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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

vendredi 25 mai 2007

428. exister ou s'opposer

Je n'ai jamais cru que les évêques soient les porteurs de l'opinion majoritaire parmi les Catholiques. Au contraire, selon moi, ils sont les derniers à rejoindre un mouvement largement répandu chez les fidèles. En fait, j'ai souvent même l'impression que les évêques n'adopteront une positition majoritaire que lorsqu'ils seront sûrs d'être les derniers à affirmer le contraire. Les hiérarques sont probablement d'ailleurs intimement certains qu'ils ont à se sacrifier pour être à contre-courant et ramener l'église au milieu du village contre l'avis de la majorité. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas un signe qu'ils sont devenus minoritaires quand ils se mettent à rappeler tel ou tel point de doctrine.

C'est pourquoi, quand on publie une étude qui m'explique que, par exemple en Grande-Bretagne, une grande majorité des citoyens (plus de 80%) est pour la disparition de toute discrimination contre les homo, et que les leaders religieux (en particulier les cardinaux) qui ont furieusement lutté contre cette disparition ne représentent en fait qu'une minorité de gens, et bien je me dis: "pas de surprise".

Nos évêques ont été les derniers à accueillir les funérailles de suicidés avec compassion. Ils seront les derniers à traiter les divorcés remariés avec humanité. Ils ont été les derniers à protéger les victimes d'abus sexuels. En fait, je ne vois pas vraiment de grande avancée humaine dont ils ont été les fers de lance ces derniers siècles. Certes, des saints catholiques fameux ont été à l'avant-plan de la lutte contre la guerre, l'esclavage, la pauvreté, la dictature, le racisme, l'anti-sémitisme, le sexisme, etc. Mais il semble que la fonction de "prophète" dans l'Église ne soit plus associée à celle du "prêtre qui veut rester roi" (pour reprendre les trois "ordres" des baptisés). Je ferais juste une exception peut-être pour le communisme, et encore. Une petite exception pour des gens comme Helder Camara ou Oscar Romero, une toute petite minorité dans l'épiscopat.

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Résumé des résultats du sondage Stonewall UK



D'où la fureur (et je pèse mes mots) des évêques et du Vatican devant une association comme le Rainbow Sash Movement. Comme à chaque Pentecôte, les membres de cette association vont se présenter à la communion eucharistique en se présentant avec une étole arc-en-ciel en bandoulière, signe de leur homophilie (voir la photo). Et comme les années précédentes, beaucoup d'évêques américains et le cardinal Arinze à Rome ont déjà fait savoir qu'ils demandaient que les ministres eucharistiques refusent la communion à ceux qui porteront cette écharpe. L'intervention du cardinal Arinze montrant bien que le mouvement se répand d'année en année et que les évêques n'arrivent pas à l'endiguer.




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La fureur des évêques homophobes est d'autant plus grande que, très souvent, des membres de l'assistance partagent leur propre hostie avec ceux à qui on a publiquement refusé la communion. Une pratique supplémentaire de rébellion que les évêques n'arrivent pas à empêcher, à moins d'exclure encore plus de participants de la communion eucharistique. Comment pourraient-ils dire publiquement à une majorité de fidèles qu'ils ont tort d'être homophiles?

Je ne suis pas surpris de la réaction vaticane officielle: "comment accepterait-on que des fidèles se présentent à la communion avec des signes disant "je suis pour l'adultère" ou bien "je suis en faveur du vol"?", dit en substance le cardinal Arinze. Les porteurs d'écharpes arc-en-ciel manifestent leur entêtement à s'opposer à la morale de l'Église.

Ici encore, c'est on ne peut plus clair: pour la doctrine catholique officielle, les homosexuels n'existent pas. Il n'existe que la tentation homosexuelle, une tentation que chaque chrétien devrait combattre de toutes ses forces, comme les autres. Là où le cardinal Arinze dit que l'homosexualité est une affaire de morale, les homophiles parmi les fidèles redisent silencieusement qu'il s'agit d'abord d'une question de charité envers son prochain.

L'homosexualité n'est pas une affaire de morale, faut-il le rappeler. La morale, c'est pour les comportements, pour savoir s'ils sont bons ou mauvais. Accepter l'homosexualité, ce n'est pas cautionner une action que l'on croyait auparavant immorale, c'est tout simplement accepter que ces hommes et ces femmes existent, ni plus ni moins que les gauchers, que les roux ou que les noirs (pour ne citer que des catégories mises à mort ou réduites en esclavage dans le passé).

Et alors que les membres du Rainbow Sash Movement veulent rappeler (un jour de Pentecôte) que l'Esprit-Saint parle aussi aux homo chrétiens, la doctrine officielle ne voit que des hommes et des femmes luttant contre la tentation ou, pire, affirmant publiquement que cette tentation n'existe pas et qu'elle est même une bonne chose.

Que l'on cesse de dire que le discours du Vatican s'adresse aux homosexuels. Il ne les connaît pas, en fait. Ou, pour être exact, le Vatican sera le dernier a accepter l'existence des homosexuels.

En attendant, merci à ces homophiles qui sont des Braves et des Prophètes, ces hommes et ces femmes qui combattent de notre côté, au prix de l'exclusion de la communion eucharistique.

Posté par cathogay à 19:45 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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