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Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

mardi 9 octobre 2007

470. plus question de s'ti d'fif

J'ai tout de suite été attiré par l'article d'un site québécois écrivant ceci: Le Groupe de recherche et d’intervention sociale gaies et lesbiennes (Gris-Montréal) a remis un chèque de 500$ à des élèves du Collège Durocher de Saint-Lambert, qui ont mis en place une pétition géante intitulée «Je m’engage à cesser d’utiliser des expressions homophobes». La suite de l'article ici.

Quand on sait à quel point le parler québécois est fleuri quand il s'agit de termes sur les homo... Tout ceux qui, en Europe, ont vu le film C.R.A.Z.Y. voient bien de quoi je parle.

Bien sûr, l'intérêt de l'article tient aussi pour moi dans la découverte de ce qu'est ce fameux "GRIS" et la façon dont il fonctionne.

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469. tolérance zéro pour l'intolérance

Le débat est ancien, inépuisable et je ne vais faire que jeter de l'huile sur le feu, je sais tout ça. Mais je viens de lire un article du (souvent) conservateur mais (le plus souvent) intelligent Times de Londres. Un article qui explique qu'en Grande Bretagne, on est tout prêt de voter la future loi sur l'interdiction de tout propos haineux contre différentes formes de genre ou d'orientation sexuelle. Le contrevenant sera passible d'amendes et de prison (avec un maximum de 7 ans). Sont concernés, pour ce qui est du genre, de la haine contre les transgenres (et les transexuels), et pour ce qui est de l'orientation, de la haine contre les homo et les bisexuels, mais aussi les hétéro.

J'insiste sur les termes "genre" et "orientation", puisque l'avis actuel des experts consiste à dire qu'il s'agit de deux éléments de la sexualité qui sont "reçus" et non réformables (avec une nuance pour les transgenres). À la différence des préférences et de l'identité sexuelles qui proviennent, elles, de l'histoire, du vécu, de la culture, des choix, etc. et qui pourraient évoluer avec le temps. Dès lors, comme pour le racisme ou le sexisme, la loi va déclarer qu'il est inacceptable, dans une société démocratique, de s'en prendre (verbalement ou physiquement) à des personnes à cause de ce qu'elles sont. Comme disait le ministre britannique de l'intérieur, "quel chemin parcouru en dix ans, mais il est temps d'affirmer qu'une démocratie ne peut tolérer de propos haineux basés sur la sexualité de quelqu'un".

Jusque là, tout va bien.

Le hic vient de plusieurs mouvements religieux, et en partie de la Hiérarchie Catholique (bien que les plus bruyants sur cette question soient les Chrétiens Évangéliques). L'argument est tout simple: "nous contestons que l'orientation sexuelle existe et nous affirmons qu'il ne s'agit que d'une tentation ou d'un choix humain". Un choix plus ou moins grand, mais un choix tout de même. L'homosexualité, c'est comme la kleptomanie (pour reprendre l'avis du Patriarche de Moscou) ou comme l'adultère, le viol ou la masturbation (comme dit le catéchisme catholique). C'est mauvais, ce sera toujours mauvais, et ceux qui le font doivent être avertis haut et fort que c'est mauvais. S'ils sont croyants, il faut donc en outre leur rappeler que c'est un péché, en l'occurence du genre "très grave".

Ce qui étonne, c'est que cette ignorance des religieux pour les découvertes de la psychiatrie, de la psychologie et de la biologie devraient, selon leur dire, être protégée par la loi. Ils récusent cette loi contre les propos haineux au nom de la liberté de l'expression religieuse. Pour prendre un comparaison, les croyants devraient-ils avoir le droit de dire que les femmes sont inférieures aux hommes et que celles qui le refusent sont des "mauvaises" et des "pécheresses"? Autre exemple, les autorités religieuses devraient-elles avoir le droit de dire que les gauchers sont "maudits par Dieu" et qu'ils doivent se réformer pour redevenir droitiers comme c'est prévu depuis la Création?

Et là, comme pour me couper l'herbe sous le pied, le Times ajoute un autre article à celui que je vous cite: Zero Tolerance for Religious Intolerance. En d'autres termes, les religions se sont trompées sur un tas de sujet dans le passé. Elles le feront encore, y compris la religion chrétienne et (n'en déplaise à qui vous savez) le Catholicisme. Il est arrivé, il arrive et il arrivera que les religions fassent du tort et fassent mal, même en ayant le désir de suivre leurs sublimes principes. Je pense que ce n'est pas anti-religieux et en particulier anti-catholique de le dire. Même Jean-Paul II, en demandant pardon pour les fautes commises au nom de l'Église, n'a pas exclu qu'il y en aurait d'autres dans l'avenir ou bien qu'on en découvrirait d'autres dans le passé. Mais c'est sans doute un héritage du précédent pape que l'on tente actuellement d'occulter. Pour ma part, j'ai confiance que cette "reprise en main" n'est en fait qu'un "dernier sursaut de mourant" et que l'homophobie officielle de l'Église ne fasse l'objet d'une demande de pardon d'un prochain pontife.

Dès lors, je crois que les hiérarques et les autorités de toutes les confessions présentes dans nos démocraties doivent s'attendre à êtres mis en question et en procès pour leurs propos haineux, y compris contre les minorités sexuelles. Mais il y a des procès qu'elles gagneront, et d'autres qu'elles perdront. Et si quelqu'un les accuse d'homophobie mais qu'un tribunal leur donne droit, où est le mal? Après tout, gagner un procès est meilleur que d'être exempt de poursuites. Pour donner un exemple, je suis curieux de voir ce que va donner en Belgique le prochain procès contre la Scientologie.

Pour les mêmes raisons, les religieux se donnent aujourd'hui le droit d'aller en justice quand leurs convictions sont calomniées ou ridiculisées. Qu'ils acceptent la contrepartie: la possibilité d'être mis en cause dans le tort qu'ils font aux autres. Et si leur religion fait du mal aux gens, en particulier aux minorités sexuelles, il faut que cela cesse. Qu'il s'agisse d'une petite secte ou d'une grande "foi" présente à l'échelle mondiale n'y change rien.

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468. tout un mois pour se souvenir

Vous saviez que le mois d'octobre était le Mois de l'Histoire Homo (Queer History Month) pour les minorités sexuelles et que le 11 octobre était le Jour du la Sortie du Placard (Coming-Out Day)? Pour ma part, je m'en souvenais vaguement mais je l'ai découvert en lisant l'article publié par ce jeune élève de 13-14 ans dans son journal local. J'avoue qu'un garçon qui écrit "j'avais 12 ans quand j'ai dit à mes parents et à toute mon école que j'étais homo" a de quoi m'intriguer fortement: sommes-nous à l'aube d'une génération de jeunes homo qui vont affirmer leur sexualité à l'âge de l'école primaire?

Il y a aussi quelque chose de touchant à lire un enfant parler de ce Queer History Month comme si c'était une vieille institution, aussi ancienne que Thanksgiving...

Je ne sais pas s'il y a parmi vous des instituteurs. Mais je leur souhaite bon courage s'ils doivent trouver les moyens de réagir devant de jeunes écoliers qui disent tout haut qu'ils sont homo ou bi ou transgenre... Je me souviens du film "La Vie En Rose" et je trouvais que c'était une "gentille parabole". Mais si ça devient une histoire relativement courante, je trouve qu'on vit une époque vraiment pleine de surprises. Rien que l'idée qu'il existe aux États-Unis plusieurs associations "nationales" de lycéens homo me fait croire en un futur plus radieux.

Voici une (humble) traduction de cet article sur le Queer History Month. Et si quelqu'un pouvait m'aider à traduire Queer convenablement, merci d'avance, parce que le très Québécois allosexuel ne semble pas vraiment "prendre" et que le GLBTIQ utilise dans l'article me semble barbare à souhait.

Tout un mois pour mettre fin à l'homophobie

Vers 12-13 ans, j'ai fait ma sortie du placard pour toute l'école. Il m'a fallu deux mois de plus pour que je le dise à ma famille. Certains pensaient que je ne le faisais que pour attirer l'attention. D'autres trouvaient que j'étais dingue ou trop jeune pour prendre une telle décision. Néanmoins, le fait est que je suis gay. J'ai maintenant 14 ans et je suis un lycéen à Aptos High.

Aujourd'hui, être "gay" ne devrait même pas être un sujet de discussion. Mais parce que beaucoup de gens et de politiciens en font un sujet de discussion, il est clair que nous devons nous lever pour défendre nos droits. Et une bonne manière de nous souvenir et de défendre nos droits civiques nous est maintenant offerte: le Queer History Month, qui est célébré chaque mois d'octobre.

Durant ce mois, on se souvient de tous ceux qui, dans l'Histoire, se dont déclarés gay, lesbiennes, bisexuels, transgenres, intersexuels et "en question" [GLBTIQ]. Une date importante est le 11 octobre, le National Coming Out Day, qui permet de se rendre compte du très grand nombre de GLBTIQ dans notre monde. Essentiellement, ce National Coming Out Day montre au monde que les "gays" sont vraiment partout et qu'ils sont des membres actifs de la société.

Il est important d'attirer l'attention sur les raisons qui font que beaucoup de gens craignent d'être ouvertement gay. Il est clair pour moi que c'est à cause du niveau massif d'homophobie dans notre société. À cause de cette homophobie, nous voyons beaucoup d'exemples de gens "dans le placard" qui n'arrivent pas à être honnêtes avec eux mêmes et qui sont forcés à se construire des histoires humiliantes. C'est parce que nous sommes différents de la majorité que nous sommes considérés comme des monstres et que nous forcés de vivre dans des recoins sans être vraiment nous-mêmes. Des choses innomables sont arrivées, arrivent et vont encore arriver aux jeunes GLBTIQ et aux adultes si rien ne change. Ces actions ne peuvent pas continuer à être tolérées par l'opinion publique.

J'admets que la société a pris des mesures dans le passé contre les discriminations, mais je vois encore bien des éléments à améliorer. Ainsi, en ce moment, nous nous réjouissons d'une loi passée en 2000 dans l'état de Californie, la loi AB537, ou California Student Safety and Violence Prevention Act (une loi qui vise à empêcher toute violence contre les étudiants californiens). AB537 constitue une étape majeure dans la protection de tous les étudiants GLBTIQ au sein des écoles publiques puisque la loi a spécifiquement été créé pour nous protéger de toute forme de discrimination.

Heureusement, il y a des associations, en plus des dispositions légales, qui aident à faire avancer ces dispositions sans notre société. Une de ces associations, présente dans notre école est la GSA, ou Gay-Straight Alliance. Une GSA est une association d'élèves composée de tous ceux qui, hétéro ou autre, qui veulent faire de notre campus un lieu où l'atmosphère est meilleure pour toutes les personnes GLBTIQ.

Je suis membre et co-president du GSA du lycée Aptos High. Notre GSA se concentre surtout sur l'amélioration de l'atmosphère à l'école, même si certains d'entre nous voudraient aussi améliorer celle de la ville et du monde en général. Nous aimons aussi garder le style de notre GSA "fun and chic" (sic), pour attirer le plus possible de monde sur le campus.

Tous ceux qui sont ouvertement gay, ou "emplacardés" ou bisexuels, transgenres, "en question" ou hétéro peuvent aider de bien des manières à mettre un terme à l'homophobie. Si vous êtes un lycéen, le plus facile et le plus visible, c'est de commencer une GSA dans votre école. Car la GSA est un endroit sûr pour partager ce que vous ressentez avec d'autres étudiants à l'esprit ouvert et qui travaillent ensemble contre l'homophobie. Rien que le fait de savoir qu'il y a une GSA sur le campus peut aider les étudiants, même s'ils ne veulent pas que leur sexualité ou leur genre soient connus.

Le Queer History Month est donc une chance pour que tous se rendent compte de l'homophobie, y réfléchissent et travaillent en toute conscience pour qu'elle cesse. Mon voeu, c'est que les lecteurs réalisent que les gens sont différents, que l'homophobie est une chose qui peut être changée et qu'il y a dans notre communauté des associations qui veulent mettre en lumière cette situation. Si vous n'êtes pas de Aptos High mais que vous voulez aider, n'hésitez pas à contacter le Safe Schools Project du compté de Santa Cruz County et leur demander comment aider les GSA.

Dieter Schmidtmeier is un lycéen de 14 ans au Aptos High School et le co-president de la Aptos High School Gay-Straight Alliance. Plus d'information sur le Safe Schools Project mis en place par le Queer Youth Task Force, une branche du Diversity Center .

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lundi 8 octobre 2007

467. en deux phases

Il y a des nouvelles qui donnent froid dans le dos, au sens littéral du terme: deux jeunes Saoudiens ont été condamnés à 7.000 coups de fouets (vous lisez bien, ce n'est pas une faute de frappe) pour avoir commis des "actes homosexuels", contraires aux lois religieuses et civiles. Le tribunal a décidé, dans sa grande clémence, que la sentence serait appliquée en deux phases.

Pratiquement le même jour, un autre s'est fait condamner à 350 coups de fouets, pour usage de drogue et violence contre les policiers lors de son arrestation.

Mais là, je suppose qu'il n'y a rien dans la religion contre le fait de cogner un policier...

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dimanche 7 octobre 2007

466. intrigues et roman

"Écrivez sur ce que vous connaissez le mieux!" Il paraît que c'est l'un des principaux conseils que les éditeurs donnent aux aspirants écrivains. Et je n'ai pas de peine à imaginer le bien fondé de ce conseil: rien de pire, pour un lecteur, que de se rendre compte que l'auteur ne sait rien du sujet sur lequel il a basé son roman.

Ce n'est pas du tout le cas de Michael Schiefelbein, dont le tout nouveau roman "Body And Blood" (Corps et Sang, disponible sur Amazon.fr) met en scène deux co-séminaristes qui étaient amoureux l'un de l'autre au séminaire et qui se retrouvent par hasard dans le même diocèse après des années de ministère.

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Il se fait qu'un prêtre de leurs amis vient de se suicider, ce qui leur donne l'occasion de se rencontrer de nouveau et la question de leur idylle passée de se reposer. Vont-ils rallumer la flamme? Doivent-ils au contraire s'éloigner pour éviter la tentation?

Et puis, il y a bien sûr l'enquête sur les raisons du suicide de leur ami commun.

Il paraît que c'est bien écrit, Michael Schiefelbein étant tout de même un docteur en littérature. Et comme il est lui-même un ancien séminariste, son observation du monde catholique est, dit-on, tout à fait précise (sans être racoleuse ou vulgaire). Certains se demandent même s'il n'y a pas un fond autobiographique à l'histoire. Mais tous les romanciers disent qu'il y a toujours une part d'eux-mêmes dans chacune de leurs oeuvres.

J'espère que, le succès aidant, Michael Schiefelbein se lance dans une "série" à la fois policière, catholique et homo. Une sorte de "Sherlock Holmes et le Docteur Watson" cathogay. Après sa série très "vampire homo super sexy", je trouve qu'une série "prêtres homo détectives super sexy" ne serait pas mal non plus.

Et si ça donne des idées à certains d'entre vous, francophones, c'est encore mieux.

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samedi 6 octobre 2007

465. évolution du machisme

Il y a de quoi être étonné qu'en deux ou trois ans, une dizaine de pays d'Amérique Latine aient octroyé des droits aux homosexuels et même parfois aux couples homosexuels. Quand on sait qu'ils sont souvent des paradis pour machistes homophobes... Sans parler de ces "milices" para-militaires qui font du "nettoyage" leur spécialité, à commencer par la "pourriture homo"...

Dernier pays en date, la Colombie dont la plus haute autorité judiciaire, la Cour Suprême, vient de décider qu'il n'y a pas de fondement légal à ne pas donner aux couples homo les même droits que les couples hétéro.

Ce pays de 45 millions d'habitants, aussi Catholique qu'on peut l'être, avait déjà décriminalisé les relations homosexuelles en 1980. Mais, aujourd'hui encore, certains groupuscules armés font de la liquidation des militants homo une tâche quasi quotidienne. Même la police locale a été accusée de traitement inhumains contre des homo.

C'est bien simple, dès qu'une rumeur court sur le fait qu'un enfant ou un adolescent a été brutalisé ou tué, il n'est pas rare que des lynchages d'homo (ou supposés homo) se déroulent. Sans que les autorités policières n'interviennent aucunement.

Il semble que ces bonnes dispositions de la Cour Suprême de Colombie doivent beaucoup à l'élection du président Álvaro Uribe Vélez en 2002. Que lui et les homophiles colombiens en soient remerciés et que Dieu les bénisse.

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vendredi 5 octobre 2007

464. la peur des frères gris

Il semble que l'une des craintes majeures des séniors gay , c'est de se retrouver dans une maison de repos avec uniquement des hétéro. Pour beaucoup, ce serait une régression par rapport à leur style de vie et surtout par rapport à la liberté dont ils jouissaient dans la vie "normale". Ils craignent l'ennui, à tout le moins.

Il est probable, en effet, que les séniors hétéro soient plus homophobes que les générations plus jeunes. Certains pensent d'ailleurs que c'est la raison pour laquelle l'Église Catholique Romaine est tellement homophobe: parce qu'elle est largement gouvernée par des séniors.

Aux États-Unis, des "communautés" ou des "habitats groupés" de séniors ont été créés en de nombreux endroits ces 20 dernières années, notamment dans les états ensoleillés comme la Californie ou la Floride. On peut y être ouvertement homo. On se retrouve même entre amis et, comble de l'ironie, il arrive même que ce soit le premier endroit où certains osent s'affirmer ouvertement gay.

Mais il semble que la crainte s'installe petit à petit que ces lieux ne puissent survivre, notamment pour des raisons financières.

J'ai été assez ému de lire, dans l'article que je viens de terminer, les épreuves de certains homo qui se retrouvent dans des "homes" où ils doivent "retourner dans le placard" et cacher qu'ils sont gay parce que la plupart des résidents sont homophobes. J'imagine aussi la difficulté, pour un couple âgé, de trouver un endroit où il sera accepté en tant que couple.

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Le monde homo européen est encore largement perçu comme un monde "jeune", tout entier à la fête et même à une forme de désinvolture. Il est probable que, dans quelques années, la génération des fêtards et des clubbards des années 80 va commencer à se poser des questions sur sa retraite. Pas tellement en termes financiers, mais surtout en termes de vie sociale.

Faut-il créer des résidences du troisième âge "réservées" aux homo? Mais n'est-ce pas de la discrimination anti-hétéro? Après la revendication sur la mariage homo, verra-t-on le monde associatif gay demander un traitement spécial pour les séniors gay?

Je trouverais assez sympa qu'il existe des maison de repos homo où, pour la première fois de leur vie, des hommes et des femmes puissent s'affirmer comme gay, alors que les craintes pour leur vie professionnelle ou leur vie familiale les ont gardés dans la clandestinité jusque là. Il y a quelque chose de beau à imaginer ces "frères gris" attendre l'âge de leur libération du placard en même temps que l'âge de la retraite, comme un grand moment de bonheur.

D'un autre côté, mon copain Tom (qui, à 74 ans, continue sa vie de couple avec un homme plus jeune que moi, mais c'est une autre histoire) a une vie sociale très active, en milieu associatif mais aussi dans des voyages et des croisières qui sont largement pour séniors gay. Quand je le vois, et d'autres, je n'ai aucun doute que la retraite est déjà aujourd'hui pour beaucoup d'homo un moment formidable.

Dans de nombreuses associations d'ailleurs, les retraités sont une aide précieuse, comme c'est d'ailleurs le cas pour le monde hétéro. Et pour ce qui est du monde catholique, je ne serais pas étonné que, tout comme dans le reste de l'Église en Europe, ce soient des "frères gris" qui gardent l'église au milieu du village.

Est-ce que c'est l'arrivée hâtive de l'automne qui m'inspire ce genre de réflexions?

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mardi 2 octobre 2007

463. le droit de nommer un péché

Devant le Conseil de l'Europe, le Patriarche de Moscou, Alexis II (et probablement l'un des patriarches orthodoxes les plus importants), on ne peut nier le droit des croyants de déclarer haut et fort que l'homosexualité est un péché. C'est un acte anti-religieux que d'interdire à des croyants d'exprimer leurs convictions sur ce qui est un péché et sur ce qui ne l'est pas. Même si le patriarche soutient qu'il convient de dénoncer le péché de manière chrétienne et tout en montrant de l'amour et du respect même pour le pire pécheur.

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Je ne crois pas me tromper en disant que c'est exactement la position officielle du Vatican.

Sur base de quoi, poursuit le Patriarche, dans le domaine de l'homosexualité comme dans d'autres, on ne peut exiger des autorités religieuses qu'elles restent muettes et laissent faire quand se déroulent des manifestations qui sont de la propagande et de la publicité pour le péché, comme par exemple les Gay Pride. On se souvient qu'Alexis II (et d'autres) a réussi à ce jour à faire interdire la Pride de Moscou.

Alexis II ajoute un point important: même si l'on arrive à lui prouver que l'homosexualité est une maladie (comme par exemple la kleptomanie), il n'en reste pas moins qu'il restera opposé à toute forme de propagande publique d'actes liés à cette maladie.

Là encore, c'est peu ou prou la position vaticane.

Nul doute que, lors de la future et très attendue rencontre au sommet entre Benoît 16 et Alexis 2, la lutte contre l'homosexualité sera un élément qui va les rapprocher. Il y a quelque chose d'un peu amer à savoir qu'une des choses qui va permettre à ces deux grands responsables chrétiens de s'entendre, c'est qu'il faut lutter contre l'homosexualité...

Je salue pour terminer l'attitude d'un représentant britannique au Conseil de l'Europe, Lord Russell-Johnston, qui s'est levé devant le Patriarche pour s'opposer à sa présentation homophobe. Pour Lord Russell-Johnston (un député Libéral-Démocrate de Liverpool, sur la photo), il ne fait pas de doute que les homo sont capables eux aussi de créer des relations durables basées sur l'amour, le respect mutuel et les valeurs familiales.  Et il s'est déclaré choqué que les propos du Patriarche aient été accueillis avec tellement d'applaudissements par l'assemblée. Que Dieu bénisse cet homophile, et tous les autres.

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