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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

mardi 19 juin 2007

439. l'auréole du martyr

Je le savais: les déboires judiciaires de Mgr Tony Ana-trella (en octobre 2006, inculpation auprès de la brigade des mineurs à Paris) lui valent en fait un surcroît de notoriété positive et le pape vient de confirmer sa nomination au poste de consulteur du Conseil Pontifical pour la Famille.

 

C'est la tendance actuellement. Je vous la caricature à peine: quand un thuriféraire du Vatican se fait attaquer, et notamment pour des raisons personnelles, ce ne peut être, n'est-ce pas, qu'une Attaque Contre la Foi Catholique et Notre Sainte Mère l'Église. C'est, bien sûr, la preuve qu'il est un Défenseur de la Juste Cause. Car, logiquement, la Vérité se reconnaît au fait qu'on l'attaque.

Haro sur le "triste lobby homosexuel" (triste, par référence à gay). Faisons bloc pour défendre nos hérault de la vérité. Achetons leurs livres, publions leurs écrits, invitons-les à nous faire des conférences.

J'exagère? Je ne crois pas. Les plaignants ne sont forcémment pas des victimes présumées mais des anti-catholiques certains et pré-condamnées (aucune pitié pour eux, ce sont des agresseurs et des terroristes). Je trouve très significatif que le Vatican ne juge pas utile d'attendre au moins les premiers éléments de l'enquête judiciaire pour déjà décider que les plaignants sont des menteurs.

En fait, il est probable que les homophobes actuellement en vue au Vatican ont besoin du vernis scientifique anatrellien pour maintenir des thèses qui sont récusées en dehors de la sphère religieuse. En fait, ce que Ana-trella leur offre, c'est la transposition de la notion de "tentation homosexuelle" (qui est une catégorie religieuse) en "tendance homosexuelle" (qui a une fine couche de caractère scientifique).

On part du très religieux: les fidèles qui éprouvent la tentation homosexuelle (ou l'adultère, ou le viol, ou toute autre tentation grave) doivent la combattre de toutes leurs forces, de peur qu'elle ne les entraîne vers le péché mortel, et ne jamais accepter le moindre compromis avec la tentation. Et on aboutit au vernis scientifique: les personnes à tendance homosexuelle, bien que n'étant pas en faute de l'être, doivent éviter absolument de poser des actes inspirés par cette tendance, de peur qu'ils ne s'y installent et ne mènent une vie gravement désordonnée.

Je croyais que la thèse officielle de l'Église sur le rapport entre "science et foi", c'était que la doctrine religieuse acceptait de se remettre en question et d'adapter son langage suite à l'évolution de la connaissance scientifique. Il semble que cela soit dépassé: on n'est plus ni sous Paul 6 ni sous Jean-Paul 2.

Mais, avec le pape actuel (qui différe en cela totalement de son prédecesseur), la théologie redevient la "science majeure" qui juge toutes les autres. C'est elle qui interroge les sciences, pas le contraire. La théologie est celle qui dit la vérité finale sur l'être humain.

Dès lors, logiquement, s'il arrive que la science ne dise pas la même chose que la théologie, il faut juste inviter les scientifiques à plus d'humilité et à ne pas croire qu'ils ont fini de chercher. Il faut les inviter à poursuivre leur route pour trouver des formulations qui rendent compte des vérités que la théologie a déjà contemplées et que la science cherche encore. La théologie n'a pas à changer: il lui suffit d'attendre les scientifiques qui vont lui donner raison.

D'où l'apport d'un Ana-trella, qui donne ainsi à la doctrine officielle de l'Église de se maintenir telle quelle en s'appuyant sur les discours (pseudo)scientifiques de ses "consulteurs" choisis pour leur docilité. Pas question de consulter quelqu'un qui nous mènerait à revoir nos positions, sauf de manière purement cosmétique. D'où aussi les interventions du cardinal de Vienne qui, sans être officiellement "créationniste", voudrait tout de même que les scientifiques tiennent compte du Dessein Provindentiel du Créateur quand ils parlent de la naissance et de l'évolution de l'univers.

Quand on avance plus loin, on sent aussi la pression pour que les cours de psychologie donnés dans les universités catholiques, dans les grands séminaires et les instituts religieux soient plutôt ceux qui encensent la doctrine officielle. Allez voir aussi du côté des libraires religieux et jetez un coup d'oeil au rayon "psychologie", c'est instructif. Du coup, des générations de jeunes prêtres et le nouveau personnel religieux ne peut penser des homosexuels que ce qui sort des livres d'Ana-trella et consort.

Et tant pis si la communauté scientifique trouve ces théories fumeuses et pro domo. Tant pis si ces "consulteurs" ne sont pas reconnus par leurs pairs hors des sphères catholiques, puisque ce sont les seules qui savent vraiment. Le Magistère a toujours raison: c'est une constante bi-millénaire, n'est-ce pas.

Pour moi, avec des gens comme Ana-trella murmurant dans l'oreille du pape, rien de bien ne sera jamais dit sur vous, les homosexuels: vous n'êtes que des êtres faibles, qui par choix ou par traumatisme, avez laissé toute la place à la tentation homosexuelle au lieu de la combattre avec la force de la foi et de l'espérance. Choisissant le mal, vous ne ferez jamais rien de bien: vous serez à jamais des manipulateurs narcissiques, avec une tendance au mensonge et à ne voir que votre intérêt personnel. Vous n'aurez jamais aucun sens du bien, ayant renoncé à vous éloigner de la tentation. Vous avez travesti le mal en bien, faisant de la tentation quelque chose de positif, qui définit votre identité. Pire, vous formerez entre vous des groupes clandestins, des coteries, où vous exclurez les autres avec mépris. Enfin, vous regardez avec cynisme ce que les autres réalisent de bien et que vous n'atteindrez jamais. Vous finirez tristes et malheureux, solitaires et tristes ou grégaires et tristes. Vous deviendrez un danger pour la société qui vous accepte et pour vous mêmes.

Voilà le destin de toute personne qui ne combat pas l'homosexualité de toute ses forces, selon Ana-trella. C'est clair, avec ce genre de portrait qu'Ana-trella fait des homo, le pape n'a pas d'autre choix que de combattre de toutes ses forces toute forme de reconnaissance de l'homosexualité (par l'Église ou la société civile). Il n'a pas d'autre choix que de mobiliser toutes les ressources du monde catholique.

Reste à espérer soit qu'une pensée chrétienne positive sur l'homosexualité soit reconnue, ou que les enquêtes judiciaires aboutissent à une remise en cause totale.

Quant aux homosexuels, ils savent ce qu'ils ont à faire: être heureux, former des communautés où leur bonheur est visible, créer des "sanctuaires" où accueillir les épaves afin qu'elles soient réparées et qu'elles puissent repartir en haute mer...

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dimanche 17 juin 2007

438. manifestation avec la langue

Est-ce que quelqu'un d'autre d'entre vous a écrit quelque part sur la manifestation qu'Act-Up a organisée le 17 mai dernier, à l'occasion de l'IDAHO (International Day Against Homophobia)?

Pour ma part, je trouve ça génial: devant l'ambassade du Nigéria, ils ont organisé un Kiss-In. C'est comme un Sit-In, sauf qu'à la place de s'asseoir par terre et de bloquer le trottoir, on place devant la porte des couples qui se roulent des pelles bien longtemps et en y mettant toute la langue.

kiss_in_1

Je re-dis que c'est génial: absolument non-violent, complètement légal, parfaitement silencieux et propre, magnifiquement symbolique et superbement choquant pour les homophobes. Pas besoin de longs discours ou d'explications sur les motifs de la manifestation ni sur les revendications des participants.

Car, effectivement, ni la presse, ni les passants, ni l'ambassade visée ne se retourneraient plus d'une demi-seconde devant quelques dizaines ou quelques centaines de manifestants assis par terre en Sit-In, avec les habituelles pancartes et quelques discours au gueulophone à piles.

Pour ma part, j'encourage totalement cette forme de manifestation. Partout. Et comme je rêve de voir des dizaines de couples s'embrasser pendant des heures devant les ambassades du Vatican, devant les palais épiscopaux et à la porte de cathédrales. Devant les salles où sont organisées des conférences d'homophobes, en particulier des conférenciers catholiques.

Car, après tout, c'est légal pour des amoureux de s'embrasse en rue. Mais, dans le cas des homo, ça reste un formidable acte de provocation ou de rébellion (sans parler du danger si on le fait à deux, sans être protégés par le groupe).

Vous vous rendez compte? Notre plus grande arme pour manifester en public, ce ne sont pas les slogans, ce ne sont pas les marches ou les occupations, ce ne sont pas les grands défilés. Ce sont des baisers longuement partagés en pleine lumière, en public.

Le plus grand défi que les homo peuvent opposer à l'homophobie, c'est de s'embrasse devant tout le monde. C'est tout simplement sublime.

Je suis particulièrement heureux qu'une association comme Act-Up l'ait compris. J'ai le plus grand respect pour eux parce que, il faut le souligner, si ce n'était pas grâce à eux et à leurs méthodes (dont j'admets qu'elles sont musclées et parfois exagérées), des milliers de garçons et de filles malades du sida auraient tout bonnement été ignorés et abandonnés à leur sort, faute d'argent public ou de réaction des grandes institutions.

Et j'invite toutes les autres associations homo à utiliser largement cette forme de manifestation qui nous appartient en propre totalement. Ceci dit, je suis en train de me dire qu'il sera beaucoup plus facile d'amener des homo à manifester si on leur dit que tout ce qu'ils ont à faire, c'est se rouler des pelles pendant des heures. Pas vrai? Il se pourrait même qu'on doive refuser des volontaires ou organiser des tournantes. C'est tout bon pour les associations, ce genre de "découverte".

kiss_in_2

En plus, avec ce genre d'actions Kiss-In, il n'est pas nécessaire d'être des dizaines ou des centaines. Un ou deux couples qui s'embrassent sont probablement suffisants pour attirer l'attention, tellement c'est rare en public.

Notre arme de destruction massive de l'homophobie a été inventée, Dieu soit loué. Elle simple, forte et efficace. Partout où il y a des homophobes ou des discours homophobes, embrassez-vous. C'est génial. Mais là, je risque de me répéter...

Allez, je vous laisse avec la vidéo d'Act-Up, assez sérieuse au début mais tout à fait rafraîchissante à la fin.

IDAHO, Kiss-in devant l'ambassade du Nigéria à Paris
envoyé par ActUpParis

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vendredi 15 juin 2007

437. l'amour est-il victorieux toujours

Parfois, je me demande si l'Histoire avance ou si elle recule. Bien sûr, je pense à des questions autour de la vie des minorités sexuelles, et en particulier des homo. Comme souvent (et parce que l'Histoire avance ET recule), j'en suis réduit à regarder l'anecdote, le petit détail véritablement symbolique qui va m'aider à voir clair. Puisque je ne suis "personne" (sauf que je suis célèbre pour certains d'entre vous, merci du fond du coeur), je peux finalement choisir de voir l'Histoire comme je veux...

Et disons qu'aujourd'hui, je choisis de la regarder avec un regard positif...

Le parlement local du Massachusetts (je ne sais jamais si j'ai mis assez de S et de T dans ce nom-là) vient de rejeter la demande de soumettre le mariage homo au référendum populaire. Ce qui fait que, pour "toujours" (ou au moins jusque 2012), les unions de même sexe sont coulées dans le bronze de la légalité.

Grande déception des homophobes, d'autant plus que la majorité a été extrêmement étroite (une voix, je pense). Très grande déception de l'épiscopat catholique, notamment, qui a bataillé de toutes les manières possibles pour obtenir que l'État du Massachusetts permette à une consultation populaire de décider si, oui ou non, les homo doivent avoir le droit (comme ils l'ont depuis 2004) de voir leurs couples et leurs familles protégés comme les autres.

Je ne vais pas m'étendre sur cette croyance un peu naïve que les positions homophobes actuelles, notamment dans la hiérarchie catholique, sont celles que la majorité de la population soutiendrait lors d'un référendum. Ni sur cet aveuglement qu'il y a à ignorer que, depuis 2004, aucun de ces mariages homo n'a mis en danger le mariage hétéro ni conduit la société à un quelconque écroulement. Sans parler du fait que, semble-t-il, la colère divine ne s'est abattue sur personne (et d'ailleurs elle n'existe pas).

Néanmoins, l'argument des parlementaires locaux est, selon moi, le point principal à retenir: ce n'est pas à la majorité de voter pour accorder des droits à une minorité. Comme l'a expliqué l'un des réprésentants: il ne serait pas démocratique de voter en faveur d'un référendum qui aurait pour conséquence éventuelle de priver une minorité de ses droits légitimes. En d'autres termes, pour prendre le point de vue inverse, il n'est pas juste qu'une majorité prétende être agressée par l'existence d'une minorité et demande que cette dernière soit mise sur le côté (toujours dans une société démocratique, s'entend).

Et à l'occasion de cette bataille législative qui est, je l'admets, fort locale, on s'est souvenu du 40ème anniversaire du jugement Loving vs Virginia. Un jugement du 12 juin 1967 et qui a mis fin à une des lois les plus racistes, celle de l'interdit de "mélange inter-racial" (anti-miscegenation law) et dont le rappel aujourd'hui est particulièrement opportun dans la lutte en faveur des droits des minorités sexuelles.

Je vous raconte l'histoire, qui commence de la manière la plus simple, la plus banale et la plus romantique du monde: Richard Loving et Mildred Jeter sont amoureux l'un de l'autre. Ils se marient en 1958, à l'occasion d'un voyage à Washington DC. Comme Richard est blanc et Mildred est noire, ils espéraient ainsi échapper à l'interdit en vigueur dans l'État de Virginie où ils résident. Malheureusement, ça se sait et le tribunal les condamne non pas à la sentence prévue d'un an de prison, mais à une peine plus légère: 25 ans d'exil hors de l'État de Virginie.

lovings_1

On pourrait penser (et je crois que c'est juste) que le juge a voulu faire à la fois preuve de clémence dans la peine mais de sévérité dans la condamnation. Ainsi le juge avait rappelé, dans son arrêt, la motivation et le bien-fondé de la loi (aujourd'hui pourtant, on trouverait ce jugement cruel). Dans l'article wikipédique en français, on peut lire que le juge, Leon Bazile, a fait ce jour-là écho à l'interprétation du XVIIIe siècle par Johann Friedrich Blumenbach du terme "race", proclamant que :"Dieu Tout-puissant créa les races blanches, noires, jaunes, malaies et rouges, et les plaça sur des continents séparés. Et, sauf l'interférence avec ses dispositions il n'y aurait aucune cause pour de tels mariages. Le fait qu'il sépara les races montre qu'il n'avait pas pour intention qu'elles se mélangent." Mais la peine d'exil était, effectivement, plus humaine qu'une peine de prison.

Néanmoins, les deux jeunes mariés (qui décident tout de même de déménager hors de Virginie) en font une question de principe: ils s'opposent au jugement et s'adressent à la Cour Suprême. Et les juges de la Cour Suprême, de manière unanime, finirent par décider que la notion de race est intenable, en particulier pour justifier une quelconque discrimination en matière d'amour et de mariage.

Signalons en passant que, malgré ce jugement, ce n'est qu'en 2000 que le dernier état "raciste" des États-Unis a fini par abroger la "loi anti mélange génétique".

Et toujours pour la petite histoire, on a fait de cette belle histoire un film "Mr & Mrs Loving" (photo ci-dessous), avec le très décoratif Timothy Hutton dans le rôle titre. De plus, le 12 juin a été proclamé le Loving Day, un titre on ne peut plus approprié, par beaucoup de mouvements de défense des droits civiques.

lovings_2

Aujourd'hui, cet anniversaire est largement utilisé par les défenseurs du mariage homo, avec d'ailleurs la bénédiction de Mildred Loving (son mari est décédé dans les années 70). Voici ce qu'elle écrit: (je traduis): "Je suis fière que le nom de Richard et le mien apparaissent de nouveau dans une affaire judiciaire visant à rendre l'amour, l'engagement et la justice plus forts. Et qui vise à rendre plus fortes les familles que tant de gens, blanc ou noir, jeune ou âgés, gay ou hétéro, cherchent à construire dans leurs vies. Je défends le droit de tous à se marier." Une lettre qu'elle écrivait à Stuart Gaffney, 44 ans, un chercheur de l'UCSF (University of California at San Francisco) et à son partenaire (de 20 ans) John Lewis, 48 ans, qui sont les plaignants contre l'état de Californie pour obtenir l'égalité dans le mariage sur base du cas Loving vs Virginia. Le curieux de l'affaire, c'est que Stuart Gaffney est lui-même le produit d'un couple "sino-caucasien", interdit au moment de sa naissance.

Et de souligner, surtout en lumière course à la présidentielle américaine, que le sénateur Obama (candidat chez les Démocrates) ne serait pas là aujourd'hui si le couple Loving ne s'était pas battu pour leur droit à se marier.

Ceux qui combattent pour l'égalité dans le droit de se marier soulignent que l'institution du mariage a déjà beaucoup évolué dans les deux derniers siècles et qu'elle doit encore le faire: interdiction de la polygamie, fin de l'autorité absolue du mari sur son épouse, légalisation du divorce et de la contraception (même à l'intérieur du mariage), fin de l'interdit de mariage inter-racial, etc. Une série d'évolutions auxquelles les "traditionnalistes" (y compris religieux) se sont toujours opposés mais qui, aujourd'hui, semblent des évidences pour la plupart des gens. Les défenseurs du mariage homo espèrent que l'évolution va continuer dans le bon sens.

Vu d'un point de vue religieux et chrétien, je me demande si les homophobes voient la contradiction qu'il y a à se dire croyant et à empêcher qu'un amour vrai, durable et fort soit reconnu publiquement. Pour ma part, je crois en la victoire de l'amour, dans ce domaine comme dans tous les autres. Je ne vois pas ce que je pourrais croire d'autre.

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jeudi 14 juin 2007

436. devenir beau

Hier soir, j'étais invité au concert de Macy Gray, à l'Ancienne Belgique, une sympathique salle qui était bourrée à craquer d'une foule absolument ravie du spectacle.

Pour ceux qui l'ignorent, Macy Gray a été découverte par le monde entier en 1999 avec son extraordinaire "I Try", une chanson d'amour parmi, selon moi, les meilleures du monde.

Macy_Gray_1

Cliquer ci-dessous pour écouter la chanson
Macy Gray "On How Life Is" (1999) — I Try

Mais ce qui m'a touché, c'est un de ses commentaires. Je vous le cite de mémoire, in zeuh ineglisheuh:

« If you feel sad or confused,
here is my advice.
Just be beautiful. »

Je ne vais pas vous faire tout un exposé sur la beauté comme thérapeutique (je laisse ça à d'autres qui se reconnaîtront ici).

Simplement, je trouve qu'il s'agit d'un conseil qui change de l'ordinaire. Souvent, on entend: quand ça va mal, il faut se reprendre, ou se distraire, ou se convertir, ou que sais-je encore. Ici, Macy Gray propose une toute autre route. Je pourrais traduire comme ceci: "Quand ça va mal, ou que tu es en plein brouillard, voici mon conseil. Fais-toi beau."

Un conseil que je veux donner aujourd'hui à ceux d'entre vous qui m'écrivent que leur vie n'est pas rose tous les jours. Et je leur dis: ne cherchez pas le prince charmant, ne cherchez pas à vous améliorer ou à corriger vos défauts, ne cherchez même pas à vous examiner ou vous analyser. Juste ceci: faites-vous beau.

Excellent conseil. Méditez-le en écoutant son dernier album, "Big", qui vient de sortir:

big

Écoutez l'ensemble de l'album
Macy Gray "Big"

Et pour ceux d'entre vous (à Toulouse notamment), qui sont d'un autre genre musical, voici le dernier enregistrement d'un groupe qui s'appelle The Hilliard Ensemble et qui vient de sortir des mottets de Bach.


motteten

Écoutez l'ensemble de l'album
Bach, Johann Sebastian "Motetten (The Hilliard Ensemble)"

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mercredi 13 juin 2007

435. une malédiction de plus

Le projet d'une Gay Pride à Jérusalem rencontre de très nombreuses oppositions, dont les plus violentes viennent du monde religieux. Une précision immédiate: les organisateurs n'ont pas du tout l'intention de parader à Jérusalem comme à Paris, à Londres ou à New-York, qui sont plus un grand carnaval débridé et exhubérant. Dans le cas des gay d'Israel, il s'agit plutôt d'une parade "à la romaine", comme quand les homo italiens avaient organisés une parade, ma foi, très "contenue et sobre" à Rome pendant le jubilé de l'an 2000. Donc, ce n'est pas l'argument d'indécence vestimentaire ou de nudité qui fait hurler les religieux israéliens.

Disons-le clairement: la simple présence (même pacifique et décemment vêtue) d'homosexuels à Jérusalem est considérée comme en soi blasphématoire, une atteinte à la sainteté de cette ville. Je souligne l'argument pour ceux qui n'auraient pas saisi: votre simple présence d'homo dans une église, une ville sainte, ou un autre édifice religieux est déjà en soi un blasphème, une impureté, un hurlement à la face du Ciel. Car se dire homosexuel, c'est choisir la tentation et donc refuser le bien, et par conséquence refuser Dieu. C'est clair et implacable.

Voilà pourquoi des religieux juifs radicaux ont lancé une malédiction contre ceux qui participeraient à la Gay Pride de Jérusalem et même contre les policiers qui empêcheront les "vrais" religieux de donner à ces sales pédé la râclée qu'ils méritent et de les renvoyer dans le trou à rats dont ils n'auraient jamais dû sortir.

Je vous cite le texte "officiel" tel qu'il a été placardé sur des affiches dans toute la ville: "Tous ceux qui sont impliqués dans cet affaire, toutes ces âmes impures et tous ceux qui les protègeront, vont éprouver la malédiction dans leur âme, un mauvais esprit viendra sur eux pour les hanter, ils ne seront jamais lavés de leurs péchés, ni sauvés du jugement de Dieu, que ce soit dans leurs corps, leurs âmes et leurs biens (sic)."

Bon, d'accord, il s'agit d'un groupe radical extrémiste. Et, franchement, ça fait des siècles que tous ces "sales sodomites" vivent sous la malédiction de la plupart des religions (pour l'effet que ça a...). N'empêche, on est en 2007 et j'aurais espéré ne plus avoir à lire ce genre de choses...

En sens inverse, je salue la police roumaine qui n'a pas hésité à utiliser les grands moyens pour protéger le droit des homo de Bucarest à défiler avec l'autorisation des autorités de la ville. Beaucoup de groupes religieux anti-gay, notamment des satellites du Patriarcat (orthodoxe) de Roumanie, ce sont insurgés contre ces "barbaries policières", mais quand je vois comment ça c'est passé à Moscou, je suis heureux de voir qu'au contraire, ce nouveau "pays membre" a eu à coeur de défendre le droit des minorités sexuelles à se montrer et à exister.

Passons aux États-Unis où certains évêques ont installé il y a de nombreuses années une commission de psychologues pour filtrer les candidats au sacerdoce. Parmi les "filtres", le fait de détecter si le candidat est homo ou non.

Néanmoins, dit l'article que je vous propose en lien, ces psycholoques ont clairement affirmé qu'ils ne pensent pas qu'un homo soit moins capable qu'un hétéro de vivre le célibat. Ni que les homo sont "prédisposés" à abuser sexuellement des enfants (du moins ni plus ni moins que les hétéro). Interrogés par les journalistes sur cette question, l'un des psychologue a simplement répondu que, selon lui, l'intention du Vatican n'est pas d'arrêter tous les candidats homosexuels mais seulement ceux qui ont vécu une expérience homosexuelle qui rendrait leur sacerdoce difficile... Mouais, du moment qu'on fait la même chose pour les candidats hétéro, il n'y a, de fait, pas de problème...

Mais, selon moi, ce n'est pas l'avis des évêques qui les ont nommés pour filtrer les candidats au sacerdoce: dans l'article, on explique que l'homosexualité n'est qu'un détail parmi d'autres pour les experts (qui s'en tiennent à la position de l'American Psychiatric Association) mais que les évêques ont tendance à en faire un point crucial dans leur réception ou non de la candidature. Comme quoi, sur ce sujet comme dans d'autres, les évêques savent mieux que les experts scientifiques.

Soulignons, en sens inverse, qu'un diocèse, après avoir lu l'instruction romaine, a demandé que les psychologues ne lui communiquent plus les données sur les "tendances sexuelles" du candidat (et cela pour ne pas handicaper l'éventuelle carrière de ce futur prêtre dans l'Église). Comme quoi, clairement, il y a des évêques plus homophobes que d'autres...

De plus, admettent les psychologues, il leur est arrivé de donner un avis positif pour des gens qui se sont révélés pédophiles par la suite. J'en déduis que ces experts ont l'air scientifiquement sérieux. Par contre, j'ai des choses à dire sur la volonté des évêques d'écarter tous les candidats "potentiellement homosexuels". Mais vous lirez dans l'article que la rumeur circule que le pape entend ajouter une note à sa fameuse "instruction", dans laquelle il préciserait que c'est la capacité au célibat qui compte, pas le fait de filtrer des "hommes à tendance homosexuelle". De fait, je ne serais pas étonné que les homophobes ont forcé la pensée de Benoît 16. On verra si cette rumeur se vérifie...

Pour terminer, je vous laisse avec un article qui rappelle pourquoi le mois de juin est, depuis presque 4 décennies, celui de la prise de conscience des minorités sexuelles. Alors, je vois déjà les commentaires de quelques allumés (mentionnés à la fin de l'article, dans les "contre"): "Quoi? Juin le mois des homo? Et à quand un mois des hétéro?". Mais, gros malins, pour les hétéro, il y a tous les autres mois de l'année...

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mardi 12 juin 2007

434. la valeur de quelques pages

Quelqu'un, un peu par hasard, m'a rappelé que le 12 juin est l'anniversaire de la naissance d'Anne Frank. Mais ce qui a attiré mon attention, c'est que son fameux "cahier" a été en fait son cadeau d'anniversaire, à l'occasion de ses douze ans, en 1942. Toute heureuse que son père se soit souvenu de son envie pour ce cahier, elle l'appelle Kitty et commence pratiquement dès le jour même à y inscrire, d'abord une description d'elle-même, puis les notes prises au jour le jour.

On connaît le destin de ce cahier, appelé à émouvoir et à éveiller les consciences depuis des décennies et, je le crois, encore pendant longtemps. D'ailleurs, toujours selon moi, aucune version cinéma ne rendra jamais la force tranquille des écrits de cette toute petite fille.

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Bien sûr, nous ne vivons plus à l'époque où la plus grande joie d'une petite fille, c'est de se voir offrir un cahier de notes pour son 12ème anniversaire. Ceux d'entre vous qui ont des nièces ou des filles savent de quoi je parle...

Et de même, j'imagine mal un jeune, aujourd'hui, étant aussi assidu dans l'écriture. Oui, je sais, il y en a encore et je suis d'accord qu'Anne Frank était exceptionnellement attirée par l'écriture, même à une époque sans télé et sans internet.

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Monument à Bergen Belsen

Je rêve d'avoir des jeunes homo qui soient aussi doués qu'elles pour raconter leur vie, leurs joies, leurs difficultés, leurs errances... Certes, il y a de très belles autobiographies d'homo, mais ce sont souvent des "quadra" voire plus âgé qui écrivent le plus souvent.

Vous me direz que le blogue ou l'internet en général pourrait permettre la diffusion de ces "journaux extimes" pour reprendre l'expression de... euh.... l'un d'entre vous, je ne sais plus. Mais s'il y a abondance d'écrits, il n'y a pas toujours l'art ou la substance... S'il existe et s'il est bien écrit, le "journal d'un ado homo" vaut certainement la peine d'une publication.

Car, autant je suis ravi d'apprendre que plus de 3 millions de personnes se sont rassemblées pour la Gay Pride de Sao Paulo (et je vous laisse deviner l'ambiance), autant je tire mon chapeau à la postérité du tout petit carnet d'une toute petite fille qui écrivait, cachée de tous, à Amsterdam. Et à titre personnel, sans espérer la notoriété d'Anne Frank, j'aimerais beaucoup que nos écrits de pédéblogueurs émeuvent et touchent les coeurs, surtout de ceux qui croient qu'ils sont tous seuls.

Et si on créait une sorte de "Goncourt" de la littérature gay francophone? Je veux bien être membre du jury, et je connais d'ailleurs quelques très bonnes tables où nous pourrions délibérer...

Pour en revenir à Sao Paulo, la presse n'a pas manquer de faire remarquer qu'il n'y a eu qu'un million à peine à la toute grande messe pour la venue du pape. Mais, honnêtement, on ne peut pas comparer: malgré tous les efforts remarqués par la presse (notamment pour le couvre-chef), le pape est très loin d'avoir des costumes aussi attirants que ceux d'une gay pride. Mais que font ses conseillers artistiques???

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dimanche 10 juin 2007

433. le Grand (et son grand amour)

J'ai souvent été fasciné par la personnalité d'Alexandre III de Macédoine (dit "le Grand"), et cela bien avant de savoir à quel point il est l'un des homo les plus célèbres de l'Histoire de l'humanité. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de sa mort en 323 av. JC.

alexandre


Quel destin extraordinaire que celui de cet homme! Mais loin de ses prouesses militaires et politiques, c'est l'occasion de rappeler qu'il étudia sous la houlette d'Aristote soi-même (Alexandre donne des détails pas très gentils de leurs relations sexuelles, par exemple qu'Aristote "gémissait comme un petit chien"). Et dans cette "école" hors du commun, il développe sa relation avec celui qui deviendra l'homme de sa vie, Héphaestion, celui-là  même dont la mort affectera tellement Alexandre que l'on peut y voir la cause principale de son écroulement.

En visitant les ruines de Troie, Héphaestion et Alexandre déposent une couronne sur la tombe d'Achille et de Patrocle, laissant ainsi entendre qu'ils étaient amants "à la vie, à la mort", unis par la même force et le même engagement que les deux célèbres héros antiques. Il faut dire qu'Aristote avait beaucoup insisté sur l'Iliade dans l'éducation du jeune Alexandre. Et lorsqu'un roi vaincu confond Héphaestion avec Alexandre, ce dernier répond "peu importe, Hephaestion est aussi Alexandre" (une phrase qui fera le tour du monde).

On dit d'ailleurs, que durant leur jeunesse athénienne, les deux jeunes gens se sont promis fidélité sur la tombe de Iolaos, l'amant d'Hercule, à Thèbes là où des centaines de jeunes Grecs homo l'ont fait avant et après eux. John Boswell décrit abondamment cette pratique (rapportée largement par Plutarque en 40 ap. JC) et comment elle a survécu aux débuts de l'ère chrétienne. Iolaos conduisait le char d'Hercule, ayant été le premier vainqueur des jeux olympiques inventés justement par Hercule.

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Roy Tamer - "Hephaestion Is Also Alexander"

Quand il faut choisir entre plusieurs de ses lieutenants qui se disputaient ses faveurs, Alexandre choisit de garder Hephaestion près de lui parce que, dit-il, "ils aiment leur roi, mais Hephaestion aime Alexandre".

La douleur d'Alexandre à la mort d'Hephaestion est à la mesure de la légende et des croyances de l'époque. Il fait tuer son médecin, raser la ville où la mort a eu lieu. Il impose l'héroïsation (et donc la divinisation) de son amant de toujours.

Même le très prudent Oliver Stone, n'a pas réussi à complètement cacher dans son film que le destin et la survie d'Alexandre devaient beaucoup à Héphaestion. Et cela malgré les énormes pressions, notamment paraît-il du gouvernement grec, pour qu'il présente un Alexandre le plus hétéro possible (honneur national oblige). Pour la petite histoire, j'ai été proche de celui qui avait écrit le premier script pour Oliver Stone mais que ce dernier a finalement retravaillé complètement pour en retirer tout aspect homophile.


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l'acteur Jared Leto est Hephaestion dans le film d'Oliver Stone


En fait, on ignore aujourd'hui qu'en mettant en avant Héphaestion, Alexandre faisait quelque chose de rare et de fort. Car si la culture grecque acceptait l'amour entre hommes, celui-ci devait plutôt comporter soit le dévouement d'un très jeune pour un "inspirateur" plus ancien (les éromènes), ou l'attraction d'un esclave pour son maître. L'amour total à la "Achille et Patrocle" ou "Hercule et Iolaus" étaient tellement exceptionnels qu'ils étaient considérés comme remarquables et dignes d'être célébrés par les conteurs.

J'aimerais que tout jeune écolier ou élève, à qui on enseigne l'antiquité et la vie d'Alexandre le Grand, puisse entendre parler de l'amour immense entre ces deux hommes. Et surtout que les petits homo dans les classes et les écoles apprennent de cette belle histoire d'amour qu'il y a, pour eux aussi, une vie magnifique qui les attend.

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samedi 9 juin 2007

432. c'est pas moi, c'est lui

Une commission rogatoire de la justice de Los Angeles est allée à Mexico-Ciudad pour interroger le cardinal Rivera sur le cas d'un prêtre pédophile. Pour faire simple: il s'agit d'une histoire de patates chaudes. Le cardinal de Mexico a sur les bras un prêtre pédophile qui a abusé de nombreux enfants de choeur. Pour s'en débarrasser, il l'envoie à son collègue de Los Angeles, le cardinal Mahony. Après quelques temps, alerté sur le comportement désastreux du prêtre pédophile, le cardinal de Los Angeles le fait renvoyer au Mexique.

Les avocats de certaines victimes ont porté plainte contre les deux porporati. Et notamment pour avoir voulu étouffer les affaires, avoir négligé l'aide aux victimes et leurs droits, et surtout pour avoir conspiré pour soustraire un criminel à la justice.

Mais la nouveauté dans l'affaire, c'est que les cardinaux ne donnent pas la même version. Rivera déclare qu'il a juste écrit à Mahony pour lui dire que le prêtre était homo, mais qu'il se savait rien sur le fait qu'il était pédophile. De son côté, Mahony ne se souvient d'aucune lettre. D'où, pour la justice: soit l'un des deux est amnésique (mais oublier la lettre d'un collègue cardinal?), soit l'un des deux est un menteur...

Et à ma connaissance, c'est la première fois que deux hiérarques sont dans une telle situation... Quels que soient les résultats du procès, je vois déjà un effet positif: les cardinaux acceptent de répondre aux questions de la justice et ne s'estiment pas au-dessus des lois civiles. La fin de l'équivalent ecclésiastique du "secret défense".

En sens inverse, le très conservateur cardinal Pell de Sidney vient de semer la consternation chez les députés catholiques du Parlement. Déjà qu'il s'était rendu célèbre pour avoir demandé qu'on refuse la communion à toute personne qui se déclare homosexuelle. Parce que, selon son analyse, quelqu'un qui se déclare homo, par le fait même, a choisi d'accepter la grave tentation de l'homosexualité, ce qui est un péché mortel. Le vrai chrétien, quand il rencontre la tentation homosexuelle, doit au contraire s'y opposer de toutes ses forces et refuser énergiquement de se laisser qualifier par le terme "homosexuel". En gros, il est impossible d'être homosexuel et catholique.

Mais ce n'est pas la question aujourd'hui: le cardinal de Sidney a annoncé que tout député australien qui voterait dans le sens d'une loi contraire à la doctrine de l'Église (en l'occurence, sur la recherche sur les cellules-souches embryonnaires) devait "craindre d'importantes réactions sur leur participation à la vie de l'Église". En gros: au minimum, l'exclusion de la communion eucharistique...

Vous devinez la gêne des députés catholiques. Ils vont devoir choisir entre leur "salut" et leur conscience. L'un d'entre eux a en fait déjà déclaré qu'il préfère rôtir en enfer plutôt que de ne pas agir selon ce qui lui semble juste en conscience... Mais peut-être que les députés catholiques sont trop immatures ou trop irresponsables pour agir en conscience, et qu'ils doivent se contenter d'obéir aux injonctions de leurs évêques... Il semble que les députés se sont laissés convaincre dans les projets de loi sur l'euthanasie et le mariage homo. Mais de nombreux observateurs australiens se demandent combien de fois encore devront-ils voir leurs députés simplement obéir aux ordres du cardinal de Sydney. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les gens sont perplexes sur cette curieuse conception de la démocratie...

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jeudi 7 juin 2007

431. un peu de tout, sucré et salé

Je suis content que le projet d'un monument berlinois aux victimes homo du nazisme avance bien, puisqu'il est pratiquement dans sa phase finale. Je regrette juste que le projet du "baiser perpétuel" (voir la note 213) soit abandonné. J'aimais beaucoup l'idée...

Je viens de lire que l'acteur canadien Jim Carrey (45 ans), qui a fait souvent dans le comique super-lourd (genre Dumb & Dumber), tient tout de même à montrer aussi qu'il est est capable de tenir des rôles dramatiques. Il est question d'un film (I Love You Phillip Morris) financé par Luc Besson dans lequel Jim Carrey joue un prisonnier qui fait tout (mais alors tout tout tout) pour retrouver hors de prison son ancien compagnon de cellule et amant. Multiples évasions par quelqu'un qui se révèle un "Houdini" de l'escapade, péripéties, suspense, de belles doses de romantisme. On dit que c'est une "comédie noire", ce qui pourrait même en faire un film à voir, une espèce de mélange entre "Catch Me If You Can" et "Brokeback Mountain". Le roman dont le projet de film est tiré a eu un certain succès, outre-Atlantique. Il est question d'une "histoire vraie", vécue par  Steven Jay Russell qui a s'est échappé tous les vendredi 13. Selon la manière habituelle à Hollywood, on juge un projet par rapport au pognon mis déjà sur la table, et il paraît que Jim Carrey a déjà réuni  20 millions de $. C'est donc à suivre...

carrey

Dans un autre genre, quoique... La rumeur disait que les légendaires et très décoratifs George Clooney et Brad Pitt s'étaient unis pour acheter et sauver l'un des plus anciens bars gay de Californie, à Laguna Beach. Le nom du bar est le "Boom Boom Boom" (allusion aux nombreux marins et soldats qui y passaient) et il a beaucoup vu à l'époque certains acteurs comme Rock Hudson. La rumeur a été démentie mais, comme souvent, il n'y a pas de fumée sans feu: les deux acteurs ont admis qu'ils en avaient parlé, comme ça, mais jamais sérieusement. Aujourd'hui, la communauté gay de Los Angeles lance une campagne pour que George et Brad reprennent le projet pour de vrai. J'aime beaucoup beaucoup beaucoup l'idée que deux des plus beaux hommes de cette planète soient aussi des homophiles...

pitt_clooney

Pour parler d'une chose plus sérieuse: les évêques catholiques américains ont mis en chantier un document pastoral qui se veut moins "offensant" pour les homosexuels tout en montrant le bien-fondé des positions officielles de l'Église. C'est un effort louable, mais j'ai quelques doutes: j'ai déjà écrit pour dire qu'une doctrine homophobe ne cesse pas de l'être parce qu'elle est mieux présentée et mieux phrasée. Néanmoins, il paraît que certaines avancées significatives seraient faites dans ce document: on y affirmerait clairement l'opposition de l'Église à la "transformation" ou à la "guérison" des homosexuels, on n'interdirait pas le baptême d'enfants élevés par des couples homo, on ne demanderait pas l'exclusion systématique de la communion eucharistique pour ceux qui ont un avis différent de celui de l'Église sur les questions homo, etc. Il est vrai qu'un nombre important de fidèles catholiques américains ont critiqué les évêques parce qu'ils passent plus de temps à lutter contre l'homosexualité plutôt que tout autre sujet, comme l'invasion de l'Iraq, le changement climatique ou bien la lutte contre la pauvreté.

Bon, disons que c'est une bonne nouvelle...

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lundi 4 juin 2007

430. odeurs de fagots à l'est

On peut rire du fait que, très officiellement, le gouvernement polonais a créé une commission pour vérifier si, oui ou non, les Teletubbies sont des sous-marins de la "promotion de l'homosexualité". Le plus adorable des Normands m'a d'ailleurs trouvé une vidéo sur YouTube qui ne permet plus aucun doute sur la perversité des Teletubbies. Jugez plutôt... Quelle horreur!

 

Mais, honnêtement, ça ne me fait plus rire, ce genre de choses. Quand c'était un individu (comme feu le pasteur Jerry Falwell) ou un mouvement qui disait ces conneries, je me dis qu'il faut l'accepter au nom de la liberté de parole (et encore). Par contre, de la part d'un gouvernement membre de l'Union Européenne, c'est tout à fait inacceptable.

Attention : on a le droit de ne pas aimer les Teletubbies. Moi, je les trouve absolument adorables, mais c'est une opinion strictement personnelle. Par contre, dépenser de l'argent public pour faire la chasse à la moindre trace de propagation de l'homosexualité, là c'est autre chose. On sait que les économies des "nouveaux membres" sont relativement désastreuses et j'ai la chair de poule à l'idée que les homosexuels soient utilisés comme diversion pour "distraire le peuple" de ses vrais problèmes.

Un article du Guardian (de Londres) décrit bien cet inquiétante montée de l'homophobie violente dans les pays de l'Est, y compris parmi les membres de l'Union.

Et je suis particulièrement inquiet de lire que les opposants à l'Union Européenne prétendent que l'Union veut leur "imposer de l'extérieur" de répandre l'homosexualité dans leurs pays qui étaient jusqu'à présent protégés de cette infestation.

Je regardais Euronews l'autre jour, et j'ai été sidéré de voir à Moscou un paquet d'homo (même pas quelques dizaines), dont le célèbre groupe T.a.t.u., se fairre taper dessus par des nazillons au cri de "Crève, sale pédé!". Et la police qui ne bronchait pas et qui, au contraire, a fini par arrêter des manifestants.

L'article du Guardian explique que, parmi ceux qui faisaient pleuvoir les coups sur ces homo, il y avait des gens qui tenaient des crucifix ou qui les aspergaient d'eau bénite. D'autres, plus radicaux, les bombardaient d'excréments qu'ils avaient apportés par sacs entiers.

Et je ne vous parle pas que de Moscou, ou de Moldavie. Je vous parle de pays baltes, de Riga par exemple, où l'archevêque catholique n'a pas hésité à comparer l'homosexualité à la prostitution. Il n'a pas hésité à descendre dans la rue et à déclarer que, si les homo arrivent à rassembler mille personnes, les chrétiens devraient en rassembler 50 mille pour leur prouver que "notre pays ne tolérera pas une souillure pareille". Heureusement que les cardinaux de Venise et de Budapest rappelaient dernièrement qu'il n'y a pas d'homophobie dans l'Église...

Mais, n'est-ce pas, les homo n'auraient pas tous ces problèmes s'ils ne choisissaient pas ce style de vie, s'ils n'acceptaient pas d'embrasser la tentation homosexuelle et de s'y installer... n'est-ce pas?...

Heureusement que le président Bush a nommé ce 1er juin un "médecin en chef" des États-Unis qui a déjà annoncé dans le passé qu'il était capable de guérir l'homosexualité...

Posté par cathogay à 21:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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