lundi 16 juillet 2007
449. hochepot du lundi
On vient de me faire parvenir cet extrait du Monde de jeudi dernier. Quelqu'un a lu ce livre ou sait de quoi il s'agit? La question de l'origine de l'homosexualité
étant un point central, notamment dans la morale catholique, je me
demande ce que vaut cette publication. Une chose est évidente:
l'essentiel sur le sujet a été écrit en anglais et n'est traduit
qu'avec parfois dix ans de retard en français. On peut se demander si
les moralistes catholiques "dans la bonne ligne" ont eu accès à ces
études. L'usage de termes comme "personnes à tendance homosexuelles" me
fait au contraire penser qu'il n'y a pas encore eu de mise à jour
scientifique sur le sujet.
Et même si officiellement le Vatican
ne l'affirme pas, beaucoup de Catholiques (même parmi les évêques)
pensent encore que l'homosexualité est contagieuse.
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La ville de Rome vient d'inaugurer mercredi un Largo Paolo Seganti,
(on pourrait traduire "largo" par place ou square) du nom d'un homo de
39 ans sauvagement assassiné dans un parc en juillet 2005. Un très beau
geste, je trouve. D'autant que la barbarie de cet assassinat avait
choqué les esprits à Rome et dans toute l'Italie. L'ironie de
l'histoire, c'est que "Paolo Seganti" est aussi le nom de l'acteur
(très "décoratif") qui joue le rôle titre dans la série télé "Largo Winch", tirée de la série BD homonyme bien connue.
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Je lis régulièrement, comme par exemple ici à Liverpool, que des associations homo catholiques ne sont plus autorisées à tenir des réunions ou à célébrer dans des lieux catholiques.
Beaucoup de ces associations crient au scandale, mais je voudrais simplement rappeler que, depuis 1986, il est strictement interdit
à toute institution catholique d'accepter dans ses murs la tenue d'une
réunion ou d'une célébration qui pourraient publiquement mettre en
cause la doctrine officielle catholique sur l'homosexualité. Ce qui
m'étonne, c'est que cette règle ait été méconnue par beaucoup de
paroisses, d'écoles ou d'universités catholiques (Dieu les bénisse). Et
ceux d'entre vous qui participent à des groupes se réunissant dans de
telles institutions devraient les remercier profusément pour l'espèce
d'illégalité dans laquelles elles se placent par homophilie.
Néanmoins,
il n'est pas étonnant que, vu le climat actuel, ce règlement de 1986
soit remis en vigeur. D'ailleurs, dans tous les domaines, la sévérité
est à l'honneur et pas seulement dans le domaine de l'homosexualité. En
fait, les "locaux" catholiques ne vont bientôt plus servir qu'à des
groupes "garantis catholiques bon tein". Et je peux vous l'assurer: ça
veut dire une acception à 100% de la doctrine officielle de l'Église, et pas 90 ou même 95%.
Dans
le cas de Liverpool ou dans d'autres, on voit qu'il serait plus facile
à un groupe bouddhiste d'utiliser des locaux paroissiaux catholiques
qu'à un groupe d'homosexuels catholiques... Je n'ai rien contre
l'hospitalité vis-à-vis des bouddhistes, bien sûr... Mais considérer
qu'être en désaccord avec la doctrine officielle de l'Église sur
l'homosexualité vous bannit de l'usage de "locaux" catholiques, je
trouve ça un peu outrancier et, faut-il le dire, peu chrétien...
Qu'est-ce
que ça va provoquer? Moi, je l'analyse comme ça: de plus en plus
d'associations catholiques vont se croire obligées de faire dans la
surenchère pour proclamer haut et fort qu'elles sont "totalement"
catholique. Et donc, fini le sens de la nuance, fini la main tendue aux
autres religions ou confessions chrétiennes, fini l'accueil des gens "à
la marge"... On entre dans un temps d'affirmation identitaire total...
Or,
je me trompe ou bien les sociologues ont démontré que l'affirmation
identitaire forte n'est pas le signe d'une organisation forte mais au
contraire d'une organisation en voie d'explosion?
Quand on a
tellement besoin de ré-affirmer sans cesse son identité ou son
appartenance à un groupe ou à une institution, il me semble que c'est
un signe de faiblesse.
vendredi 6 juillet 2007
448. détruire ton visage
La violence homophobe est un fait
millénaire. Vous voulez parier qu'on a tapé sur des pédé pratiquement
depuis les débuts de l'humanité? Car à part quelques cultures qui en
ont fait des êtres semi-religieux, la tendance générale, c'est tout de
même de les traiter en sous-humains. Ceci dit, je ne crois pas avoir lu trace de violence homophobe chez les animaux...
Par contre, que cette
violence homophobe existe encore dans des sociétés comme les nôtres,
j'avoue mon étonnement permanent. Tout comme d'ailleurs j'ai du mal à comprendre
qu'il y ait des gens aujorud'hui pour adopter des attitudes racistes, sexistes ou anti-sémites. Souvent, je mets ça
sur le compte de l'ignorance de l'Histoire, ou même tout simplement de
l'ignorance de l'autre.
Mais je tiens aussi à ce que les faits
soient connus: on ne parlera plus de la même manière des pédé le jour
où les agressions homophobes seront plus souvent diffusées que dans les
seuls média gay. J'en veux pour preuve l'opinion de cette avocate qui travaille chez SOS Homophobie, et qui est frappée par le « déploiement de violence » dans ce type d'affaires homophobes.
« Régulièrement, la victime se fait tabasser le visage. Il y a comme
une volonté de détruire l'identité de l'autre », s'indigne Caroline
Mécary.
Les agresseurs de Bruno Wiel (sur la photo) s'étaient eux aussi acharnés sur son visage, comme vous pouvez le lire dans le même article. Il y a quelques jours, on a mis en examens ses trois agresseurs présumés, âgés de 20 et 22 ans. On se souvient que le 21 juillet 2006, Bruno Wiel, un homo de 28 ans, avait été retrouvé nu et le corps couvert d'ecchymoses à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Les trois agresseurs l'avaient enlevé la veille dans le quartier du Marais à Paris, dans le but de le voler, et se seraient ensuite déchaînés sur lui en raison de son homosexualité, avant de l'abandonner dans un parc. Bruno Wiel avait été plongée, durant un mois, dans un coma artificiel dont il est sorti. Mais les médecins réservent toujours leur pronostic.
Et puis il y a l'histoire d'Alexis Frumin, retrouvé noyé le 16 juin près de Reims (dont je n'ai pas trouvé de photo).
Âgé d'une vingtaine d'années, il avait été frappé et torturé chez lui
avant d'être jeté à l'eau. Quatre jeunes gens, dont deux mineurs de 17
ans, ont
reconnu les faits. Selon la procureure de Reims, ils «disent s'en être pris à ce jeune homme parce qu'il avait le teint basané et qui leur semblait un peu efféminé». Elle n'a cependant pas souhaité retenir les qualificatifs de crime raciste et homophobe car, selon elle, «ce n'est pas suffisamment avéré». On a tout de même appris que dans la journée du 9 juin, ils auraient torturé leur «souffre-douleur»
sur fond de musique et de chants nazis, dans l'appartement de la jeune
femme qui hébergeait la victime. Ils auraient ensuite emmené Alexis
Frumin dans un parc, pour lui faire subir à nouveau des
violences, puis le jeter dans la rivière.
Un meurtre qui n'est pas sans rappeler celui, en septembre 2002 dans la
même ville, de François Chenu, homosexuel torturé et noyé par trois
jeunes proches des mouvements skinheads (lire Têtu au 24 octobre 2002).
Je n'arrive pas à m'ôter de l'idée que, pour une violence majeure (comme ces agressions meurtrières), il y a aussi des centaines de petites agressions mineures. Des harcèlements, des coups, des menaces qui, le plus souvent, ne sont pas rapportées à la police. En partie par honte d'avouer qu'on est homo, en partie parce que la police est débordée de travail, en partie parce que l'idée d'une enquête qui obligerait à se retrouver devant son agresseur est insupportable. Le témoignage que je rapportais il y a deux ans d'un de nos pédéblogueurs favoris est en cela encore largement d'actualité.
Mais surtout, c'est la conscience de ses "martyrs" qui construit une communauté, me semble-t-il. Il y a des noms dont il faudrait se souvenir régulièrement, les redire comme on redit une liste de martyrs. Comme ces vétérans qui empêchent qu'on oublie les morts de guerres passées en lisant publiquement des listes de disparus. Car, de fait, si plus personne n'est là pour lire ces noms, alors la violence va revenir.
Un exemple: pour se souvenir de Jody Dobrowsky, batty à mort l'an dernier, sa maman et une série d'homophiles ont planté un petit jardin fleuri à Epsom. Je trouve que c'est très approprié. Pour en voir la vidéo, cliquez ici.
J'ai également lu quelque part que Reims prévoyait de baptiser une rue du nom de François Chenu. Une autre belle initiative.
C'est l'oubli des violences homophobes passées qui les rend possibles aujourd'hui. Chacun de nos morts devrait provoquer un hurlement collectif à la face du Ciel. Notre indignation pour chaque visage tabassé devrait retentir longuement dans les couloirs des assemblées publiques, sous les voûtes des églises, dans les rues.
Les monuments à nos morts devraient remplir les villes. Les lieux où ils ont été torturé et massacrés devraient être marqués de croix. Leurs visages devraient être publiés chaque fois que quelqu'un écrit des propos homophobes. Plus que les mots, ces visages sont nos meilleurs arguments. Si vous saviez le mal que j'ai eu à trouvé quelques photos de ceux dont je vous ai parlé plus haut!
En fait, tant que les victimes ne
crient pas et ne hurlent pas très fort, pourquoi l'agresseur
s'arrêterait-il de frapper? Pourquoi les autres viendraient-ils à son
aide?
mercredi 4 juillet 2007
447. ce drôle de petit col blanc
Si vous n'écoutez rien en ce moment,
un petit conseil musical (cliquez ci-dessous):
Steve Nieve "Welcome To The Voice"
Les évêques catholiques américains ont enfin compris que, pour défendre l'idéal de la famille, il y avait plus urgent à faire que de mener campagne contre le mariage gay. Ces derniers mois, on ne voyait pratiquement un évêque à la télé que pour interdire, fustiger, menacer, condamner, et en particulier sur le mariage homo. Ce qui faisait grincer des dents à beaucoup: comment ces types avec leur drôle de petit col blanc osent-ils nous dire quoi faire de notre sexualité alors qu'ils ont été aussi minables dans la gestion de leurs pédophiles? Il est clair que ce n'est le moment d'être en col dit romain et de parler sexualité en public, et pas seulement aux États-Unis mais dans de nombreux pays où il y a eu des scandales de prêtres violeurs (d'enfants, d'adolescents ou d'adultes).
Sans parler du fait qu'un groupe de sexagénaires célibataires depuis leur jeunesse et ayant toujours vécu le cul dans le beurre vienne dire aux gens jour après jour comment ils doivent mener leur sexualité, ça semble à tout le moins friser l'incompétence, sinon l'absurdité.
Heureusement, les évêques ont changé leur tactique médiatique avec la campagne: Qu'avez-vous fait pour soutenir votre mariage? ("What have you done for your marriage today?") Une campagne qui rappelle, très justement, que ce sont les mille petites choses de la vie de tous les jours qui soutiennent un couple marié, en particulier après de nombreuses années de vie commune. Pour ceux qui le désirent, un site web est disponible à l'adresse For Your Marriage.
C'est clair qu'en lisant ce site web, vous ne verrez pas une ligne pour aider les couples homo à progresser. Mais, franchement, la plupart des choses qui sont dites pour les couples hétéro valent aussi pour les couples homo. Et c'est là qu'on voit l'ignorance de ceux qui combattent le mariage homo comme insultant ou mettant en danger l'institution du mariage.
Plus largement, au lieu de diaboliser le prétendu lobby gay, les évêques américains se sont rendus compte qu'il était temps de mettre leurs énergies (leurs finances et leur puissance médiatique) à promouvoir ce en quoi ils croient au lieu de toujours pointer du doigt sur les "sales ennemis responsables de tous nos malheurs".
Ils ont même insisté, les évêques, pour dire que cette campagne était d'abord une initiative de laïcs et de couples qui ont été largement moteurs, et pas seulement consultants. Encore heureux: si ce sont des écclésiastiques qui doivent expliquer aux gens mariés les petits gestes quotidiens pour faire fleurir un couple, bonjour les dégâts.
Il faut dire qu'avec la diminution dramatique du nombre de mariage dans la société civile, l'explosion du nombre de couples non-mariés (et n'ayant pas l'intention de l'être) et le nombre de divorce qui dépasse la moitié de celui des mariages, l'avenir même de l'Église Catholique américaine se joue sur la prochaine génération. Car, comme le dit le porte-parole des évêques qui présentait cette campagne, la plupart des Catholiques actuels ont découvert la foi durant leur enfance. Et si les parents n'amènent plus leurs enfants dans les églises, celles-ci devront fermer. On a "fait semblant" pendant un certain temps avec l'afflux d'immigrés récents (noirs haïtiens, mexicains et autres latino, philippins) mais il faut se rendre à l'évidence: leurs familles prennent le même chemin désastreux que les "purs-blancs".
Et j'aimerais lui répondre, à ce bon monsieur: et pourquoi refusez-vous l'aide des homo dans la promotion des valeurs familiales, et en particulier dans la promotion du mariage? Au lieu de ça, on va s'unir à des mouvements christianistes dont les valeurs familiales sont jurassiques et la vision de la femme à la limite sexiste.
Ainsi, l'Espagne, qui vient de vivre une splendide EuroPride, et qui est l'un des rares pays à traiter à égalité mariage hétéro et mariage homo, a connu des milliers de mariage gay. Au lieu de se lancer dans des diatribes hystériques (comparant les homophiles aux nazi, ce qui est un comble pour d'anciens franquistes), les évêques espagnols auraient mieux fait de saluer le "coup de chapeau" que les revendications homo représentent pour l'institution du mariage qu'ils veulent promouvoir.
Ceci étant dit, autant je salue l'initiative médiatique des évêques américains, autant (en allant visiter le site en question), je trouve qu'ils restent à un niveau très "schtroumph à lunettes", sentencieux et plutôt paternaliste. En gros le toujours permanent "faites ceci, ne faites pas ça, attention à ça". On reste encore dans une présentation du mariage sur le modèle de la belle "vitrine". Tout est tellement raisonnable, pépère et bourgeois. On voudrait un peu plus d'aventure, de feu, de passion.
Rendez-nous les grandes histoires d'amour qui font les magnifiques mariages!
mardi 3 juillet 2007
446. la peste et le choléra
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Handel "Il Trionfo Del Tempo E Del Disinganno - Haim (Sonia Prina)"
Merci de vos prières. Le Seigneur nous
écoute quand nous crions vers lui. Et j'ai décidé que, même si je
crains le pire pour lundi prochain (et je vous assure que j'ai de
l'imagination), je ne vais pas me laisser abattre. Comme disait
l'autre, "on s'inquiètera de trouver un pont quand on arrivera à la
rivière". N'empêche, je m'étonne toujours de la capacité du milieu
catholique à traiter ses propres gens avec cruauté, bien sûr avec les
intentions les plus pures et les plus sublimes. Comme disait le
cardinal de Lubac: "avec des amis comme ça, on n'a plus besoin
d'ennemis". Donc, d'ici lundi, continuez à faire jouer tout le crédit
céleste dont vous jouissez.
Dans
la catégorie "où l'homophobie
va encore se nicher", il y a toute une liste de pseudo recherches
scientifiques, des articles diffusés par des charlatans homophobes afin
d'influencer leurs Églises mais aussi les hommes politiques qui doivent
décider de l'allocation de fonds publics. Il se fait que,
par hasard, j'ai trouvé un résumé de ces allégations.
Je n'aime pas l'idée de fournir un lien vers ces sites (ça fait monter
leurs compteurs), mais il me semble que c'est aussi l'occasion de
leur laisser un commentaire "bien senti".
Tout d'abord, on apprend que l'homosexualité fait plus de morts que le tabac. Ben voyons. Et donc, disent ces "chercheurs", il faut que le législateur consacre au moins autant (sinon plus) d'argent à financer des campagnes pour s'opposer au "style de vie homosexuel" qu'il n'en dépense contre le tabagisme.
Je lis clairement dans l'article que tous ces risques de plus grande mortalité viennent du fait que ces homo sont tous des enculés. Une question que j'ai traitée de façon définitive (comme on dit chez certains théologiens) dans un article intitulé Marre de l'Enculé.
Ceci dit, je ne serais pas surpris (s'il y avait une étude sérieusement faite) que l'on montre que les minorités sexuelles ont une mortalité importante (et peut-être plus que les fumeurs, qui sait, je ne l'exclus pas). Mais cette mortalité vient de la violence à leur égard ou de leur suicide, de leur haine de soi. Pas de leur identité.
C'est un peu comme les études qui prouvent qu'être Noir est plus mortel qu'être Blanc. Et donc, à vous de choisir, devenez Blanc...
Ensuite, le mythe que les homo ont plus d'argent à dépenser est totalement faux... vu qu'ils vivent moins longtemps. Donc, toujours selon l'article, les villes ou les quartiers qui ont accueilli les homo à bras ouverts vont tout droit à la déception financière et immobilière. Ben voyons. Et donc chassez les pédé de vos quartiers parce qu'ils vont faire diminuer la moyenne des revenus par habitant et faire baisser la valeur des immeubles. Là encore, une étude sérieuse pourrait, de fait, montrer que les homo ne sont pas plus riches que les autres, si l'on comparait l'échantillon avec des couples hétéro sans enfants et des célibataires hétéro. Mais il faudrait encore trouver un échatillon homo suffisamment représentatif pour tenir une statistique.
Autre affirmation: la promotion des pseudo droits homosexuels entraîne à faire la promotion d'une mortalité plus hâtive. Ben voyons. Si choisir d'être pédé vous fait mourir plus jeune, forcément plus il y aura d'homo et plus il y aura plus de morts jeunes. L'idée que les minorités sexuelles sont statistiquement une population stable (et donc "naturelle") est forcément une impossibilité, n'est-ce pas. Il y a plus de pédé puisqu'on en voit plus. Le placard n'existe pas, n'est-ce pas, sauf que c'est là que les homo devraient retourner.
Une autre bien bonne: les législateurs devraient permettre aux compagnies d'assurance de faire payer des primes plus élevées aux homo... puisqu'ils présentent des risques plus grands de mourir ou d'attrapper des maladies graves. Ben voyons. Et si vous êtes homo, Afro-américain et fumeur, il n'y aura aucune chance que vous trouviez un assureur.
Une à qui j'accorde le pompon: si l'on a vraiment à coeur la santé et le bonheur des homo, il faudrait diminuer leurs droits au lieu de les augmenter. Là, je dis que c'est l'un des morceaux les plus juteux dans la panoplie homophobe. D'ailleurs souvent utilisé dans le monde religieux. Le style: c'est pour ton bien, mon fils, tu me hais maintenant mais moi je t'aime et tu me remercieras plus tard, tu verras.
Et de conclure l'article de façon brillante (c'est moi qui traduit): Les gens ont bien sûr le droit de vivre comme ils veulent, pourvu qu'ils ne mettent personne en danger (encore heureux, dis-je). Ils peuvent bouffer de la viande jusqu'à exploser, s'ils veulent. Ou fumer du tabac jusqu'à en crever. Mais l'argent du contribuable ne doit pas servir à encourager ces choix mortels. Notre foi dans les droits de l'homme (ben voyons) ne nous autorise pas à nous retrancher derrière le mur de l'ignorance quand il s'agit de connaître les effets désastreux de ces choix de vie.
En gros, libre aux homo de choisir la peste ou le choléra, mais c'est notre rôle (à nous les Chrétiens croyants et responsables) de rappeler la conséquence de ces choix et surtout de dire que "c'est bien fait" le jour où ils en crèvent.
Je ne minimise pas des articles comme celui-là parce qu'il représente un "glissement dans l'homophobie". Ce que j'ai déjà appelé "l'homophobie light", très présente par exemple au sommet de l'Église Catholique: "nous disons toutes ces choses pour votre bien, parce que vous ne voyez pas à quel point le choix de l'homosexualité est mauvais pour vous, c'est mal".
Et j'ai en tête l'un ou l'autre homosexuel catholique qui y croit, qui est persuadé que le fait qu'il soit malheureux ou déprimé provient de son homosexualité, alors que cela provient du traitement des minorités sexuelles par les sociétés et les Églises. Il n'y a rien de plus affreux que de voir des homo catholiques qui détestent ce qu'ils sont alors qu'ils pourraient y voir un don magnifique que Dieu leur a fait.
Ces "résumés" pseudo scientifiques circulent de plus en plus dans le monde anglophone, et on les voit apparaître dans tous les parlements ou les tribunaux où il est question de droits des minorités sexuelles. Ce sont aussi des "argumentaires" que j'ai vu utilisés par des groupes de jeunes "évangélisateurs". Je ne serais d'ailleurs pas étonné de le voir bientôt apparaître dans "nos" groupements catholiques spécialisés dans les missions de rue ou d'évangélisation "à la sauvette", comme on l'a vu dans des communautés protestantes d'orientation "évangélique". On a vu des meutes entières de ces évangélisateurs en herbe lors de grands congrès comme Paris-Toussaint 2004, Lisbonne-Toussaint 2005 et Bruxelles-Toussaint 2006. Et je vous parie que ces "argumentaires" vont aussi être diffusés à Budapest à l'automne prochain.
Par contre, je ne connais pas de "contre-argumentaire" en français sur le même sujet. On commence certes à en voir pour les questions bibliques ou exégétiques, c'est vrai. Mais une réponse à ces arguments pseudo scientifiques manque, d'après moi, dans le monde francophone. Si vous m'en fournissez un, je vous récompenserai comme vous le méritez.
Enfin, selon moi, il n'y a qu'une manière de combattre ces conneries et ce blabla de charlatans: la visibilité de notre bonheur. C'est le réel qui combat les préjugés, pas les contre-arguments. Que l'on sache et que l'on voit qu'il y a des homo heureux d'aimer, de vivre en couples et en familles, heureux de leurs amitiés. Que l'on sache que tous les parents ne sont pas malheureux d'avoir des enfants homo, et beaucoup sont fiers d'eux.
Et dans le monde catholique: que l'on sache qu'il y a des homosexuels catholiques, heureux de ces deux parts de leur vie, réconciliés et sereins dans leur sexualité et leur foi.
samedi 30 juin 2007
445. vivre comme des frères
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Sanseverino "Exactement"
Il y a longtemps que je voulais revenir sur le fameux Ordo Ad Fratres Faciendum ou Aldelphopoiesis, en francais Affrairement. En fait, le terme n'était plus utilisé que dans certains coins reculés de l'Orthodoxie ou bien par des médiévistes spécialisés dans les contrats civils. Il existe aussi un petit "Office" en latin (plus cours que l'office de la tradition byzantine), un rite pour "affrairer" (littéralement "faire des frères") dont je n'ai hélas trouvé sur internet qu'une traduction anglaise.
Mais, beaucoup d'entre vous le savent, le terme est revenu (depuis de le début des années 90) à l'avant-plan des discussions sur les minorités sexuelles grâce au livre de John Boswell, "Unions de Même Sexe". Je suis tombé amoureux de cet homme au premier regard et, faut-il le dire, ce Catholique converti et historien de talent avait un charme et une allure superbes. Particulièrement, quand il parlait de sa vie de sidéen chrétien, on en avait les larmes aux yeux. Aujourd'hui encore, je pense qu'il s'agit d'un des homo les plus importants du 20ème siècle, pour son influence et la place qu'il a pris dans la prise de conscience de l'Histoire des minorités sexuelles, en particulier dans le domaine religieux et chrétien.
Vous n'ignorez pas non plus le déluge d'hystérie que son livre a produit dans les milieux homophobes catholiques et orthodoxes. Au mieux, ses arguments ont été balayés d'un revers de la main (alors qu'il a tout de même été 20 ans dans le département "Histoire" de la prestigieuse université de Yale). Dans beaucoup de cercles, la simple mention de son livre vous fait passer pour un demeuré. Le discrédit de son oeuvre se résume en un mot: anachronisme. Ou parfois "reconstructivisme", mais c'est la même chose. Selon ses opposants (surtout en dehors des cercles académiques), il a transposé une lecture actuelle du mariage et du couple, à des pratiques antiques.
Il est clair que, s'il avait vécu, John Boswell aurait précisé ou mieux documenté certains de ses propos. Sans parler de découvertes ultérieures qu'il aurait pu faire. Les quelques dizaines de documents inédits qu'il a littéralement déterrés n'ont pas été utilisés de la même manière par d'autres historiens qui ont pris sa relève. Plus simplement, s'il avait vécu, il y a des méchancetés homophobes auxquelles il aurait répondu et qui, aujourd'hui, restent "impunies".
Les historiens que j'ai consultés (deux à Harvard, un à Georgetown, un à Oxford et trois à l'UCLA), et dont j'admets qu'ils étaient tous gay, sont beaucoup plus nuancés et tous admettent qu'il a apporté, à tout le moins, une redécouverte de ce domaine tout à fait oublié de l'Histoire. Beaucoup disent tout simplement: il est mort et les défauts de son oeuvre ne sont, hélas, plus réparables. Et ils soulignent, une fois de plus, que la plupart des détracteurs de John Boswell n'ont pas été plus loin que la lecture de son introduction (sinon même de la jacquette).
Il semble clair que jusqu'au 13ème, l'affrairement était une union souvent considérée comme parfaitement valide et exclusive du mariage hétéro. Certains disent même qu'il était considéré parfois comme "plus parfait" que l'union hétéro parce que la "domination de l'instinct de procréation" en était exclue. Néanmoins, quand le mariage a reçu la "qualité" de sacrement (en Occident, avec le concile du Latran en 1215), il est devenu clair que les autres formes d'unions allaient passer dans l'ombre. Par ailleurs, c'est vers cette époque également que l'homophobie (parfois violente) est devenue banale en Occident. Comment, alors, ne pas dire un mal extrême de cérémonies comme l'affrairement?
Il est évident, pour John Boswell, que l'Ordo Ad Fratres Faciendum (ou affrairement), n'avait pas qu'une seule fonction dans la société. Il n'a jamais dit que c'était partout et à toutes les époques une manière détournée de marier des hommes entre eux. Justement, ça ce serait de l'anachronisme ou du reconstructivisme. C'est un peu facile de nier qu'il est un historien d'une réputation incontestable dans sa profession. Comme s'il allait faire des erreurs de débutant dans son propre métier!
Bien sûr qu'il savait que cette cérémonie était une sorte de christianisation du rituel des "frères de sang" pratiquée avant l'évangélisation de l'Europe, et notamment des peuples occidentaux (un rituel qu'on trouve encore dans chez les Amérindiens, par exemple). Il est clair aussi que, très souvent, cette cérémonie avait en premier lieu pour but de mettre en commun des biens, des terres, des royaumes (pour créer des espèces d'indivisions) en faisant "comme si" ils n'étaient "qu'une seule chair". On retrouve des traces documentées d'affrairement... entre parents, mais aussi entre rois, entre partenaires commerciaux, etc.
Plus récemment (on parle du 9ème, ici), la cérémonie est devenue moins "pragmatique", avec des affrairements de religieux, de chevaliers ou de soldats, mais aussi d'universitaires ou d'artistes. Pour plus de détails, je vous remets à son livre.
Attention, il ne s'agit pas de variantes de la pédérastie "à la grecque", avec un jeune qui s'unirait à un plus âgé pour devenir son disciples ou son "fils spirituel". On parle bien d'affrairement, c'est-à-dire d'une relation relativement égale, avec deux personnes qui s'adoptent comme "frères".
Mais là où John Boswell pose une question qui fait hurler les homophobes, c'est quand il dit: "Et parmi toutes ces possibilités, pourquoi avez-vous systématiquement ignoré ou caché celles qui semblent indiquer qu'il y a eu des affrairements entre hommes qui s'aimaient et qui se sont unis pour la vie?" Et de citer une série de cas qui montrent bien qu'il y avait bien plus que de l'amour fraternel (le fameux amour viril) dans certains récits d'affrairement. Le "silence" sur ces cas particuliers n'est-il pas, dit Boswell, une façon de nier que dans le passé des unions de même sexe comportaient un lien romantique et affectif fort, semblable à celui du couple hétéro?
Ainsi, par exemple, des tombes de ces affrairés, où l'on peut lire qu'ils vécurent toute leur vie ensemble et qu'ils ont tout partagé: lit, maison, fortune (en cela, Boswell a été bien "vengé" par l'archéologie, j'en parlais dans la note 134). Ou bien ces affrairés qui se sont déclarés "trahis" et qui ont fait des procès à l'autre parce que l'un des deux s'est marié à une femme ou a accepté un affrairement avec un tiers. Ou encore ces monastères qui ont finalement interdit l'affrairement entre religieux parce que ça ressemblait beaucoup trop à des vies de couple (il y avait donc des "dérapages" dans une pratique généralement admise). On parle aussi de tel empereur byzantin qui a versé une pension à la mère du jeune homme auquel il avait été affrairé et qui venait de décéder, la plaçant ainsi au rang d'une "belle-mère" (c'est après la mort de son compagnon qu'il a épousé la femme qui devint impératrice).
John Boswell a aussi étudié la notion de chasteté attachée à ces affrairement, pour montrer qu'elle n'était pas significativement différente (dans les mots) à celle demandée à des époux. Même dans le mariage hétéro, il est demandé aux jeunes mariés de s'engager à vivre dans la chasteté. Ne leur disait-on pas de vivre comme des "frères et soeurs dans le Christ Jésus"? Dès lors, John Boswell invite à ne pas utiliser cet argument pour dire que les affrairés n'avaient pas une forme d'intimité physique. Simplement, ils étaient tenus de vivre leur affection "chrétiennement". De plus, l'époque méprisait un peu les rapports charnels pour favoriser des rapports plus "parfaits" (comme on le lit, par exemple, à propos de l'amour courtois).
Donc, je voudrais faire justice à John Boswell: il n'a jamais dit que toutes les cérémonies d'affrairement (ni même la majorité d'entre elles) étaient équivalentes aux mariages homo. Ce sont les homophobes qui lui font ce mauvais procès pour le discréditer.
Par contre, il nous a réconcilié avec notre histoire et notre passé, en tant que chrétiens et homo. Car il y a bien eu, tout au cours des siècles, des couples d'hommes qui s'aimaient, qui voulaient se donner l'un à l'autre pour la vie et qui se présentaient devant Dieu pour obtenir sa bénédiction. Et l'Église les a bénis au nom de Dieu, et cela pratiquement dès les temps apostoliques.
Voilà de quoi nous étions privés, avant John Boswell: de la connaissance de nos racines. Merci à lui de nous les avoir rendues.
vendredi 29 juin 2007
444. toutes les réponses sont disponibles
Si vous n'écoutez rien en ce moment,
un petit conseil musical (cliquez ci-dessous):
Cafe del Mar (CD Series) "Vol. 14"
D'abord, un peu d'humour: quand j'ai écrit au délicieux Icthus à propos du rétablissement de la messe tridentine par Benoît 16, il m'a répondu aussi sec: "La messe tridentine, c'est un truc de folle. Je préfère aller les voir à la Gay Pride". J'avoue que ça m'a fait rire. Bonne extravaganza à ceux qui seront à Paris ce week-end.
Mais dans un rayon moins drôle, j'ai trouvé, dans un article sur l'homophobie, une référence à une lettre du cardinal Ratzinger il y a plus de 20 ans. En 1986, il décrivait l'homosexualité comme un « mal moral », « un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu ». Le cardinal Ratzinger recommandait qu'un « souci spécial devrait être porté sur les personnes de cette condition, de peur qu'ils soient menés à croire que l'activité homosexuelle est une option moralement acceptable ». Rien de nouveau.
Mais j'ai été frappé de lire qu'il concluait sa lettre en souhaitant que soit retiré « tout appui envers un organisme qui cherche à contredire ces enseignements ». Toute institution homophile doit donc être condamnée? Décidément, après l'Unicef et Amnesty International, combien d'institutions doivent recevoir un jugement négatif du Vatican? Même chose pour l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une autre institution "suspecte d'homophilie", bien sûr. On va finir par croire que les seules organisations acceptables par l'Église Catholique sont les organisations... catholiques, celles qu'elle a créé elle-même et dont elle contrôle l'orthodoxie. Je dois dire que ça ne donne pas une image très "ouverte" de cette religion...
En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques américains signée par le même cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminations envers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l'adoption, les homosexuels dans l'armée, l'homosexualité des enseignants. Le cardinal Ratzinger soutient que tenir compte de l'orientation sexuelle pour discriminer n'est pas « injuste », puisqu'il s'agit d'une forme inacceptable de sexualité, un danger pour la société et la jeunesse. Poursuivant le raisonnement, il n'hésite pas à affirmer qu'en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l'Église catholique romaine ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent ».
Pas de doute, donc: en demandant des droits, les homo sont les seuls responsables de toutes les réactions homophobes et violentes qui seront dirigées contre eux. Drôle de logique. Drôle de façon de dédouaner tous ceux qui commettent des violences homophobes. Donc, si on nous tape sur la gueule, on l'a bien cherché: on n'avait qu'à rester dans le trou à rat et le placard dont nous n'aurions jamais dû sortir... Ben, voyons...
Pourtant, il y a 20 ans environ, l'OMS retirait l'homosexualité de la liste des maladies ou des handicaps mentaux. Et pour reprendre les termes de l'American Psychological Association (qui avait retiré l'homosexualité de cette liste en 1973), toutes les réponses sont largement disponibles. En voici quelques unes:
Qu'est-ce que l'orientation sexuelle? Est-ce la même chose que le "genre", ou bien "l'identité sexuelle"? Non. Est-ce qu'on la reconnaît aux "comportements sexuels"? Non. Rappelons que le Vatican considère que l'orientation sexuelles n'existe pas. N'existe que la "tentation homosexuelle" (ou tendance).
D'où vient l'orientation sexuelle? Un mélange de biologique, d'hormonal, de congnitif et d'autres facteurs tellement nombreux qu'il est difficile d'être simpliste sur le sujet.
L'orientation sexuelle est-elle un choix? Non. Elle apparaît petit à petit aux personnes à l'enfance ou à l'adolescence. Qui a besoin qu'on répète à quel point les homo ont combattu cette réalisation qui leur est venue progressivement?
Une quelconque thérapie peut-elle changer l'orientation sexuelle? Non. Ce n'est pas une maladie et ça ne se soigne pas. Par contre, beaucoup d'homo ont besoin d'une aide psychologique pour dépasser les préjugés et les traumatismes qu'ils ont vécus pour arriver à s'accepter comme ils sont.
L'homosexualité est-elle une maladie, un désordre mental ou un problème émotionnel? Non. Qualifier l'homosexualité de "désordonnée", c'est faire preuve d'ignorance.
Les gay et les lesbiennes peuvent-ils faire de bons parents? Oui. De plus, il n'y a aucune preuve que les homo courrent plus de risque de molester des enfants ou des adolescents.
Pourquoi certains homo ont-ils besoin de parler publiquement de leur sexualité? Parce qu'il s'agit, pour beaucoup d'entre eux, de regagner leur identité en sortant de la clandestinité.
Enfin, comment vaincre les préjugés contre les homo? L'association est très claire: en les rencontrant, en les connaissant, en les écoutant. C'est très simple: pas moyen d'être homophobe quand on connaît des homo sans son entourage.
J'y ajoute quelques réflexions de Mike Garibaldi, probablement un des grands "ténors" de la pensée militante homo aux États-Unis.
Ainsi, par exemple: Que se cache-t-il derrière l'affirmation que l'homosexualité est un "choix de vie éthiquement inacceptable"? Pourquoi y a-t-il des gens pour croire que c'est un choix? Est-ce parce que ce serait trop "dérangeant" de croire qu'il s'agit de quelque chose qui s'est imposé aux homo? Il y a à réfléchir: l'homophobie comme forme d'insécurité, notamment religieuse... L'homophobie comme signe que l'on a une foi vacillante...
Alors, je ne sais pas s'il fallait rétablir la messe tridentine interdite un précédent pape, Paul 6. Mais j'avoue que ça me semble tellement insignifiant par rapport à d'autres questions (y compris celles qui concerne les homo)...
Et surtout insignifiant par rapport à nos vies!
Profitez de toutes vos Pride, de toutes vos fêtes, de tous vos groupes. Vivez. Chantez. Dansez. Existez avec toutes la force de votre vie. Criez haut et fort que vous avez la vie en vous.
Quant à ceux qui partagent la foi chrétienne, unissons nos prières en un action de grâce. Que le Créateur soit remercié pour ce don particulier qu'il nous a fait. Et que son Amour remplisse nos vies, que nous puissions aimer comme lui.
jeudi 28 juin 2007
443. le poids du scandale
Si vous n'écoutez rien en ce moment,
un petit conseil musical (cliquez ci-dessous):
Jeff Buckley "So Real: Songs From Jeff Buckley"
Je crois que certains hiérarques ont
pris très au sérieux l'avertissement du Seigneur sur la peine à
infliger à ceux qui scandaliseront l'un de ces petits qui sont les
siens. La conscience de la gravité de ce péché de scandale a, hélas,
servi aussi à couvrir bien des fautes de l'Église.
On
s'en rend
compte de plus en plus dans les procès intenté, aux États-Unis, contre
les évêques par
les victimes ou les associations de victimes de prêtres violeurs
d'enfants ou d'adolescents. Quand on voit que, dans un nombre important
de cas, les diocèses jugèrent à l'époque qu'il valait mieux étouffer le
scandale pour le bien des fidèles. Certes, dans la plupart des cas, les évêques concernés sont largement à la retraite ou décédés.
Voici, en illustration, le cas du diocèse du Vermont. Selon l'article que je vous passe en lien, l'évêque a reçu à un moment les enquêteurs pour des plaintes déposées par des victimes présumées d'un prêtre de son diocèse.
Plusieurs fois, dit l'article, les enquêteurs ont eu l'impression que leur interlocuteur était passablement choqué d'être interrogé. Les faits remontent à 1979: clairement, à l'époque, il y avait les évêques "prélats" et les évêques "pasteurs". Cette différence n'existe-t-elle plus aujourd'hui? Je ne le dirais pas de beaucoup de pays. C'est pour ça que cet article m'a semblé éclairant.
Selon l'enquêteur, l'évêque les assura tout d'abord qu'il avait parlé aux familles des présumées victimes et qu'il avait réussi à les convaincre qu'il n'était pas dans leur intérêt, ni celui de leur enfant, de porter toute cette affaire sur la place publique. Selon l'évêque, semble-t-il, le traumatisme du procès serait plus grand que celui de leur viol...
Drôle de conception dont je me demande d'où il la tient...
Les enquêteurs, dit l'article, ont alors tiré de cet échange l'impression que l'évêque connaissait les faits et qu'il faisait en sorte de les étouffer. Le procès dont parle l'article sert d'ailleurs uniquement à prouver que le diocèse savait et n'a rien fait. Le prêtre en question ayant été, en 1985, écarté du sacerdoce et il est décédé quelques années plus tard.
Puis, dit encore le rapport, voyant qu'il n'avait pas réussi à convaincre les enquêteurs (tous deux Catholiques pratiquants), l'évêque les mit en garde contre "le grave péché du scandale". Que voulait-il dire à citer ainsi l'Écriture? Que mettre en cause un évêque pour avoir "couvert" les crimes d'un prêtre est plus grave que de laisser l'affaire tomber dans l'oubli et de ne pas venir en aide aux victimes?
Curieuse échelle des valeurs...
Et c'est quoi une "mise en garde" épiscopale? On est menacé de l'enfer ou quoi? Est-ce un avertissement qu'il s'agit d'un péché qui ne recevra pas l'absolution? Je dois avouer que c'est une expression qui m'a toujours laissé un peu perplexe...
L'article poursuit en expliquant que les enquêteurs se sont sentis outragés par cette menace à peine voilée. Et qu'ils ont mis fin assez brusquement à l'entretien et qu'ils sont sortis avec une résolution renforcée de poursuivre l'enquête.
Pour ce qui est du procès en cours, le journaliste qui a écrit l'article fait remarquer que, plusieurs fois, des autorités diocésaines déclarent que tel ou tel document (sur l'affaire en cours) n'existe pas ou a disparu. Interrogé sur la question, un psychothérapeute ecclésiastique fait remarquer ceci: "C'est vrai que je n'ai trouvé aucun document sur l'affaire qui nous occupe. Mais, dans certains cas, l'absence de documents est plus bruyante que leur présence."
Hélas, le procès a été arrêté pour "vice de forme" (mistrial), la décision (d'un juge contesté) qui fait que, à tout jamais (aucun appel n'est possible), l'affaire est proprement enterrée.
Signe des temps: l'actuel évêque, Mgr Salvatore Matano, qui a été présent dans l'assistance tous les jours du procès, regrette cette fin et a déclaré publiquement qu'il aurait préféré une solution qui apporte la paix aux victimes.
Comme quoi, les temps changent... N'empêche, 30 ans, c'est long...
mercredi 27 juin 2007
442. le troisième rail
Si vous n'écoutez rien en ce moment,
un petit conseil musical (cliquez ci-dessous):
Mstislav Rostropovich "The Glory Of Rostropovich CD1"
Un prêtre gay
quitte la paroisse qu'il aime
Il s'était davantage rapproché de l'assemblée catholique d'Alameda depuis qu'il avait partagé son grand secret durant une homélie de 2005
Matthai Chakko Kuruvila, San Francisco Chronicle, service "Religion"
Samedi 23 juin, 2007
[la traduction est de votre indigne serviteur et bloguemestre; c'est moi qui mets les caractères gras]
La paroisse catholique d'Alameda (dans l'archidiocèse d'Oakland) et son prêtre ont vécu le grand amour ces six dernières années, mais aujourd'hui ils vont se dire adieu.
Les fidèles de la Basilique Saint-Joseph disent que le Père Rich Danyluk les a tissés ensemble en une vraie communauté et leur a offert des homélies tellement inspirées qu'elles les ont forcés à regarder plus profondément dans leurs vies. Le Père Danyluk, connu comme "Father Rich", déclare qu'il part pour vivre une année sabbatique après 31 ans de sacerdoce.
Mais l'ecclésiastique de 59 ans déclare
aussi que Saint-Joseph est l'endroit qui l'a vraiment accepté
totalement, l'endroit où il a dû grandir. C'est aussi là, qu'en 2005, il a dit à l'assemblée qu'il est gay.
Une révélation qui n'a, en fait, pas secoué l'église. La paroisse et son responsable, le seul prêtre gay catholique de la Baie de San Francisco qui est "déplacardé" dans sa communauté, ont même appris à s'aimer l'un l'autre davantage.
[On peut lire le récit de ce "déplacardage" dans l'artice en lien. Très belle histoire. Très émouvante.]
Le pape Benoît 16 a déclaré que l'homosexualité est "objectivement désordonnée" et le Vatican a publié des lignes de conduite, il y a deux ans, expliquant que les gay ne devraient pas entrer au séminaire. Quant au cardinal William Levada, ancien archevêque de San Francisco [et avant cela, d'Oakland], il a affirmé que les prêtres ouvertement gay rendent plus difficile, pour les assemblées, de voir le Christ en la personne de leur prêtre.
Pourtant, 1.800 familles remplissent Saint-Joseph pour les cinq messes dominicales du week-end, et pour entendre Father Rich.
"C'est la personne la plus spirituelle que j'ai jamais rencontrée", déclare Sue Spiersch, 62 ans, Catholique depuis toujours et une fidèle de Saint-Joseph depuis 1972. Selon elle, le père Danyluk a transformé une assemblée d'étrangers en amis.
Quant à Dana Haering, 40 ans, elle aussi Catholique depuis toujours, elle déclare que son curé "a trouvé une manière de vous faire sentir la présence de Dieu, non seulement en tant que prêtre mais aussi en tant qu'ami. N'est-ce pas ainsi que toutes les relations humaines devraient être?"
Le père Danyluk, lui, dit simplement qu'il essaie de vivre selon l'Évangile.
"Être gay dans l'Église Catholique
signifie, selon moi, que pendant toute ma vie j'ai été éduqué dans le
sentiment d'être indigne, que je n'étais pas vraiment à ma place",
expliquait-il dans une interview cette semaine. "Et à entendre toutes
ces choses négatives affirmées par l'Église, à entendre cela sans cesse pendant des années, on en arrive presque à les croire."
"Il y a un passage dans l'Écriture où Dieu dit à Jésus: 'Tu es mon fils bien-aimé en qui je trouve tout mon plasir'. Je crois que Dieu le dit à tout homme, et toute femme il dit: 'Tu es ma fille bien-aimée'. Finalement, cela s'est enraciné en moi, et je n'ai pas besoin d'un prêtre, d'un évêque ou d'un pape pour me dire qui je suis. Je veux que tous les autres disposent de ce même droit."
Les prêtres gay illustrent les paradoxes de l'Église Catholique à propos de l'homosexualité, explique le Père Jim Schexnayder, directeur de formation auprès de l'association nationale des personnes engagées dans la pastorale diocésaine des gay et des lesbiennes (National Association of Catholic Diocesan Lesbian and Gay Ministries).
D'un côté, l'enseignement de l'Église ("les actes homosexuels sont des péchés graves") fait que les voeux de célibat, que prononcent les prêtres, sont un soutien pour les gay catholiques qui cherchent à garder la foi. Par contre, d'un autre côté, peu de prêtres gay sont ouverts ou "publics" sur leur sexualité, car ils craignent des répercussions de la part de leurs supérieurs ou de leurs assemblées.
"L'homosexualité est comme un troisième rail," explique le père Schexnayder [faisant référence à certaines lignes électriques de métro]. "Elle tend à apporter l'effet électrique. Elle apporte beaucoup d'anxiété dans certains cercles... Elle crée cette réalité que beaucoup de gens ne veulent pas voir en face."
Pour l'essentiel de sa vie, le Père
Danyluk a éviter de faire face à son homosexualité. Il déclare avoir su
qu'il était gay en cinquième année du primaire. Au séminaire, à la fin
des années 60, il visitait les chambres de ses compagnons séminaristes.
C'est là qu'il eut ses premières expériences sexuelles... et a vécu en
prétendant que rien n'était jamais arrivé.
"C'est une attitude de malade. On utilise les autres," dit-il maintenant. "On jouait totalement la comédie."
Après quelques années, il commence à boire très fort.
"L'alcool m'a rendu un peu plus libre de faire des choses dont je savais qu'elles étaient mauvaises", dit-il. "Tout simplement, l'alcool étouffe les sens."
Au début des années 80, il commence à voir un conseiller et fait la paix avec son orientation sexuelle. Mais, de temps à autre, il retourne à l'alcool et au sexe illicite. Deux fois, dans les années 90, il est arrêté par la police alors qu'il dirigeait une paroisse dans le Sud de la Californie. Après la seconde arrestation, en novembre 99, il est envoyé dans un centre de désintoxication du Minnesota.
"Un tournant dans ma vie. Avant de partir pour le traitement, j'ai expliqué au fidèles (à la fin de l'office) mon alcoolisme, je me suis excusé et je leur ai demandé de me pardonner et de prier pour moi. Ils se sont tous levés pour m'applaudir." [Le récit de cette scène se trouve également dans l'autre article.]
Il explique ensuite qu'il s'est abstenu de l'alcool et qu'il est resté célibataire depuis lors.
Les fidèles de la paroisse d'Alameda déclarent aujourd'hui que l'influence de Father Rich, depuis son arrivée, a été puissante mais dans de bien des manières, souvent discrète.
Il accueille les enfants en mettant un genou à terre, de sorte que les petits peuvent le voir à la même hauteur. Il a créé une équipe de paroissiens qui préparent les homélies un dimanche par mois. Il a tissé des liens entre paroissiens en créant un pique-nique hebdomadaire après la messe.
Mais plusieurs fidèles soulignent que ce sont ses homélies et ses commentaires qui sont de vrais joyaux. On peut les retrouver dans le bulletin hebdomadaire disponible par e-mail, ou sur un répondeur téléphonique.
En septembre 2005, le Père Danyluk se rend compte qu'il est indigné par les lignes de conduites proposées par le Vatican à propos des séminaristes gay. Elles furent finalement adoptées et interdisent l'accès aux séminaires à ceux qui "pratiquent l'homosexualité, ont une tendance homosexuelle solidement enracinée et encouragent la pseudo culture gay".
C'est alors que le Père Danilyk s'est dit qu'il était temps qu'il parle à sa paroisse.
Il se fait que le thème choisi par la conférence épiscopale pour cette semaine-là était "accepter, et non pas rejeter". À cette occasion, Father Rich se met à raconter durant l'homélie l'histoire de sa tante. Sur son lit de mort, elle s'était mise à pleurer et lui a avoué qu'elle était lesbienne. "J'ai tellement peur d'aller en enfer", disait-elle.
"Ce n'est pas ainsi que Dieu agit", a-t-il rappelé aux fidèles assemblés ce jour-là. Saisissant l'évangéliaire, il le tient alors très haut devant tous, en déclarant: "Ceci est une Bonne Nouvelle pour tout le monde, ou bien ça ne l'est pour personne".
Et d'expliquer que cela inclut les gay et les lesbiennes, et il ajoute: "y compris ceux qui sont là ce matin". Avant de conclure: "Je suis l'un d'entre vous".
Sur le moment, il n'y a pas eu de retour de flamme de l'archevêque d'Oakland, Mgr Allen H. Vigneron, dont le Père Danyluk dit qu'il soutient les prêtres gay. Les responsables diocésains étaient en retraite cette semaine-là et non-disponibles pour un commentaire, avait expliqué la porte-parole du diocèse.
Mais alors que la plupart des paroissiens lui témoignèrent leur soutien, le Père Danyluk remarqua que deux personnes étaient agacées, en particulier la maman de deux enfants inscrits à l'école primaire de la paroisse. Elle demanda vite un rendez-vous avec lui.
"Je suppose que vous allez maintenant pousser les revendications du lobby gay dans nos deux écoles", accusa-t-elle. Mais elle a été incapable de lui expliquer quelles étaient ces fameuses revendications gay.
"Je lui ai répondu que le seul objectif que j'ai poursuivi dans la vie est l'Évangile du Christ", explique le Père Danyluk, qui lui rappela qu'il n'a parlé des gay et lesbiennes qu'un très rare nombre de fois dans ses homélies. "J'ai dit à cette femme: vos deux enfants, je les aime et ils m'aiment, je les traite avec humanité et dans le plus total respect, ce qui n'est pas ce que vous êtes en train de faire avec moi en ce moment."
Il semble que la femme soit toujours dans la paroisse mais qu'elle évite de le rencontrer autant que possible, dit-il.
D'autres fidèles disent que le Père Danyluk a transformé leurs vies.
Mme Haering a notamment rappelé que le
Père a rendu visite à son mari, autrefois un vrai athlète mais atteint
finalement de multiples sclérose. De nombreuses visites pendant les
nombreux mois qui ont épuisé son corps. Juste avant la mort de Dave
Haering en novembre 2005, à l'âge de 38 ans, sa famille, ses amis et
Father Rich se sont rassemblés autour de lui pour une dernière
bénédiction. Durant la prière, le Père Danyluk leur demanda de partager
ce qu'ils avaient appris de Dave.
"Rich a une façon de vous poser juste la bonne question, celle qui vous fait regarder plus profondément à l'intérieur de vous que vous ne pensiez possible," explique Dana Haering. "Mon mari était dans le coma. Il n'allait pas sortir de là. Et pourtant, le Père nous a fait regarder à 'Qu'avons-nous appris de lui?'. Il n'y avait pas une personne dans la pièce qui ne réalisait pas à quel point c'était une bénédiction d'avoir eu Dave dans nos vies, mais aussi d'avoir Rich."
L'original anglais de l'article se trouve à cette adresse.
Un autre article très émouvant raconte le matin de son départ de la paroisse. C'est vraiment une belle histoire paroissiale.
Quant au Père Rich Danyluk, on peut encore probablement le joindre à cette adresse rdanyluk@st-joseph-community.org
Bon voyage, père Rich.
mardi 26 juin 2007
441. les gens de foi en première ligne
Si vous n'écoutez rien pour le moment,
un petit conseil musical:
Fanfare Ciocărlia "Gili Garabdi"
Je suis d'opinion que la Gay Pride Parade de New-York
est un élément majeur en termes symboliques. Non seulement à cause de
son ancienneté (elle a débuté une année après les émeutes du Stonewall
en 1969), mais aussi parce que le déroulement ou le style général de la
parade est
souvent significatif de tendances profondes dans l'ensemble du monde
associatif homo aux États-Unis. Et, sur certains points, les
communautés homo américaines ont plusieurs décennies d'avances sur ce
qui se passe ailleurs dans le monde.
Ainsi, dans les années 70, la
Parade était menée par une série de groupes d'activistes et de
militants.
Et puisque l'idée même de "sortir en pleine lumière" venait de la
résistance des "folles" (contre la police) lors des émeutes de Stonewall,
pas étonnant que le style général "carnaval" se soit imposé à la
Parade. La Parade
était dès l'origine un spectacle, un show, avec une belle dose de
démesure. Pas d'abord une manif' de militants. Grande importance aussi
des autres "thèmes de bars", comme les
"cuirs" ou les "nounours". C'est tout le monde nocturne qui osait se
montrer.
Dans les années 90, ce sont les associations humanitaires
(surtout de lutte contre le sida) qui étaient mises en avant, comme
pour rappeler l'importance de ce combat et le prix que la communauté
homo a payé à cette saloperie de maladie. Une façon aussi de rendre
hommage à ces bénévoles de l'ombre qui sont toutes l'année aux côtés
des souffrants. L'accent est également
passé à des groupes "ethniques" (les Blacks, les Latino, etc.) ou bien
à des représentants des familles homo, des parents homo, des séniors
homo, etc. C'est aussi l'avancée des "professions": les pompiers homo,
les avocats homo, etc. On a vu beaucoup plus de familles complètes
(avec petits enfants) agiter des drapeaux sur les trottoirs, et surtout
beaucoup plus d'hétéro pour venir applaudir le spectacle.
Or, cette année, et
pour la première fois, le comité de la Parade a décidé de mettre les
groupes religieux en toute première ligne, avant les humanitaires et
les politiques. Tout un symbole, je trouve.
C'est ainsi que
l'énorme marche, Grand Marshal en tête, était emmenée par des représentants des différentes
confessions chrétiennes (avec notamment l'association Dignity pour les
Catholiques), mais aussi des Juifs, des Bouddhistes ou d'autres
confessions.
Bien
sûr, il y a encore eu, dans la suite du
défilé, toute l'explosion du carnaval, avec son lot de nudité parfois
provocante, de boa à plumes de toutes les couleurs, de maquillages, de
confusion
des genres et de caricatures, etc. Tout le monde n'est pas amateur du
genre et il y a, je le sais, du mauvais goût (quoi? des homo de mauvais
goût? mais c'est impossible!). Somme toute, je trouve que c'est véniel.
Le carnaval a un rôle a jouer dans toute
société, même chrétienne ou juive. Les siècles passés sont là pour
l'attester.
Par
contre, je le souligne de nouveau: que, dans un pays aussi "religieux"
que les États-Unis, les groupes religieux soient mis en première ligne
lors de la Pride Parade de New-York montre que, sans doute pour la
première fois, il y a une réconciliation entre spiritualité et sexualité.
Pour la première fois, selon moi, les homo "affichés" n'hésitent pas à
se dire des hommes et des femmes de foi, avant d'être des "militants"
ou tout simplement des "fêtards".
Certes, depuis l'origine, il y a eu des services religieux après le défilé. Dont le plus "coloré" est certainement celui tenu chez les Épiscopaliens, avec les vêpres de la Pride, une véritable institution. Il y a avait bien aussi quelques groupes qui participaient à l'intérieur de la Parade. Mais cette année, c'est tout autre chose.
Imaginez, par exemple, si à Paris, Bruxelles ou Rome, les organisations religieuses gay (chrétiennes, mais aussi musulmanes ou juives) étaient en tête du cortège? Pas étonnant que la symbolique n'ait pas échappé aux journalistes présents à New-York, comme vous pouvez le voir dans les articles que je vous donne en référence.
Car trop longtemps, ce sont les homophobes qui ont monopolisé le terrain religieux. Comme s'il était "évident" qu'on ne pouvait pas être, par exemple, chrétien et homophile. Et dans le cas des homo, qu'ils ne pouvaient que vivre dans la haine de ce qu'ils sont et surtout de ce qu'ils font, en particulier quand ils aiment ou qu'ils sont amoureux. En gros, que même les homo doivent tenir un discours homophobe pour être vraiment chrétiens.
Bien sûr, le jour où des évêques, des prêtres ou des religieux viendront marcher en tête de la Gay Pride (comme on a pu voir des maires ou des ministres), j'irai me convertir en vitesse, parce que la Fin des Temps approche... Allez, ne soyons pas pessimiste: disons que je ne le vois pas dans les 20 prochaines années (au moins encore deux pontificats, disons).
Néanmoins, si le monde associatif homo (peut-être à la suite de la terrible épreuve du sida ou à cause de la montée des homophobies basées sur la religion) redécouvre l'importance de tenir aussi un langage spirituel (et pas seulement politique, social, artistique, etc.), je pense que ce monde associatif homo est entré dans un âge plus "adulte", plus proche de l'être humain "complet": corps, intelligence, coeur, et maintenant âme.
Pour les associations cathogay, par exemple, il y a peut-être là le début d'une nouvelle époque. Une nouvelle place à prendre dans l'ensemble des associations concernées par les minorités sexuelles. Peut-être une attitude plus "missionnaire" ou "évangélisatrice", au meilleur sens des termes, quand on a retiré tout sens négatif à ces mots.
Et peut-être que, pour les cathogay eux-mêmes, le fait d'annoncer une Bonne Nouvelle aux autres homo sera aussi le chemin pour qu'ils l'accueillent dans leur propre vie et qu'ils réconcilient leur foi et leur sexualité. Sur ce point là comme dans d'autres, ce ne serait pas la première fois qu'on se trouve en fait soi-même quand on aide les autres à se trouver.
Pour lire plus là dessus:
- "Discussions of religion, marriage mark gay pride celebrations" sur CNN.com
- "Gay Pride Parade highlighted by religious groups" dans le NY Daily News
Et puis, pour le plaisir des yeux, quelques images de la Parade:
mardi 19 juin 2007
440. la bombe à tendance
Parmi les nouvelles de la semaine, il y en a une "franchement diabolique", une "hypocrite" et une franchement déjantée.
La première, hélas, est franchement sinistre. Et d'autant plus inquiétante puisqu'il s'agit d'une affaire que se déroule à Glasgow, en Écosse, pratiquement à nos portes. Hélas, ce n'est plus la situation qui se passe dans le fin-fonds de l'un de ces états "carrés" du milieu des États-Unis.
Il s'agit d'une femme de 58 ans, ancienne enseignante, qui pense avoir reçu comme "mission divine" de nettoyer l'Église de tous les religieux et prêtres homosexuels ou simplement homophiles. Les uns parce qu'ils polluent son Église avec leur impureté, et les autres parce que ce sont des hypocrites qui ne respectent pas la doctrine officielle du Magistère.
Il y a toujours, dans l'Église et dans le monde, et cela à toutes les époques, des Torquemada auto-proclamés. Avec les Juifs et les sorcières, il est d'ailleurs probable que les "sodomites" ont été parmi les plus visés par ces zélateurs de la pureté de la foi et de la morale.
Et en fait, je ne blâme pas vraiment cette femme. Car après tout, à lire le discours officiel homophobe des évêques (et notamment parmi les cardinaux britanniques), la "triste mafia homosexuelle" est un tel danger pour la jeunesse, pour la famille, par la société, pour l'Église, et même pour le plan créateur de Dieu, que j'en reste étonné qu'il n'y ait pas plus de gens comme elle.
Pour l'instant, elle déclare une liste d'une dizaine de prêtres qu'elle a ainsi dé-placardés. Qu'ils soient homo et surtout s'ils ne le sont pas, ils ont bien sûr toute ma sympathie. Elle assure aussi qu'il y en a encore une dizaine sur sa liste. Selon sa technique, elle va écrire des dizaines de courriers et de courriels par jour pour poser les mêmes questions. Du genre: admettez que vous êtes homo, admettez que vous êtes en désaccord avec la doctrine de l'Église, etc.
Parmi les homophiles, elle vise particulièrement les prêtres qui ont autorisé des groupes homo à se réunir dans des locaux paroissiaux ou ceux qui ont accepté des homo dans des charges comme catéchistes, choristes, etc. Je vous parie que toute la délation du monde vient attérir sur son site baptisé pompeusement Catholic Truth. Je vous parie que tous les "corbeaux" et les plumes vénéneuses en sont toutes excitées et que la médisance et la calomnie vont redevenir des péchés de pointe.
En fait, sur un point bien précis, elle est la preuve vivante de ce que tout les homosexuels savent: à première vue, ils ne sont en rien différents des autres.
Certes, je me réjouis de ce que les évêques écossais aient demandé à cette dame de cesser son harcèlement. J'aurais préféré qu'ils admettent leur responsabilité: on ne peut pas crier ainsi au loup à propos des homo et puis faire comme si on n'était pas d'accord avec toutes les battues pour chasser le loup du bois. Car vous voulez parier que d'autres Torquemada anti-homo vont apparaître ailleurs, notamment sur le continent?
Déjà, à lire le courrier des lecteurs de certains journaux, on voit des gens se demander si cette femme n'a pas raison. Des commentaire du genre: "où est le mal à demander à un prêtre s'il est homosexuel ou s'il est d'accord avec la doctrine de l'Église sur l'homosexualité?" Comme si ça ne faisait pas des siècles que les homo ont appris à mentir dès qu'on leur pose cette question... Comme s'ils n'apprenaient à mentir là dessus pratiquement au berceau...
Aux prêtres écossais, et aux autres, j'exprime toute ma sympathie et l'assurance de mes prières.
Une autre nouvelle (merci de me l'avoir communiquée), tout à fait officielle: le projet de bombe gay. Le Pentagone (l'équivalent américain d'un ministère de la défense) a clairement démenti qu'il y ait pour le moment, des recherches sur une bombe gay mais en admettant qu'un projet avait existé dans le passé.
Si vous écoutez la vidéo ci-dessous, vous pourrez voir que pas moins de 7 millions et demi (des dollars, mais tout de même) ont été débloqué pour mettre au point un produit qui transformerait tous les mâles d'une région en queutard pédé en rut permanent. Des gens tellement en rut qu'ils n'arriveraient plus à se concentrer sur le fait de se défendre ou de prévenir une attaque.
En soi, c'est risible, si ce n'était les énormes sommes investies. Mais les homosexuels américains prennent ça très mal, en particulier les anciens militaires. Comment est-ce possible, disent-ils, qu'un comité, chargé tout de même de l'argent des contribuables, ait autorisé des recherches basées sur des préjugés aussi homophobes? Comme si les homo n'étaient pas capable de se battre et qu'ils n'avaient pas montré, depuis le Bataillon Sacré de Thèbes, qu'ils pouvaient être parmi les meilleurs combattants du monde. Comme si, dans la vie de tous les jours, tous les homo n'étaient juste que des obsédés du sexe.
Ceci dit, si je voulais être cynique, je dirais que ce projet du Pentagone jette une pierre dans le jardin du Vatican. Car comment pourrait-t-on mettre une "tendance" dans un bombe? Comme quoi, même chez les homophobes, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord entre eux sur ce qu'est l'homosexualité.
Enfin, terminons avec une pièce plus drôle: l'assurance Déplacardage. Car même les parents totalement homophiles doivent faire face à d'importantes dépenses quand leur fils leur avoue finalement qu'il est homo. Dépenses de vêtements, de cosmétiques, de spectacles... cours de danse, séances de manucure... Heureusement, il y a l'assurance Déplacardage. Un petit régal...

















