<body>

Un Blogue CathoGay

être homosexuel et catholique, sereinement

mardi 28 novembre 2006

359. s'appuyer sur des connaissances

Je suis d'avis que l'homophobie, et en particulier l'homophobie chez les Catholiques, provient en premier lieu de l'ignorance et des préjugés. Et, dans la hiérarchie catholique en particulier, je soutiens que l'ignorance est quasiment d'une forme pré-copernicienne. Je sens que, parmi les évêques notamment, les homophobes ne sont pas des méchants et surtout des gens bien intentionnés (notamment dans la défense de la famille et des enfants) mais absolument, totalement, colossalement à côté de la plaque à cause de leur ignorance.

C'est probablement un optimisme que certains qualifieront d'idiot, mais je suis persuadé que tout ce qui améliore la connaissance de la sexualité va dans le sens d'une meilleure compréhension de l'homosexualité, et donc de moins d'homophobie.

Jetez dès lors un coup d'oeil à ce dossier pédagogique produit par le ministère belge en charge de l'enseignement francophone et destiné aux enseignants de l'enseignement obligatoire (le "primaire" et le "secondaire"). Intitulé Combattre l'Homophobie, il m'a été renseigné par le plus adorable des Tanguy, un jeune homme absolument adorable et qui est plus que proche de la publication de ce dossier pédagogique.

Personnellement, je trouve qu'il est très bien fait, ce dossier, et d'une lecture agréable même pour ceux qui ne sont pas dans les métiers de l'enseignement.

Je vous conseille en particulier les pages de la section S'appuyer sur des Connaissances et faisant le tour d'une série de préjugés (à partir de la page 24), dont voici la liste:

- L'homosexualité est fondamentalement différente de l'hétérosexualité.
- L'homosexualité est causée par une aversion pour l'autre sexe.
- L'homosexualité a une origine: culturelle - génétique - physiologique - psychique.
- Les homosexuels sont des pédophiles.
- Les gays sont plus efféminés et les lesbiennes plus masculines.
- Les enfants de parents homosexuels deviennent homosexuels.
- La bisexualité est répandue et bien acceptée.
- Les couples homosexuels sont plus instables que les couples hétérosexuels.

Ceci dit, j'aurais des choses à dire sur certains points de détail (et j'insiste pour dire que ce sont des détails). Je crois qu'il y a des explications scientifiques qui "datent", comme par exemple l'utilisation d'une partie de la théorie de Kinsey selon laquelle il existerait sur une sorte de continuum entre hétérosexualité et homosexualité. Aujourd'hui, d'après ce que j'ai lu, on penserait plutôt qu'il y a des formes différentes de sexualité, tant au plan du genre que de l'orientation. Il n'est pas sûr, en effet, que les bisexuels soient simplement un mixte d'hétéro et d'homo mais une forme différente d'orientation sexuelle, avec ses propres réalités. Sans parler des découvertes plus récentes (et que Kinsey ignorait probablement) sur les intersexuels et les transgenres, mais aussi les asexués.

On peut aussi discuter l'utilisation du mot gay pour "homosexuel masculin", comme si l'un est synonyme de l'autre. Pour moi, dans ma manière de parler, c'est un fait acquis, et notamment à cause de ma vision très "anglophone" de la question. Je ne suis pas sûr que ce soit complètement le cas (déjà) dans le monde francophone, pourtant (et a fortiori dans d'autres langues). En particulier dans le monde catholique "officiel", l'hostilité au mot gay est telle, qu'il sera difficile de ne pas voir dans ce dossier pédagogique une véritable attaque contre l'Église Catholique Romaine elle-même, tant le pape (par exemple) a été clair sur le caractère non-acceptable de la (je cite) soi-disant culture gay. En gros, aucune "bonne" école catholique ne devrait utiliser un quelconque document où le mot gay est utilisé de manière neutre et a fortiori positive.

Il n'y a pas si longtemps, j'entendais des homosexuels catholiques soutenir que, s'ils voulaient bien se reconnaître comme homo, il était hors de question qu'ils adoptent le mot gay pour parler de ce qu'ils sont. "Homo et catho, oui, mais cathogay, jamais." Je le répète: c'est un débat qui est clos dans le monde anglophone depuis au moins trois décennies.

Pour revenir au dossier pédagogique, je salue particulièrement la prise en compte de la difficulté de parler d'homosexualité dans des écoles où les élèves sont majoritairement d'origine étrangère (comme c'est beaucoup le cas à Bruxelles), et notamment pour les communautés d'origine marocaine ou turque. On voit que les préjugés liés à l'identité masculine sont à traiter différemment. Et pas en affirmant simplement que ce sont des populations "retardées" ou "primitives".

Globalement, donc, un beau travail et j'en félicite les auteurs. Pour les Belges, je rappelle qu'il est possible d'en commander des exemplaires (et je crois gratuitement) à un numéro vert qui est signalé sur le site enseignement.be.

D'après mon Tanguy préféré, les représentants de l'enseignement catholique et des syndicats catholiques ont plutôt bien accueilli le dossier. Je suis curieux de voir si cette information se confirme. Mais, pour moi, le vrai test sera sa diffusion dans les nombreuses écoles de l'enseignement catholique où les directeurs sont, globalement, des autorités absolues.

Posté par cathogay à 22:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 27 novembre 2006

358. du plaisir des études

Pour ceux qui aiment les études et les chiffres sur le monde gay, pas de doute: il faut aller voir de temps en temps le très sérieux Williams Institute, une section de la prestigieuse Faculté de Droit de la très prestigieuse UCLA (University of California, Los Angeles). Le titre de leur site ne laisse pas de mystère: Faire progresser la pensée critique dans le domaine du Droit et des politiques concernant l'orientation sexuelle (Advancing Critical Thought In The Field Of Sexual Orientation Law And Public Policy). Avec un projet comme celui-là, pas de doute qu'il s'agisse d'étudier tout ce que l'homophobie produit comme préjugé.

Je ne lis pas tout ce qu'ils écrivent, justement parce qu'ils sont très branchés sur les lois et les politiques américaines. Néanmoins, j'aime bien lire de temps en temps leurs statistiques parce que je me dis que, de près ou de loin, elles pourraient éclairer ce qui se passe ailleurs. C'est la raison pour laquelle je vous tire quelques perles de leur Rapport sur la vie de couple dans les minorités sexuelles, publié en octobre dernier. C'est donc tout chaud.

Notez qu'il s'agit des résultats d'une enquête nationale financée par les pouvoirs publics, une sorte de recensement officiel.

Ainsi par exemple, le nombre de couples homo a augmenté de pratiquement 30% entre 2000 et 2005, pour passer de 600 mille à 777 mille. Remarquable! C'est tout de même pratiquement un million et demi de personnes en couples déclarés. Vous imaginez la masse de gens que cela représente en termes de conjoints, de familles et probablement d'enfants? Par contraste, la population globale du pays n'a augmenté que de 6% sur la même période. On peut dire, je trouve, que les homo apportent donc la principale contribution au développement de l'institution du mariage.

Rank % Increase in Same-sex couples, 2000 to 2005
1. New Hampshire 106%
2. Wisconsin 81%
3. Minnesota 76%
4. Nebraska 71%
5. Kansas 68%
6. Ohio 62%
7. Colorado 58%
8. Iowa 58%
9. Missouri 56%
10. Indiana 54%

Notez d'ailleurs que, logiquement, c'est là où la croissance du nombre de couples homo est la plus importante que les campagnes les plus virulentes ont eu lieu contre le mariage gay (à l'exception notable du New Hampshire).

On estime à 8 millions 800 mille le nombre d'homo et de bi déclarés aux États-Unis. Et puisqu'on dit qu'il y aurait 295 millions d'habitants au total, ça ferait un petit 3%. Bien sûr, combien y en a-t-il dans le placard et non déclaré, c'est un fameux débat... Mais tout de même, il s'agit d'une minorité non-négligeable.

Un rapide calcul montre qu'il y a environ 17% des homo qui sont en couples. Je ne sais pas ce que ça donne pour la population hétéro, mais je trouve qu'une moyenne de un sur six, ce n'est pas mal pour des gens qui ne sont vraiment pas aidés à former des familles.

Les villes qui ont la plus large minorité sexuelle déclarée (au-delà des 12%) sont San Francisco (pas de surprise) mais aussi Seattle, Boston et Portland (Oregon). Essayez d'imaginer une ville où plus de 10% des habitants déclarent être homo ou bi... Rien qu'à Los Angeles (avec une population estimée à 15 millions), on dit qu'il y aurait entre 2 et 3 millions d'homo...

Je sais que la vérité n'est pas dans les nombres. Ce n'est pas parce que les homo sont des centaines de millions à l'échelle de la planète qu'ils sont une communauté. Néanmoins, pour ceux qui ont l'impression d'être tout seul dans leur famille ou leur coin de ville, l'idée de savoir qu'on est une telle population dans le monde est certainement un facteur d'espoir.

Posté par cathogay à 22:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 26 novembre 2006

357. tragédie dans la tragédie

Les douleurs du peuple irakien sont connues de tous. Mais hélas, comme il arrive souvent, on trouve des degrés d'horreur dans la tragédie. C'est le cas pour les gay irakiens.

On sait qu'une série de groupes et de milices ont profité du vide du pouvoir après la chute de Sadam Hussein pour appliquer leur idéologie homophobe. Pour ne citer qu'un exemple, cinq hommes ont été arrêtés par des policiers (présumés) sous le chef d'homosexualité et on n'a plus entendu parler d'eux depuis. Il semble que des policiers (ou des Islamistes infiltrés dans la police) se lancent dans des opérations de "nettoyage sexuel" visant systématiquement des gay et des lesbiennes. Le discours est connu: nos malheurs actuels viennent du fait que nous tolérons des pécheurs parmi nous. Les Christianistes ont le même discours, particulièrement aux États-Unis mais aussi au Nigéria.

On peut penser de ces cinq hommes qu'ils ont été torturés et sommairement mis à mort. Par le blogue de gay irakiens résidant au Royaume-Uni, on connaît leur nom: Amjad (27 ans), Rafid (29 ans), Hassan (24 ans), Ayman (19 ans) et Ali (21). Tous étaient membres d'une association clandestine de LGBT et, depuis quelques mois, ils avaient fait parvenir à l'extérieur une série de récits sur la manière littéralement horrible dont étaient traités les homo irakiens. Ils avaient aussi organisé un réseau de "sanctuaires", des maisons où les homosexuels les plus recherchés pouvaient se cacher.

Au moment de leur arrestation, ils étaient en connection avec Londres via le tchatte. C'est ainsi que leurs correspondants anglais ont assisté au début de l'opération policière avant que la communication ne soit coupée.

En fait, tous ceux qui tombent dans la catégorie des "criminels contre l'Islam" sont menacés, torturés, kidnappés et sommairement exécutés, qu'il s'agissent de ceux qui écoutent de la musique pop occidentale, qui boivent de l'alcool, qui vendent des vidéos, qui travaillent dans la mode, qui sortent danser et, dans le cas de femmes, qui ne sont pas voilées ou marchent dans la rue sans escorte masculine. Les minorités sexuelles ne sont donc qu'une de ces catégories "criminelles". Mais, comme souvent, la population est plus encline à fermer les yeux sur les assassinats homophobes que sur les autres. D'autant plus que pratiquement tous les mouvements ultra ont prononcé des fatwa contre ceux qui aident les forces d'occupations, et les homo sont considérés non seulement comme des pécheurs et des pervers, mais aussi comme des traîtres à la cause nationale.

Pour ajouter l'horrible à l'horrible, des "recruteurs" piègent de jeunes garçons pauvres ou affamés pour qu'ils entrent dans le commerce du sexe (prostitution ou porno). Et puis, une fois photographiés et filmés, ces jeunes sont menacés de dénonciation s'ils ne rejoignent pas les milices et ne dénoncent pas les autres "déviants" qu'ils connaissent. Comme au temps des SS et du KGB, il arrive donc que des homo soient arrêtés, torturés et exécutés par suite de dénonciations faites par d'autres homo. On cite d'ailleurs le cas d'exécutions opérées par de jeunes miliciens que l'on sait homo mais qui l'ont fait pour échapper à leur propre exécution.

Il y a des degrés dans l'horreur, même pour les homo...

Parfois, les homo sont kidnappés afin que leur famille verse une rançon. Je suppose que, ici encore, il suffit que quelqu'un soit accusé d'être gay pour que la famille, paniquée, accepte de payer. Hélas, il semble que ces kidnappings se terminent le plus souvent par l'exécution de l'otage. La tête tranchée: le signe des "criminels contre l'Islam".

Dans ce déluge d'horreur, je veux tout de même souligner l'héroïsme de beaucoup de ces pédé et de ces gouines (et homophiles) qui, au mépris de leur vie, organisent des "sanctuaires" ou des routes vers l'exil. Pour ceux qui doutent de l'existence d'une communauté homosexuelle, qu'ils méditent, à la fois, sur la communion dans la persécution et celle de l'héroïsme.

Pour plus de renseignements, voici un article de l'excellent blogue Queerty que je vous recommande et dont la lecture m'a inspiré cette note.

 

 

Si vous voyez des vendeurs d'Amnesty International ces prochains jours, et qu'ils ont des bougies "arc-en-ciel", je vous suggère d'en acheter. C'est un geste simple pour soutenir leur lutte contre la violence homophobe, notamment in Irak. Et si vous pouvez faire une prière en allumant la bougie, c'est encore mieux. En voici une version virtuelle, pour ceux qui aiment ça (on peut la recharger 300 heures via sms pour 15€).

 

Enfin, pour une bibliographie et des nouvelles plus régulières, je vous conseille l'excellent site suisse (germanophone) QueerAmnesty.

 

 

 

Posté par cathogay à 22:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 25 novembre 2006

356. mariages exotiques

La semaine qui vient de se passer était bourrée jusqu'à l'extrême, mais pas avec des choses désagréables, loin de là. Beaucoup de travail, un tas de rencontres. Même pas vraiment le temps de bien dormir. Et a fortiori de me mettre devant mon clavier pour écrire. Voici donc une brève liste de ce que je garde d'une semaine de "nouvelles"...

Et tout d'abord, cette surprenante décision de la Cour Suprême d'Israël (par 6 juges contre 1) qui demande que le gouvernement reconnaisse les mariages homo réalisés à l'étranger. Une décision d'une puissance symbolique très forte. Et, d'une certaine façon, une manière de contourner l'homophobie: du genre "vous ne voulez pas reconnaître les mariages homo dans notre pays, mais nous sommes bien obligés d'accepter les mariages réalisés par d'autres". Selon plusieurs sources, il se pourrait que l'Irlande suive le même chemin, voire même la France (pressés par des citoyens européens qui sont mariés dans des pays de l'Union Européenne ayant déjà reconnu des unions homo et qui partent habiter à l'étranger). Avouez que ce serait curieux qu'en France par exemple, il y ait un jour des couples homo belges reconnus comme mariés alors que le mariage est illégal pour les couples homo français.

Je ne sais pas ce qu'il en est dans les détails: est-ce qu'un couple homo israélien pourrait venir en Belgique, se marier chez nous et puis faire reconnaître cette union à son retour en Israël? Ou bien s'agit-il du cas d'un couple homo belge qui va s'installer en Israël et y vit sous la protection de la loi sur le mariage comme un couple hétéro?

Bien sûr, j'aime l'idée que des couples gay prennent la Belgique comme destination touristique et que Bruxelles soit envahie par des jeunes mariés gay en voyage de noces (littéralement)... Je pense à certains de mes amis étrangers que je serais ravi d'accueillir à l'occasion de leur mariage...

Quant aux réactions homophobes, je vous les laisse deviner... Certains milieux israéliens ultra ont déclaré que cette nouvelle était pire que celle de la Shoah... D'autres affirment que la situation est maintenant celle de Sodome et Gomorrhe avant la colère divine... Passons le goût douteux de certaines comparaisons historiques.

Chez les cathogay, nous sommes habitués à cette rhétorique: que deux hommes s'aiment et veuillent s'engager l'un envers l'autre pour la vie, et tout de suite on vient dire que la survie de la planète et de l'humanité est en danger.

Dans le paquet de nouvelles de la semaine, je retiens aussi les déclarations de la légende du cinéma, Franco Zeffirelli. Le magnifique réalisateur du Frère Soleil, Soeur Lune, de Roméo et Juliette, de la Mégère Apprivoisée (avec Elisabeth Taylor et Richard Burton), d'Otello et du saisissant Jésus de Nazareth est maintenant âgé de 83 ans. Et ce maître de l'image déclare, pratiquement dans la même phrase, qu'il a été l'objet de sollicitations de la part d'un prêtre quand il était enfant, mais que ce n'est pas ça qui a fait de lui un homosexuel. Parce que, dit-il, le choix de l'orientation sexuelle est fait pour nous très tôt dans notre vie.

Et quand on demande ce que les homo ont donné à l'art et à la culture, n'oubliez pas d'ajouter Zeffirelli à la liste.

 

 

Saluons aussi les parlementaires brésiliens, qui vont bientôt ajouter l'homophobie à la liste des discriminations illégales, avec le racisme, le sexisme (ou le machisme) et les autres... Quand on sait que le Brésil représente à lui seul entre 10 et 15% de la population catholique du monde, il faut voir dans cette loi un très beau geste. Je vous fait grâce de la réaction de l'épiscopat brésilien...

Posté par cathogay à 17:58 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 20 novembre 2006

355. s'éloigner de la table

J'ai lu dans le journal La Croix du Jeudi 16 novembre 2006 (page 10) un tout petit article que je vous recopie:

Les évêques américains adoptent un texte appelant les catholiques en état de péché à s'abstenir de communier. Ils rappellent que rejeter "consciemment et de façon répétée les doctrines définies par l'Église" ou renier "son enseignement définitif sur les questions morales" interdit de recevoir la communion.

Suis-je le seul à trouver peu "catholique" qu'une différence d'opinion sur la morale catholique ait comme conséquence de provoquer une excommunication? Bon, d'accord, c'est une excommunication "partielle", un "interdit", mais tout de même, c'est dur comme mesure.

Parce qu'il est bien clair qu'il ne s'agit pas de personnes qui commettent autre chose que le "péché de dissention"... Et on ne ne parle pas de différences doctrinales ou dogmatiques, ici. Mais bien de différences de conceptions éthiques. On n'est donc pas dans le domaine concerné par la fameuse "infaillibilité". C'est donc pécher que d'être en désaccord avec la doctrine morale actuelle? Que voilà une extension curieuse de l'infaillibilité pontificale...

Mais il y a plus, je trouve.

Car je ne crois pas que cette mesure vise à excommunier, par exemple, ceux qui sont en faveur de la peine de mort. Ou bien ceux qui pensent qu'on devrait utiliser l'arme atomique. Ou encore ceux qui rejettent la doctrine sociale de l'Église. Je ne crois pas que ce texte signifie que les partisans des Pinochet d'aujourd'hui devrait éviter la communion. Ou encore les intégristes ou les fondamentalistes qui trouvent que l'Église va trop loin.

Non, je suis prêt à parier qu'il y a trois catégories de personnes visées par les hiérarques américains: les partisans de la recherche sur les cellules embryonnaires, ceux qui pensent que les femmes devraient avoir le choix d'avorter, et surtout les homophiles.

Dès lors, tous ceux qui pensent que l'Église a tort dans son traitement des homosexuels sont en état de péché et donc sont excommuniés ou 'interdits'.

Or, il ne s'agit pas d'un petit nombre de personnes (du moins je l'espère): ces hommes et ces femmes (homo ou hétéro ou autre chose) qui n'arrivent pas à partager la doctrine "définitive" de l'Église sur les minorités sexuelles? Excommuniés. Les prêtres dont le ministère les conduit vers les homo? Excommuniés. Les parents et amis d'homosexuels qui trouvent que l'Église manque de charité vis-à-vis de ceux qu'ils aiment? Excommuniés. Les homo qui s'assument et trouvent que l'Église devrait reconnaître la richesse qu'ils représentent? Excommuniés.

Oui, encore une fois, je sais que c'est une excommunication partielle, et non totale. Mais vous voyez des gens interdits de communion venir à la messe régulièrement pour se faire souffrir eux-mêmes à rester à leur place quand les autres vont communier? Soyons sérieux: interdire de communier, c'est dire aux gens qu'ils ont le choix: plier ou déguerpir des églises.

Est-ce que je suis le seul à trouver cette disposition des évêques américains totalement absurde? Demain, ils vont aussi interdire de communion eucharistique ceux qui pensent qu'on devrait ordonner des hommes mariés ou même des femmes?

L'eucharistie va devenir l'affirmation publique qu'on est d'accord avec l'ensemble de la doctrine morale de l'Église? L'eucharistie transformée en récompense pour la conformité de pensée et de doctrine?

Je trouve que c'est triste.

Ou alors le journal La Croix s'est trompé...

Car si le journal a bien rapporté la nouvelle, je connais un paquet de prêtres, de fidèles homo ou homophiles qui vont communier alors qu'ils n'y sont pas autorisés. Si le journal est bien exact, cela veut dire que tous les homophiles sont en état de péché et ce sont les homophobes qui sont en état de grâce. Vous ne trouvez pas ça curieux comme raisonnement?

Lors du Congrès Bruxelles-Toussaint 2006, le cardinal Schönborn de Vienne disait que servir l'Église, c'est parfois souffir pour l'Église. Il voulait dire "au service de l'Église".

Et que dire de tous ceux qui souffrent à cause de l'Église? Les "martyrs internes", en quelques sortes. Car, pour moi, les ennemis de la foi chrétienne ne sont pas toujours à chercher en dehors de l'Église, ni même de sa hiérarchie.

Posté par cathogay à 17:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 17 novembre 2006

354. épouser Don Diego de la Vega

J'ai un pote mexicain qui s'appelle Roberto et qui est beau comme Guy Williams dans le Zorro de Walt Disney (Zorro étant ce formidable personnage mis par écrit en 1920 par l'absolument obscur Johnston McCulley qui l'avait d'abord surnommé The Gay Caballero, avant que le titre ne soit écarté au profit de The Curse Of Capistrano). Bien que la célèbre incarnation "black and white" de Don Diego de la Vega soit d'origine italienne, et que je n'aie rien contre la version "sauce andalouse" d'Antonio Banderas. Sans parler du délirant, Zorro, The Gay Blade, dans lequel Don Diego de la Vega doit composer avec sa folle de frère jumeau, Don Ramon (une vraie pièce d'anthologie). Mais là n'est pas la question.

 

l'acteur Guy Williams

Tout ça pour dire que ce cher Roberto m'a envoyé un article qui annonce que le district de Mexico Ciudad (la ville de Mexico) vient d'adopter une version mexicaine du PACS. Formidable nouvelle, s'il en fut, et qui va, je l'espère, permettre à mon copain de trouver et de garder l'homme de sa vie. Non pas qu'il ait du mal à trouver l'homme de sa vie mais, comme beaucoup de Zorro, il a plutôt du mal à les garder...

L'archevêque de Mexico, le cardinal Norberto Rivera Carrera, a bien sûr fulminé avant et après le vote de cette loi. Il a même parlé de "farce" (le pape lui-même étant un peu plus poli et ayant parlé de "pseudo-union").

Bravo pour le Mexique. Et que Dieu les bénisse.

 

 

Posté par cathogay à 17:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 16 novembre 2006

353. thérapie innovante et d'avenir

Pour revenir sur une discussion qui "chauffe" sur les Gay Pride, je vous signale que la réunion mondiale de Jérusalem a bien eu lieu dans la "sécurité" d'un stade fermé. Mais le point important, c'est qu'il s'agissait d'une rencontre marquée par beaucoup de retenue: à peine quelques hommes habillés comme les Juifs ultra orthodoxes mais... en rose au lieu du noir. Les autres étaient en tenue on ne peut plus "bourgeoise". Tout comme pour la World Gay Pride de Rome en 2000, les organisations homo savent tenir compte des susceptibilités locales, pour peu qu'on les laisse faire. Je me souviens qu'à Rome, en plein Jubilé, les journalistes n'en croyaient pas leurs yeux de voir une Pride pratiquement sans folles. Les homo savent se tenir, quand il faut. Que ce soit à Jérusalem, à Rome, dans les synagogues, les temples ou dans les églises. En solitaire ou en masse.

Par contre, que des villes comme Paris, Londres, Berlin, New-York ou Sao Paulo aient des parades qui ressemblent à de grands carnavals à moitié délirants, qui s'en étonne? N'est-ce pas déjà des villes assez délirantes de jour comme de nuit? Venez à la Pride de Bruxelles, et je vous assure que vous chercherez en vain la folie qu'on voit dans d'autres métropoles (il y avait une note à ce sujet sur le blogue du Matoo, mais je ne l'ai pas retrouvée). Pas de doute, Bruxelles a une parade pour "militants".

Pour ce sujet comme pour beaucoup, ne généralisons pas: toutes les Gay Pride ne se ressemblent pas et, certainement, toutes ne sont pas de grandes débaûches de provocation, d'outrance, de bruit et d'excès voire de mauvais goût.

Mais la nouvelle du jour est toute autre. Mon Stéphanois favori et mon Normand préféré ont, pratiquement au même instant, eu la bonne idée de me faire connaître cet article du Nouvel Observateur sur les déboires (bientôt judiciaires) de Mgr Anatrella, docteur ès homophobie s'il en fut, croisé de la thérapie réparative et grand pourfendeur de tout ce qui se dit de bien (voire seulement de gentil) sur les pédé. L'homme qui avait l'oreille du cardinal Lustiger d'abord, de la Conférence Episcopale de France plus tard, et même du Vatican. L'homme à qui on demandait un avis "autorisé" dès qu'il s'agissait de prouver que les mesures vaticanes homophobes étaient enracinées dans de la "vraie" recherche scientifique sérieuse et tout et tout.

Honnêtement, tant que la nouvelle de ses déboires n'était diffusée que par Golias ou par Têtu, je n'ai pas voulu la commenter. Non pas que je ne trouve pas ces magazines sérieux, mais leurs articles étaient écrits surtout au conditionnel. Donc, prudence.

Par contre, dans le Nouvel Obs', l'investigation est plus fouillée, je trouve, et apparaît plus certaine (à défaut d'être plus vraie).

Mgr Anatrella utiliserait donc bien, avec ses jeunes et beaux patients, une thérapie "nouvelle" et "à l'Américaine" qui me laisse pantois et, je l'avoue, un brin envieux. Mais, idiot que je suis, comment n'y ai-je pas moi-même pensé plus tôt?

Je vous la résume: Je suis le père Tony, grand expert en psychologie sociale (un brin auto proclamé), et prêtre en plus. Expert sur la famille et la sexualité et en particulier sur la soi-disant homosexualité. Parents catholiques, envoyez-moi vos fils confus et troublés, je vais m'en occuper. Et comme de juste, j'ai une méthode à moi, un truc tabou, un joujou extra... mais je m'égare...

Tu as des phantasmes de rapports sexuels avec des garçons, mon fils? Alors, c'est très simple: on va les mettre en scène, toi et moi ensemble, et puis "après" on en parle et je les analyse. Au besoin, on refait plusieurs séances.

C'est gééééénial !!! Comment n'y ai-je pas pensé moi-même !!! Quand je pense au nombre de beaux jeunes gens catholiques troublés que j'aurais pu "soigner": non seulement les homo, mais les bi, les hétéro confus et toutes les autres espèces visibles à marée basse??? Que voilà une thérapie qui aurait pu avoir un bel avenir, surtout si le cher Mgr avait fait des émules !!!

Oui mais voilà: un jour, les "patients" racontent leur thérapie à d'autres. Et ceux-ci de leur dire (peut-être avec le même petit sourire que vous auriez): Tu es sûr que tu ne t'es pas fait avoir? Patatra, le thérapeute est démasqué: c'est lui qui a fameusement besoin de se faire soigner.

J'en ris mais, comme vous tous, j'enrage. C'est juste que je pense que, comme dans les cas américains récents, le ridicule est ce que ces Tartuffes méritent surtout. Un ridicule total, absolu, fatal, tellement fort qu'il éclabousse tous ceux qui se sont laisser berner par leurs belles indignations homophobes.

Le roi est nu ! Et tous ceux qui ont prétendu voir et admirer ses vêtements sont tout aussi ridicules que lui, sinon plus.

Franchement, je suis au-delà de la rancune pour ces homo homophobes. Et s'ils se repentent, je trouve même qu'on pourrait les pardonner.

Par contre, ma pensée ce soir va avec tristesse vers leurs victimes, vers tous ces jeunes Catholiques (pensant parfois au séminaire, comme dit l'article du Nouvel Obs') qui pourraient avoir perdu la foi en Dieu et en l'Église à cause de ces prédateurs déguisés en chevaliers blancs. Que les hiérarques viennent en aide à ces victimes. D'urgence. Quant aux évêques qui ont reçu les plaintes de ces jeunes gens et ne sont pas venus à leur aide...

Je lisais je ne sais plus où qu'un jeune homo se suicide toutes les cinq heures environ. Bien sûr, les chiffres ne sont que des chiffres, mais je tiens à souligner que des gens comme Anatrella ont leur part de responsabilité dans ce drame. Et aussi ceux qui par leur mutisme l'ont laissé faire.

Posté par cathogay à 22:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 14 novembre 2006

351. les droits des uns et des autres

Vous avez sans doute appris que la World Gay Pride prévue à Jérusalem a été finalement réduite à la portion congrue, suite à l'hystérie meurtrière (au sens strict du terme) déployée par des groupements juifs extrémistes. Appel à la lapidation, menaces de mort, de viol, rien n'a été épargné aux organisateurs et à ceux qui entendaient défiler dans la Ville Sainte.

Ironie du sort, deux chanteurs à succès, un Juif et un Musulman, ont enregistré ensemble une chanson homophobe à la limite de l'ignoble.

Sur ce qu'on peut penser de toute cette affaire, je vous renvoie à l'avis plus que clair d'un Juif homo new-yorkais qui porte un regard plus que réprobateur sur ces attitudes, au nom même d'un passé récent pour les Juifs. D'une façon assez forte, il déclare que l'attitude des groupes juifs homophobes (au point d'inviter au meurtre et au lynchage) est une insulte aux six millions de victimes de la Shoah. Dur, je vous dis. Venant d'un New-Yorkais, ne comptez pas sur des propos nuancés. Je n'ose pas traduire le texte: je me ferais qualifier d'anti-sémite dans l'heure. Et si je lui reconnais le droit d'avoir de tels propos, je crois qu'il n'est pas très charitable. Mais vous savez que beaucoup de Juifs croient plutôt au "oeil pour oeil, dent pour dent".

Pour ma part, en tant que Catholique, je suis surtout assez honteux de l'attitude officielle du Vatican, qui a pris clairement position (se situant d'une certaine façon dans le camp homophobe). Pas de surprise. Mais l'argumentation me laisse un peu pantois:

"C'est avec amertume (sic) que le Vatican a appris qu'il y aurait une soi-disant (re-sic) parade de la fierté homosexuelle à Jérusalem. (...) Le Saint-Siège a réitéré à maintes reprises que la liberté d'expression telle que garantie dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme est sujette à des limites justes, en particulier lorsque l'exercice de cette liberté offense les sentiments religieux des croyants".

Quoi? Les droits de l'homme passent après les droits des croyants? Et donc tant que la vue d'homo dans la rue offensera les croyants (Juifs, Chrétiens ou Musulmans par exemple), nous sommes destinés à nous cacher et à vivre une vie de rats et de cafards?

S'il y a des juristes parmi vous, il faudra éclairer ma lanterne. Mais connaissant l'homophobie virulente de certains "croyants", je trouve tout de même un peu rapide de mettre leurs droits avant les droits de l'homme en général. Je suppose que le pape ne veut de mal à personne, mais déclarer que les homo sont un danger pour l'humanité et pour le caractère sacré des Lieux Saints, ce n'est pas mon idée du traitement respectueux des droits de tout être humain. Sans parler qu'il y a quelque chose d'un peu honteux à savoir que le Vatican n'arrive pas à souscrire à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Les autorités judiciaires d'Israël (qui ont autorisé la Parade) ont par contre plusieurs fois répété (en première instance puis en appel) qu'on ne négocie pas les droits de l'homme et que les homosexuels sont des citoyens comme les autres. Et que Jérusalem leur est ouverte. Je veux croire donc que la majorité des citoyens israéliens n'est pas opposée à cette démarche. Et que dire du fait que l'État d'Israël respecterait plus les droits de l'homme que l'État du Vatican?

Et les droits des croyants homosexuels, qui les défend? Comme dit mon Normand favori (qui vient à Bruxelles bientôt et que j'embrasse en passant), qui parle pour tous ces croyants (Juifs, Chrétiens et Musulmans) qui sont choqués par ces mouvements homophobes déguisés en mouvements religieux? Est-ce qu'il n'y a pas des croyants qui demandent que les homo soient acceptés en tant que personnes humaines qui enrichissent l'humanité?

Le Vatican soutient que la World Gay Pride est agressive pour la majorité des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans en Israël. Je ne sais pas d'où il tire cette opinion. Mais est-ce que, encore une fois, cela suppose que les droits de l'homme sont soumis à la décision de la majorité? Là aussi, les juristes auraient des choses à dire...

Mon Normand favori ajoute par ailleurs que rien, à première vue, ne laissait présager que les quelques 8 mille participants inscrits à la World Pride avaient l'intention de se comporter de manière choquante ou indécente. Si je me souviens bien de la World Pride de Rome en 2000, c'était un défilé d'un retenue totale, on aurait presque pu dire "collet-monté".

Je ne veux pas faire d'amalgame, mais la nouvelle d'une autre exécution en Iran d'un "sodomite" me fait encore craindre le pire quand ce sont les "droits des croyants" qui passent avant les "droits de l'homme"...

Pas plus tard que le mois dernier, l'Imam principal de Manchester déclarait sans ambages qu'il est parfaitement légitime d'exécuter les homosexuels. Ne fut-ce que parce qu'un pédé pendu, ce sont des milliers d'autres qui marchent droit. Et à la question de savoir si c'était une question de culture ou de religion, il a estimé qu'il s'agissait bien d'une question de foi religieuse. Imaginez l'effet que ce genre de déclarations va produire sur toutes ces petites frappes qui ne rêvent que de casser du pédé. Les associations musulmanes gay ont eu beau jeu de dire que cette attitude est indigne de l'Islam, qui va les croire?

Heureusement, il y a la bonne nouvelle du jour: la légalisation du mariage homo en Afrique du Sud. Et à une majorité écrasante: 230 voix contre 41. C'est magnifique!

Et le plus beau, c'est la motivation officielle: "La loi (...) a été largement contestée par des organisations religieuses, les conservateurs et les traditionnalistes. Le gouvernement a estimé pour sa part que la nouvelle législation faisait partie de son engagement à combattre toute forme de discrimination."

L'effet sur le reste de l'Afrique pourrait être important. Du moins, je l'espère.

Bravo pour eux. Et que Dieu bénisse l'Afrique du Sud.

 

Posté par cathogay à 21:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 13 novembre 2006

350. ce que Dieu a uni

Un distingué correspondant de Boston m'a fait découvrir ce livre, dont le titre est on ne peut plus inspirant: What God Has Joined Together: The Christian Case for Gay Marriage. Encore un des ces livres pour lesquels nous allons hélas attendre un million d'années (au bas mot) avant d'en voir une traduction française...

Je trouve le titre génial. En fait, le titre me suffit largement. Contre toutes les théories fumeuses sur la place éternelle (et unique) du couple hétéro dans le Plan de Dieu sur l'humanité, il n'y a qu'une seule réponse: la réalité. Oui, il y a des hommes que l'amour unit pour la vie. Oui, il y a des hommes qui s'engagent l'un envers l'autre totalement, afin de fonder une famille unie, authentique, monogame. Oui, j'en connais...

 

Nous en connaissons tous de ces couples homo qui ont vécu des décennies ensemble, dans le soutien mutuel et le respect. Des couples qui, ni plus ni moins que les couples hétéro mais à leur manière, font entrer plus d'amour dans ce monde.

Et comment pourraient-ils s'aimer ainsi, toute une vie, si ce n'était pas par grâce du Dieu qui est Amour et Charité? La raison pour laquelle l'Église devrait bénir ces unions, c'est tout simplement parce qu'elle voit que Dieu les a déjà bénies. C'est tout simple. Pour reprendre cette chère Julienne de Norwich (carressant son chat), "rien de bon dans ce monde ne se fait en dehors de Dieu et tout ce qui est bon vient de Lui" (je cite de mémoire Jean-Paul II citant la sainte).

Ce ne sont donc pas les faits qui doivent s'accorder aux théories théologiques, fussent-elles vaticanes, mais bien au contraire la théologie qui doit regarder Dieu à l'oeuvre et exprimer dans des mots ce que la grâce divine opère au coeur de l'humanité.

Voilà pour l'intelligence du titre.

Ceci dit, à lire quelques extraits, le reste du livre semble valoir la peine. Dans le mot d'introduction qu'ils adressent à leurs lecteurs, les deux auteurs écrivent notamment (c'est moi qui traduis): Nous croyons dans le mariage, et nous voulons le renforcer...

Mais leur idée de la protection du mariage et de ses valeurs sacrées, c'est qu'il ne faut pas que ceux qui en vivent soient écartés de l'institution par ignorance. Que ce soit pour des raisons de classe, d'origine ethnique, d'âge ou d'orientation sexuelle.

Je reprends la ligne de leur argumentation: Certains ont affirmé qu'ouvrir le mariage aux gay, c'est détruire cette institution. Nous ne le pensons pas. Nous croyons au contraire qu'elle en sortirait renforcée.

 

Pour ce qui est des auteurs, il y a d'abord David Myers, psychologue et auteur de l'excellent The Pursuit Of Happiness (dont on dit que c'est la meilleure chose écrite ces 20 dernières années sur le bonheur). Expert nationalement reconnu sur le mariage, il est marié depuis 41 ans et a plusieurs enfants. Quant à Letha Dawson Scanzoni, une théologienne, j'ai feuilleté le tout aussi excellent Is The Homosexual My Neighbor? et c'est une de mes prochaines lectures (surtout si je suis immortel, parce qu'avec tout ce que je dois lire encore avant...).

Je l'ai déjà dit à certains d'entre vous: faisons la publicité de ces couples d'hommes "ordinaires" qui s'aiment pour la vie. Disons au monde à quel point ils sont beaux, et à quel point ils sont une image de Dieu. Alors, le monde y verra une bénédiction, au lieu d'y voir une malédiction. Je rêve d'un livre comme celui qu'on m'a offert récemment: Men Together. De magnifiques photos, mais surtout d'émouvants témoignages de couples d'hommes unis dans l'amour et pour la vie...

... ou un autre, avec des photos anciennes, qui s'intitule Dear Friends, et qui montre des couples d'hommes qui ont tenu à mettre leur amour sur photo, dès les premiers temps de son invention (1840-1918).

 

Posté par cathogay à 21:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 12 novembre 2006

349. banc d'experts nouveaux

Vous avez lu dans le Monde qu'un nouveau groupe d'experts a été entendu par la Conférence Episcopale de France notamment à propos de l'homosexualité? C'est à peine une petite mention mais bien sûr le sujet est capital. Comme le texte est assez court, je vous le cite in extenso.

Changement de ton sur l'homosexualité

Un comité d'une dizaine d'experts (psychanalystes, théologiens, juristes et historiens) a remis aux évêques quinze fiches sur "les différences structurantes de la vie sociale". Y sont abordées les questions touchant à l'homosexualité, au mariage gay, aux théories du "genre". Ces fiches, qui ne seront pas rendues publiques, serviront d'argumentaire dans les débats publics sur ces sujets. Parmi les experts, on trouve des théologiens ouverts, comme Véronique Margron. En revanche, Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, consulteur au Conseil pontifical pour la famille, n'en fait pas partie. Il est régulièrement critiqué par les associations chrétiennes homosexuelles, et la dernière livraison de la revue contestataire Golias lui consacre un dossier. "Nous n'avons même pas pensé à le solliciter, avoue Mgr Jean-Louis Bruguès, en charge du dossier. On peut voir effectivement un signe d'ouverture dans le choix des experts." Signe de cette évolution : l'épiscopat cesse de parler de l'homosexualité comme d'un "refus de l'altérité".

Vous connaissez la Dominicaine Véronique Margron (doyen de la faculté de théologie d'Angers, et professeur à la Catho de Paris) dont on dit que c'est un théologien ouvert? Sans a priori, on peut se dire déjà qu'une femme fera du bien dans ce débat. J'ai juste lu que l'association David et Jonathan en disait plutôt du bien (en comparaison d'autres, plus "fermés"). On dit d'elle qu'elle a repris le flambeau de Xavier Thévenot, ce qui est certes un éloge.

 

 

Quant à l'absence de Mgr Anatrella, c'est plutôt une bonne nouvelle. Je veux y voir, comme le suggère la fin de l'article, le signe que les idées évoluent dans l'épiscopat français et que des informations scientifiquement exactes arrivent mieux au sommet. Avec notamment un recul des idées simplistes (mais confortables) sur "l'homosexualité comme négation de l'hétérosexualité". Je serais désolé que l'absence d'Anatrella ne soit que le résultat de la plainte déposée contre lui récemment.

Donc, bonne chance à ce nouveau comité d'experts. Et espérons pour le meilleur.

Posté par cathogay à 21:31 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2   Page suivante »