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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

lundi 16 juillet 2007

449. hochepot du lundi

On vient de me faire parvenir cet extrait du Monde de jeudi dernier. Quelqu'un a lu ce livre ou sait de quoi il s'agit? La question de l'origine de l'homosexualité étant un point central, notamment dans la morale catholique, je me demande ce que vaut cette publication. Une chose est évidente: l'essentiel sur le sujet a été écrit en anglais et n'est traduit qu'avec parfois dix ans de retard en français. On peut se demander si les moralistes catholiques "dans la bonne ligne" ont eu accès à ces études. L'usage de termes comme "personnes à tendance homosexuelles" me fait au contraire penser qu'il n'y a pas encore eu de mise à jour scientifique sur le sujet.

Et même si officiellement le Vatican ne l'affirme pas, beaucoup de Catholiques (même parmi les évêques) pensent encore que l'homosexualité est contagieuse.

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La ville de Rome vient d'inaugurer mercredi un Largo Paolo Seganti, (on pourrait traduire "largo" par place ou square) du nom d'un homo de 39 ans sauvagement assassiné dans un parc en juillet 2005. Un très beau geste, je trouve. D'autant que la barbarie de cet assassinat avait choqué les esprits à Rome et dans toute l'Italie. L'ironie de l'histoire, c'est que "Paolo Seganti" est aussi le nom de l'acteur (très "décoratif") qui joue le rôle titre dans la série télé "Largo Winch", tirée de la série BD homonyme bien connue.

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Je lis régulièrement, comme par exemple ici à Liverpool, que des associations homo catholiques ne sont plus autorisées à tenir des réunions ou à célébrer dans des lieux catholiques.

Beaucoup de ces associations crient au scandale, mais je voudrais simplement rappeler que, depuis 1986, il est strictement interdit à toute institution catholique d'accepter dans ses murs la tenue d'une réunion ou d'une célébration qui pourraient publiquement mettre en cause la doctrine officielle catholique sur l'homosexualité. Ce qui m'étonne, c'est que cette règle ait été méconnue par beaucoup de paroisses, d'écoles ou d'universités catholiques (Dieu les bénisse). Et ceux d'entre vous qui participent à des groupes se réunissant dans de telles institutions devraient les remercier profusément pour l'espèce d'illégalité dans laquelles elles se placent par homophilie.

Néanmoins, il n'est pas étonnant que, vu le climat actuel, ce règlement de 1986 soit remis en vigeur. D'ailleurs, dans tous les domaines, la sévérité est à l'honneur et pas seulement dans le domaine de l'homosexualité. En fait, les "locaux" catholiques ne vont bientôt plus servir qu'à des groupes "garantis catholiques bon tein". Et je peux vous l'assurer: ça veut dire une acception à 100% de la doctrine officielle de l'Église, et pas 90 ou même 95%.

Dans le cas de Liverpool ou dans d'autres, on voit qu'il serait plus facile à un groupe bouddhiste d'utiliser des locaux paroissiaux catholiques qu'à un groupe d'homosexuels catholiques... Je n'ai rien contre l'hospitalité vis-à-vis des bouddhistes, bien sûr... Mais considérer qu'être en désaccord avec la doctrine officielle de l'Église sur l'homosexualité vous bannit de l'usage de "locaux" catholiques, je trouve ça un peu outrancier et, faut-il le dire, peu chrétien...

Qu'est-ce que ça va provoquer? Moi, je l'analyse comme ça: de plus en plus d'associations catholiques vont se croire obligées de faire dans la surenchère pour proclamer haut et fort qu'elles sont "totalement" catholique. Et donc, fini le sens de la nuance, fini la main tendue aux autres religions ou confessions chrétiennes, fini l'accueil des gens "à la marge"... On entre dans un temps d'affirmation identitaire total...

Or, je me trompe ou bien les sociologues ont démontré que l'affirmation identitaire forte n'est pas le signe d'une organisation forte mais au contraire d'une organisation en voie d'explosion?

Quand on a tellement besoin de ré-affirmer sans cesse son identité ou son appartenance à un groupe ou à une institution, il me semble que c'est un signe de faiblesse.

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vendredi 6 juillet 2007

448. détruire ton visage

La violence homophobe est un fait millénaire. Vous voulez parier qu'on a tapé sur des pédé pratiquement depuis les débuts de l'humanité? Car à part quelques cultures qui en ont fait des êtres semi-religieux, la tendance générale, c'est tout de même de les traiter en sous-humains. Ceci dit, je ne crois pas avoir lu trace de violence homophobe chez les animaux...

Par contre, que cette violence homophobe existe encore dans des sociétés comme les nôtres, j'avoue mon étonnement permanent. Tout comme d'ailleurs j'ai du mal à comprendre qu'il y ait des gens aujorud'hui pour adopter des attitudes racistes, sexistes ou anti-sémites. Souvent, je mets ça sur le compte de l'ignorance de l'Histoire, ou même tout simplement de l'ignorance de l'autre.

Mais je tiens aussi à ce que les faits soient connus: on ne parlera plus de la même manière des pédé le jour où les agressions homophobes seront plus souvent diffusées que dans les seuls média gay. J'en veux pour preuve l'opinion de cette avocate qui travaille chez SOS Homophobie, et qui est frappée par le « déploiement de violence » dans ce type d'affaires homophobes. « Régulièrement, la victime se fait tabasser le visage. Il y a comme une volonté de détruire l'identité de l'autre », s'indigne Caroline Mécary.

Les agresseurs de Bruno Wiel (sur la photo) s'étaient eux aussi acharnés sur son visage, comme vous pouvez le lire dans le même article. Il y a quelques jours, on a mis en examens ses trois agresseurs présumés, âgés de 20 et 22 ans. On se souvient que le 21 juillet 2006, Bruno Wiel, un homo de 28 ans, avait été retrouvé nu et le corps couvert d'ecchymoses à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Les trois agresseurs l'avaient enlevé la veille dans le quartier du Marais à Paris, dans le but de le voler, et se seraient ensuite déchaînés sur lui en raison de son homosexualité, avant de l'abandonner dans un parc. Bruno Wiel avait été plongée, durant un mois, dans un coma artificiel dont il est sorti. Mais les médecins réservent toujours leur pronostic.

bruno_weil

Et puis il y a l'histoire d'Alexis Frumin, retrouvé noyé le 16 juin près de Reims (dont je n'ai pas trouvé de photo). Âgé d'une vingtaine d'années, il avait été frappé et torturé chez lui avant d'être jeté à l'eau. Quatre jeunes gens, dont deux mineurs de 17 ans, ont reconnu les faits. Selon la procureure de Reims, ils «disent s'en être pris à ce jeune homme parce qu'il avait le teint basané et qui leur semblait un peu efféminé». Elle n'a cependant pas souhaité retenir les qualificatifs de crime raciste et homophobe car, selon elle, «ce n'est pas suffisamment avéré». On a tout de même appris que dans la journée du 9 juin, ils auraient torturé leur «souffre-douleur» sur fond de musique et de chants nazis, dans l'appartement de la jeune femme qui hébergeait la victime. Ils auraient ensuite emmené Alexis Frumin dans un parc, pour lui faire subir à nouveau des violences, puis le jeter dans la rivière. Un meurtre qui n'est pas sans rappeler celui, en septembre 2002 dans la même ville, de François Chenu, homosexuel torturé et noyé par trois jeunes proches des mouvements skinheads (lire Têtu au 24 octobre 2002).

fran_ois_chenu

Je n'arrive pas à m'ôter de l'idée que, pour une violence majeure (comme ces agressions meurtrières), il y a aussi des centaines de petites agressions mineures. Des harcèlements, des coups, des menaces qui, le plus souvent, ne sont pas rapportées à la police. En partie par honte d'avouer qu'on est homo, en partie parce que la police est débordée de travail, en partie parce que l'idée d'une enquête qui obligerait à se retrouver devant son agresseur est insupportable. Le témoignage que je rapportais il y a deux ans d'un de nos pédéblogueurs favoris est en cela encore largement d'actualité.

Mais surtout, c'est la conscience de ses "martyrs" qui construit une communauté, me semble-t-il. Il y a des noms dont il faudrait se souvenir régulièrement, les redire comme on redit une liste de martyrs. Comme ces vétérans qui empêchent qu'on oublie les morts de guerres passées en lisant publiquement des listes de disparus. Car, de fait, si plus personne n'est là pour lire ces noms, alors la violence va revenir.

Un exemple: pour se souvenir de Jody Dobrowsky, batty à mort l'an dernier, sa maman et une série d'homophiles ont planté un petit jardin fleuri à Epsom. Je trouve que c'est très approprié. Pour en voir la vidéo, cliquez ici.

dobrowsky_planting

J'ai également lu quelque part que Reims prévoyait de baptiser une rue du nom de François Chenu. Une autre belle initiative.

C'est l'oubli des violences homophobes passées qui les rend possibles aujourd'hui. Chacun de nos morts devrait provoquer un hurlement collectif à la face du Ciel. Notre indignation pour chaque visage tabassé devrait retentir longuement dans les couloirs des assemblées publiques, sous les voûtes des églises, dans les rues.

Les monuments à nos morts devraient remplir les villes. Les lieux où ils ont été torturé et massacrés devraient être marqués de croix. Leurs visages devraient être publiés chaque fois que quelqu'un écrit des propos homophobes. Plus que les mots, ces visages sont nos meilleurs arguments. Si vous saviez le mal que j'ai eu à trouvé quelques photos de ceux dont je vous ai parlé plus haut!

En fait, tant que les victimes ne crient pas et ne hurlent pas très fort, pourquoi l'agresseur s'arrêterait-il de frapper? Pourquoi les autres viendraient-ils à son aide?

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mercredi 4 juillet 2007

447. ce drôle de petit col blanc

Si vous n'écoutez rien en ce moment,
un petit conseil musical (cliquez ci-dessous):

Steve Nieve "Welcome To The Voice"


cover




Les évêques catholiques américains ont enfin compris que, pour défendre l'idéal de la famille, il y avait plus urgent à faire que de mener campagne contre le mariage gay. Ces derniers mois, on ne voyait pratiquement un évêque à la télé que pour interdire, fustiger, menacer, condamner, et en particulier sur le mariage homo. Ce qui faisait grincer des dents à beaucoup: comment ces types avec leur drôle de petit col blanc osent-ils nous dire quoi faire de notre sexualité alors qu'ils ont été aussi minables dans la gestion de leurs pédophiles? Il est clair que ce n'est le moment d'être en col dit romain et de parler sexualité en public, et pas seulement aux États-Unis mais dans de nombreux pays où il y a eu des scandales de prêtres violeurs (d'enfants, d'adolescents ou d'adultes).

Sans parler du fait qu'un groupe de sexagénaires célibataires depuis leur jeunesse et ayant toujours vécu le cul dans le beurre vienne dire aux gens jour après jour comment ils doivent mener leur sexualité, ça semble à tout le moins friser l'incompétence, sinon l'absurdité.

Heureusement, les évêques ont changé leur tactique médiatique avec la campagne: Qu'avez-vous fait pour soutenir votre mariage? ("What have you done for your marriage today?") Une campagne qui rappelle, très justement, que ce sont les mille petites choses de la vie de tous les jours qui soutiennent un couple marié, en particulier après de nombreuses années de vie commune. Pour ceux qui le désirent, un site web est disponible à l'adresse For Your Marriage.

C'est clair qu'en lisant ce site web, vous ne verrez pas une ligne pour aider les couples homo à progresser. Mais, franchement, la plupart des choses qui sont dites pour les couples hétéro valent aussi pour les couples homo. Et c'est là qu'on voit l'ignorance de ceux qui combattent le mariage homo comme insultant ou mettant en danger l'institution du mariage.

Plus largement, au lieu de diaboliser le prétendu lobby gay, les évêques américains se sont rendus compte qu'il était temps de mettre leurs énergies (leurs finances et leur puissance médiatique) à promouvoir ce en quoi ils croient au lieu de toujours pointer du doigt sur les "sales ennemis responsables de tous nos malheurs".

Ils ont même insisté, les évêques, pour dire que cette campagne était d'abord une initiative de laïcs et de couples qui ont été largement moteurs, et pas seulement consultants. Encore heureux: si ce sont des écclésiastiques qui doivent expliquer aux gens mariés les petits gestes quotidiens pour faire fleurir un couple, bonjour les dégâts.

Il faut dire qu'avec la diminution dramatique du nombre de mariage dans la société civile, l'explosion du nombre de couples non-mariés (et n'ayant pas l'intention de l'être) et le nombre de divorce qui dépasse la moitié de celui des mariages, l'avenir même de l'Église Catholique américaine se joue sur la prochaine génération. Car, comme le dit le porte-parole des évêques qui présentait cette campagne, la plupart des Catholiques actuels ont découvert la foi durant leur enfance. Et si les parents n'amènent plus leurs enfants dans les églises, celles-ci devront fermer. On a "fait semblant" pendant un certain temps avec l'afflux d'immigrés récents (noirs haïtiens, mexicains et autres latino, philippins) mais il faut se rendre à l'évidence: leurs familles prennent le même chemin désastreux que les "purs-blancs".

Et j'aimerais lui répondre, à ce bon monsieur: et pourquoi refusez-vous l'aide des homo dans la promotion des valeurs familiales, et en particulier dans la promotion du mariage? Au lieu de ça, on va s'unir à des mouvements christianistes dont les valeurs familiales sont jurassiques et la vision de la femme à la limite  sexiste.

Ainsi, l'Espagne, qui vient de vivre une splendide EuroPride, et qui est l'un des rares pays à traiter à égalité mariage hétéro et mariage homo, a connu des milliers de mariage gay. Au lieu de se lancer dans des diatribes hystériques (comparant les homophiles aux nazi, ce qui est un comble pour d'anciens franquistes), les évêques espagnols auraient mieux fait de saluer le "coup de chapeau" que les revendications homo représentent pour l'institution du mariage qu'ils veulent promouvoir.

Ceci étant dit, autant je salue l'initiative médiatique des évêques américains, autant (en allant visiter le site en question), je trouve qu'ils restent à un niveau très "schtroumph à lunettes", sentencieux et plutôt paternaliste. En gros le toujours permanent "faites ceci, ne faites pas ça, attention à ça". On reste encore dans une présentation du mariage sur le modèle de la belle "vitrine". Tout est tellement raisonnable, pépère et bourgeois. On voudrait un peu plus d'aventure, de feu, de passion.

Rendez-nous les grandes histoires d'amour qui font les magnifiques mariages!

Posté par cathogay à 09:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 3 juillet 2007

446. la peste et le choléra

Si vous n'écoutez rien en ce moment,
un petit conseil musical (cliquez ci-dessous):

Handel "Il Trionfo Del Tempo E Del Disinganno - Haim (Sonia Prina)"


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Merci de vos prières. Le Seigneur nous écoute quand nous crions vers lui. Et j'ai décidé que, même si je crains le pire pour lundi prochain (et je vous assure que j'ai de l'imagination), je ne vais pas me laisser abattre. Comme disait l'autre, "on s'inquiètera de trouver un pont quand on arrivera à la rivière". N'empêche, je m'étonne toujours de la capacité du milieu catholique à traiter ses propres gens avec cruauté, bien sûr avec les intentions les plus pures et les plus sublimes. Comme disait le cardinal de Lubac: "avec des amis comme ça, on n'a plus besoin d'ennemis". Donc, d'ici lundi, continuez à faire jouer tout le crédit céleste dont vous jouissez.

Dans la catégorie "où l'homophobie va encore se nicher", il y a toute une liste de pseudo recherches scientifiques, des articles diffusés par des charlatans homophobes afin d'influencer leurs Églises mais aussi les hommes politiques qui doivent décider de l'allocation de fonds publics. Il se fait que, par hasard, j'ai trouvé un résumé de ces allégations. Je n'aime pas l'idée de fournir un lien vers ces sites (ça fait monter leurs compteurs), mais il me semble que c'est aussi l'occasion de leur laisser un commentaire "bien senti".

Tout d'abord, on apprend que l'homosexualité fait plus de morts que le tabac. Ben voyons. Et donc, disent ces "chercheurs", il faut que le législateur consacre au moins autant (sinon plus) d'argent à financer des campagnes pour s'opposer au "style de vie homosexuel" qu'il n'en dépense contre le tabagisme.

Je lis clairement dans l'article que tous ces risques de plus grande mortalité viennent du fait que ces homo sont tous des enculés. Une question que j'ai traitée de façon définitive (comme on dit chez certains théologiens) dans un article intitulé Marre de l'Enculé.

Ceci dit, je ne serais pas surpris (s'il y avait une étude sérieusement faite) que l'on montre que les minorités sexuelles ont une mortalité importante (et peut-être plus que les fumeurs, qui sait, je ne l'exclus pas). Mais cette mortalité vient de la violence à leur égard ou de leur suicide, de leur haine de soi. Pas de leur identité.

C'est un peu comme les études qui prouvent qu'être Noir est plus mortel qu'être Blanc. Et donc, à vous de choisir, devenez Blanc...

Ensuite, le mythe que les homo ont plus d'argent à dépenser est totalement faux... vu qu'ils vivent moins longtemps. Donc, toujours selon l'article, les villes ou les quartiers qui ont accueilli les homo à bras ouverts vont tout droit à la déception financière et immobilière. Ben voyons. Et donc chassez les pédé de vos quartiers parce qu'ils vont faire diminuer la moyenne des revenus par habitant et faire baisser la valeur des immeubles. Là encore, une étude sérieuse pourrait, de fait, montrer que les homo ne sont pas plus riches que les autres, si l'on comparait l'échantillon avec des couples hétéro sans enfants et des célibataires hétéro. Mais il faudrait encore trouver un échatillon homo suffisamment représentatif pour tenir une statistique.

Autre affirmation: la promotion des pseudo droits homosexuels entraîne à faire la promotion d'une mortalité plus hâtive. Ben voyons. Si choisir d'être pédé vous fait mourir plus jeune, forcément plus il y aura d'homo et plus il y aura plus de morts jeunes. L'idée que les minorités sexuelles sont statistiquement une population stable (et donc "naturelle") est forcément une impossibilité, n'est-ce pas. Il y a plus de pédé puisqu'on en voit plus. Le placard n'existe pas, n'est-ce pas, sauf que c'est là que les homo devraient retourner.

Une autre bien bonne: les législateurs devraient permettre aux compagnies d'assurance de faire payer des primes plus élevées aux homo... puisqu'ils présentent des risques plus grands de mourir ou d'attrapper des maladies graves. Ben voyons. Et si vous êtes homo, Afro-américain et fumeur, il n'y aura aucune chance que vous trouviez un assureur.

Une à qui j'accorde le pompon: si l'on a vraiment à coeur la santé et le bonheur des homo, il faudrait diminuer leurs droits au lieu de les augmenter. Là, je dis que c'est l'un des morceaux les plus juteux dans la panoplie homophobe. D'ailleurs souvent utilisé dans le monde religieux. Le style: c'est pour ton bien, mon fils, tu me hais maintenant mais moi je t'aime et tu me remercieras plus tard, tu verras.

Et de conclure l'article de façon brillante (c'est moi qui traduit): Les gens ont bien sûr le droit de vivre comme ils veulent, pourvu qu'ils ne mettent personne en danger (encore heureux, dis-je). Ils peuvent bouffer de la viande jusqu'à exploser, s'ils veulent. Ou fumer du tabac jusqu'à en crever. Mais l'argent du contribuable ne doit pas servir à encourager ces choix mortels. Notre foi dans les droits de l'homme (ben voyons) ne nous autorise pas à nous retrancher derrière le mur de l'ignorance quand il s'agit de connaître les effets désastreux de ces choix de vie.

En gros, libre aux homo de choisir la peste ou le choléra, mais c'est notre rôle (à nous les Chrétiens croyants et responsables) de rappeler la conséquence de ces choix et surtout de dire que "c'est bien fait" le jour où ils en crèvent.

Je ne minimise pas des articles comme celui-là parce qu'il représente un "glissement dans l'homophobie". Ce que j'ai déjà appelé "l'homophobie light", très présente par exemple au sommet de l'Église Catholique: "nous disons toutes ces choses pour votre bien, parce que vous ne voyez pas à quel point le choix de l'homosexualité est mauvais pour vous, c'est mal".

Et j'ai en tête l'un ou l'autre homosexuel catholique qui y croit, qui est persuadé que le fait qu'il soit malheureux ou déprimé provient de son homosexualité, alors que cela provient du traitement des minorités sexuelles par les sociétés et les Églises. Il n'y a rien de plus affreux que de voir des homo catholiques qui détestent ce qu'ils sont alors qu'ils pourraient y voir un don magnifique que Dieu leur a fait.

Ces "résumés" pseudo scientifiques circulent de plus en plus dans le monde anglophone, et on les voit apparaître dans tous les parlements ou les tribunaux où il est question de droits des minorités sexuelles. Ce sont aussi des "argumentaires" que j'ai vu utilisés par des groupes de jeunes "évangélisateurs". Je ne serais d'ailleurs pas étonné de le voir bientôt apparaître dans "nos" groupements catholiques spécialisés dans les missions de rue ou d'évangélisation "à la sauvette", comme on l'a vu dans des communautés protestantes d'orientation "évangélique". On a vu des meutes entières de ces évangélisateurs en herbe lors de grands congrès comme Paris-Toussaint 2004, Lisbonne-Toussaint 2005 et Bruxelles-Toussaint 2006. Et je vous parie que ces "argumentaires" vont aussi être diffusés à Budapest à l'automne prochain.

Par contre, je ne connais pas de "contre-argumentaire" en français sur le même sujet. On commence certes à en voir pour les questions bibliques ou exégétiques, c'est vrai. Mais une réponse à ces arguments pseudo scientifiques manque, d'après moi, dans le monde francophone. Si vous m'en fournissez un, je vous récompenserai comme vous le méritez.

Enfin, selon moi, il n'y a qu'une manière de combattre ces conneries et ce blabla de charlatans: la visibilité de notre bonheur. C'est le réel qui combat les préjugés, pas les contre-arguments. Que l'on sache et que l'on voit qu'il y a des homo heureux d'aimer, de vivre en couples et en familles, heureux de leurs amitiés. Que l'on sache que tous les parents ne sont pas malheureux d'avoir des enfants homo, et beaucoup sont fiers d'eux.

Et dans le monde catholique: que l'on sache qu'il y a des homosexuels catholiques, heureux de ces deux parts de leur vie, réconciliés et sereins dans leur sexualité et leur foi.

 

Posté par cathogay à 11:05 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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