samedi 26 mai 2007
429. je resterai debout
Dimanche dernier, en Caroline du Sud, ont eu lieu les funérailles de Sean Kennedy, un jeune gay de 20 ans (sur la photo). Une mort violente, puisqu'il a été frappé à la figure par un garçon de 18 ans qui, manifestement, voulait s'en prendre à des sales pédé à la sortie d'un bar de la ville où il participait à une fête avec d'autres jeunes. Hélas, le coup a propulsé Sean vers le sol où sa tête s'est fracassée. Il en est mort quelques heures plus tard.
Selon le système américain, on est responsable de la mort d'un homme et inculpé pour homicide même si l'on n'avait pas l'intention de la donner. Mais la question que les policiers se posent, c'est de qualifier ou non cet homicide en "hate crime" (crime haineux), ce qui aggraverait l'inculpation. Néanmoins, il semble clair pour le public que le jeune agresseur voulait excercer de la violence sur un homo et qu'il a pris le premier qui se présentait.
Ce qui m'a beaucoup
touché dans cette histoire, c'est que Sean était un poète, en plus d'un
garçon particulièrement enjoué et sympathique (comme le décrivent ses amis dans une vidéo sur cette page). Sa maman, Elke Parker (qui s'exprime ici dans une interview), a retrouvé un
poème intitulé de lui The Grin (un
sourire éclatant, par opposition à "smile" qui est le petit sourire
sans les dents). Un poème où il déclare toute sa foi et son espérance
de jeune homo. En voici le texte en anglais (je ne vais pas me risquer
à traduire de la poésie, tout de même):
I stand tall with all of my pride.
You hate.
You discriminate all who
are not like you.
Yes, your words do hurt.
But I stand in the end.
I'm
a strong person, bigger than you...
I'll be standing there with a grin.
The Grin, Sean Kennedy
Quelque chose du genre: Je me tiens
debout, grandi par toute ma fierté. Toi, tu hais. Tu mets à l'écart
tous ceux qui ne sont pas comme toi. Oui, tes mots blessent. Mais, à la
fin, j'aurai tenu bon. Je suis quelqu'un de fort, plus grand que toi.
Et je me tiendrai debout, là au milieu, avec un grand sourire.
Je connais quelques "garçons sensibles" qui ont certainement versé une larme en lisant ce poème. Et ils ont bien raison.
Car je suis plus que grandi de savoir qu'il y a dans le monde de jeunes
homo avec une telle espérance dans le coeur. Un monde avec des Sean
Kennedy est un monde magnifique, même s'il existe des gens pour nous
tuer ou nous agresser.
Que le Seigneur t'accueille dans sa demeure, Sean.
Et qu'il comble tes parents, tes frères et soeurs, tes amis,
de tout son amour.
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