jeudi 27 septembre 2007
462. ces hommes qui osent défiler
Je ne suis pas un grand fan des concours genre "miss monde", y compris quand il s'agit de beaux jeunes gens. D'une part, soyons honnête, je n'ai jamais été proche du milieu des clubbards, des facheune victimes, et super beaux bibelots. Avec mon physique et mon profil intellectuel ou spirituel, j'ai peu de chose en commun avec ce milieu. D'ailleurs, cela aurait été tout vrai si j'étais hétéro.
Néanmoins toujours au rayon de l'honnêteté, j'admets avoir regardé les photos sur certains sites qui déploient les splendeurs des compétiteurs des differents "mister gay" de la planète. De vrais bonbons pour les yeux, comme disent nos amis anglophones.
Mais quelqu'un a récemment attiré mon attention sur le fait que, dans certains pays (notamment musulmans), c'était un fameux acte de rébellion sociale de participer, comme spectateur et surtout comme candidat, à ces concours.
Je vous écrivais hier que le président de l'Iran nie qu'il y a des homo dans son pays. Je vais être un peu cru: pour lui, il n'y a que des enculeurs et (horreur) des enculés, juste des hommes qui ont des goûts sexuels curieux. Des goûts très valorisants quand on est un enculeur et absolument humiliants quand est un enculé. Mais pas de gay, dit-le président, personne qui revendique une identité homosexuelle. Les homosexuels, c'est une invention occidentale, le signe de la dépravation et de la décadence de ces pays.
Or, pourrait-on lui rétorquer, il y a bien eu des concours "mister Gay" dans les pays musulmans, dont l'Iran, ces dernières années. Alors, aujourd'hui, je veux leur rendre hommage. Car il faut être assez couillu pour se faire connaître comme "mister Gay Iran" ou "mister Gay Syria"... Dans certains pays, le simple fait de défiler dans ces compétitions de beauté peut conduire à la prison. D'ailleurs, il arrive souvent que ces concours se déroulent à l'étranger, aux USA ou en Europe, pour des raisons de sécurité.
C'est que dans des pays comme ça qu'il faut littéralement du courage pour se poser en "folle" ou en "mister Gay". Dans nos pays, non seulement il y a peu ou pas de danger, mais dans certains cas c'est même un effet de mode qui n'est qu'un autre tremplin vers la célébrité, une autre forme d'ambition et de vanité. Par exemple, un "mister Gay" peut utiliser ce titre dans son CV de "top model".

En haut à gauche: Mr. Gay Iran 2006,
en bas à gauche: Mr. Gay Syria 2007,
et à droite: Mr. Gay Morocco 2007
mercredi 26 septembre 2007
461. absence de phénomène
C'est drôle, tout de même, que le président iranien déclare qu'il n'existe pas d'homo dans son pays. Alors qu'on en pend régulièrement... S'il n'y a pas d'homo iranien, alors ça voudrait dire que tous ceux qu'on a exécuté sous le motif d'homosexualité étaient innocents de ce grave crime! Il faudrait donc réhabiliter d'urgence leur mémoire et punir les incompétents qui les ont jugés et pendus.
À commencer par deux adolescents, Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni qui furent les premiers (en juillet 2005) à attirer l'attention de la presse internationale. Il faut tout de même se souvenir qu'avant leur exécution, ils ont été torturés en prison et qu'ils ont reçu un total de 228 coups de fouet. C'est tout de même curieux, me dis-je, dans un pays dont j'apprend qu'il ne comporte pas d'homo...
Ou alors, le président iranien veut dire qu'il n'y a, en fait, plus d'homo en Iran justement parce qu'ils ont tous été exécutés. Mais s'il croit que quelques centaines d'exécutions ont suffi pour éradiquer tous les homo persan, il sous-estime la capacité séculaire des minorités sexuelles à s'en-placarder très profondément.
Non, il y a toujours eu des homo. Il y en aura toujours, même quand les pires homophobes seront morts. Et le nombre de ces homo qu'ils auront assassinés n'y changera rien.
L'assemblée étudiante à laquelle il s'adressait a éclaté de rire en l'entendant nier l'existence de l'homosexualité dans son pays. Au moins, voilà une bonne nouvelle: ce rire est probablement la meilleure réponse qu'il fallait lui donner.
Bon, je le sais, l'homophobie du président iranien n'est probablement que le moindre de ses défauts, quand on connaît son anti-sémitisme (doublé de négationisme), son sexisme et, plus globalement, son fanatisme religieux. Donc, je l'admets, les homo ne sont pas "plus visés" que d'autres groupes.
Néanmoins, sans diminuer ma solidarité avec toutes les victimes de ces persécutions, je pense aux "miens" et je frémis de savoir qu'au 21ème siècle, le dirigeant d'un pays aussi puissant a le cran de dire en public, dans des universités américaines, des choses aussi énormes et qu'il nie complètement l'existence des homo. Pour lui, ce n'est qu'un "phénomène" et son pays en est simplement exempt.
Et plus particulièrement, mon coeur saigne pour ces centaines de milliers d'homo iraniens, et plus généralement les homo de tout le monde musulman... Alors que je me plains souvent que la hiérarchie catholique est plutôt homophobe, il me bon que je me souvienne que la "rue" dans le monde musulman peut parfois lyncher un jeune tous simplement parce qu'il est soupçonné d'être homo.
Il se fait qu'en ce moment, c'est le Ramadan. Que tous les musulmans homo du monde trouvent dans leur foi un soutien et une force. Ramadan Karîm!
mardi 25 septembre 2007
460. plaisir du ballon rond
Je fais partie de ces "garçons sensibles" qui a vécu dans un milieu où le football était roi, dieu et dictateur. Le souvenir de soirées interminables à m'ennuyer devant la télé à regarder le foot, à écouter (sans comprendre) des copains et les mâles de ma famille parler pendant des heures (et je pèse mes mots) des rencontres du week-end passé. Humiliation de n'être jamais choisi (ou choisi le dernier) pour jouer au foot avec le autres enfants ou adolescents, de jouer comme si j'avais deux pieds gauches et bien sûr de ne pas avoir empêché l'attaquant de l'autre équipe de mettre le but décisif dans les filets devant lesquels j'avais patrouillé comme un crétin. Et je ne vous parle pas du froid, de la pluie, du fait que je me suis ramassé des coups,...
Rien que de l'écrire, c'est clair: je déteste le foot.
L'un de mes plus grands bonheur en arrivant à l'âge adulte, c'est que je suis devenu capable de refuser de jouer au foot, de regarder du foot et même de parler foot. Je n'ai plus regardé un match de foot à la télé depuis 25 ans. C'est bien simple, j'étais à Berlin l'été dernier, début juillet, en remarquant à peine qu'il y avait le Mondial en Allemagne.
Sans risquer de me tromper beaucoup, je crois ne pas être le seul. Le foot a une réputation affreuse chez les homo. D'ailleurs, quand un garçon me dit qu'il déteste le foot, je le soupçonne toujours d'être pédé. Et 8 fois sur 10, je vois juste. Bon, allez, 6 fois sur 10.
Curieusement, j'ai goûté une forme de revanche pendant mon séjour aux États-Unis où le foot (le soccer) est considéré comme un sport "de filles et de tapettes" par les tenants du football américain. Alors que j'avais passé des décennies à croire qu'il s'agissait du sport mâle par excellence...
Attention, comprenons-nous bien: je pourrais regarder certains footballeurs pendant des heures, du moment qu'on ne me demande pas de comprendre quoi que ce soit à ce qu'ils font. Je pourrais également passer des heures dans les vestiaires. Et, selon moi, certains des plus beaux hommes au monde sont des footballeurs, à commencer par ce cher Cristiano Ronaldo, la perle de Madère. Vous n'avez qu'à googler son nom pour trouver toutes les preuves de ce que j'avance.
C'est donc avec la plus totale bonne humeur que je salue la tenue du championnat du monde du football gay, qui vient de s'ouvrir à Buenos Aires, une ville qui est en bonne voie pour devenir la capitale homo de l'Amérique Latine. Les autorités de la capitale argentine ont au début du
mois octroyé une carte de réduction pour les touristes gay qui
représenteraient 15% des visiteurs de Buenos Aires.
Pour ceux qui s'en souviennent, la précédente édition (la 9ème) du Mondial gay de football s'était tenue au Danemark, avec une victoire... de la sélection française, tiens donc.
Il y a 28 nations représentées et le slogan est on ne peut plus approprié: "le ballon est rond pour tout le monde". Une organisation de l'IGLFA (International Gay and Lesbian Football Association).
Que l'on ne s'y trompe pas: ces jeunes gens sont des homo qui prennent le foot très très sérieusement. D'ailleurs, d'après moi, les homo qui pratiquent un sport sont tout aussi incompréhensibles que leurs collègues hétéro, en particulier les footballeurs. Dans beaucoup de pays, les clubs "homo" de foot font partie des fédérations "normales", même si elles évoluent dans des divisions locales. De plus, je salue l'importance de cette présence pour changer les mentalités dans le milieu du sport. Parmi ces clubs gay de foot, signalons le Paris Foot Gay.
Donc, encore un préjugé qui tombe: les homo ne sont pas pire footballeurs que les autres, c'est juste qu'ils n'arrivent pas à se sentir à l'aise dans un milieu aussi homophobe que le foot.
On me dit pourtant qu'il fourmille de gay "placardisé", ce milieu du ballon rond. Je n'ai aucune peine à le croire, d'autant plus que c'est le cas de la plupart des sports à réputation "machiste". Si vous saviez ce que j'ai entendu sur le rugby...
En fait, je suis même persuadé que parmi les meilleurs sportifs ou footballeurs de tous les temps, il doit y avoir un certain nombre d'homo de l'ombre.
Tout comme la dernière fois qu'on a parlé de sport dans ce blogue, certain (je le sais) vont me dire qu'ils ne comprennent pas l'idée de faire du sport "entre homo". C'est leur droit. Malgré tout, je voulais aujourd'hui soutenir ces footballeurs homo et leur championnat du monde.
Disons que c'est une sorte de réconciliation avec mon enfance.
lundi 24 septembre 2007
459. les prix de l'année
Comment récompenser ou manifester de la gratitude aux homophiles et à ceux qui, parmi les homo, ont travaillé au bien commun? Je dis ça parce que, selon moi, la reconnaissance du bien que quelqu'un me fait ou fait à des gens que j'aime est une priorité, un choix de vie. En plus d'être une attitude suprêmement chrétienne, qui trouve son origine (selon les théologiens) dans l'attitude même du Fils par rapport à son Père... Mais je ne vais pas m'étendre là dessus...
J'ai eu l'attention attirée par un article qui présente la liste des nominés de l'association britannique Stonewall (qui oeuvre à la reconnaissance et à la promotion des droits des minorités sexuelles) pour différents prix annuels. Pour être exact, pas seulement des récompenses, puisqu'il y a aussi des nominés pour le titre de Bigot Of The Year.
Pour la petite histoire, j'ajoute que la remise des prix se déroule cette année le 1er novembre, dans les salles du formidable Musée des Arts Décoratifs (Victoria & Albert Museum, ou simplement le V&A), une soirée qui risque d'être pétillante dans un cadre que j'apprécie énormément (en particulier la salle des moulages). Bien sûr, c'est £100 l'entrée (+TVA), soit environ €150, mais c'est pour la bonne cause et le public que l'on risque de rencontrer est garanti absolument gratiné, une merveille dans le genre gratin. Mode, musique, cinéma,... que du très beau linge. On m'a d'ailleurs dit que...
Ne nous égarons pas!
Est-ce que quelqu'un peut me dire s'il y a l'équivalent en France, en Belgique ou ailleurs dans la Francophonie? Par contre, je n'ai pas trouvé trace d'un quelconque prix "cathogay" attribué à des homo ou des homophiles, que ce soit en français ou dans une autre langue. Et je ne dirai jamais assez à quel point je trouve ça dommage. Il y aurait chaque année une sorte de "Nobel" distribué par des cathogay, et je vous parie que l'on ferait beaucoup plus attention à eux.
Pour reprendre l'exemple britannique, il y a plusieurs catégories de nominés (outre le Bigot Of the Year, que l'on pourrait traduire par l'homophobe de l'année, parce que le terme a un sens moins religieux qu'en français). Tout d'abord, on s'en doute, le prix de la série télé qui a donné l'image la plus positive des minorités sexuelles. Cela me semble une évidence aujourd'hui que les producteurs télé jouent un rôle majeur dans la diffusion des idées, quelles qu'elles soient, en partie parce qu'ils donnent aux téléspectateurs ce qu'ils aimeraient voir.
J'aime bien voir nominé quelques épisodes de la série britishissime Doctor Who, mais je parie aussi sur les quatre fameuses Ménagères Prêtes À Tout.
Au titre de l'artiste de l'année, je choisirais Rufus Wainright, et pas que pour son charme (mais ça aide).
Le prix du politicien de l'année est, paraît-il, à la fois envié et craint. Je suppose parce que, pour beaucoup d'hommes ou de femmes politiques, le fait d'être proclamé publiquement comme "homophile" ne rapporte pas toujours le nombre d'électeurs qu'il faut. Contrairement à ce prétendent les cathobourgeois, ce n'est pas vrai que les candidats homophiles sont plus facilement élus que les homophobes. Sinon, c'est tout simple, il y en aurait plus et les parlements voteraient plus vite des textes en faveur des minorités sexuelles.
Toujours dans la liste de Stonewall UK, je soulignerai particulièrement le titre de Héros de l'Année, qui souligne la bravoure de certains homo ou homophiles pour faire reculer les préjugés concernant les minorités sexuelles.
Parmi les homophobes de l'année, signalons la présence de l'archevêque catholique de Birmingham, qui avait menacé (publiquement et en termes sans nuances) de fermer les institutions sociales, caritatives, artistiques catholiques si le gouverment leur imposait de "promouvoir l'homosexualité". De fait, encore un hiérarque qui démontre haut et fort qu'il a tout compris...
Parmi les homophobes catholiques épinglés, il y a aussi une certaine Patricia McKeever, de Catholic Truth (ben, voyons), une dame qui serait restée tout à fait obscure si elle ne menait campagne pour dé-placarder et publiquement humilier les prêtres et religieux homo (ou tout simplement homophiles), dans une très sainte croisade afin que le ver et la pourriture de l'homosexualité et de l'homophilie soit extirpée du clergé catholique. Une campagne tellement basse et veule que même les évêques catholiques lui ont demandé d'arrêter. Elle dispose d'une site web mais je me suis juré de ne jamais y mettre les pieds et même de ne jamais le renseigner.
Alors, pour terminer avec une proposition décente, je veux bien faire partie d'un jury cathogay (national ou international) qui présenterait ses propres nominés de l'année (je suggère à l'époque de la Toussaint, ou bien vers l'Annonciation, quand il est question de Gabriel annonçant la Bonne Nouvelle à Marie). Du moment que ça se termine par un dîner et une belle soirée, évidemment. Parce que si ça n'est pas gai, je vous le demande, pourquoi le faire?
Je signale encore que le V&A organise actuellement une superbe exposition "Haute Couture", avec des oeuvres avec des pièces de Dior, Givenchy et Balmain, et surtout du formidable Balenciaga. C'est jusqu'en janvier et je vais essayer d'y aller entre Noël et Nouvel An, à l'époque où j'y vais pour... les soldes.
samedi 22 septembre 2007
458. garçons hyper sensibles
Les études sur le racisme sont très utiles pour comprendre les mécanismes d'autres discriminations, comme le sexisme ou justement l'homophobie. Évidemment, on pourrait simplement attendre que les scientifiques étudient directement l'homophobie. Mais dans ce domaine, on n'en est même pas encore à récolter des données. Par contre, pour le racisme, on a derrière nous des décennies d'études, en particulier aux États-Unis, mais aussi en français.
Or, voici un article qui m'a inspiré: selon deux psychologues américains, les victimes du racisme (en l'occurrence, les Afro-Américains) ont développé, au fil du temps, une sensibilité extrême aux plus petites attaques, au "racisme subtil". En fait, cette forme diffuse et light du racisme leur fait plus mal, parce qu'ils n'arrivent pas toujours à la démontrer (on ne les croit pas quand ils la dénoncent) et donc la combattre. Alors qu'au contraire les Américains blancs ne réagissent qu'aux cas extrêmes de racisme, trouvant que leurs compatriotes afro-américains sont parfois "exagérément susceptibles" et qu'ils "réagissent pour un rien". J'avais déjà entendu des commentaires semblables sur les Juifs ou même sur les femmes. Je vous traduit un passage que je trouve particulièrement précis:
"Comme on peut le lire dans le numéro de septembre du magazine Psychological Science, les bénévoles noirs, qui ont été témoins de décisions d'embauche à la fois injustes mais aussi ambiguës, réussissent moins bien les tests [qui sont décrits dans l'article] parce qu'une partie de leur ressources mentales étaient utilisées à s'expliquer ces injustices. Le plus intéressant, c'est qu'au contraire, les volontaires blancs étaient beaucoup plus sensibles au racisme "majeur" plutôt qu'aux discriminations ambiguës.
Les deux auteurs, Salvatore et Shelton, l'expliquent par le fait que les Blancs font rarement l'expérience d'un racisme vis-à-vis d'eux; ils ne remarquent même pas les formes subtiles de racisme. Et au contraire, ils se retrouvent tout à fait déstabilisés par le racisme "majeur". On constate que beaucoup de Noirs, par contraste, sont beaucoup plus capables d'affronter le racisme "primaire", dans sa forme la plus haineuse; au contraire, c'est le racisme allusif, constant, vague, toujours un peu "limite", qui les affecte le plus."
Et bien, je comprends parfaitement de quoi il s'agit dans cet article et je vois exactement parce que c'est la même chose que j'éprouve vis-à-vis de l'homophobie "light". Les déclarations d'homophobes "primaires", comme vous en connaissez en France, cela ne me fait plus rien. C'est comme les blagues les plus lourdes sur les pédé: elles glissent sur moi sans m'affecter. Par contre, l'humour "coup bas" m'énerve au plus au point.
Je suis souvent très remonté contre l'homophobie light, en particulier dans le monde catholique. Quand, par exemple, on suppose incidemment que les homo, forcément, sont de pauvres malheureux qui ont une âme torturée et infantile. Tous de pauvres narcissiques, à qui on ne peut pas faire confiance parce qu'ils sont dominés par leur "anormalité". Qui ne trouvent une raison de vivre qu'à singer les hétéro, comme dans le mariage ou la parentalité.
Un exemple? Quand on veut discréditer un homo dans un groupe, certains hétéro font ce petit geste du poignet qui suggère qu'il s'agit d'une tapette. Mais sans le dire, bien entendu, parce qu'on ne veut pas apparaître homophobe. Quand quelqu'un a des positions homophiles et qu'on laisse entendre que, forcément, c'est parce qu'il doit être quelque part homo.
Alors que, comme chacun sait, n'est-ce pas, ce sont les homophobes sur lesquels il faudrait avoir des doutes... Bon, d'accord, j'exagère. C'était pour rire.
Ou quand on dit sur le mode le plus mielleux, que l'homosexualité est une anormalité mais que, jamais au grand jamais jamais, on ne dira des homo qu'ils sont des anormaux. Parce qu'on a trop de respect pour eux, n'est ce pas. Ceux qui n'ont pas reconnu un certain évêque belge,... et bien tant pis.
Ceci étant dit, il y a donc bien une "hyper sensibilité" des victimes que les non-victimes ne comprendront jamais et qu'ils trouveront toujours un peu exagérée ou même énervante. Pour moi, c'est ce qui explique que beaucoup d'homo ont du mal à avoir des amis hétéro, même quand il s'agit d'homophiles. Ou qu'on les entend dire "tu ne peux pas comprendre" à leurs amis hétéro qui minimisent parfois leur susceptibilité. Ou quand des hétéro chuchotent à propos de leur ami homo qu'il ne faut pas "parler de ce sujet-là devant lui, ça va encore l'énerver".
La même "hyper sensibilité" qui fait que, dès le plus jeune âge, les homo deviennent des experts du mensonge, du camouflage, de l'écran de fumée, de la clandestinité et de la double vie. Car "tout" plutôt que de faire directement l'objet de cette homophobie latente et permanente. Mieux vaut que "les autres" ne sachent jamais, même si c'est au prix d'un peut d'homophobie apparente. Mieux vaut le placard que la pleine lumière.
Comme je les comprends! Parce que, pour ce qui est des placards, je suis encore abonné à plusieurs...
La question de la "fierté" (la fameuse pride) n'est donc pas secondaire. Ou, pour reprendre le langage chrétien, celui de la louange et de l'action de grâce. Vivre dans la honte, c'est forcément donner de la puissance à la plus petite expression d'homophobie. Tant qu'on ne s'apprécie pas, la moindre ombre nous lane dans la plus totale obscurité. Je suis parfois un peu sévère pour les associations homo catholiques qui se limitent à vivre uniquement la "croix" sans avancer vers la louange. Il est urgent qu'il y ait une association cathogay qui dise haut et fort que Dieu nous aime et nous apprécie "chrétiens et gay". Qu'il a une magnifique mission pour chacun d'entre nous, un bonheur qu'il nous charge de trouver et d'inventer pour nous et pour les autres.
Car si nous vivions dans la louange, en remerciant Dieu chaque jour pour le don de notre sexualité, ces quelques petites expressions diffuses d'homophobie ne nous toucheraient pas autant.
Alors, marre du discours homophobe, notamment dans l'Église Catholique? Essayez la louange. Vivez comme si vous étiez déjà "dans le Royaume". Ou, pour le dire autrement: essayez la foi en Jésus Ressuscité qui a vaincu le mal, y compris la mort. Car tant que l'homophobie, même light, nous atteint, c'est que nous n'arrivons pas à croire que le Christ l'a déjà vaincue. Non pas "la vaincra un jour" (dans un futur plus ou moins proche) mais bien, j'insiste "l'a déjà vaincue" le jour de sa résurrection.
Et pour vous montrer ce que c'est qu'une véritable estime de soi, je vous laisse avec les membres de la très secrète société du Klan rose, parce que les membres sont tous des Noirs gay et juifs. C'est bien sûr de la dérision. Il faut qu'ils soient vraiment gonflés...
mercredi 19 septembre 2007
457. délicieux thésard
J'ai parfois eu la chance de tchatter avec Jean-François Breton, un doctorant homo qui réside à Québec (avec son fiancé) et qui prépare une thèse sur les Gay Catholiques (une "apparente contradiction", dit l'article. Vous trouverez ici une présentation de sa thèse et de l'évolution de ses travaux, sur le site de l'Université de Montréal. Bonne route, cher JFB, parce que je suis très désireux de savoir comment vont se poursuivre tes recherches.
Et tant qu'on parle de délicieux thésards, je vous signale un petit article qu'Ichtus75000 cite sur son blogue, un article du Monde qui fait le tour des études "gay et lesbiennes" et qui déplore que l'essentiel de la question soit traitée principalement en anglais et aux États-Unis. Ceci dit, ce qui me plairait d'abord, c'est justement que ce cher Ichtus avance bien dans sa propre thèse.
Pour le reste, l'actualité est assez calme en cette rentrée...
lundi 17 septembre 2007
456. sur la Brigade du Pouvoir Gay
Vous connaissez la nouvelle technique pour se faire élire quand on est de la bonne super-droite? Avant, on devait épouvanter le bon peuple avec les Sarrasins, les Cosaques, les Mongols et autres cavaliers qui trucidaient nos prêtres et violaient nos vierges. Plus tard, on a tablé plutôt sur le fameux "ennemi parmi nous", les "vipères en notre sein", comme par exemple les Juifs.
Plus récemment, il nous vient de la Très Catholique Pologne une nouvelle méthode: la "Brigade du Pouvoir Gay". Je dois dire que je serais mort de rire si, en 2005, ces "fausses bombes" n'avaient pas paralysé pendant des heures certaines grandes villes polonaises et favorisé l'élection d'un candidat de la droite "franche".
Voici l'article de News Gay qui parle de dégonflage de cette baudruche. Et pour votre confort, je vous copie-colle la dépêche ci-dessous. Mais même si je me réjouis de cette nouvelle, je trouve que deux ans c'est long à attendre pour qu'on dise officiellement que les homo n'ont rien à voir avec ces bombes. Tout ça me rappelle furieusement les menaces de mort proférées contre le nouveau président de l'épiscopat italien et qu'on a attribué bien vite aux gay.
Et puis, connaissant les foules, il y aura toujours quelqu'un pour dire: "pas de fumée sans feu". Une fois qu'on a commencé à propager la rumeur que des alertes à la bombe et la paralysie de plusieurs villes sont le fait de groupuscules extrémistes homo, ce n'est pas un jugement prononcé deux ans plus tard qui va l'arrêter.
Non, il n'y a rien à faire: si l'on fait de nous des boucs émissaires, ça sent trop fort le bûcher pour ne pas en être inquiet.
"La police polonaise a abandonné ses investigations au sujet des fausses
bombes découvertes dans quatre villes du pays, en 2005, quelque heures
avant l'élection présidentielle et revendiquées par une prétendue
"Brigade du pouvoir gay". L'hypothèse d'une manipulation s'en trouve
crédibilisée.
13 engins explosifs, "très sophistiqués" aux dires de la police,
avaient été retrouvés à Varsovie provoquant le chaos dans la ville. De
fausses bombes identiques avaient été découvertes dans des gares de
Gdansk, Gdynia et Sopot, suscitant la panique dans les rues.
Dans un "manifeste" adressé à la presse de Varsovie, sous forme de
message électronique de sept pages, une certaine "Brigade du pouvoir
gay" s'en prenait au maire homophobe de la capitale, Lech Kaczynski,
candidat de la droite conservatrice, qui se présentait à l'élection
présidentielle.
Kaczynski venait d'interdire la tenue de la Gay Pride, mais 2.500 personnes avaient néanmoins manifesté dans les rues.
"Vous paralysez notre vie, nous allons paralyser les vôtres", revendiquait notamment ce manifeste.
Ces alertes avaient en partie joué en faveur de l'élection de Kaczynski.
Pourtant, dès les premières recherches de la police, aucun indice n'est
apparu concernant l'existence effective d'une quelconque organisation
LGBT en relation avec ces fausses "bombes".
Les milieux libéraux et la communauté gay ont rapidement émis
l'hypothèse d'une manipulation de partisans de Kaczynski pour peser sur
l'élection en effrayant l'opinion publique.
Depuis, l'enquête n'a jamais crédibilisé la réalité d'un quelconque
poseur de "bombes gay". La photo floue de l'auteur prétendu du mail
ayant averti de la pose des engins n'a jamais permis une quelconque
identification. Et aucune arrestation n'a été faite par la police
malgré l'interrogatoire de dizaines de personnes, dont le milieu LGBT
notamment."
dimanche 16 septembre 2007
455. rien à voir avec le canard
Comment se nomment les habitants de Trois-Rivière au Québec? Je n'en ai pas la moindre idée. Mais le plus adorable d'entre eux (que j'embrasse au passage) m'a fait parvenir le lien vers un article d'un blogue que je vous recommande souvent, Culture et Débats. Un article un peu ancien (novembre 2006) mais qui avait, de fait, attiré aussi mon attention.
Il s'agit des berdaches (rien à voir avec la bernache, qui est une variété de canards), bien que le mot soit un terme péjoratif utilisé par les Européens (surtout les Espagnols puis les Français) pour se moquer d'eux (comme "pédé" est aussi un terme péjoratif).
Chez les Amérindiens, il s'agit soit d'homosexuels soit aussi souvent de transgenres, mâles ou femelles physiquement, qui avaient une fonction sacrée et thérapeutique (ce qui était souvent la même chose chez les Amérindiens). Ils se chargaient aussi des funérailles (passage vers l'au-delà), des naissance, de la transmission des chants et des traditions, de la prédiction et des augures, d'arranger les mariages, etc.
Dans certaines tribus, le fait d'être invité par un (ou une?) berdache pour des relations sexuelles était considéré comme un honneur et porteur de chance. En sens inverse, quand on voulait écraser un ennemi, on massacrait ses berdaches. Et si la chasse ou les récoltes étaient désastreuses, il pouvait arriver que la tribu s'en prenne à ses berdaches. Donc, il ne s'agissait pas toujours d'une place enviable.
Le mot "berdache" est souvent remplacé, chez les Améridiens, par celui de Deux-Esprits (un terme forgé dans les années 90), ou Homme-Femme (ou bien Femme-Homme selon les cas), ce qui tend à faire comprendre que ces gens étaient considérés comme ayant un pied dans plusieurs mondes, homme et femme, la terre et le ciel, etc.
L'existence d'un terme propre dans de nombres langues d'Amérique du Nord tend à faire penser que l'existence de ces Deux-Esprits était largement répandue, et non un phénomène local ou passager. Même si, bien sûr, ces termes ne sont pas toujours flatteurs.
On a énormément écrit à leur sujet, et en particulier en anglais. L'existence de minorités sexuelles qui n'étaient pas considérées comme des monstres ou des marginaux, mais bien comme un cadeau divin, vous comprenez pourquoi les chercheurs y ont vu une véritable trouvaille pour comprendre la place des minorités sexuelles dans des sociétés humaines.
Des études récentes n'excluent pas que ces Deux-Esprits existaient également dans d'autres civilisations pré-colombiennes comme les Aztèques et les Incas, mais aussi en Sibérie (qui est le bassin d'origine des populations américaines pré-colombiennes) voire même dans des peuples d'Asie Centrale qui ont produit les langues turques, turkmènes, etc. Des traces aussi chez les Polynésiens.
Mais dans le cas des pré-colombiens, la persécution opérée par les colonisateurs contre ces horribles sodomites voués à l'enfer n'a pas laissé beaucoup de traces archéologiques ou écrites de ces berdaches. Des traces de berdaches existent aussi en Afrique, comme on le voit dans l'usage de termes semblables en wolof, en swahili ou en zoulou.
J'envie des peuples pour qui le fait d'être homo ou transgenre était une bénédiction, une chance.
Plusieurs fois, j'ai réfléchi au rôle que peuvent avoir les minorités sexuelles au sein de l'humanité et de l'Église. Et je crois, de fait, qu'il y a une richesse particulière à être "entre deux mondes".
Quoique, de nos jours, je me contenterais bien du fait que les hommes et les femmes qui font partie des minorités sexuelles soient tout simplement considérés comme des gens ordinaires...
Danse de guerriers en l'honneur du berdache
vendredi 14 septembre 2007
454. juste vulgaire
Vous savez peut-être qu'un sénateur américain (homophobe, conservateur et Républicain) s'est fait prendre dans des toilettes publiques à faire des propositions à un homme... qui s'est révélé être un policier. Confronté aux faits, le sénateur a d'abord avoué devant les juges. Mais maintenant que sa carrière est en jeu et qu'il a été obligé de démissionner (et surtout parce qu'il ne sait rien faire d'autre que d'être sénateur), il voudrait qu'on re-juge son cas au tribunal pour le motif qu'il retire ses aveux.
Pitoyable de bout en bout.
Mais je vais vous parler des commentaires de mon copain Francis (prononcer Frène-Sisse, à l'américaine). Il fulmine parce que, une fois encore, certains homophobes se sont emparés de l'affaire: "vous voyez? les homo ne font que ça: drager dans les toilettes et pervertir les honnêtes pères de famille!"
Et il m'écrit: "ça fait des années que j'explique aux gens qu'un prêtre qui viole un petit garçon n'est pas un homo, tout comme un homme qui viole une petite fille n'est pas un hétéro. Ce sont tous les deux des pédophiles et des violeurs. Quant aux gens qui baisent dans des toilettes publiques, qu'on arrête de dire qu'ils sont homo et qu'on dise une bonne fois pour toutes: ils sont d'abord sales, vulgaires ou franchement désespérés" (litt. down-low).
Ce qui me fait sourire, c'est qu'avec la paranoïa anti-bactérie des Américains, tous ceux qui ont serré la main de ce sénateur doivent se sentir contaminés.
Et je suis assez d'accord avec Francis: un Afro-Américain cambriole une banque, et tous les Noirs sont des gangsters en puissance. Un garçon se fait toutes les filles, c'est un héros du sexe, mais qu'une fille se fasse tous les mecs, alors c'est une pute et une salope.
Même chose pour les gay: bien sûr que tout le monde connaît un coiffeur homo! et bien sûr qu'il y a des homo qui baisent dans des endroits plus que glauques! Mais de là à généraliser....
Non, il faut le dire: la toute grande majorité des homo est aussi banale que la toute grande majorité des hétéro. Et à part qu'ils tombent amoureux de gens de leur propre sexe, la différence entre homo et hétéro est, pour le vaste nombre, pratiquement inexistante à l'oeil nu.
D'une certaine manière, je l'avoue avec contrition, je trouve qu'il y a un côté positif pour les homo à ces affaires de prêtres pédophiles: si l'Église ne veut pas que tout son clergé soit soupçonné systématiquement d'avoir des goûts immodérés pour les enfants, alors je lui dit qu'elle cesse d'avoir des préjugés sur les autres, à commencer par les homo. Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse, et toute cette sorte de choses.
Et j'ajouterais même ceci: dans les sociétés civilisées, on semble avoir fait la différence entre homosexualité et pédophilie (sinon, on n'aurait jamais dépénalisé l'homosexualité). Si l'Église n'arrive pas à le faire, c'est un message envoyé à la face du monde: "nous en sommes encore à croire qu'être homo ou pédophile, c'est la même chose". Donc, chaque fois que les autorités catholiques parlent d'homosexualité, elles jouent contre elles mêmes et se donnent un vernis de vieux machin pré-jurassique. Alors, si les hiérarques veulent vraiment qu'on le mette dans ce siècle (et pas dans les 10 premiers), il est peut-être temps qu'elles révisent leurs batteries.
Comme disait le cardinal de Lubac (ou du moins, on le lui prête): "avec des amis comme ça, l'Église n'a plus besoin d'ennemis". Avec ces prises de positions homophobes (ou sexistes), le clergé vatican prête tellement le flanc à la critique que les anti-cléricaux n'ont plus rien à prouver.
Enfin, peut-être qu'il y a aussi un aveu implicite dans les déclarations homophobes de certains ecclésiastiques ou sénateurs conservateurs, dit mon copain Francis: "car s'ils acceptaient le mariage gay, ils devraient aussi admettre que leur sexualité de parc, de buissons et de toilettes publiques est vraiment ce qu'elle est: malsaine".
Alors, ces conservateurs sont-ils homophobes pour ne pas avoir à se regarder eux-mêmes? Sont-ils en train de condamner les autres pour continuer leurs petites turpitudes sans être repérés? Fustiger le prétendu péché des autres pour que le sien semble petit en comparaison? Ce cher Francis pourrait avoir vu juste...
jeudi 13 septembre 2007
plainte classée sans suite
Pour votre information, la plainte pour "attouchements sexuels" contre Mgr Tony Anatrella a été classée sans suite.
C'est son avocat, Me Benoît Chabert, qui a annoncé la nouvelle hier.
Cette plainte contre X avait été déposée le 30 octobre 2006 par un
jeune adulte qui avait dénoncé à la police des séances de "thérapie
corporelle" pratiquées par le psychanalyste qui, selon lui, aurait
abusé de sa position de soignant.
Quelques mois plus tôt, ce jeune homme avait écrit au parquet de Paris
pour l'alerter sur de possibles dérives des pratiques du psychanalyste
auprès des mineurs.
Une enquête préliminaire avait alors été ouverte en août 2006 pour
vérifier ses dires et les pratiques du psychanalyste. A l'issue de
cette enquête, le parquet a décidé de classer le dossier sans suite.
Tony Anatrella a de son côté porté plainte contre X le 20 novembre 2006
pour dénonciation calomnieuse après "une campagne de presse
particulièrement inacceptable" évoquant des abus sexuels. Cette plainte-là n'a pas encore été traitée par la justice française.
Outre la plainte pour "attouchements sexuels", Tony Anatrella avait
également été mis en cause, dans la revue catholique contestataire
"Golias", par un ancien séminariste, Daniel Lamarca, qui affirmait
avoir eu des rapports sexuels avec lui lors de séances de travail,
alors qu'il suivait une thérapie pour se libérer de son attirance
homosexuelle.


