de radicaux qui veulent détruire l'Église, mais de gens, tant homo qu'hétéro, qui aiment notre Église."

Voilà pour l'article, avec des éléments d'un deuxième...

Je signale que, parmi les orateurs, on dénombrait du "beau monde" comme l'excellente Soeur Helen Prejean, auteur du magnifique "Dead Man Walking", dont on a tiré un film admirable, mais aussi le père Richard McBrien, professeur à la University of Notre Dame, Soeur Margaret Farley, auteur de "Just Love", un écrivain et défenseur du droit de minorités sexuelles, Brian McNaught, un théologien anglais dont ce blogue dit beaucoup de bien, James Alison et un professeur de la Emory University, Luke Timothy Johnson. Néanmoins, ni Francis DeBernardo ni Mgr Flynn n'ont spécifié quels étaient les orateurs sur lesquels planaient des "réserves".

Ceci dit, le plus beau c'est que la conférence a bien eu lieu et dans la bonne humeur. Les prêtres, religieux et religieuses, parents, théologiens et animateurs pastoraux (pour la plupart quinqua ou sexa, des serviteurs de longue date de la pastorale des minorités sexuelles) ont participé avec enthousiasme à des dizaines d'ateliers et de rencontres. Mgr Sullivan, évêque émérite de Brooklyn, qui a maintenu sa présence à la conférence, a critiqué le document de la conférence épiscopale américaine sur la pastorale vis-à-vis des gay comme une document "écrit par des évêques pour des évêques, sans égard pour la communauté qu'il affecte".

Pour Dick Jaco, un délégué de Californie, le progrès en 30 ans est tout de même énorme. Quand il était jeune, il était impossible de se dire catholique et homosexuel. Certes, il ne s'attend pas à des progrès énormes de son vivant, dit-il, néanmoins il souligne que les progrès existent.

Bon, après tout ça, disons que je choisis de partager son optimisme...

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samedi 17 mars 2007

399. Aussi bourgeois que les autres

Je voudrais vous partager quelques réflexions glanées dans un article paru en février dernier. En gros, c'est une traduction de l'anglais mais j'ai parfois résumé des paragraphes entiers en une ou deux phrases. Et j'avoue avoir ajouté quelques réflexions personnelles ici ou là, mais c'est véniel.

 

Gay teens coming out earlier to peers and family
By Marilyn Elias, USA TODAY

Les adogay sortent du placard de plus en plus tôt et beaucoup se sentent mieux dans leur peau que les générations précédentes. C'est le résultat d'études américaines réalisées par et pour des services d'aide à la jeunesse. Ce "déplacardage" de plus en plus hâtif semble également parallèle à une croissance de l'acceptation des homo par les adultes mais aussi à l'augmentation du nombre de figures de proue, de "modèles" homo dont on parle dans les média populaires.

Au contraire, quand on regarde les responsables actuels des associations homo, on voit une génération de quadra et de quinqua qui ne sortait pas du tout du placard à l'adolescence, à l'époque où ils habitaient encore chez leurs parents. Il est clair que les adogay d'aujourd'hui sont plus francs dans leurs prises de parole et l'affirmation de leur orientation sexuelle.

Bien sûr, ça ne signifie pas qu'ils ont la vie plus facile. Au contraire, les adogay vivant dans les zones rurales ou conservatrices sortent du placard dans des lieux où il est beaucoup plus difficile pour des parents de se faire à l'idée qu'ils ont un enfant homo. La méchanceté des pairs (à l'école par exemple) y est plus forte. Et la haine homophobe semble avoir trouvé une nouvelle niche avec le développement de sites internet comme MySpace ou Facebook.

Par comparaison, la génération actuelle de quadra ou de quinqua est plutôt sortie du placard à l'université, voire plus tard, et dans des villes plus grandes. Du coup, l'étape était plus facile à franchir.

Mais, alors que les jeunes gay sont devenus des cibles plus visibles à cause de leur déplacardage précoce, ils deviennent aussi plus susceptibles de recevoir de l'aide, notamment de la part des réseaux associatifs d'homo ou de parents d'homo. C'est ainsi que ces réseaux ont, ces dernières années, assuré la formation de milliers de responsables scolaires (notamment pour réduire la violence homophobe), un signe que la question des minorités sexuelles a véritablement pris pied dans le monde des écoles et de l'adolescence.

Les écoles d'aujourd'hui doivent aussi, bien plus souvent que par le passé, arriver à gérer la présence d'enseignants ouvertement gay qui, dans beaucoup de cas, peuvent être eux-mêmes une aide importante pour les adogay. Une étude américaine récente montre qu'un tiers des psychologues exerçant en milieu scolaire ont eu à conseiller des jeunes ou des parents sur des questions d'orientation sexuelle.

Dans le milieu des années 90, il n'y avait qu'une douzaine de clubs "alliance homo-hétéro" dans le système scolaire. Aujourd'hui, aux USA, on en dénombre 3.200 qui sont enregistrés officiellement. L'internet a aussi réduit l'isolement des adogay, leur offrant un espace de socialisation et de soutien.

Les adogay sortent aussi du placard à une époque où une majorité d'Américains trouvent l'homosexualité acceptable. En 2006, Gallup trouvait que 54% d'entre eux sont tolérants par rapport aux homo, contre 38% en 1992. Même chose pour le nombre de télé, de films, de figures publiques qui jettent sur l'homosexualité une lumière plus positive.

Ce qui fait que, quand ils arrivent à l'âge où les adultes se posent des questions en termes de couple ou de parentalité, les adogay d'aujourd'hui auront déjà vécu de nombreuses années en s'étant "assumés" homo.

Beaucoup de jeunes gay et lesbiennes n'ont pas peur de dire qu'ils sentaient qu'ils étaient "différents" dès les premières années de l'école primaire. Avant même qu'ils ne sachent quoi que ce soit sur l'homosexualité, ils savaient qu'ils n'aimaient pas des choses souvent qualifiées de "typiques" pour les petits garçons ou les petites filles.

Mais surtout, et c'est la nouveauté, ces enfants homo ou lesbiennes voient de moins en moins pourquoi ils devraient être punis ou brimés parce qu'ils sont différents.

De plus, ils répugnent de plus en plus à vivre une adolescence de mensonges (notamment vis-à-vis de leurs parents) et de dépenser leurs énergies à faire semblant d'être hétéro.

Est-ce le signe que, dans l'avenir, la question va se porter de l'adolescence vers l'enfance? Qu'il faudra envisager une aide appropriée pour tous ces enfants qui "se sentent différents" et souffrent de la mauvaise information de leurs parents, de leurs parents ou de leurs enseignants?

Du coup, la question de l'information des parents redevient importante. Car, il faut être honnête, il n'y a pas de parent dont la première réaction à l'annonce de l'homosexualité de leur enfant n'ait pas été "Oh, non, pas ça." Les parents ne peuvent s'empêcher d'être déçus et de voir certains de leurs rêves détruits par cette annonce. Il faut donc les aider à dépasser ça. Ils doivent trouver dans l'amour pour leur enfant ce qu'il leur faut pour se tenir à ses côtés, malgré qu'il pourrait toujours rester une certaine forme d'inconfort des parents vis-à-vis de l'homosexualité.

De plus en plus, on voit l'impact de cette réaction parentale sur la vie des adogay. Il apparaît clairement que les familles peuvent évoluer de l'homophobie à l'homophilie (si on les aide), une fois que le choc initial est passé. Par contre, pour les parents ancrés dans l'idée que l'homosexualité est inacceptable toujours et partout (et particulièrement quand il s'agit d'une opinion religieuse), le fait d'accepter leur propre enfant homo est un énorme effort, parfois impossible.

Ainsi, il arrive que l'adogay est jeté dehors. Il n'y a pas de chiffres exacts sur le nombre de jeunes homo éjectés de leur famille, mais il apparaît aujourd'hui que le nombre d'adogay dans la population de jeunes fugeurs ou de sans-abris (qui vivent dans la rue) est hors de proportion avec le nombre d'homo dans la population. Il est de plus en plus clair, pour les chercheurs, que les centres urbains qui aident les jeunes sans-abris doivent de plus en plus traiter le cas d'adogay qui ont été jetés hors de chez eux. Or, le nombre de centres spécialisés dans l'accueil d'adogay ou formés pour les recevoir est largement insuffisant.

De même, il reste beaucoup d'opposants à une information sur l'homosexualité dans les écoles. Les conservateurs, par exemple religieux, estiment que l'adolescence est une période où les jeunes ne devraient pas avoir à se questionner sur ce qu'ils sont en terme de sexualité ou d'oritentation. Cette question devrait être réservée à l'âge adulte, pensent-ils. D'où leur farouche opposition à toute entrée de la question homo dans les écoles.

Pourtant, les chiffres existent qui montrent que les adogay ont plus de difficultés de santé mentale et un taux de suicide plus élevé que les ado hétéro. Néanmoins, il se pourrait que ces chiffres doivent être revus. En effet, la prise en compte de la bisexualité montre, dans de nombreux cas, que les ado bisexuels ont des problèmes plus graves que les ado homo, ces derniers ayant tendance à régler leurs problèmes d'identité sexuelle plus tôt que leurs condisciples bi.

De même, des études plus récentes semblent distinguer entre adolescents homo masculins et féminins. On semble dire aujourd'hui qu'il y a, proportionnellement, moins de lesbiennes que de gay, mais beaucoup plus de bisexuelles que de bisexuels. Du coup, les questions d'orientation sexuelle se règlent différemment pour les filles que pour les garçons. Par exemple parce que les filles ont tendance à former des liens très puissants entre elles à l'adolescence, contrairement aux garçons. Des liens dont les aspects sexuels ne sont pas absents.

Car, globalement, il ne faut pas oublier que l'adolescence est obsédée par les relations entre ado, par l'amitié, par les aventures romantiques. La grande peur des adogay, c'est justement d'être exclus de ce grand "jeu de l'adolescence". Ainsi, les adogay sont souvent attirés par leur "meilleur ami", et donc aussi souvent terrorisés à l'idée de perdre cette amitié s'ils font le moindre mouvement pour transformer cette amitié en romance.

Néanmoins, disent les psy, à force de nous concentrer sur les problèmes des adogay (et notamment l'exclusion ou les discriminations qu'ils subissent), nous pourrions en oublier un élément essentiel: ils ont les problèmes de tous les adolescents et, globalement, ce sont des ado aussi normaux (ou perturbés) que les autres.

La grande surprise de beaucoup de chercheurs, c'est de se rendre compte que les adogay sont "hélas" aussi typiques que tous les adolescents: ils cherchent l'amour-pour-toujours, ils veulent fonder des familles, avoir des enfants, etc. En dehors de leur vie affective particulière, ils restent des adolescents comme les autres.

En fait, la nouvelle génération d'adogay est certes sortie du placard très tôt. Mais la conséquence pourrait être qu'elle sera beaucoup plus "bourgeoise" que la génération précédente. La fameuse "culture gay", faite de clandestinité, de provocation, de marginalité, pourrait bien ne plus concerner les jeunes homo d'aujourd'hui. Tout comme les ado hétéro arrivent à l'âge adulte en ayant liquidé leur "rébellion adolescente" et assument en grandissant les valeurs de leurs parents.

 

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vendredi 16 mars 2007

398. en plein malentendu

Un ami qui me veut du bien m'a envoyé un lien vers une  vidéo de présentation de la Messe  de Toujours... Tout y est pour que le prêtre sache (littéralement au millimètre près) comment célébrer la messe. Je vous invite vraiment à regarder jusqu'au bout. Le but étant de lui "faire envie" et qu'il désire rejoindre ce courant liturgique.

Pour ma part, je suis plutôt d'avis qu'il s'agit d'une vision assez insultante (blasphématoire?) de la sainteté du sacrement de l'Eucharistie, bien que, évidemment, les promoteurs de cette vidéo pensent faire exactement le contraire. Mais, comme dit le proverbe, "avec des amis comme ça, on n'a plus besoin d'ennemis". Avec des promoteurs pareils, plus besoin des anti-religieux pour dire du mal des célébrations catholiques.

Et justement, je ne vais pas me lancer dans le débat. Je n'ai rien contre des spiritualités liturgiques qui ritualisent à l'extrême, comme dans le rite byzantin par exemple. Mais je trouve qu'il y a un risque immense à faire de la pratique d'un rite le signe qu'on est "parmi les bons et les purs". Comme beaucoup d'entre vous le savent, le débat actuel n'est pas une question de rite, mais une certaine conception du sacerdoce (et donc de la place des fidèles) et de l'Église (et notamment dans son rapport au monde et à la culture).

Dans la vidéo, les auteurs pensent savoir que le pape soutient leur opinion sur la beauté de la célébration eucharistique. Ils affirment, à la fois, que la majorité des fidèles et que la majorité des prêtres est de cet avis et que, si l'on était bien informé, on les rejoindrait en masse. Mouais.

Du coup, pour rester dans le même sujet, une idée m'est venue en jetant un coup d'oeil à l'Exhortation Apostolique Post-Synodale sur l'Eucharistie que le pape vient de diffuser. Et puisqu'elle s'adresse à tout le monde (des évêques aux fidèles), je vous conseille de la lire en entier. Je me méfie doucement des résumés qui ont été publiés ici ou là.

Clairement, le pape aime les belles messes et trouve qu'il est essentiel que les célébrations soient le reflet de la beauté de la vie de l'Église et de l'amour que le Seigneur nous porte. Rien de mal à ça. On peut juste se demander s'il n'est pas trop lié à des préjugés de sa jeunesse sur ce qu'est une communauté chrétienne et la place des fidèles dans la célébration... Disons que ça se discute ou qu'il y a encore quelques évolutions à espérer...

Par contre, j'éprouve un regret profond à ce que, à l'occasion de ces propos sublimes et d'une grande élévation de pensée, il sente le besoin de faire la liste de ceux qui sont exclus de la communion eucharistique. Était-ce bien nécessaire? Fallait-il vraiment mettre dans le même document un rappel de ce qu'il y a de plus beau dans le sacrement avec le rappel de toutes les exclusions que cela implique?

J'avoue ne pas comprendre cette attitude... C'est comme si, le Jeudi Saint, le prêtre se mettait à l'entrée de l'église et prévenait certains qu'ils doivent s'asseoir au fond et s'abstenir de venir communier. Est-ce que l'ensemble de la célébration n'en serait pas pollué?

Et malgré tout ce qu'on pourra me dire en coupant les cheveux en quatre, dire à quelqu'un qu'il est exclu de la communion, c'est le jeter dehors. Pourquoi quelqu'un viendrait-il à la messe pour être ainsi mis à l'écart durant toute la cérémonie? Pour revivre tout ce qui fait de lui un exclus?

L'autre jour, on me racontait qu'un jeune prêtre (à Bruxelles) avait refusé le sacrement de la réconciliation à un couple "vivant dans le péché" tant qu'ils ne se séparaient pas et renonçaient pas au sexe pré-nuptial... Un autre me disait que, pour être accepté à la communion, son confesseur avait dit qu'il devait renoncer à l'homme dont il est amoureux et qui illumine sa vie depuis cinq ans...

Faut-il vraiment agir ainsi pour croire qu'on parle au nom de Jésus-Christ? Quel message donne-t-on quand on dit aux chrétiens de choisir entre l'amour et leur foi? C'est lamentable...

Non, pour moi, il n'y a pas de doute: on est en plein malentendu. Manifestement, quand je dis que je suis Catholique, je ne dis pas la même chose qu'un certain nombre d'autres. Quant à savoir si je dis la même chose que ce que dit le pape...

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lundi 12 mars 2007

397. Croire au-delà de la rancune

Il y a deux moments forts, je trouve, dans le pontificat de Jean-Paul II: la rencontre inter-religieuse d'Assise (le 27 octobre 1986), mais surtout la demande de pardon pour les fautes commises au nom de l'Église, le 12 mars 2000, à l'occasion du Jubilé de l'Année Sainte.

Deux actes très personnels du pape (il y a mis tout le poids de son prestige et de son autorité), mais aussi deux des choses qui lui ont été le plus reprochées par les conservateurs dans l'Église (avec aussi sa lenteur à punir les mauvais). Il se dit, d'ailleurs, que le cardinal Ratzinger n'a pas toujours compris intellectuellement la démarche du pape, même s'il l'a soutenue dans la foi et la fidélité.

Pourtant, selon moi, c'est un pas en avant très évangélique dans la manière de comprendre ce qu'est l'Église. Pour résumer la pensée de Jean-Paul II: sans préjuger de la responsabilité de chacun, ni du regard de Dieu qui seul connaît le coeur de chacun, nous sommes tous ensemble responsables du mal fait au nom de notre Église,... et moi, le pape, le premier.

Et donc, moi qui suis le pape, dit-il, aujourd'hui devant tous je demande pardon mais aussi je pardonne tout le mal qu'on nous a fait. Pas de rancune vis-à-vis des autres, mais aussi pas d'arrogance dans le fait de croire que nous avons toujours eu raison.

Dès lors, je trouve qu'un tas de couplets de la propagande habituelle se dégonflent complètement...

L'Église est sainte et composée de pécheurs? Une pensée dépassée puisque l'Église demande pardon. Fini le temps où il suffisait de dire: les Chrétiens sont pécheurs (même les papes) mais l'Église est sainte.

Tout ce que l'Église a fait était toujours en conformité avec la volonté du Christ? Ce n'est pas ce que Jean-Paul II a affirmé à genoux au pied de la croix en demandant pardon. Finies toutes les gesticulations pour justifier l'injustifiable.

Le pape ne se trompe jamais? Une notion dépassée, puisqu'un pape demande pardon pour les fautes qu'il aurait pu commettre. Plus besoin que des théologiens dépensent des énergies intellectuelles considérables à justifier des erreurs du passé.

On est catholique quand et seulement si l'on est d'accord avec le pape actuel? Ce n'est pas exact, puisque la demande de pardon du pape se base sur tout ce que des chrétiens ont répété pendant des siècles: ce que nous avons fait ici ou là ou dans telle circonstance était mal. D'ailleurs, il est de notoriété publique que Jean-Paul II tolérait beaucoup de différence d'opinion avec lui, du moment qu'on reconnaissait son autorité en tant que pape.

Ceux qui disent du mal de l'Église ne peuvent qu'être ses ennemis? Pas toujours, puisque le pape lui-même accepte des reproches qu'on a pu lui faire. C'est comme ceux qui ne supportent pas qu'on dise du mal de ceux qu'ils aiment. Un jour, il faut bien qu'ils grandissent.

Du coup, des cathogay comme moi s'en trouvent justifiés dans leur attitude : ce n'est pas "mal" ou "péché" de dire aux hiérarques de l'Église qu'ils se trompent, notamment dans le traitement des minorités sexuelles. En fait, je ne fais qu'anticiper sur la prochaine demande de pardon d'un prochain pape, lors d'un prochain Jubilé. Plus encore, nous la rendons possible. Nous la rendons plus proche dans l'avenir.

Et surtout : nous en vivons déjà par anticipation. Nous vivons déjà aujourd'hui comme si ce prochain pape avait déjà franchit le pas.

Pour ceux qui comprennent le terme, ça s'appelle "vivre dans l'espérance". Et espérer, ce n'est pas avoir l'évidence de ce qu'on espère, mais plutôt le contraire.

D'un autre côté, cette fois en paraphrasant James Alison, il est bon de vivre en n'ayant aucune rancune vis-à-vis des responsables de l'Église. Les homo catholiques n'ont rien à gagner à mijoter dans le ressentiment ou le souvenir du mal qu'on leur a fait (ou qu'on leur fait). Ces hiérarques ont un chemin à faire vers nous, et ça va leur prendre encore du temps.

Certes, on peut continuer à leur faire des reproches (en particulier parce que c'est une question de justice). Mais pas de rancune, ni de ressentiment. C'est d'ailleurs le titre de l'avant-dernier livre (que je vous recommande) de James Alison : Faith Beyond Resentment. En attendant que les éditions du papa de Bambi veuillent bien le traduire... Et un petit coucou du côté d'Ichtus...

Comme l'écrit James Alison, c'est à l'Église de faire un pas vers nous, les minorités sexuelles. Pour notre part, c'est déjà assez de ne pas lui garder de rancune (malgré tous les reproches qu'on peut lui faire).

Enfin, je ne serais pas surpris que ce geste prophétique de Jean-Paul II, un 12 mars, ne passe totalement aux oubliettes pour quelques temps. Manifestement, ce n'est pas l'air du temps. Il n'y a évidemment pas une trace de cet anniversaire nulle part dans la presse catholique. Tout juste une mention au fait que la cause de canonisation de JP2 avance.

M'en tape. Moi, je lui dit merci. Et bravo.

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samedi 10 mars 2007

396. Le temps qui passe

Il y a un an, à la même époque, je disais tout le mal que je pensais de l'attitude de l'archevêque de Boston (devenu entretemps cardinal) et de la fermeture de l'agence catholique d'adoption plutôt de d'y accepter des couples homo candidats à devenir parents. En me relisant, je ne retire pas un mot de ce que je pensais à l'époque...

Plus encore, je continue à bénir les parents homo qui décident d'offrir leur vie à élever des enfants qui ne sont pas biologiquement les leurs et que la vie a blessé. Bravo à eux, et que Dieu les bénisse.

Toujours à la même époque, j'attendais (comme vous tous) les résultats des Oscars pour savoir comment allait se comporter le film Brokeback Mountain. En me relisant, je repense à une discussion que j'ai eue avec mon Stéphanois préféré sur les discours de son (crétin de) confesseur. Voici ce que je citais comme réaction outragée d'un prêtre australien:

"N'allez pas voir ce film, dit-il. Il ne présente que les bons côtés du fait d'être gay et il pourrait diffuser l'homosexualité auprès de la jeunesse. Il faudrait au contraire que chacun sache que le choix du mode de vie homosexuel ne peut mener qu'à la désillusion. Les homosexuels sont des gens malheureux car ils ne pourront jamais éviter qu'une majorité de la société soit contre leur choix. Sans parler du fait que le nombre de partenaires qu'ils pourraient rencontrer est beaucoup plus réduit que dans le cas des hétéro. De plus, les homo ne pourront jamais avoir d'enfants. Le film Brokeback Mountain est une glorification de l'homosexualité et pourrait être utilisé pour recruter des jeunes à choisir ce style de vie destructeur. Il faudrait que les homo se rendent compte à quel point les relations présentées dans ce film sont contraires au plan de Dieu pour l'humanité."

C'est fou comme rien ne change sur un an...

Stop, j'arrête. Si je commence à me relire à un an de distance, c'est vraiment grave!!!

Posté par cathogay à 16:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

395. Il était une fois

Ma vie est loin d'être un conte de fées. Je dirais même que, depuis janvier, je n'ai pratiquement pas eu un jour tranquille... sauf les jours où j'ai été malade ou bien les jours où je suis parti de Bruxelles. Heureusement, il y a quelques beaux soleils pour illuminer l'ensemble.

Je devrais aussi m'offrir un nouvel ordi, vu que celui-ci vient de dépasser les cinq ans. Le temps d'attente entre deux pages ouèbe est presque aussi long que celui entre deux rames de métro. De plus, je ne sais pas ce que vous pensez de U-Blog, pour ceux qui l'utilisent, mais ça me déçoit un peu. D'un autre côté, l'idée d'émigrer totalement vers une autre station-service me fatigue rien qu'à imaginer les heures que ça va me prendre.

Alors, je me dis qu'il est temps de faire dans le léger et le pas vraiment sérieux. Et puisque je parlais de contes de fées, vous connaissez les Gay Fairy Tales? C'est un certain Peter Cashorali, qui a écrit aussi des choses très sérieuses sur la vie de couple entre hommes, qui a eu l'idée d'écrire ou de ré-écrire des contes de fées dont le personnage principal (un garçon) trouve le Prince Charmant ou bien, s'il était lui-même un prince, se retrouve Prince Charmé.

Et pourquoi pas? Car, après tout, le mot fairy en anglais a été souvent utilisé comme l'équivalent de notre tapette.

 

 

Je le redis: c'est d'une légèreté telle que ça donne une idée du vide inter-sidéral. Souvent d'ailleurs, ce sont des histoires courtes et beaucoup d'entre elles ont une version hétéro où il a suffit de remplacer les personnages féminins par de jeunes beaux garçons.

Néanmoins, comme sympathique lecture à faire à des plus jeunes qui se demandent ce que c'est que d'être homo, ce n'est pas mal dut tout.

Et, soyons honnêtes: est-ce que les homo, dans leur jeunesse, n'ont pas tous ou presque tous ré-écrit dans leur tête les histoires qu'on leur racontait en se mettant eux-même à la place de la pauvre bergère qui découvrer le Prince ou bien à la place de la pauvre princesse qui attend l'homme qui va la sauver?

Quand on sait l'importance des mythes, des légendes ou des contes pour construire une identité personnelle, j'aime bien l'idée d'avoir ainsi deux petits livres (parce que le premier livre de contes a été suivi d'un deuxième) qui en donnent la possibilité.

 

Alors, si vous êtes du genre pour qui la phrase Il était une fois vous fait passer dans un monde parallèle, Princes Charmés et Princes Radieux sont les livres qu'il vous faut.

 

 

 

Posté par cathogay à 10:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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